MAX DUBAGNE

Le legacy challenge de Max Dubagne. 10 générations de Sims pour réussir ce challenge proposé par Pinstar.

20 novembre 2005

1. Le rêve de Zaniath

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En attendant, la vie continue son petit train-train pas trop foulant chez les Dubagne. Ils ont eu de la chance sur ce coup là, Mahlaut est une petite fille modèle. Regardez comme elle attend sagement dans son dodo qu'on vienne lui donner la permission de sortir en regardant les nains de jardin par la fenêtre. Ca leur laisse tout le temps pour pouvoir s'occuper d'Ephraïm.

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Mais voyez la corrida que leur fait Ephraïm, quelques semaines plus tard, quand il trouve que ça se bouge pas assez vite pour lui !  Ah, c'est encore un terrible celui-là. Je sais pas si c'est de son père qu'il tient ce caractère impatient, mais... de qui d'autre ? Hoooo,je vous vois venir, mais non ! 
Moi j'ai toujours été patient, je m'énervais jamais... en tous cas, pas sans raison. Le seul précédent dans la famille, c'était Hermès, et... Mais oui !  Ils descendent tous deux de Séphora. Bon, Kalliste a toujours été un peu mo-molle, mais il arrive que ça saute une génération les tares. Et cet appétit de Kalliste et Zaniath pour les hommes. C'est encore Séphora derrière tout ça. C'est elle la branche pourrie de la famille !  Si le prochain numéro est coulé dans le même moule, ça promet !

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Bien sûr, quand il s'égosille, on ne peut pas se rendre compte, mais, physiquement, il est plutôt réussi le bambin. Sans doute qu'étant jeune le réparateur valait encore le détour. Et sans doute qu'il avait les cheveux noirs avant de les perdre. Somme toute, c'est plutôt positif pour l'allure des prochaines générations. Je commence à respirer, pourvu qu'ils z'aillent pas me faire des petits monstres de laideur maintenant. On a réussi à éradiquer la tête veau et les yeux de boeuf, on a esquivé la bouche de crapaud. Quelle sera la prochaine menace ? Le nez de pique-la-lune ?

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Quand il se partage pas entre sa femme et sa maîtresse, Hélios a tout de même fini par se remettre aux études. Ca y est, il a rempli toutes ses barres de compétences réussissant ainsi son désir impossible.
Impossible, mon oeil !  (Ben oui, il m'en reste plus qu'un, mais ça m'empêche pas de voir). Et je vois bien que parmi tous les désirs soit-disant impossibles, c'est encore celui-là le plus accessible. En plus, il n'embête personne. Vous voyez 10 gamins dans la maison vous ? OK, Zaniath essaye de prouver qu'elle peut faire crac-crac avec 10 Sims ou partager 30 baisers langoureux. Je vous dis pas les coups de téléphone et les voleurs de nains de jardin qui vont se succéder ici. 30 meilleurs amis, c'est pas mieux, faut être à la retraite et n'avoir que ça à faire. Et la richesse. Ah, mon Dieu, la richesse !  Pour être riche, faudrait déjà pas commencer par vouloir bouffer la grenouille. Si c'est perdre des points parce qu'on piétine dans le compte en banque, je vois pas l'intérêt de réaliser ce rêve d'obsédé du tape à l'oeil.

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Remarquez, j'ai bien vu l'heure qu'il y arriverait jamais à compléter ses barres. Et tout ça à cause de QUI ?
Mais de Benjamin, encore lui !  Grrrrr ! Monsieur se fait désirer, c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour se rendre intéressant. Ah-non, il fait aussi parler le nounours de Mahlaut.
-Bouzour tonton Hélios, il est zentil le tonton Hélios, hein ? Qui c'est qui va faire un gros poutou à tonton Hélios ? C'est nounours ! Et lui, qui c'est qui va le faire passer de vie à trépas s'il continue à nous empoisonner la vie ? C'est Max ! Il a plutôt intérêt à satisfaire au plus vite l'envie, toute passagère, qu'a Zaniath de goûter à ses noix.

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A croire que ça existe la transmission de pensée. Le lendemain, il acceptait ENFIN, après une semaine durant laquelle on ne passait plus une soirée sans voir sa bille de clown, de se faire manger par l'ogresse.
Et de cinq !  Rien ne l'arrête, même pas son gros ventre, je vous dis pas ce que ce sera quand elle aura retrouvé sa taille de guêpe.

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Et voilà, suffisait de demander !  Zaniath a accouché d'une petite fille -chouette, chouette ! Elle l'a appelée Difda, un beau prénom comme je les aime.
Alors Difda, bienvenue quand même. Déjà beau que tu sois pas un gars. Reste à savoir si Séphora va encore sévir par là.

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Il est devenu charmant Sirius. Il prend très au sérieux son rôle de fantôme de ménage, y a pas un recoin qui lui échappe. Vous le voyez à l'oeuvre dans la douche, mais il récure aussi l'évier, il nettoie le plan de travail, il fait toujours les lits et la vaisselle. Y a que les biberons qu'il ramasse pas, on se demande pourquoi. Ca serait pourtant plus utile que de faire les lits, mais on va pas lui en vouloir pour ça !
Alors j'ai jugé qu'il méritait une petite récompense.

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Je lui ai donné la permission d'aller faire peur à Hélios. Après tout, lui aussi avait bien mérité de voir enfin un fantôme, depuis le temps qu'il en rêvait. Ca lui a valu de se promener en platine pendant deux bonnes journées.

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Depuis le temps qu'on n'entendait plus parler d'elle, Sapho s'est tout de même décidée à venir rendre visite à sa jumelle.
Après quelques reproches...
-Ben dis-donc, depuis le temps, heureusement que tu devais me demander de venir habiter chez toi.
-Non, mais dis-donc, qu'est ce qui t'empêchait de donner de tes nouvelles, le téléphone c'est pas fait pour les chiens.
-Bah, c'est pas l'envie qui m'en manquait, c'est le temps, on a été très occupés à la maison. Et toi, qu'est-ce que tu deviens ? et bla bla bla, elles ont fini par se tomber dans les bras.
Apparemment, elle devient pas grand chose Sapho. Elle se baigne toute la journée dans la fontaine d'élixir de vie des townies, et elle ne vieillit pas d'un poil. Pas comme Kalliste !  Mais c'est vrai que d'avoir des enfants, c'est usant.

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C'est pourtant pas faute de veiller à sa forme. Et pour ça, elle s'est mise au yoga. Elle nous invente des figures pas possibles, elle se contorsionne dans tous les sens, elle se regarde le derrière entre les jambes, elle fait de l'équilibre sur un doigt les pattes en l'air... Ca, elle est encore souple, y a pas à dire !

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Quand elle se prend pas pour une araignée, elle va faire des plantations dans le jardin hydroponique. Faudra qu'elle m'explique à quoi il sert celui-là. Elle sème, elle arrose, elle fait des boutures, elle pince les tiges... et au bout du compte ? Queue de chique !  Elle gagne un point de créativité comme avec le chevalet ou le piano. Et encore, le chevalet, c'est utile, on peut vendre les tableaux, mais là, non seulement c'est pas très jouissif comme occupation, mais si elle oublie d'entretenir ses plantations, elles crèvent !

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C'est ça, va plutôt regarder les poissons !  Vous avez vu, ils se refusent rien, un aquarium maintenant !  C'est pas de l'argent foutu en l'air pour rien ça ? Ah-mais, on ne dirait pas que Jean-Pierre est parti de la maison, ils recommencent à gaspiller. Ils pensent sans doute que d'avoir trimé toute leur vie leur donne le droit de s'offrir un peu d'extras. Kalliste est même allée faire une razzia au magasin de vêtements. Je me demande à quoi ils vont ressembler. Est-ce qu'ils ont seulement regarni les portants au magasin ?
En parlant de fringues, vous avez-vu comme elle est chic Kalliste aujourd'hui ? C'est que c'est un grand jour, c'est le mariage d'Hélios.

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Hé-oui, il s'est décidé à sauter le pas, le garnement !  L'était temps, la famille n'a pas tellement l'occasion de sortir les habits du dimanche, ils puent la naphtaline. Les réjouissances sont rares à la maison, à part les anniversaires -et je vous passe ceux d'Ephraïm et de Mahlaut -et les enterrements où tout le monde rapplique- quand est-ce qu'ils ont l'occasion de se rencontrer, si ce n'est dans la salle de bain à se gêner les uns les autres ?
Bon, vous avez aperçu mes deux petits chouchous, ils sont pas mignons tout plein ces deux là dans leur costume de cérémonie ?

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Ce qui est moins mignon à voir, c'est ce qu'est devenue Kalliste après son 50ème anniversaire. Badaboum, elle s'est reçu le coup de masse, comme les copains !  100 ans qui lui sont tombés sur le dos d'un seul coup, alors elle se tient voûtée comme une petite mémé.Et c'est pas parce qu'Aleph est venue la féliciter d'avoir bien vieilli que ça change quelque chose au tableau !
Ah, tu peux bien te promener en combinaison de soie ou en petite culotte de dentelle, ma vieille, c'est pas affriolant-affriolant tout ça !  Dire qu'elle voudrait se marier à son tour à présent. J'espère qu'on y échappera. Qu'elle se trouve donc d'autres aspirations pour sa retraite. On n'a pas besoin d'une bouche de plus à la maison.

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Fallait s'y attendre, avec un général et un pique assiette professionnel, tous deux au top de leur carrière, des gamins à l'école publique, la famille a jugé que ça la fichait mal. J'ai jamais compris cette obsession qu'ils avaient tous à vouloir inscrire leurs enfants à l'école privée. Est-ce que j'y suis allé moi, à l'école privée ? Et est-ce que ça m'a jamais empêché d'en remontrer à ces petits prétentieux en blazer marine et cravate club ? Faut que je me fasse une raison, mon avis leur importe peu à présent.
Mais Zaniath a mis les pieds dans le plat.
- Si vous tenez absolument à les inscrire à l'école privée, trouvez-en une autre que le bagne de Boris. Je ne veux pas que mon petit frère Ephraïm se retrouve avec lui. Il n'a jamais admis qu'il était son père, il va en profiter pour lui en faire baver. Après concertation, ils ont choisi d'appeler le vieux Lionel Fleury, en désespoir de cause. L'a pas changé non plus celui-là, toujours bedonnant, toujours snob.
-Votre maison n'a pas beaucoup changé depuis la mort de ce vieux Max. Vous auriez pu faire quelques frais de peinture... Enfin, si je l'ai jugée acceptable pour vos oncles et tantes, il n'y a pas de raison pour qu'aujourd'hui je revienne sur ma décision, a-t-il déclaré.

Encore heureux !

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Pas de raison pour qu'il revienne dessus non plus après le geuleton qu'ils lui ont servi. Toujours aussi gore, il a mangé son homard en envoyant de la sauce partout et il s'est léché les pinceaux en écrasant un pet sur le coin de sa chaise. Mais ce qu'il a surtout apprécié, c'est la conversation de Zaniath. Faut dire qu'elle s'y connaît pour passer la brosse à reluire.
-Vous avez un charme fou Lionel, j'adoooore les hommes mûrs un peu dégarnis avec une petite brioche. C'est tout de même mieux amené que : Je déteste les vieux schnoks à moitié chauves avec un gros bide.
Victor a tout gobé, il est reparti ra-vi, en attribuant une note de 135/90. Et bien sûr, il sera encore plus ravi d'accueillir les enfants dans son école pourrie.
-Tu le trouves vraiment si séduisant que ça ? a demandé Kalliste à sa fille ? Il est un peu vieux pour toi, non ?
-Hum, physiquement, j'ai vu mieux. Mais il paraît que c'est dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe. Je voudrais bien vérifier ça par moi-même. On pourra pas lui reprocher d'être trop regardante pour réussir son rêve insensé de faire crac-crac avec 10 sims.

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21 novembre 2005

2. Les caprices d'Hélios

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Hélios a pris sa retraite sur un coup de tête. Entendons-nous : Il était parti tout platine, faire son pique-assiette en se promettant de déboucher les WC et de réparer la douche en rentrant. Mais voilà-t-il pas qu'on lui a ôté le pain de la bouche. Du coup, il est entré dans une colère noire.
-Alors, je travaille toute la nuit en me régalant à la pensée de mettre en pratique mes grandes connaîssances en mécanique, et vous profitez de mon absence pour m'enlever mes petits plaisirs ! Puisque c'est comme ça, je prends ma retraite, je serai là 24 h/24 et 7 jours sur 7. Vous ne me ferez pas le coup une seconde fois.
Tu parles d'une tête de lard !  En plus, il aurait réfléchi un peu, il avait encore 3 jours de vacances payées à 1 400$ devant lui, alors que maintenant, il touche une minable pension de 300$. Quand il s'en est rendu compte, il était encore plus furax, et depuis, il ne décolère plus.

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Comme il n'y a pas tous les jours des trucs à réparer dans la maison, il s'ennuie comme un rat mort. Il a donc décidé d'écrire le roman de sa vie. Espérons qu'il aura le temps de le finir avant de voir venir sa dernière heure. Je suis curieux de savoir à combien d'exemplaires il en vendra. Espérons surtout qu'il va être de meilleure humeur quand l'heure sera venue de passer l'arme à gauche. Pour le moment, il peut dire coucou à sa tombe platine, cet idiot !

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Maintenant, il a pris le relais de Lucie, il suit la bonne pas à pas et ne cesse de la harceler en lui reprochant de mal faire son travail.
-Lydia, vous ne croyez pas qu'il y a plus urgent que d'astiquer le plan de travail !  Il y a des assiettes sales plein la cuisine, si jamais on récolte des cafards à cause de ça, je vous préviens, la facture du désinsectiseur sera retenue sur vos gages.
-Bien madè... heu, môssieur. Mais je peux pas être partout moi !
-On ne vous demande pas d'être partout, on vous demande d'être là où il faut, quand il faut !
-Bien môssieur.

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Même cette brave Zaniath n'est pas à l'abri de ses foudres. Elle fait pourtant ce qu'il faut pour faire avancer le challenge elle. C'est pas comme lui, avec son humeur de chien, qui va nous faire louper le point de la tombe platine. Elle a entrepris de séduire Adrien Sim, un ami de Kalliste.
-Ainsi Adrien, vous passez tout votre temps à la piscine municipale. Ca se voit, vous êtes tout bronzé, et musclé avec ça, de vraies plaquettes de chocolat que je vois là. Et elle en profite pour joindre le geste à la parole. Adrien est comme les copains, il ne résiste pas
-Ah, ça, c'est parce que je fais aussi de la muscu.
Dieu nous préserve !  Tout dans les muscles, rien dans la tête !  Mais Zaniath ne perd pas le nord.
-Je peux tâter ?
-Mais tâtez donc !

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Elle a dû tâter un peu trop bas, voilà Adrien fou amoureux.
-Oh, Zaniath, vous me faites un effet... un effet...
-Je ne demande qu'à vérifier, a répondu cette fine tâteuse

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Moi aussi, je ne demandais que ça. Quand j'ai vu le travail dans le bain à remous, j'ai été fixé. Elle lui faisait bien de l'effet si j'en juge par les remous et les gloussements que poussait zaniath. Elle l'a eu son 6ème crac-crac, je me demande ce qu'elle préfère à présent, les noix ou le chocolat ?

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Les enfants se plaisent bien à l'école de Lionel, Mahlaut est la première de sa classe avec une moyenne de 20/20, ce qui a eu au moins le mérite de satisfaire Hélios. Mais pour une courte durée. Ephraïm ne désespère pas de l'égaler, il aimerait bien pouvoir chanter victoire aussi. Pour le moment, il se contente d'aller embrasser sa mère à sa descente d'hélicoptère, et de lui faire perdre son temps. Faut dire qu'elle en a à revendre.
Mais une qui ne perd le sien, c'est encore Zaniath. Après Adrien, c'est Josselin qui fait battre son coeur d'artichaut.

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Ca n'a pas l'air de faire plaisir à tout le monde, pourtant, c'est un vrai challenge qu'elle accomplit là Zaniath.
Ce vieux ronchon d'Hélios, par exemple, n'a pas l'air d'en avoir conscience. Il faut qu'il se mêle de tout depuis qu'il est retraité.
-Zaniath, tu pourrais faire tes cochonneries ailleurs !  Quel exemple déploraaaable tu donnes aux enfants !
Il a la mémoire courte Hélios. S'est-il jamais soucié de l'exemple qu'il leur donnait, lui.

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Mais Zaniath n'est pas du genre à se démonter, elle lui a répondu tout net
-Oncle Hélios, c'est pas parce que t'es devenu ramolli que tu dois t'en prendre à tout ce qui bouge dans cette maison. Occupe-toi de ton roman, et oublie moi un peu. J'ai encore un but dans la vie, moi !  J'en suis pas à attendre de manger les pissenlits par la racine en faisant suer son monde. Quand tu seras de meilleure humeur, on tiendra compte de tes avis.

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Il avait trouvé à qui parler. Il s'est remis à l'écriture, mettant dans sa plume tout le venin qu'il rêvait de déverser sur la famille et qui lui empoisonne l'existence.
Ah, vieillir dans ces conditions, c'est ce qu'il y a de pire. Il pourrait pas prendre modèle sur Kalliste, non ? Elle au moins, elle sait comment occuper utilement sa vieillesse.

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Au lieu de passer son temps à faire des reproches à sa fille pour sa mauvaise conduite, elle tient à merveille son rôle de grand-mère. C'est elle qui a appris à marcher et à aller sur le pot à Difda, Zaniath s'est contentée de lui apprendre le langage. On peut pas être partout !

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Une qui a du mérite de supporter tout ça, c'est Célia. Elle est venue apporter sur ma tombe la magnifique potée qui est enfin sortie du jardin hydroponique. C'est là que j'ai vu à quoi servait ce machin. 350$ ça vaut une potée comme celle-là, on peut dire qu'elle m'a gâté. Elle en a profité pour se confier à moi.
-Oh papa, (ça me touche qu'elle m'appelle papa, elle qui ne m'a jamais connu que sous ma forme fantômatique) je ne sais plus quoi faire avec Hélios. Rien ne le satisfait plus, il s'est mis en tête de réparer, ça devient une obsession, et il n'y a rien à réparer à la maison. Il voudrait aussi que Zaniath trouve un fiancé. Mais quand on lui en parle, elle nous envoie bouler. La dernière chose qui lui ferait plaisir, c'est de voir un fantôme, une dernière fois. Vous ne pourriez pas lui arranger ça ?
Je ne sais pas. Il n'a qu'à avoir des désirs moins bêtes. Espérons qu'un matin il se réveillera de bon poil, pour changer, et que ses désirs auront pris un tour plus réaliste. En tous cas, s'il décroche pas sa tombe platine, il fera pas long feu dans le cimetière. On est déjà assez nombreux, on a pas besoin d'un parasite supplémentaire.

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C'est vrai, de quoi il se plaint ce vieux bougon ? Il a une petite femme charmante, qui ne demande qu'à lui passer tous ses caprices. Il a une petite fille jolie comme un coeur, qui fait des étincelles à l'école. Il vit comme un pacha au milieu d'une famille unie qui s'est mobilisée pour réussir mon challenge. Et il fait la forte tête avec son idée fixe de déboucher les WC.
Il y a des jours où j'aimerais mieux être mort que de voir ça. Mais qu'est ce que je radote ? Je SUIS mort ! Avec tout ça, j'ai un peu tendance à l'oublier.

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Je suis dégoûté de la mort. Ce crétin d'Hélios a réussi à me déprimer. Où est-il le petit garçon qui voulait devenir Landru par enthousiasme pour mon challenge ? Il s'en moque bien à présent du challenge. Et moi, par la même occasion, je me pose des questions.
Dans quoi les ai-je embarqués tous ? Le jeu en valait-il la chandelle ? Les points sont si difficiles à gagner, ça monopolyse toutes leurs énergies. 10 générations... avais-je le droit d'engager l'avenir de ma famille à si longue échéance ?
Quand je vois Zaniath, contrainte de passer de bras en bras et de lit en lit (remarquez, ça n'a pas l'air de lui déplaîre), quand je vois Aleph passer toutes ses nuits sur la terrasse dans l'espoir de rencontrer des extra-terrestres, au risque de se prendre une soucoupe sur la tête. Quand je vois les crimes qu'on a organisés... qu'Hélios a organisés !  C'est vrai qu'il a bien mérité du challenge, le petit. 5 points qu'il a rapportés à lui tout seul, avec ses deux enfants, ses deux crimes et ses compétences. Allez, fiston, ressaisis toi !  Tu vas tout de même pas flancher dans la dernière ligne droite. T'as quel âge déjà ? 69 ans !  Avec un peu de chance, la faucheuse attendra bien quelques jours.
Ah, je sens que tout n'est pas perdu. Tant qu'y a de la vie, y a de l'espoir, après, les jeux sont faits.

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Helios aurait pu continuer à rendre la vie dure à tout le monde si LE miracle ne s'était pas produit : les cuvettes des toilettes de nouveau bouchées. Faut dire qu'avec trois WC à la maison, ça devait bien arriver un jour, le tout était que ça n'arrive pas trop tard. Bref, quand ENFIN, ça a de nouveau débordé de partout, je vous dis pas le branle-bas de combat à la maison
-Hélios !  Oncle Hélios !  Chéri !  papa !  tout le monde y est allé de sa plus belle voix pour l'informer
-LES WC SONT BOUCHES !!!
Tel Zorro rejetant sa cape, Helios, réveillé en sursaut (ben oui, il avait suffisamment embêté son monde avec ça pour ne pas sauter sur l'occasion), tel Zorro volant au secours de la belle et de l'orphelin, Hélios s'est montré royal
-Laissez, je m'en occupe !
Pas de danger qu'on lui brise son rêve cette fois. Il a pu déboucher tout son saoul.

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Un bonheur n'arrivant jamais seul, la chaîne hi-fi est tombée en panne. Re-belote
-Hélios !  Oncle Hélios !  etc.
Ahhhh, il se sentait à nouveau utile à quelque chose, ce qui eut pour effet de lui redonner le moral.

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Sitôt la chaîne réparée, il a tenue à l'étrenner en dansant avec Célia. Celle-ci, ne se fit pas prier. Abandonnant sans regret le télescope avec lequel elle tente de remplir sa barre de logique, elle est descendue de la terrasse quatre à quatre. Hélios renouait avec l'or mais il en fallait encore un petit chouilla pour qu'il retrouve son humeur platine.

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Et vous savez ce qui lui aurait fait plaisir, maintenant, tout de suite et pas demain ? Parler à Andrée, complimenter Andrée, draguer Andrée... Fallait oser, avec Célia dans les parages. Il l'a renvoyée à son télescope, et il a téléphoné à sa maîtresse, le traître.
Quand il est allé la saluer, et quand ils ont vu qu'il se jetait sur elle pour l'embrasser passionnément, comme s'il était en manque, tous les autres se sont arrachés les cheveux s'attendant à une scène de ménage. Ou pire, que Célia prenne ses cliques et ses claques et sa fille sous le bras en réclamant le divorce.

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Eh bien, pas du tout, figurez vous !  D'abord, perdue dans la contemplation des étoiles, Célia n'a pas entendu la sonnette. Elle n'a pas dévissé l'oeil de son télescope, et elle a manqué la grande scène des embrassades. Donc, pas de reproches, pas de divorce, pas de drame. Le soir, Hélios tout guilleret, avec son platine retrouvé, s'est même offert le luxe de lui faire une grande déclaration d'amour.
Et j'ai entendu grincer les ressorts du premier étage, où je faisais ma petite ronde de nuit.

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Le lendemain, il avait de quoi écrire des pages et des pages dans son roman, (une autobiographie), rien qu'avec l'étalement de ses états d'âme. Il écrivit : " Comment puis-je tromper Celia, que j'adore, avec une autre femme ? Quel démon m'a poussé à revoir Andrée ? Celia est une femme charmante, belle, intelligente, cultivée, qui mérite cent fois mieux que moi. En comparaison, Andrée n'est qu'une petite allumeuse de bas étage, avec rien dans la tête... mais je l'aime aussi, elle a un petit goût de fruit défendu qui m'affole !  Je les aime toutes les deux, elles sont nécessaires à mon bonheur, comme le soleil et la pluie pour qu'une plante s'épanouisse. Je ne voudrais pas que Célia découvre un jour qu'Andrée est bien plus pour moi qu'une simple amie, comme je le lui ai assuré cent fois.
Et je prie le ciel qu'Andrée ne se mette pas en tête de tout lui raconter, lasse de m'entendre lui répéter que mon divorce n'est qu'une question de temps. Elle a bien voulu gober que j'attendais que Mahlaut soit en âge de comprendre et d'accepter, mais ça ne durera qu'un temps.
Je ne veux pas perdre Célia, mais je ne saurais me passer d'Andrée. Le remords me tenaille, m'empêchant de savourer sereinement ce grand bonheur qui devrait être le mien. Je suis bien à plaindre et je ne souhaite à personne de vivre pareil déchirement. C'est cornélien, je suis comme Rodrigue, j'ai le coeur trop grand et bla-bla-bla, et bla-bla-bla ".

Mmmmouais !  Ben compte pas trop sur moi pour te plaindre mon gars !  Tu voudrais le beurre et l'argent du beurre, un jour, faudra bien payer l'addition.

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Avec un oncle qui se livre sans retenue à l'adultère et une mère qui ne pense qu'à chercher de nouvelles noix pour comparer, la petite Difda a bien du mérite à grandir dans l'insouciance. Sa mère ne prend même pas le temps de l'habiller. De jour comme de nuit, elle se promène en couche culotte, bien la peine d'avoir fait tant de frais de vêtements au centre commercial. Heureusement que mémé Kalliste s'occupe d'elle dès qu'elle revient de la caserne. D'ailleurs la petite reconnaît tout de suite le bruit de l'hélicoptère. Remarquez, on ne voit pas ce qui pourrait faire autant de boucan. Dès qu'on ne peut plus s'entendre, elle crie
-Le coptère, le coptère ! 
Elle sait qu'elle va avoir droit à sa douche et à son biberon qu'elle a patiemment attendus en jouant avec son lapipapote ou son jeu d'encastrement. Oui, parce que le xylophone... confisqué, le xylophone !  Y en avait marre d'entendre les gosses taper dessus comme des sourds et nous casser les oreilles avec.

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Zaniath est bienheureuse de pouvoir compter sur Kalliste, c'est qu'elle est tellement débordée ! Rendez-vous compte, dès qu'elle rentre du travail -elle vient tout de même d'être nommée responsable de la police, pas des moeurs, je vous rassure-, c'est coup de téléphone sur coup de téléphone pour entretenir l'amitié et lancer des invitations. C'est ainsi qu'elle a de nouveau invité Josselin Camus, et qu'elle a pu conclure cette fois, avec un magnifique feu d'artifice et des oh et des ah, à ameuter tout le quartier.
Devait être pleine cette noix là !

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En tous cas, c'était suffisant pour attirer Michel Chaulumeau, le livreur, qui venait justement faire sa petite livraison. En reconnaîssant la voix de Zaniath, il a fait irruption dans la chambre avec la ferme intention de lui balancer une paire de claques qu'elle n'avait peut-être pas volée.
Mais, vous connaissez Zaniath... elle l'a embobiné comme il faut en jouant l'innocente outragée.

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-Mais... quest-ce que tu vas imaginer encore ? Tu crois que je suis le genre de femme à manger à tous les râteliers ? Tu me déçois, Michel, moi qui croyais que tu me faisais confiance.
-Ben, heu... mais ce type, quand même, il est bien dans ton lit
-Et qu'est-ce que ça prouve ? Alors, il suffit que je me détende un peu pour que tu t'imagines... dieu sait quoi ?
-Ben...
-Et tu sais qui c'est au moins ce type, comme tu dis ?

-Ben non
-C'est... mon cousin !  Tu n'imagines tout de même pas que j'irais fricoter avec mon propre cousin ? Je veux bien te pardonner pour cette fois, mais ne me refais jamais ce coup là, si tu veux qu'on continue à se voir.
Ce qu'il y a de bien avec Zaniath, c'est qu'elle ne s'embarrasse pas de scrupules. Michel Chaulumeau est reparti, à moitié convaincu peut-être, mais avec l'assurance de pouvoir la revoir, et c'est tout ce qui compte. Pour lui, comme pour le challenge.

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La place était encore chaude le lendemain, quand elle a décidé de jeter son dévolu sur le proviseur. Il était tout fierot le proviseur, quand elle lui a demandé, d'une voix de sirène
-Ca vous dirait de me rendre une petite visite à la maison ?
Il a accouru ventre à terre, et c'est pas qu'une façon de parler. En moins de temps qu'il n'en faut pour siroter une tasse de café, elle lui avait balancé le baiser amoureux, le passionné et le langoureux.

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Et aussitôt, pas de temps à perdre, ils se retrouvaient au lit ensemble. Mais... vous allez me croire si vous voulez, quand elle lui a proposé la chose... il a eu comme des remords de conscience, lui aussi.
-Oh, Zaniath, je ne sais pas si je puis. Je suis marié vous savez. Ma femme m'a donné la permission de sortir exceptionnellement, parce que je lui ai dit que j'avais une réunion de parents d'élèves. Mais si je reste trop longtemps, elle va se demander ce que je fais, et elle risque de me chercher. Si elle découvre que les parents d'élèves c'est vous, ma réputation est perdue !
M'enfin !!!  Combien de temps il se figure que ça peut durer ce vantard ?

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Hélios avait été averti de la présence du dirlo dans sa chambre par Mahlaut. Je sais pas si c'est Zaniath qui l'a traumatisée par l'exemple déploraaable qu'elle lui a donné, ou si c'est son père qui l'a rendue comme ça en voulant lui cacher la dure réalité de la vie. Toujours est-il que la petite ne supporte pas qu'on s'embrasse devant elle. Elle se met dans des états indescriptibles, elle sanglote, sans blague !  Elle pousse des cris comme si on la menait à l'abattoir. Alors là, elle y est allée de sa beuglante
-PAPAAAA ! Tata Zaniath a encore recommencé ! Et elle est dans TA chambre avec MON proviseur !
Hélios s'apprêtait à faire irruption dans la chambre pour les prier d'aller faire ça ailleurs. -C'est vrai qu'elle pousse un peu loin le bouchon Zaniath. Mais ce matin, elle était partie sans faire son lit. Et maniaque comme il est Lionel... Bref, Hélios est arrivé juste quand il sortait de la chambre. Il est aussitôt allé faire part à Célia de la chose.

-Zaniath vient de se faire rejeter par le proviseur. Elle lui avait pourtant sorti le grand jeu, mais rien n'y a fait, il veut rester fidèle à sa femme, ha-ha-ha !
-Ca a l'air de te faire plaisir, a remarqué Célia.
-Un peu-mon neveu, que ça me fait plaisir !  Depuis le temps que je lui dis de faire ça plus discrètement. Mais non !  Faut que tout le monde en profite ! Ben cette fois, elle est restée sur sa faim ha-ha-ha !

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Mais... Zaniath c'est pas le genre à déclarer forfait. Dès le lendemain, elle rappelait le gros lard.
-Chéri, tu es bien rentré ? Ta femme n'a rien dit pour le retard ?
-Chuuut, Zaniath, si elle t'entendait...
-Ben, viens à la maison, on sera tranquilles pour parler. Elle appelle ça parler, elle ! Dès qu'il est arrivé, Zaniath a de nouveau entrepris de le séduire en lui sautant au cou.
-Oh,mon chéri, mon chéri, comme tu as fait vite, tu étais impatient de me voir mon poussin ?
Tu parles d'un poussin !  Un chapon, oui !

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Lionel, lui, était tout content qu'on l'appelle mon poussin, ce qui avait pas dû lui arriver souvent. Il s'est pas fait prier pour la suivre dans sa chambre, (elle avait pris le soin de faire le lit cette fois) et Zaniath a pu se rendre compte que c'était pas mon poussin, mais mon lapin qu'elle aurait dû l'appeler. Vous dire si elle était déçue, On ne l'y reprendra pas de si tôt.
En plus, il se prélassait au lit, ce bon à rien. Elle a été obligée de le prier de dégager la place. Puis elle a appelé Benoît, et elle a pu faire la comparaison. C'était pas à l'avantage de Lionel. Elle qui croyait goûter de la bonne soupe dans le vieux pot ! Faut pas toujours croire les dictons.

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Et Hélios n'a rien trouvé à redire à ça ? me direz-vous. Hé-non, pour la bonne raison qu'Hélios, il était au travail ! Il était tellement fier de ne pas s'être électrocuté en réparant la chaîne hi-fi, qu'il a jugé que c'était gâcher que de garder ses compétences pour lui. Maintenant, il travaille dans le milieu médical. Il a trouvé un petit job de vide-pot, mais il dit "assistant de personnes âgées", ça sonne mieux. Et quand il est rentré, Mahlaut n'avait pas de nouveau ragot à lui raconter, vu que tout ça c'était déroulé pendant qu'elle était à l'école, et que Lionel était revenu bien avant l'heure de la sortie.
Mais, si je fais le compte, Zaniath en est à son 8ème crac-crac. Après quoi, elle pourra songer à s'acheter une conduite.

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Donc, Hélios est d'une humeur charmante, il ne sait plus quoi faire pour se rendre agréable. Ca change !D'abord, il a décidé de s'occuper des plantations pour mettre une belle potée sur la tombe de sa femme, parce que c'est bientôt l'anniversaire de sa mort. Et que ça, le jour où on a été débarrassés de Cécile, c'est un anniversaire qui se fête !
Remarquez, c'est pas ce qui me réconciliera avec le jardin hydro-machin. Le temps qu'il faut pour faire pousser les fleurs !  C'est pas Dieu possible !  C'est plus long que pour faire un gosse.

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Puis Hélios est allé s'excuser de sa conduite de ces derniers jours auprès de Lydia.
-Je vous ai un peu bousculée ces derniers temps Lydia, tenez, ça vaut bien un petit billet !
De combien le petit billet ??? de 10 $, bon, ça peut aller. Je m'inquiète, parce que, je sais pas si vous l'avez remarqué, mais ils sont en train de faire des travaux dans la maison. Ils commencent par changer les tapisseries, mais d'ici qu'ils se mettent en tête de tout transformer, je vois ça venir, gros comme une maison, justement.
Avec ça, il sortent tout ce qui pourrait attirer un voleur, bien en vue, de manière à lui faire comprendre qu'il ne risque rien à se servir. Pour le moment, c'est toujours peine perdue. On n'a qu'un nain qui a disparu, et celui-là, on sait qui c'est qui l'a piqué : Lionel !

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En tous cas, un qui a bien remarqué les changements, c'est Jean-Pierre. Il est passé dire un petit bonjour à la famille, et il en est pas revenu.
-Mais c'est grandiose ! Vous changez tout ? En quel honneur ? Vous avez touché le loto ?
-On n'a rien touché du tout !  l'a informé Kalliste. On a travaillé dur, et on trouve que les tapisseries qui datent du temps de grand-père, on les a assez vues.
-Mais, y a pas que les tapisseries, à ce que je vois, vous construisez de nouvelles pièces ?
-Oui, on ne supporte plus de voir tout ce bazar de récompenses dans le jardin. On aimerait bien avoir une maison qui ressemble à quelque chose.
Qu'elle dise tout de suite que ma maison ne ressemblait à rien tant qu'elle y est !  Ah, Jeanne, si tu entends ça, ne lui en veuilles pas, autres temps, autres moeurs. Nous on se plaisait dans le moderne, je parie qu'ils vont choisir de l'ancien. Ils ne sont pas prêts de passer à la tranche supérieure question cagnotte.

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Ah, ça fait plaisir de voir qu'Hélios a récupéré sa bonne humeur. Le voilà qui s'extasie sur l'odeur des spaghettis maintenant.
-Ca sent super bon, c'est toi qui les a préparés Aleph ? Où as-tu appris à cuisiner comme ça ?
-Sur le tas ! Mais ça fait déjà un petit moment que t'en manges, et tu n'as jamais fait de compliment avant, a répondu Aleph qui est à deux doigts de compléter sa barre de cuisine.
-Mais tu te débrouilles comme un chef, a surenchérit Hélios.
-Ouais, je me défends pas mal. J'ai gagné un bon point à l'école pour avoir montré à faire des gâteaux pour la kermesse. Maintenant, ils voudraient que je fasse l'école hôtelière.
-Et... c'est ce que tu veux faire ?
-Ils peuvent toujours se brosser avec leur école hôtelière. J'ai pas l'intention de passer ma vie aux fourneaux avec la chaleur qu'il fait ici. Non, moi je veux faire médecine et me spécialiser dans la pédiatrie, pour ce que tu sais.

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-Pour ce que je... ah !  Ca te mène toujours cette histoire d'extra-terrestres ?
-Plus que jamais. J'ai suivi tes conseils, j'ai potassé un tas de bouquins sur la parapsychologie, le monde parallèle, les OVNIS, l'astrologie, la numérologie, la cartomancie...
-J'ai pas souvenir de t'avoir dit de potasser tout ça, a fait remarquer Hélios.
-Tu m'as bien dit qu'il n'y avait que les ignorants qui avaient peur, non ? Ben, j'ai réussi, j'ai plus peur !   L'autre jour, j'ai vu un fantôme, c'est lui qui a fui quand j'ai voulu le traverser avec la main.
Faut dire, mais c'est pas pour lui faire de la peine, que le fantôme en question, c'était Galatée, et elle ferait pas de mal à une mouche. Ses grimaces, c'est à hurler de rire. On dirait une gamine qui cherche à effrayer ses copines dans la cour de récréation.

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Mais bon, ça n'enlève rien au mérite d'Aleph. Non content de remplir sa barre de cuisine, il est en passe de compléter son niveau de logique. Avec Célia, quand ils ne peuvent pas regarder les étoiles, ils s'organisent des petites parties d'échecs. Ca peut durer des heures !  Ils sont presque aussi forts l'un que l'autre. Popov, Kasparov, n'ont qu'à bien se tenir.

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22 novembre 2005

3. L'Italienne à grande bouche

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Avec tout ça, on a presque oublié que Difda avait bien grandi elle aussi. Le soir de son anniversaire, elle regardait sagement les poissons, quand elle a senti des tiraillements dans les muscles. Elle a résisté tant qu'elle a pu, sa grand-mère était sous la douche, et elle voulait absolument qu'elle assiste à sa transformation. Mais quand c'est le moment, c'est le moment. Elle a crié
-Mamie, mamie, je grandis !
Kalliste n'a pas hésité une seconde, elle est sortie de la douche illico, et elle a assisté à la cérémonie en costume d'Eve.Tout le monde a eu l'air de trouver ça normal. Y a pas eu la moindre réflexion de lancée. Même Hélios, qui a fait celui qui ne remarquait rien. Difda avait tout juste quitté sa couche culotte, que Mahlaut a commencé à se moquer d'elle.
-Ouah, la tête que t'as ! T'es MOCHE ma pauvre fille !
Zaniath l'a remise à sa place.
-Tu t'es pas regardée ? T'as peut-être une belle petite tête, mais t'es grasse comme ton père ! Ca, bien qu'il soit revenu à de meilleures dispositions, Zaniath n'a jamais pardonné à Hélios de l'avoir bousculée devant Josselin. Et elle a pas tort. Ma belle petite Mahlaut a beau passer du temps dans la piscine ou sur le parcours du combattant, elle a pris du ventre comme Hélios. Hélios aussi aimerait bien maigrir, il fait ce qu'il faut pour mais... il reste gras. Et Kalliste n'est pas en reste.
A mon avis, c'est plutôt leur régime alimentaire qu'ils devraient réviser.

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-Mamie, c'est vrai que je suis moche ? a pleurniché Difda.
-Tu as... un visage très typé. Mais c'est parce que ton père est italien, lui a expliqué Kalliste.
Bien sûr, elle allait pas lui dire que c'était vrai. Mais entre-nous, Mahlaut n'a pas tort, qu'est-ce qu'elle est moche, la 5ème génération ! Elle a le nez écrasé et les yeux riquiquis. Et le fait que son père soit italien n'y est absolument pour rien, je tiens à le préciser. Il serait français moche, il aurait eu une fille moche, tout pareil ! Seulement, Kalliste, c'est la seule explication qu'elle ait trouvée pour ne pas la blesser davantage.
Depuis, elle est fière d'être à moitié italienne, et elle rêve d'aller vivre en Italie pour se retrouver entre moches. Et je dois dire, à ma grande honte, que si elle s'arrange pas à l'adolescence, et si, par bonheur, j'ai un autre descendant pour poursuivre mon challenge, je lui payerai volontiers le voyage.

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Un qui est beau, c'est Ephraïm. D'ailleurs, il vient d'être désigné pour jouer le rôle de l'amoureux dans une pièce de théâtre qui se prépare à l'école pour la fin de l'année scolaire. Quand elle a appris ça, Kalliste, comme le corbeau, ne se sentait plus de joie.
-TOI !  Mon fils, tu vas faire du théâtre !  Et lui, le bec sucré
-Oui maman, les filles veulent toutes être ma fiancée dans la pièce. Et elles m'envoient des petits mots avec des coeurs pendant les cours.
-Et toi ? Il n'y en a pas une qui te plaîrait mieux ?
C'est terrible les mères, faut toujours qu'elles essayent de cuisiner leurs mômes pour qu'ils avouent qu'ils sont amoureux. Comme si ça allait leur donner grand-chose de le savoir. Et forcément, les mômes tombent dans le panneau
-Si ! 
-Et qui c'est ta petite amie ? Ca je le sentais venir.
-Elle s'appelle Mary, et elle est américaine. Mais elle n'est pas dans mon école, je l'ai croisée au centre commercial.
Tiens donc !  Je suis curieux de savoir à quoi elle ressemble cette Mary qui fait battre le coeur d'Ephraïm.
QUOI ?!  Je vous fait remarquer que c'est pas moi qui lui ai posé la question !

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Durant les mois qui suivirent, Zaniath n'eut plus une seconde à consacrer à sa promotion professionnelle. Déçue, mais à un point !  par la minable prestation de Lionel, elle se mit en quête d'un nouvel amant et commença à poser des jalons avec Florian Besson, dont les goûts vestimentaires me laissent rêveur.
Mais bon, c'est pas l'habit qui fait le moine et... vous connaissez Zaniath, elle l'a accueilli comme le Sauveur. Ce faisant, elle s'est encore un peu plus enfoncée dans l'estime de Mahlaut, qui la considère comme une perverse et ne peut plus la voir en peinture.

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Bof, pour ce qu'elle en a à faire de l'estime de Mahlaut, remarquez... Celle-ci a beau lui faire des reproches
-T'as pas honte ? Qu'est-ce qu'ils vont dire les gens ? Déjà, à l'école, y a des parents qui interdisent à leurs enfants de me fréquenter, parce que, soit-disant qu'on est une famille tuyeau-de-poële.
Zaniath a réponse à tout.
-J'en ai rien à faire des gens, ils n'ont qu'à balayer devant leur porte au lieu de s'occuper des voisins.
-Je le dirai à papa !
-Dis-le au Pape, si ça te chante, moi, tu ne me changeras pas.
Elle n'allait tout de même pas abandonner sa quête de l'homme idéal pour des réflexions de gamine impubère.

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Le malheur, c'est que Mahlaut a fait une adepte, dans sa chasse aux sorcières. Difda a pris modèle. Elle aussi, la voilà qui sanglote dès qu'elle voit sa mère dans les bras d'un homme. Autant vous dire que les occasions de sangloter sont légion.
Vous la voyez, là, qui pique sa crise au lieu d'être fière de sa mère ?

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Mahlaut et Difda eurent beau sangloter de concert, et Mahlaut aller rapporter à son père, Zaniath entraîna Florian dans la chambre d'Hélios, une fois de plus. Après quoi, elle fut sur un petit nuage, faut croire que Florian avait réussi, là où Lionel avait lamentablement échoué.
Florian, lui, n'en revenait pas d'avoir si rapidement réussi à se retrouver au lit avec elle. D'habitude, les filles tordent du nez sur son short et ses chaussettes, et quand il tente des approches, elles le prient d'aller se rhabiller.

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Tout a une fin, même l'âge dit bête. Mahlaut est entrée de plein pied dans l'âge ingrat, que je tiens pour encore plus bête : Celui où on se figure que le monde tourne en orbite autour de son nombril. Celui où on se permet de regarder les générations précédentes comme des fossiles gâteux, qui ne comprennent rien à rien. Déjà qu'elle appréhendait la vie avec de sacrées oeillères, Mahlaut est devenue d'une prétention sans bornes. C'est bien simple, y a qu'elle qui sait !
Hormis ses parents, qu'elle vénère, et Aleph qui lui en impose par ses connaissances, elle voit le reste de la famille comme une poignée de tarés. Elle se trouve maintenant trop grande pour daigner sourire aux blagues laborieuses d'Ephraïm. Elle se demande pourquoi Kalliste ne va pas vivre chez sa fille, pour lui céder sa chambre. Quant à Zaniath et Difda, elle les met dans le même panier, celui des têtes sans cervelle.

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Ah, il avait fait du beau travail Hélios, pendant sa période vieux-ronchon. Si à présent, il était revenu à de meilleurs sentiments, se moquant royalement de voir défiler les amants de Zaniath à la maison, il n'avait pas prêché dans le désert. Il avait fait des adeptes dans la religion de la bienséance, dont la grande messe se chuchotait en ragots de bouche à oreille.
Et le grand prêtre, qu'est-ce qu'il faisait, lui ? Il se partageait entre sa femme et sa maîtresse, ce qui le faisait osciller entre l'or et le platine à longueur de journée. Plus souvent en platine qu'en or, d'ailleurs, tant qu'à faire !  Il avait toujours une petite envie sous le coude, qui ne demandait qu'à être conclue.

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Après avoir embrassé sa femme, qui avait retrouvé l'Hélios qu'elle aimait, il allait, comme chaque soir, observer les étoiles. Une envie qui lui prenait régulièrement, comme celle de déboucher les toilettes.
C'est vous dire s'il bichait ce soir là !  Quand soudain...
-Hélios, ton tour est venu d'entrer dans l'histoire de la famille Dubagne. Lui a annoncé la faucheuse, avec un grand sourire. (Elle ferait mieux de cacher ses chicots, remarquez, comme syndicat d'initiative, j'ai vu mieux. Heureusement qu'il y a les vahinées pour faire diversion). Aussitôt, sa femme, sa fille et sa nièce sont venues jouer les pleureuses.
Et y avait bien de quoi pleurer !  Au lieu de la tombe en or attendue, la faucheuse lui a fait le même coup qu'à Galatée : elle est repartie avec l'urne. Depuis, re-bug, on ne peut plus organiser de fête, et pire, on ne peut plus déménager.
Je suis hors de moi. Tremblez carcasses !

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Maintenant qu'il y avait une place de libre, Kalliste s'inquiétait. Avec tout ça, on n'avait pas revu Michel Chalumeau depuis qu'il avait surprise Zaniath au lit avec Josselin.
-Serait peut-être temps de le rappeler, ce silence ne me dit rien qui vaille, dit-elle a Zaniath.
-Mais non !  Faut toujours que tu te t'inventes des soucis. Puisque je te dis que j'ai arrangé le coup. J'ai qu'à claquer des doigts et il est dans mon lit.
-Alors, claque les tout de suite, moi, je n'en suis pas si sûre, conseilla-t-elle.
Quand il arriva, après un
-Mouais, d'accord, j'ai rien de mieux à faire de toutes façons, ses soupçons n'ont fait que croître. Elle est allée l'accueillir elle-même, sans même prendre le temps d'enfiler un peignoir.
-MICHEL !!!  Comme je suis contente, de vous revoir !  Zaniath ne cesse de parler de vous. Michel par-ci, Michel par-là. On peut dire que vous lui avez manqué, vous !

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-Tiens, justement, la voilà !  Zaniath, c'est Michel !  Tu sais bien, ton grand amour !  (clin d'oeil) Allez, je vous laisse les amoureux ! Ralala, c'est beau d'être jeunes !
Mais... qu'est-ce qui lui prend ? Mon GRAND amour, cette noix creuse !  J'ai qu'un coup de fil à passer pour qu'il s'en présente 10 qui valent mieux que lui. Benoît, si drôle avec son kilt écossais, recelant des trésors cachés, Josselin, si beau, Florian, si tendre, Romuald, si passionné, Benjamin, si... (je tends l'oreille, il est quoi, le Benjamin ?)...cocasse, (ah, j'ai rien dit !), Adrien, si athlétique... ah, et oui, Lionel, si péteux devant sa femme, que rien que pour le voir s'affoler, ça vaudrait le coup de recommencer.
Mais elle n'a pas le temps de faire les comptes, elle s'avance confiante pour enlacer son grand amour.

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-Bas les pattes !  Tu m'as pris pour un idiot l'autre jour, mais faudrait pas croire que je suis tombé de la dernière pluie. Ben ! Qu'est-ce qu'il lui prend, tout à coup ? C'est pas qu'elle l'a pris pour un idiot, il EST idiot !  Vous z'allez pas me dire que s'il avait eu le moindre soupçon, il aurait accepté de l'embrasser et de faire crac-crac dans le bain à remous après la séance d'explication. Non, il y a autre chose... mais je me demande bien quoi. Zaniath aussi, se le demande
-Mais voyons, Michel... on s'est pourtant quittés en bons termes l'autre jour. Toi, tu me caches quelque chose. Tu ne voudrais pas en parler sur l'oreiller ? lui sussure-t-elle tout bas. Ce sous-entendu n'arrange pas ses affaires
-Pour que les copains se fichent encore de moi ? Faut voir ce qu'ils m'ont mis l'autre jour, quand je leur ai parlé de ton cousin.
Vous m'en direz tant !  C'est pas lui, qui a reçu les lumières du Saint Esprit, c'est les copains qui lui ont éclairé sa lanterne.

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Et comble de bonheur, voilà Difda qui chiale. C'est bien simple, elle ne fait que ça ! Elle ne supporte pas que sa mère rencontre d'autres hommes. "Rencontre" faut pas pousser, mais pas qu'elle les drague, chaque fois qu'elle commence à leur faire du charme, Difda est là, à croire qu'elle passe sa vie à l'épier, et c'est le concert des lamentations.
-Ouin ! Tu vas encore recommencer ! J'en ai marre de voir défiler des papas d'une soirée, je veux mon vrai papa. Quand est-ce que je le verrai mon vrai papa, qu'il m'emmène en Italie ?
Bien sûr, draguer dans ces conditions, ça devient les travaux d'Hercule.
-Mais, pleure pas, tu le reverras ton père ! Va donc faire tes devoirs !
-Ouin ! Ils sont faits y a longtemps ! Ouin, ouin !
-Ben va apprendre à cuisiner, fais de la peinture, nettoie le plan de travail, fais n'importe quoi, mais cesse de traîner dans mes pattes ! Tu vois pas que tu me casses la baraque à chaque fois ?
C'est vous dire que les relations entre la mère et la fille sont au plus bas.

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S'il n'y avait pas cette histoire de bébé à faire avec des NPC différents, il y a beau temps que Zaniath aurait laissé tomber Michel Chalumeau. Oui, mais voilà... c'est le dernier type de NPC qui reste disponible, en attendant que le voleur se décide à venir nous cambrioler. Je me demande ce qu'il attend celui-là. On lui a pourtant sorti la télé, le canapé grand luxe, la chaîne hi-fi... c'est mieux qu'à la farfouille y a qu'à se servir, et c'est gratuit !
Mais non... pas l'ombre d'un voleur à l'horizon.
Alors, pour le futur bébé dont Zaniath commence à rêver, y a pas 36 solutions, y en a qu'une. Et la solution, elle a nom : Michel Chalumeau. Remarquez, pour la famille tuyau-de-poële, c'est un nom prédestiné. Va falloir t'accrocher sec, Zaniath !  On lésinera pas sur la facture téléphonique jusqu'à ce qu'à la demande d'invitation, il réponde
-C'est toujours un plaisir de vous voir, plutôt que de lâcher un -J'ai rien de mieux à faire ou un, ouais, ça me tuera pas de venir vous voir.

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Et toi, la Difda, t'as pas intérêt à venir jouer les trouble-fêtes !  Déjà que t'es moche, que c'est un calvaire de te regarder, tu commences à bien faire avec tes jérémiades. Je te préviens, si tu lui casses encore sa baraque, je viendrai te tirer par les pieds dans ton petit lit. Je ferai pas comme mémé Kalliste ou Aleph, qui viennent te border en te faisant des bisous pour te consoler, moi !
Ah, non-mais, c'est un monde tout de même, c'est pas une gamine qui va faire la loi, maintenant !

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Avec toutes ces émotions, on en oublierait presque de parler de ceux qui ne posent pas de problème. Ephraïm, par exemple. Il a grandi en fils prodige, il est toujours aussi beau gosse, lui, et d'une sagesse qui me réjouit. A la grande loterie des aspirations, il a tiré un 6. C'est un petit veinard.
Comme il avait remporté à son tour le concours d'orthographe du canton, et que tout le monde s'extasie sur son intelligence, il a choisi la connaissance, comme son frère Aleph. Il pourra le tuyauter, à l'occasion. Elle a eu raison de parler de famille tuyau de poële, Mahlaut, ça m'inspire !

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Aleph, c'est ma fierté. Il a déjà rempli quatre barres de compétences, à son âge : créativité, logique, nettoyage et cuisine. En plus, dès son deuxième jour de travail à l'hôpital, il a été bombardé petit génie.
Il n'a connu qu'un seul échec, et c'est pas de sa faute. Imaginez, on lui demande de faire appel à je ne sais quelle équipe de nettoyage surchargée pour nettoyer les pipettes du labo. Aleph, qui s'y connaît autrement mieux en nettoyage que les techniciens de surface, décide de le faire lui même. Et plouf, on le rétrograde
-Si on vous dit de faire appel à des spécialistes, c'est pas pour des prunes. Lui notifie l'administration hospitalière.
S'en fout Aleph, en deux jours, il redevenait le petit génie qu'il aurait jamais dû cesser d'être. Surtout que dans le même cas, je crois bien que c'est Lucie, qui s'était faite rétrogradée pour avoir fait appel aux pseudo-spécialistes. Autant dire que quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage.

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Vous avez remarqué Kalliste ? Si on veut la trouver, faut pas chercher, elle est dans son labo perso en train de fabriquer des chocolats à la chaîne. Avec toutes ses journées de congé, elle traînait en nuisette toute la journée pendant que les autres étaient à l'école ou au boulot. Ben, on a trouvé à l'occuper utilement. Du soir au matin, et du matin au soir, elle fait la navette entre la machine à remonter les barres et la machine à chocolats.
Tout juste si on lui laisse le temps de souffler, histoire de requinquer ses aspirations de naze : parler à Ephraïm, divertir Difda, jouer avec Aleph... vous voyez le genre. Hé-hé, elle arrive à gagner dans les 300$ par jour, quand même !  Et si elle ne s'enfilait pas tant de chocolats, elle pourrait rapporter encore plus.
Enfin, on va pas se plaindre... mais qu'elle vienne pas gémir parce qu'elle ne rentre plus dans son uniforme. On dirait la tour de Babel.

sans70

M'enfin, visez moi un peu l'allure qu'elle a ! C'est gentil de venir me rendre visite, mais, elle pourrait prendre le temps de s'habiller non ? Ben non ! Trop pressée de sauter sur ses chocolats. Là elle est venue apporter une potée sur la tombe d'Hélios, qu'on a bien été obligés d'enterrer avec Cécile, puisqu'il a pas pu avoir la sienne, peinard.
Dire qu'il faut qu'il la supporte, je sais pas comment il fait, pauvre Hélios.

sans71

La potée, c'est celle qu'il avait l'intention de mettre, justement sur la tombe de Cécile. Mais à la vitesse à laquelle poussent les fleurs, avec cette saleté de jardin-machin, il était mort avant d'avoir pu récolter le fruit de semaines d'efforts. Alors, c'est Célia, n'écoutant que son courage, qui s'en est chargée, entre deux sanglots.
-Je lui devais bien ça, il a toujours été si aimant, si fidèle, c'était vraiment le mari idéal. (hum!) Mais, si ça ne vous dérange pas, Kalliste, j'aimerais autant que ce soit vous qui la lui portiez, je ne m'en sens pas la force.
Kalliste, qui n'a rien de mieux a faire, a accepté. Pour une fois, ça lui a permis de prendre l'air, au lieu de rester enfermée au labo.

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23 novembre 2005

4. Le Marathon de l'amour

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Pendant que Zaniath essayait de recoller les morceaux avec Michel le bien-nommé, Aleph, faisait ses premiers pas dans la carrière amoureuse. Et, vous voyez, tout comme moi, qu'il n'a pas choisi la facilité. Ca lui plaît les défis, il est de ma trempe ce petit ! Sophie Miguel !  Encore elle ! 
Alors là, si Benjamin joue le vieux beau, que dire de Sophie Miguel, qui elle, joue la jeune fille effarouchée depuis maintenant presque 150 ans. Moi, je lui aurais conseillé : Laisse tomber, mon gars, c'est de la graine de parasite, ça s'invite chez toi, ça squatte ton canapé, ça se fait admirer, masser, enlacer à tour de bras, mais embrasser, JAMAIS ! 
Eh ben, moi, j'aurais eu tort !  Il l'a dégivré le frigo, mon gars Aleph !  Et il en a profité pour lui ramoner les amygdales. C'est pas bien joué, ça !

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Une autre, qui joue pas mal non plus, c'est Célia. Maintenant qu'elle est veuve, et d'une fidélité exemplaire à feu Hélios, elle se donne à corps perdu dans son travail. Elle vient de prendre ma relève en tant qu'ultra sim. Mais je dois avouer que la combinaison lui va mieux qu'à moi. Regardez-moi cette ligne !  Ca c'est de la nana !
Rhaaa, mais, sois pas jalouse, ma Jeanne, toi aussi, tu as eu ton temps !  J'ai le droit de dire ce que je pense, non ?

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Psssttt !  Je continue tout bas, parce que j'ai pas envie d'un scène de ménage au cimetière. Vous avez vu ? Elle vient de compléter son aspiration à la connaissance. Il lui aura fallu moins de temps qu'à moi ou à Hélios.
Faut dire, pour ma défense, que lorsqu'elle a emménagé, elle avait déjà pris pas mal d'avance. Elle apportait peut-être pas grand chose dans le porte-monnaie, mais question ciboulot, elle avait pas attendu de nous connaître pour le faire fructifier. C'est bien ce qui avait dû attirer Hélios, par rapport au terrain vierge qu'il avait connu avant !

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J'espère que Mahlaut tiendra de ses parents. Elle est bien partie pour, avec des 20/20 qu'elle se prive pas d'annoncer à cor et à cri. Comme si c'était pas monnaie courante à la maison. Même Difda, s'y est mise, c'est vous dire. M'enfin, avec son aspiration à la popularité, elle est bien handicapée avec le bug pour organiser des fêtes.
Elle est toujours rondelette, mais faut reconnaître qu'elle joue pas mal de ses formes. D'ailleurs, elle s'est mise au régime. J'avais bien dit que la nourriture était trop riche, elle me rejoint sur ce plan là. Avec elle, la famille a pu goûter aux joies de la salade de gésiers. Dans la foulée, elle est entrée en cuisine, comme toi, ma Jeanne. Voui, mais elle, elle veut ouvrir un restaurant diététique. Bonjour le blé complet et les germes de soja.

sans76

Ah, tout de même !  Ca y est, Michel Chalumeau est de nouveau tout feu tout flamme pour Zaniath. On peut dire que ça a été laborieux ! Mais elle est tenace, la petite, y a pas à dire, quand elle a quelque chose dans le crâne, elle l'a pas ailleurs. Quoique... l'un n'empêche pas l'autre.
C'était plus fort que moi, l'a fallu que j'aille surveiller le résultat de l'opération de visu.

sans77

J'aurais mieux fait de m'abstenir, quand elle m'a vu, Zaniath s'est fait dessus. Encore un peu, c'était râpé pour le dodo. Vous imaginez la scène :
-Michel chéri, commence sans moi, je dois prendre une douche, j'ai fait dans ma culotte.
Heureusement, qu'elle l'avait bien allumé cette fois, le chalumeau, il a pris son mal en patience. Et vous savez quoi ? Je crois qu'elle va l'avoir son bout de tuyau, récompense tant attendue, d'une belle obstination.

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Dès que son rôle de reproducteur a été complété, Zaniath a mis Michel à la porte.
-Ca t'a plu ? C'était bien ?
L'autre, béat
-Ô oui, je t'aime Zaniath, si tu savais comme j'ai dû résister pour ne pas te pardonner tout de suite. Mais les copains...
-Ben les copains, tu n'as qu'à me les envoyer, je suis preneuse !  En tous cas, pour ce qui est de nous deux, c'est fini, f-i-ni. Le jour même, elle commençait à entreprendre Abdel.

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Son charme légendaire commencerait-il à battre de l'aile ? Voilà qu'Abdel lui fait le coup du : Pour qui me prenez-vous ? Je ne mange pas de ce pain là !
QUOI !!  S'être donné autant de mal et flancher dans la dernière ligne droite ? Zaniath n'allait tout de même pas lâcher le morceau. Là voilà obligée de lui sortir le grand jeu. La sérénade à quatre pattes, et les voisins qui se gondolent, mieux qu'à Venise, à l'entendre chanter Ô sole mio au clair de lune, accompagnée par un concert de matous en rut et de chattes en chaleur.

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Le jour s'est levé, et cette fois, ça y est, elle le sent bien, Abdel, ému par le concert est sur le point de succomber. C'est vous dire s'il a duré longtemps le concert !
-Ca te dirait de faire un petit tour avec moi dans le bain à remous ? Tournicoti, tournicoton, il n'a plus qu'à enfiler son maillot de bain, quand... Kalliste ramène sa fraise.
-Ah, mes enfants, quelle chaleur !  Je viendrais bien faire trempette avec vous. Vous me faites une petite place ? Tandis que Zaniath a les yeux révolvers, Abdel, très délicat, entre dans son jeu
-Mais comment donc, madame, faites comme chez vous !  D'ailleurs, vous avez vu l'heure ? Je dois y aller !

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S'agissait pas de le laisser échapper. Zaniath, prit sur elle de céder la place à Kalliste.
-Vas-y, trempe !  Nous on va se reposer à l'ombre, dans ma chambre. Tu me suis Abdel ?
-Je ne sais pas... il est tard, non ? Tu ne travailles pas aujourd'hui ? Et puis, ta chambre... c'est aller un peu vite en besogne, non ?
Rhaaaa !  Bravo Kalliste !  Comme tue-l'amour, elle se pose un peu là. S'agissait d'y aller sur des oeufs. Pas question de brusquer Abdel. S'il voulait jouer à la pucelle d'Orléans, c'était bien son droit. Abdel c'est un pur, un romantique, un affamé de tendresse.
-Je ne voudrais pas que notre histoire soit une histoire banale. Si je dois m'engager avec une fille un jour, je veux être certain d'avoir trouvé ma moitié d'orange. Je serais désespéré si je faisais fausse route. C'est tellement beau l'amour, c'est ce qu'il y a de plus... Zaniath l'a coupé dans son délire en lui plaquant un baiser langoureux.

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Ouf !  Enfin, elle l'a entraîné sous la couette. Elle rayonne de bonheur. Ca valait le coup d'attendre, son rêve impossible se termine en apothéose. Elle le tient son point pour le challenge !
Et Crac !  Voilà qu'on nous sort de nouvelles règles de derrière les fagots. Ce n'est pas 10, pas 20, mais 30 amants qu'il lui faudrait pour être enfin totalement satisfaite. Ben je crois que son rêve impossible, elle va s'asseoir dessus. Où on va les trouver les 30 amants dans ce désert ?

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Et Difda ? Vous imaginez les torrents de larmes qu'elle va verser ? Je dis bien Difda, et pas Mahlaut. Parce que Mahlaut commence à goûter aux joies de se faire désirer par les garçons. Ils tournent autour d'elle comme des mouches. Son aspiration à la popularité lui tient lieu de papier collant. Ses rondeurs jouent à son avantage. A l'heure où ses copines de classe sont comme la poupée de Janneton, sans fesses, ni tétons, ses allures de femme-enfant les font rêver. Elle joue les Pénélope, n'en décourage aucun, mais ne se décide pas à faire son choix.

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Tout le monde ne réagit pourtant pas comme Ephraïm. Lui, il a applaudi à deux mains quand Zaniath l'a délogé du lit pour s'y installer avec Abdel.
-Ouuuuais !  Ca y est, elle a gagné son pari !  Elle le tient son 10ème amant !
Sa déception n'a eu d'égale que celle de sa soeur.

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Célia a commencé à s'inquiéter de voir sa fille faire le héron dans sa pataugeoire, au milieu de sa cour de garçons. Elle l'a encouragée à être moins bête
-Qu'est-ce que tu cherches Mahlaut ? Tu veux passer pour une allumeuse, comme Zaniath ? Tu ne me diras pas que parmi tous ces garçons qui te tournent autour, il n'y en a pas un qui te plaît mieux que les autres ? Tu attends quoi ? Qu'il se lasse et qu'il aille voir ailleurs ?

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En deux minutes, Mahlaut a imaginé la scène : Antoine Joubert, dans les bras de Magalie truc ou de Sophie machin. Et ça, elle ne l'aurait pas supporté. Elle a couru virer les parasites et lui déclarer qu'il était le seul qui comptait pour elle.
Le petit Antoine, ravi d'être l'élu de son coeur, n'a pas demandé mieux que de lui donner son premier baiser. Et Mahlaut, a commencé à apprendre à se montrer plus indulgente envers les autres.

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Mahlaut, oui, mais Kalliste... Elle tourne à la vieille pie qui picote des ragots. Elle est allée trouver Ephraïm, qui bordait gentiment Difda
-As-tu remarqué ta soeur ? Elle aurait ramassé un pépin, que ça ne m'étonnerait pas. A force de faire crac-crac comme une malade, il me semble que son ventre s'est arrondi.
-Tu veux dire qu'elle attendrait un bébé ?
-Chhhuuuttt !  Pas si fort, Difda pourrait pourrait t'entendre. Mais oui, je crois bien que cette fois... et je me demande qui est le père, Michel ou Abdel ?

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Elle a vraiment un oeil de lynx Kalliste. Et sans lunettes, malgré son âge. Moi j'aurais rien remarqué du tout, si ce n'est que ce matin, elle a fait un aller-retour vite fait dans les toilettes et en est ressortie en s'essuyant la bouche avant d'aller boire un grand verre d'eau au lavabo. Mais sa mère avait raison (ah l'intuition féminine, quand elle se double de l'intuition maternelle, c'est mieux que Mme Soleil). En rentrant du travail, Zaniath se confiait à Célia, qui avait profité d'un jour de congé payé pour ressortir son vieil uniforme. Le combiné d'ultra-sim, ça fait étuve, et elle n'a pas un poil de graisse à perdre, elle.
-Je crois bien que j'attends un bébé de Michel. C'est la poisse, je n'ose même pas imaginer l'effet que ça va faire à Difda. Chhhuuut, la voilà !
-Mais pourquoi chut ? Il faudra bien qu'elle l'apprenne un jour, et le plus tôt sera le mieux. Laisse-moi faire. Célia, c'est la sagesse incarnée.
-Difda, qu'est-ce que tu dirais d'avoir un petit frère ou une petite soeur ?
-J'en rêêêêêve !  Est-ce que le bébé me ressemblerait ?
Parlez pas de malheur !
-Il te ressemblerait forcément un peu, puisque vous avez la même maman.
-Ah, ben vivement qu'il sorte alors !

-Un peu de patience Difda, il sortira un jour, pour le moment, il est bien au chaud dans le ventre de ta maman. Tu ne veux pas lui faire un câlin à ta maman ? Elle le mérite tu sais, c'est dur d'attendre un bébé.
Difda hésite un peu, mais elle se laisse convaincre. A partir de ce jour, les choses commencèrent à s'arranger un peu entre la mère et la fille.

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Enfin, ce n'est pas encore le grand amour, mais on dira que ce n'est plus la guerre à boulets rouges. Difda est impatiente de voir la tête du bébé. Elle suit avec intérêt l'évolution du ventre de sa mère, et comme Zaniath a donné la permission de parler au bébé, elle essaye de lui faire la conversation
-Allo bébé, tu m'entends ?... Pourquoi il me répond pas ?
-Il te réponds pas, parce qu'il est encore trop petit. Il faudra lui apprendre à parler quand il aura grandi, lui explique calmement Zaniath en se retenant de lui répondre : Parce que mon ventre, c'est pas un téléphone triple buse ! 
Oui, et à marcher, et à aller sur le pot, et à jouer aux jeux éducatifs, enfin tout le programme, quoi !L'abnégation des femmes me surprendra toujours.

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Tiens, Kalliste s'est habillée aujourd'hui ! Elle a même fait des frais de toilette, on dirait une dragée rose. Ce qui motive cette entorse à ses habitudes de ces derniers mois, c'est la visite de Boris. Monsieur le proviseur vient de se souvenir qu'il avait laissé un petit souvenir à la maison lors de sa dernière visite, il y a près de 18 ans.
-Paraît que j'ai un fils, j'aimerais bien le connaître. Kalliste qui espérait un peu que c'était pour la revoir elle, lui désigne Aleph d'un coup de menton
-Il est là ! Aleph, ton père voudrait te parler.
Aleph, qui s'est lancé dans la peinture le jour, en attendant la nuit pour grimper sur la terrasse, range ses pinceaux en dévisageant Boris.
-Mon père !  Mais... qu'est-ce qu'il me veut ?

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-Ben suivez-moi, j'allais justement passer à table, on pourra se parler tranquillement.
-Aleph... hum... tu sais que je suis ton père
-Depuis deux minutes, oui, coupe Aleph. Ainsi, pense-t-il, c'est de lui que je tiens ma couleur de peau.
-Aleph, mon concurrent et ami, Lionel Fleury, m'a dit que tu étais un élève exceptionnel. Je suis très fier de toi, mon fils. D'autant que mes autres enfants... oui, je suis marié et j'ai d'autres enfants, mais ils sont loin d'avoir tes capacités. Enfin, si tu pouvais faire savoir à ce prétentieux que tu es mon fils, ça ne me déplaîrait pas. Je le lui ai dit, mais il ne me croit pas.
C'était donc ça !  Il veut que rejaillisse sur lui la gloire des Dubagne. Comme de son côté il n'a fait que des gosses ordinaires, le petit génie qu'est Aleph, il aimerait bien l'accrocher à son tableau de famille. Mais Aleph n'est pas dupe
-Serait peut-être temps de le reconnaître !  Ca me rapporterait quoi, si je le faisais ?

-Disons, que j'ai beaucoup de relations à Vipercanyon, je saurai les faire jouer en ta faveur. Tiens, je t'ai apporté une petite enveloppe. Dès que tu seras en âge, tu pourras ouvrir ton cabinet médical, et je financerai tes recherches si tu veux. On manque cruellement de bon médecin ici, une épidémie s'est abattue sur la région, tu n'es pas au courant ?
-Si, nous aussi on tousse, on crache, on est fatigués. Mais on se remet ! Gardez votre argent monsieur, je n'en ai pas besoin, ma famille est suffisamment riche pour m'aider. Et mon cabinet médical, je l'ouvrirai tout seul.
-Comme tu veux, mon fils, mais saches qu'en cas de coup dur, tu n'auras qu'un coup de fil à me passer.
-Je m'en souviendrai, au revoir monsieur.
-Au revoir, mon fils.
Ah, il y tient à se faire appeler papa, mais c'est pas demain la veille. Enfin, comme il dit, s'il a des relations, ce n'est pas à négliger. Bien qu'il ne soit pas spécialement attiré, Aleph a la sagesse de n'en rien montrer, les relations, c'est toujours bon à cultiver.

sans92

C'est pourtant vrai qu'ils sont toujours malades. Pas un jour qui se pointe sans qu'on apprenne que Kalliste, Zaniath, Ephraïm, Difda, Mahlaut ou Célia souffrent d'une maladie inconnue. C'est quoi cette maladie ?Mystère et boule de gomme. Ils se tiennent le ventre, se tordent de douleur, ont des nausées, manquent cruellement de confort... mais ils se remettent toujours d'aplomb... avant de retomber malades. Quand il sera médecin, Aleph aura intérêt à y regarder de plus près.
En attendant, il a grandi près des étoiles. Lui manque plus qu'à attendre, de pied ferme, de se faire enlever. A son tour, il a complété toutes ses barres de connaissances et apporté sa contribution au challenge.

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La première grossesse de Zaniath ne l'avait jamais empêchée de continuer son marathon de l'amour. Pourquoi voudriez-vous que la seconde mette un frein à son appétit. Elle continuait donc à recevoir à tour de rôle, l'un ou l'autre de ses amants. Mais un jour... le drame !
Célia avait repris contact avec Alioth, le fils d'Hélios à l'occasion des rendez-vous chez le notaire pour les papiers de l'héritage. Elle avait apprécié le soutien que lui avait apporté son beau-fils dans ces circonstances difficiles. Elle l'invita donc à lui rendre une petite visite. Kalliste avait de son côté prié Romuald de venir la voir. Et bien entendu, elle l'embrassa passionnément, sans se rendre compte de la présence d'Alioth. Celui-ci, surprit la scène et Zaniath ne put éviter une paire de gifles bien assénée, qui lui fit voir 36 chandelles. Se ressaisissant, elle lui retourna la pareille en criant
-Tu n'as AUCUN DROIT de faire ça !  On ne te voit pas pendant des jours et des jours, et tu débarques sans crier gare. Tu aurais voulu que je me consume à t'attendre ? Il fallait bien que je m'occupe du challenge.
-Quel challenge ? interrogea Romuald complètement à la masse, elle se tourna vers lui
-Rien, un pari stupide, tu ne peux pas comprendre. Et elle partit pleurer dans sa chambre.

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MAIS !  Qu'est-ce qui se passe encore ?!  J'entends des applaudissements dehors, y a bien de quoi pavoiser !  Ah, c'est rien que ça : l'anniversaire de Difda. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à la féliciter ? Ils voient pas comme elle est laide ? Non, j'en veux pas pour mon challenge. Reste que des moches en NPC, tu vas voir la tête de la descendance, avec des géniteurs pareils. Allez, je lui laisse une dernière chance, que va-t-elle choisir comme aspiration ? L'AMOUR !!! 
C'est complet !
Et ce regard insolent qu'elle a eu en se tournant vers sa mère pour lui préciser
-Je prends l'amour, comme ça, je suivrai ton exemple. Toutes les larmes que j'ai versées quand je te voyais embrasser ta galerie de portraits de cocus, tu vas les verser à ton tour. Un par un, je te les enlèverai, un par un tu les verras tomber dans mes bras avant de finir dans mon lit.
Et moi qui croyais que les choses s'étaient arrangées entre elles deux !

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Je suis allé la surprendre dans la salle d'eau où elle essayait tant bien que mal de réparer les dégats de la nature.
-FICHE LE CAMP ! Je veux pas de toi comme successeur. Tu t'arranges comme tu veux, mais je veux plus te voir ici. Ta mère vaut cent fois mieux que toi. Jamais elle n'aurait pensé à se saisir de ses amants comme d'une arme pour te blesser. Pars, et fais vite, avant que je me ravise et que je te fasse passer le goût amer de la vengeance.
J'espère qu'elle ne prendra pas mes menaces à la légère.
Je suis furieux !

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Quelques heures plus tard, alors que le calme était revenu, Zaniath pleurant son amour perdu dans sa chambre et ruminant les méchancetés de sa fille, Sirius faisait son petit ménage... Eh oui, il est toujours aussi prévenant, depuis que je l'ai mis au pas, il ne se contente pas de faire les lits, la vaisselle et le grand essorage des sols, il s'invente de nouvelles tâches, comme celle de nettoyer l'aquarium, à présent.
Bref, Difda boudait, Aleph et Célia sur la terrasse observaient le ciel, Kalliste s'était mise à la peinture depuis qu'elle s'est rendue compte que ça rapportait nettement plus que les chocolats, et Ephraïm faisait ses devoirs. Un cri déchirant se fit entendre. Zaniath accouchait dans la douleur.

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Si on avait eu un doute sur l'identité du père, il n'y en avait plus une ombre : le bébé était du plus beau noir, c'était bien Michel, le livreur. Célia et Mahlaut attirées par les hurlements, furent les premières à s'extasier
-Oh, qu'il est beau !  Difda, viens voir, ton petit frère est né.
-Et alors ? cracha-t-elle sans se déranger. Célia chercha des paroles de réconfort
-Ne t'en fais pas, ça lui passera
-Bof, ça ne fait rien, de toutes manières, quand elle se serait rendue compte qu'il n'avait rien de commun avec elle, elle aurait encore fait une crise. J'espère seulement qu'elle ne se mettra pas en tête de lui faire payer ma conduite.
-Mais non, c'est l'affaire de quelques jours. Entre nous, Zaniath, ce n'est pas un mal qu'il ne lui ressemble pas.

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Mahlaut, n'y tenant plus, posa une question qui lui brûlait les lèvres.
-Dis, Zaniath, tu l'as vraiment aimé, le père de Difda ?
-Aimer... qu'appelle-t-on aimer ? repondit Zaniath d'une voix monocorde. Disons que j'avais surtout envie d'avoir un enfant pour être vite débarrassée de la corvée de poursuivre le challenge. Elle soupira et ajouta : Mais j'aurais dû y regarder de plus près avant de choisir le père. Je n'ai pas prêté attention au physique, je n'ai vu que sa situation.
-Livreur de pizzas ? Ben dis-donc, c'était pas vraiment folichon
-C'était un NPC, et c'est tout ce qui comptait. Ta mère ne t'a pas parlé du challenge ?
-Vaguement... mais on est obligé de prendre le premier venu ?
-Non, mais j'étais jeune encore et très ignorante. Je croyais que c'était le nombre de NPC qui comptait, alors que j'aurais dû mieux me renseigner sur ce challenge. Quand ton tour sera venu, Mahlaut, fais attention, prends ton temps, étudie la génétique. D'après ce que je sais, Max était très regardant sur le physique de ces descendants. Il est très regardant aussi sur les prénoms, à ce qu'on m'a dit.
-C'est vrai, comment tu vas l'appeler ?
-Mizar, tu crois qu'il sera content ?

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NON, je ne suis pas content !  Le prénom ? bof, ça passe. Mais je suis pas content, parce qu'il n'y a plus de place à la maison, une fois de plus. Et c'est bien la peine qu'Aleph se décarcasse sur la terrasse en attendant les petits hommes verts. S'il se décidaient à l'enlever, et ça n'arrive pas si souvent, il serait bloqué, comme Hélios et il reviendrait le ventre vide.
Ca vous pond des descendants en veux-tu en voilà, alors qu'un seul peut être désigné pour poursuivre mon challenge, que ça ne sert à rien du tout, qu'on a perdu un temps fou et gaspillé les NPC.
Pourquoi voulez-vous que je sois content ?!

sans100

Durant toute la nuit, Difda s'est torturé l'esprit en vain. Le matin, elle alla trouver Kalliste
-Mamie, je ne sais pas comment faire. Max m'a ordonné de quitter la maison, mais il n'y a pas de logement libre à Vipercanyon. Je suis désespérée, tu crois qu'il parlait sérieusement ?
Kalliste est bien placée pour savoir que si je me donne la peine de leur parler, c'est jamais à la légère.
-Oh, ça, s'il t'a dit que tu devais partir, je crois que tu as intérêt à le faire. Grand-père n'était pas méchant, mais son fantôme est imprévisible.
Célia, qui venait d'avaler son petit déjeûner arriva à point pour dénouer la situation.
-Il y aurait bien une solution. Alioth, mon beau-fils, que j'ai eu maintes occasions de rencontrer chez le notaire pour régler les affaires de l'héritage d'Hélios, m'a proposé d'emménager chez lui. J'hésitais à cause de Mahlaut, maintenant qu'elle a un petit ami, ce n'est pas le moment de lui demander de changer de quartier. Je pourrais emmener Difda et laisser Mahlaut ici. Je pense que Max apprécierait qu'il reste une représentante de la branche cadette de la famille.

sans101

Et comment, que j'apprécierais !  Ce qui me gêne, par contre, c'est qu'Hélios en a fait des bonds dans sa tombe.
-Si Célia part, je pars avec elle. Je suis bien sûr qu'elle trouvera un petit coin de jardin chez Alioth pour me dresser une sépulture.
Moi qui me réjouissais de pouvoir lui faire la conversation. Parce qu'avec Cécile, Sirius et Galatée, je suis pas vraiment gâté. Et c'est pas sur Kalliste qu'il faut compter pour relever le niveau intellectuel du cimetière. D'un autre côté, je le comprends. Partager la tombe de Cécile, avec les odeurs de macchabée mal lavé qu'elle exhale...

sans102

Bref, même si ça n'arrange qu'à moitié mes affaires, je vais pas me plaindre non plus. Ca fera de la place à la maison. Célia a rempli sa partie du contrat en rapportant un point de compétence. Reste Kalliste. Pour les 10 bébés, y a longtemps que c'est râpé. Mais sa tombe platine approche à grands pas. C'est vrai qu'elle ne demande pas la lune pour être la femme la plus heureuse du monde. Ses aspirations se résument à vouloir parler à un proche, jouer à des jeux de gamine, chatouiller Aleph ou Ephraïm. Parlez-en à Aleph, il a bien vu l'heure qu'il n'arriverait jamais à étudier l'encyclopédie du nettoyage en 10 volumes, avec Kalliste qui venait sans cesse l'interrompre pour lui raconter la dernière blague qu'elle avait lue dans le journal ou lui critiquer Zaniath et ses amants. Mais si c'est encore pour que la faucheuse oublie d'apporter le cendrier et qu'on se retrouve buggés à mort, vaudrait peut-être mieux qu'elle parte aussi. Des tombes, on a pas fini d'en avoir d'ici la fin du challenge.
Je m'en vais lui sussurer quelques conseils pendant son sommeil.

Posté par fonsine à 19:00 - 5ème GENERATION - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 novembre 2005

5. Quel cinéma !

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Ce qu'il y a de bien avec Kalliste, c'est que c'est toujours le dernier qui a parlé qu'elle écoute. Elle s'est réveillée le lendemain n'ayant plus qu'une idée en tête : trouver un coin pour sa retraite et demander à Difda de venir habiter avec elle. Hé-oui, parce qu'elle croit avoir pensé à tout. Comme si elle était capable de voir plus loin que le bout de son nez.
Faire emménager Difda chez Kalliste, c'est encore une idée à moi. Imaginons qu'Hélios transporte le bug de la tombe invisible chez Alioth. Quelle solution de recours nous resterait-il ? Mais bien sûr, j'ai plutôt joué sur la corde sensible, et Kalliste s'imagine que Difda serait plus heureuse auprès d'elle, sa mamie chérie-adorée, qu'auprès de Célia et Alioth, qui ne sont pour elle que des étrangers. En rentrant de sa journée de travail, elle annonça donc "sa" décision à la famille.

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Heureusement, personne n'a jugé bon de la retenir, elle aurait bien été fichue de changer d'idée à la dernière minute. Mais quand elle a annoncé son départ, Zaniath, Ephraïm, Aleph et Mahlaut, lui ont simplement souhaité bon voyage, en lui recommandant de bien se soigner.
Et moi, je respire, enfin de la place !  A tout ce qu'ils sont, ils arriveront bien à m'élever le petit dernier, qui reste le seul représentant de la 5ème génération. Et Alpeh et Ephraïm vont pouvoir passer leurs nuits au téléscope. J'espère qu'on en verra la couleur, des petits hommes verts, à présent.
Je reprends confiance dans mon challenge, allez, c'est reparti, mon kiki !

sans111

Zaniath filait un mauvais coton. Alioth lui avait brisé le coeur. En réalisant qu'elle avait perdu son amour, elle avait compris qu'il était le seul homme qui eût jamais compté pour elle.
Elle passa quelques jours à pleurer son amour perdu, puis elle se jeta à corps perdu dans son travail.
Elle gagna les points de compétence qu'elle avait jusque là négligé d'acquérir pour progresser dans sa carrière et me rejoignit dans la légende de la police en devenant ultra-sim à son tour.

sans112

Le temps passant, elle se remit sans illusions à chercher l'oubli dans les bras du premier venu. De ces aventures d'un soir, elle ne gardait qu'un goût amer, mélangeant les noms, les prénoms, ne sachant plus, lorsque l'un de ses amants se rappelait à son souvenir au téléphone, s'il avait les yeux noirs ou verts, les cheveux roux ou blonds ou bruns.
Il y eut un pompier de service...

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... puis il y eut Laurent Marques. Elle poursuivait ainsi le but qu'elle s'était fixé, mais chaque jour qui passait la dégoûtait un peu plus d'elle-même et elle incluait dans ce dégoût tous les hommes qui partageaient son lit. Laurent Marques allait payer cher pour savoir à quel point. Contrairement à ses habitudes, elle ne lui montra pas la porte juste après le feu d'artifice. Au contraire, elle se fit charmeuse et lui proposa d'emménager. Bien que chirurgien, il n'avait que 1 000$ d'économies car sa folie des grandeurs l'avait mené au bord de la ruine. C'est vous dire s'il s'imaginait avoir décroché le gros lot en rejoignant la famille la plus riche de la région. Mais lorsqu'il eut donné son accord, Zaniath appela Ephraïm.

sans113

-T'en es où dans le décompte de tes points de compétence ?
-J'ai tous mes points de nettoyage, de physique et de logique. Je me débrouille pas mal en cuisine et en créativité, pourquoi ? demanda Ephraïm, un peu surpris car jusqu'ici, Zaniath n'avait jamais porté une grande attention à ses études.
-Si t'as besoin de points de mécanique, il y a un type, là dans ma chambre, qui en connaît un sacré rayon. A croire que pour être chirurgien, faut savoir visser les boulons. Si tu sais t'y prendre, ils sont à toi. Ephraïm saisit l'allusion. Il savait que depuis des lustres, on avait remisé le vampirisator, un aspirateur à neurones. La seule qui s'en était jamais servie, c'était Jeanne, et comme elle n'avait remarqué aucun changement dans ses connaissances, tout le monde en avait déduit, que c'était une belle escroquerie. Mais Ephraïm allait nous prouver le contraire. Dès qu'il commença à aspirer, on put suivre le travail selon le principe des vases communiquants.

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Il se mit alors à pomper, comme les shadocks, et plus il pompait, plus ses connaissances en mécanique augmentaient au détriment de celles de Marques. Il utilisa deux vampirisators, poursuivant Marques dans toute la maison. Faut dire qu'il était pas bien malin au départ, et de plus en plus crétin à l'arrivée, puisque toutes ses facultés de raisonnement se faisaient la malle les unes après les autres. Ephraïm lui faisait le même coup à chaque fois
-Coucou Marques, t'as vu l'avion ? Et le crétin regardait dans la direction du doigt d'Ephraïm. A la fin de la soirée, il était bon pour s'inscrire à l'école maternelle, et Ephraïm n'avait plus qu'un petit effort à faire pour compléter sa barre de mécanique.
Jooooli !  Mais c'est pas le mieux, si vous connaissiez la suite...

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Avec sa cervelle d'huître toute fraîche, Marques décida d'aller se faire chauffer un plateau-repas. Dès qu'il commença à sortir le plateau, Ephraïm ôta subrepticement l'alarme d'incendie. C'était sûr qu'il allait se faire crâmer, cette grande saucisse, maintenant qu'il savait même plus se faire cuire un oeuf ! Ca n'a pas raté, au bout de quelques minutes, il jouait au barbecue, sauf que c'était lui la chipo.
M'enfin, les gosses n'auront rien à se reprocher (ou si peu), ils ont essayé de l'aider à s'en sortir. Et puis c'était pas eux qu'avaient craqué l'allumette, pas vrai ? Mais quand la faucheuse s'est pointée, en prenant tout son temps pour voir si quelqu'un allait la supplier de l'épargner, pas un petit doigt ne s'est levé. Tout le monde avait la mine réjouie en pensant au beau fantôme qu'il allait faire, et au nouveau point pour le challenge.

sans116

Mais là, ça ne rigole plus, parce que ce qui suit, c'est moins drôle. C'est pas parce que la miss osselets avait terminé son travail que le feu s'est arrêté. Les flammes commençaient à gagner toute la cuisine, il a fallu battre le rappel. Zaniath, Mahlaut, Ephraïm, Aleph, tout le monde s'en est occupé avec les extincteurs. Et c'était pas facile, avec Nizar dans leur jambes, je vous prie de le croire. Pas facile du tout, je dirai même. Et quand la fumée s'est dissipée, on a vu un nouveau tas de cendres, c'était Ephraïm. Bien la peine qu'il ait appris la mécanique en un temps record ! La grande faucheuse est arrivée en rigolant de tous ses chicots.
-Et alors ? C'est la braderie ? Deux pour le prix d'un aujourd'hui ?
-Oh, non, c'est un malentendu, je vous en supplie, madame la faucheuse, rendez-moi mon petit cousin, larmoya Mahlaut
-Voyez-vous ça !  Et pourquoi je te le rendrais ma belle ? Tu lui es donc bien attachée ?
-Oh, oui, je l'aime, si vous saviez !

sans117

-Bon, on va faire un petit jeu. Elle sort une boule, et... Dans quelle main ? Tu penses comme elle avait envie de jouer à ce jeu débile Mahlaut.
-Ooooh, madame la faucheuse, ne vous moquez pas, faites quelque chose, je vous en prie !
-J'ai dit : dans quelle main ? s'obstine la bourrique de service
-Je sais pas, la gauche ?
-Bon, ça va, t'as gagné pour cette fois, mais c'est bien parce que j'étais pas en forme. T'as eu de la chance, un point c'est tout, faut pas croire que c'est parce que t'as bien joué.
Houuuu !  La mauvaise perdante ! Mais elle a tenu parole, elle a ressucité Ephraïm. Et comme justement, il rêvait d'être sauvé de la mort, je vous dis pas comme il était content, le gamin.

sans118

Après le départ de Kalliste, la maison avait retrouvé un rythme normal. Enfin les enfants pouvaient s'adonner tranquillement à leurs études, faire des fêtes, inviter des amis. Même Zaniath commençait à retrouver le sourire en faisant de nouvelles rencontres. Mais un jour, Je remarquai un homme qui se prenait pour le capitaine crochet accompagné d'une sirène en pagne.
Elle semblait postuler pour le titre de miss Hula, bien que je n'aie pas souvenir que ma copine la faucheuse ait parlé d'embaucher du personnel. Renseignements pris, ils s'agissait d'acteurs de cinéma récemment arrivés en ville.
Un producteur avait jugé bon de venir tourner un navet dans le désert de Vipercanyon, et comme tout ce que je fais, mon âne le refait, on ne jurait plus dans les milieux du cinéma que par cette vallée désertique, que soudain, les producteurs de films regardaient avec les yeux de Chimène.
-C'est un superbe endroit, tout à fait sauvage, il a su conserver une authenticité incroyaaable, mon cher. C'est le lieu idéal pour les prises de vue, la lumière y est fantastique et la pollution inexistante.
Manquait plus que ça !  Vipercanyon se transformant en grande banlieue d'Hollywood. Moi qui avais fui la civilation, je me sentis soudain trahi. On n'avait pas fini de voir débarquer un tas d'olibrius à la maison.

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J'espérais que les enfants sauraient garder la tête froide et ne pas oublier mon challenge au profit du miroir aux alouettes. Pour le moment, pas de problème, ils avaient assez à faire pour élever Mizar et le petit fêta son premier anniversaire avec le souvenir d'avoir bien grandi.

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Le plus dur restait à faire, comment les jeunes allaient-ils se tirer de son éducation ? Jusqu'à présent, il y avait toujours eu dans la famille, une grand-mère désoeuvrée, ne demandant pas mieux que d'abreuver les jeunes mamans de conseils et de recettes éprouvées.
-Pour qu'un bébé soit propre, il faut le coller sur le pot avant qu'il fasse dans ses couches. Si tu le laisses mariner dans son jus, il en prendra l'habitude, et tu seras obligée de laver ses draps jusqu'à plus d'âge. Ou encore
-Mais, il faut le faire marcher ce petit, sinon, il demandera toujours à être à bras, et tu ne t'en sortiras pas.
Et ces bonnes vieilles n'hésitaient pas à mettre la main à la pâte, tout en serinant au bambin les bases du vocabulaire. Mizar, fut éduqué au petit bonheur la chance. Aleph, y contribua en lui apprenant la propreté, Zaniath la marche, et Mahlaut et Ephraïm se partagèrent le plaisir de lui apprendre à parler.

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Si bien que Mizar n'eut pas à souffrir de lacune dans son éducation. Il atteint l'âge scolaire avec le titre de petite merveille. Mon challenge allait pouvoir se poursuivre. Restait plus qu'à veiller à ses études, et pour ça, Mahlaut et Ephraïm n'hésitaient pas à faire les devoirs à sa place, en plus des leurs, de manière à clouer le bec de l'assistante sociale, qui, ayant reçu des coups de téléphone malveillants pour signaler que sa mère menait une vie dissolue, l'avait particulièrement dans le collimateur.

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C'est pas que Mizar ait été plus feignant qu'un autre. Le gamin se débrouillait plutôt bien à l'école. Mais, y avait pourtant une chose inquiétante. C'était cette épidémie de grippe, qui les faisait tordre de douleur les uns après les autres, n'épargnant personne à la maison. Si par malheur Mizar venait à décéder, cela marquerait un point final à mon challenge. C'est pourquoi, malgré leurs coliques et leurs nausées, ils veillaient à ce que Mizar, le seul qui ne pouvait utiliser la machine infernale à remonter les barres, soit toujours frais et dispos. C'était plus du maternage, c'était le couvage en règle.
-Laisse Mizar, va t'amuser un peu, et puis tu feras une petite sieste après, on s'occupe de tes devoirs.
Il menait pas la belle vie, le petit ?

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Pourtant cette période ne restera pas dans les annales de la famille. Le train-train , quoi ! Ephraïm avait complété ses connaissances en mécanique. Il s'attaquait à présent à sa barre de créativité, mais ses tableaux, même s'ils ne méritaient pas le nom de croûtes, ne se vendaient guêre plus que 200 $. Quand je pense que mes oeuvres sont à présent côtées à plus de 2 000 $, c'est vous dire qu'il a encore du travail à faire avant de m'égaler.
Aleph, lui, passait toutes ses nuits sur le toît, espérant toujours rencontrer les extra-terrestres... en vain.
Zaniath se partageait entre ses anciens et ses futurs amants. Les anciens qu'elle considérait comme des amis, les nouveaux comme de simples pions, uniquement destinés à remplir son désir impossible et à rapporter un point pour le challenge. Bref, c'est pas qu'on s'ennuyait, mais c'était pas l'éclate.
Pour rompre cette monotonie, les enfants décidèrent de faire de grandes transformations dans la maison. Jusqu'ici, ils s'étaient contentés de changer quelques tapisseries pour renouveler le décor. A présent, ils puisaient sans vergogne dans le compte en banque, pour tout changer. Je me demande quelle allure aura ma maison quand cessera le tam-tam des marteaux et le ronron de la bétonnière.

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C'était donc ça ! 
Jeanne m'avait fait construire une maison originale, pas tape-à l'oeil mais bien pratique. Rien n'échappait à personne, les portes vitrées nous laissaient voir ce qui se passaient dans toutes les pièces. Et voilà qu'ils nous l'ont transformée en maison de bourges, genre château des Gothicks, manque plus qu'ils nous transforment le désert en prairie et ç'en sera fini de l'originalité, on se croira à Montsympa. Combien de pièces il peut y avoir maintenant ? Déjà que du temps de Kalliste et d'Hélios, y en avait une qui servait à rien... Ils se sont pas rendus compte que plus y a de pièces, plus on fatigue à grimper les escaliers pour un oui, pour un non ? Enfin, c'est eux qui les grimperont, moi je me cantonne au premier étage, et déjà beau que j'y grimpe au premier. Je connais des fantômes qui monteraient même pas sur un marche-pied.

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Fallait pas le dire trop vite qu'ils n'allaient pas transformer le désert en jardinet. Voyez, ils ont semé de la pelouse un peu partout. Elle a du mal à pousser, tu m'étonnes !  Bonjour les corvées d'arrosage. Vu de mon côté, c'est pas trop mal. Mais qu'ils z'aillent pas me raconter que c'était pour planquer le matos qu'ils ont fait tous ces travaux. A ce que je vois, les machines infernales sont toujours présentes un peu partout sur le terrain. Remarquez, ils z'auraient tort de les mettre ailleurs, c'est tout de même après l'effort qu'ils ont besoin de leur réconfort.

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Avec tout ça, j'ai passé mon temps à guetter les ouvriers, et j'ai un peu perdu le fil de mon challenge. Ils en sont où ? Ca avance les crac-crac de Zaniath ? Et les compétences d'Ephraïm ? Et a-t-il fini par les rencontrer les extra-terrestres, Aleph ? En me promenant dans la maison pour voir les changements de l'intérieur, j'ai entendu Mizar qui parlait tout seul.
-Moi j'en ai marre, on me dit jamais rien. Qui c'est Max ? Et ça veut dire quoi le challenge ? Les grands font rien que d'en parler, et quand je pose des questions, on me répond que je suis trop petit pour comprendre, qu'on m'expliquera plus tard. Mais c'est pas vrai que je suis trop petit, et puisqu'ils veulent rien me dire, je trouverai tout seul, na !  C'est pas pour rien que plus tard je veux être ultra-sim comme maman.

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Avec ma copine Anny, on a décidé qu'on serait des détectives. Tout ce qu'on trouvera, on se le dira. Mais Anny, elle trouve pas grand-chose, parce qu'elle est actrice, elle est toujours partie pour tourner son film. Moi j'aimerais aussi, bien faire du cinéma, mais ils disent tous que c'est pas pour moi, que j'ai pas le droit de choisir n'importe quoi comme métier, à cause du challenge. Et comme je sais pas ce que c'est le challenge, je comprends pas pourquoi j'ai pas le droit.

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J'ai demandé à maman, mais elle m'a répondu, tu comprendras plus tard. J'en ai marre des plus tard ! Maman, elle est gentille, mais elle travaille beaucoup. J'aime bien quand elle part travailler, on dirait une fusée. C'est pour ça aussi que j'aimerais bien être ultra-sim, pour m'envoler comme elle. Et elle atterrit pile devant la boîte à lettres, c'est bien calculé. Je sais pas qui c'est qui calcule, mais c'est quelqu'un de fort.
Et puis après, je file faire mes devoirs, parce que maman, elle a encore du travail à faire à la maison. Mais pour le challenge, cette fois. Il faut qu'elle interroge tous les gens qui passent dans notre rue. Et y en plein!  Alors, forcément, elle a beaucoup de travail.

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En ce moment, elle interroge rien que des acteurs de cinéma. C'est drôlement bien, c'est comme ça que j'ai rencontré Anny et aussi Grace Jolly. C'est vrai qu'elle est drôlement jolie. Si je serais grand, je me marierais avec elle. Mais je suis trop petit, elle m'a dit.

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Quand elle interroge les acteurs, maman, elle veut pas de moi dans ses jambes. J'ai pas le droit d'écouter les questions, il faut que j'aille apprendre à jouer aux échecs sur le balcon. Ou autrement, s'il fait un peu nuit, j'ai le droit de regarder dans le télescope un peu. Mais interdiction de regarder en bas, sinon, gare à mes fesses !  elle m'a dit.

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Et puis j'ai pas le droit d'aller me coucher dans mon lit, parce qu'elle ferme la porte à clé. Des fois j'entends des cris, et ça me fait peur. Heureusement que je peux dormir dans la chambre avec Mahlaut, parce que Mahlaut, je l'aime bien. C'est ma grande cousine, et c'est elle qui me raconte le plus de choses. Elle m'a dit de pas m'inquiéter, que c'était comme dans les films, des cris pour de rire, pas pour de vrai.
Mais moi j'aime pas trop, parce que maman, quand elle sort de la chambre, elle est toute triste. Sinon, elle a fini son travail, et ça c'est bien.

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J'aime bien aussi mon oncle Ephraïm, même s'il est plus grand que moi, d'habitude, on joue bien ensemble. Mais je sais pas ce qu'il a en ce moment, on dirait qu'il est maboul. Il est tellement pressé de tout savoir qu'il a même plus le temps de parler avec personne. SI !  Il parle avec un ami, que c'est que lui qui a le droit de le voir, n'importe quoi ! Des fois, il me dit :
-Là Mizar, tu le vois là ?
Mais j'ai beau ouvrir grand mes yeux, je vois rien-du-tout !  Il me fait un peu peur, j'espère qu'il est pas devenu fou.

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Les autres y disent que c'est un ami imaginaire et qu'il faut pas s'inquiéter pour ça. Moi, j'aimerais bien le voir quand même cet ami. Ephraïm, il m'a dit que c'était un lapin jaune qu'il lui manque un oeil. Ben dis-donc, moi j'aimerais pas un ami lapin, surtout avec qu'un oeil, j'aime mieux Anny.

Eh bien voilà, c'est pas plus compliqué que ça. Si on veut tout savoir sur tout, suffit d'écouter les enfants !
 

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Quand je disais qu'on n'aurait pas fini de voir débarquer des olibrius à la maison. Qui c'est qui avait raison, une fois de plus ? C'est sûr qu'à Vipercanyon, c'est peut-être mêêêêêrveilleusement sauvage et terrrriblement dépaysant, mais c'est le trou ! Alors, ces messieurs-dames du cinéma, pour occuper leurs soirées, ils ont le choix : c'est charentaises devant la télé ou ragots au comptoir du coin. Et de qui ils parlent les ragots ? Ben de nous pardi, Les Dubagne ! 
Les seuls qui voient pas l'intérêt d'avoir la jeunesse éternelle, si c'est pour la passer à faire du jogging devant chez nous, avec pour tout amusement celui de nous piquer nos nains de jardins. Vous pensez comme ça les a intéressés de voir de quoi on avait l'air, dans cette famille. C'est comme ça qu'on a assisté à un véritable ballet d'acteurs, de producteurs et de starlettes.

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Vous avez déjà vu Mourad Sharif et Grace Jolly, le gros là, c'est un producteur, Eddie Lairkon, de son petit nom. Comme il sait pas quoi faire de ses journées, et que de compter les mouches qui volent, ça n'amuse qu'un temps, il a pris l'habitude de venir traîner ses pompes italiennes à la maison.

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Comme de juste, il est au mieux avec Zaniath, qui s'est vite mise au diapason. C'est des
-comment vas-tu ma chérie, par ci, et des
-Et toi mon chou ? par là.
Voir toutes ces grosses légumes défiler, Zaniath, ça lui a redonné de l'appétit. Elle aurait bien dû se rendre compte, après le fiasco de son expérience avec le capitaine crochet, qu'avec les acteurs, les scènes d'amour, ça rend mieux au cinoche que dans la vie. Mais non !  Elle se figure qu'y a de l'espoir tant qu'elle n'a pas testé toute l'équipe du tournage.

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Elle le bichonne le producteur, moi je vous dis que ça. C'est même une honte de voir ça. Elle te le complimente à tour de bras, je vois pourtant pas sur quoi elle peut le complimenter, mais elle, elle trouve.
Elle lui fait des massages Vipercanyonnais, histoire de lui en boucher un coin. Lui qui ne connaîssait que les massages thaïlandais, il demande qu'à apprécier la différence. Elle se confond en sous-entendus et en rentre-moi dedans très explicites. Mais pour le moment, elle ose pas encore lui proposer le grand saut dans le jaccuzzi ou dans son lit. Elle préfère s'attaquer aux satellites qu'au gros ponte, des fois qu'il serait jaloux après.

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Le deuxième acteur sur lequel elle a fait ses armes, c'est Jack Leventreur. Il tourne dans un western et se vante à qui veut l'entendre qu'il est un sacré pistolet. Avec celui-là, pas de gants à prendre, elle a eu vite fait de l'amener jusqu'à la chambre. Mais bon-sang de bois, elle a vraiment pas de chance avec ses mômes. Mizar l'a surprise en plein "interrogatoire"
-Ca vous dirait d'aller faire un petit tour dans mon lit ?
Le pauvre gosse a enfin compris en quoi consistaient les séances ultra-confidentielles de sa mère. Fallait bien se douter qu'il allait pas grandir avec des oeillères toute sa vie. Désespéré, qu'il est le gamin !

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L'a fallu que Zaniath aille le trouver pour essayer de lui expliquer
-Faut pas pleurer comme ça chaque fois que tu me vois embrasser un acteur Mizar, Monsieur Lairkon m'a demandé si je voulais faire du cinéma, mais je dois m'entraîner pour les scènes de baisers langoureux.
L'avait pas l'air bien convaincu, le Mizar
-Pour du semblant, on dirait bien des vrais baisers, pas des baisers de cinéma Zaniath, elle trouve toujours le moyen de retomber sur ses pieds
-Ah, tu as remarqué !  Je suis pas encore au point. C'est pour ça que je dois m'entraîner, pour que ça ait l'air de faux baisers qu'ont l'air de vrais.
Mmmmouais, ni vu ni connu, je t'embrouille. Faudrait pas le prendre pour un idiot, non plus, le descendant des Dubagne !

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Heureusement, d'autres évènements l'ont empêché de trop se pencher sur la question. Je sais pas si c'est qu'ils sentent l'orage, mais les fantômes sont déchaînés. J'arrive plus à les contrôler. Tiens, celui de Laurent, c'est le pire. Il boude, parce qu'on l'a pas enterré dans notre petit cimetière familial. Oh, rassurez-vous, ils ont gardé sa tombe, mais... loin !  Il est tout seul comme un pestiféré au pied d'une montagne de sable, et il a même pas une petite fleur du souvenir. ALors, il boude, et il nous fait des reproches, à nous
-C'est quand même un monde, vous les vieux, on vient arroser vos pots de fleurs tous les quatre matins, et moi, on m'oublie dans mon coin, alors que je suis frais enterré.
-Il commence à nous casser les tibias, parce que les pieds, hein... y a longtemps qu'on en parle au passé.
-Si t'es pas content, t'as qu'à aller leur dire, que j'ai eu le malheur de lâcher. Il se l'est pas fait dire deux fois. Mais à qui il est allé chanter sa complainte du mal-aimé ? A Mizar, comme s'il y était pour quelque chose ! Tout ce qu'il a réussi, c'est à lui filer des cauchemars et le faire faire dans sa culotte.

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Bien entendu, Mizar a raconté sa rencontre avec le fantôme de Laurent à tout le monde.
-Tiens, moi aussi j'ai vu un fantôme !  s'est avisé Ephraïm,
-T'as vu un fantôme ? Et t'as pas eu peur ?
-Non, j'ai à peine sursauté, pourtant, il était vraiment effrayant, s'est rengorgé Ephraïm.
-Quelle tête il avait ? a demandé Zaniath, c'est que c'est elle la détentrice de la mémoire de la famille à présent
-C'était une femme, comme celle dont il y a le portrait dans ta chambre, mais en 1000 fois plus horrible.
-C'est Galatée, ta grand-tante, la soeur de l'oncle Hélios. Et tu me feras pas croire qu'elle est effrayante. C'était un ange, maman l'a toujours dit.

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-SI !!!  Elle est effrayante, elle ferait peur à n'importe qui, mais pas à moi, parce qu'Aleph m'a expliqué que c'était Max qui commandait tous les fantômes. Zaniath a fait mine de capituler
-Bon, elle était effrayante si tu veux, mais elle a regardé les autres en vrillant l'index sur sa tempe.
-C'est comme pour ton copain le lapin jaune...
-Bleu !  a corrigé Ephraïm, maintenant, il est tout bleu Zaniath a levé les yeux au ciel avant de demander à Aleph, devenu chercheur en médecine
-Pourquoi tu ferais pas des recherches sur la dégénérescence des neurones suite à leur sollicitation abusive ?
-Parce que j'ai pas que ça à faire, a coupé Aleph, d'un ton sec. J'écris une thèse sur la pollenisation par cellules transgéniques aliennes interposées. Pourquoi tu crois que je passe tout mon temps à guetter les aliens au télescope ? Pour le plaisir de le perdre ? Aïe, aïe, aïe, quand je vous disais, qu'y avait de l'orage dans l'air !

sans143

Ca fait combien de temps que vous vous êtes pas confessés ? Si je vous demande ça, c'est parce que moi, ça remonte à ma première communion, c'est dire si ça fait un bail. Eh ben, aujourd'hui, je me rends compte que j'aurais dû le faire plus souvent.
Hier je m'embêtais ferme dans mon cercueil, parce qu'il a beau dire Laurent, c'est pas si souvent qu'on a de la visite au cimetière depuis que Kalliste est partie. Je m'embêtais donc, et pour m'occuper je me suis mis à resonger à ma vie, à mon challenge, ma famille, mes descendants. Un petit examen de conscience qui m'a remis les idées en place, j'ai eu comme qui dirait une révélation.
Ca fait maintenant des lustres que je commente leurs faits et gestes. Des lustres que je les étiquette, que je les surveille, que je les juge. Si-si, me dites pas le contraire !  Mais est-ce que je leur ai seulement laissé la parole une bonne fois ? Non !  Je suis là à les espionner, à reporter leurs conversations, mais j'ai jamais pris le temps de les écouter vraiment.

C'est en repensant à tout ce que m'avait appris Mizar, que je me suis dit : Mon gars Max, tu te crois toujours indispensable, mais faut reconnaître qu'ils se débrouillent très bien sans toi. Le seul grain auquel faut que tu veilles, c'est qu'ils n'oublient pas ton challenge. Le reste, c'est de l'excès de zèle.
Alors, j'ai pris de bonnes résolutions. Je sais, on est pas le premier de l'an, mais il est jamais trop tard pour bien faire, pas vrai ? Au lieu de jouer les mouches du coche, si je les laissais s'exprimer un peu à leur tour, les petiots ? Pour voir...

Posté par fonsine à 18:53 - 5ème GENERATION - Commentaires [1] - Permalien [#]

25 novembre 2005

6. La parole aux enfants

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Tiens, voyez Zaniath, moi j'aurais dit... Rha !  Voilà que je recommence !  Qu'est ce qu'elle se dit Zaniath ? (Je vous rappelle que je suis télépathe, des fois que vous l'auriez oublié).
-Et allez donc !  Encore une journée qui s'annonce. Une journée pour qui, pour quoi ? Si seulement j'allais au travail, j'aurais moins de temps pour penser. Mais là...
-Mizar, mon lapin, tes devoirs sont faits ? Tu as pris ton petit déjeuner ? Surtout ne rate pas l'autobus et ramène-moi un 20/20, promis ?! Ah, ce gosse, je m'en veux tellement de l'avoir déçu. Mais si j'abandonnais le challenge, à quoi aurait servi ma vie ? Combien j'ai eu d'amants déjà ? Je perds le compte, 12 ? 13 ? Faudra que je récapitule quand j'aurai un moment à moi.
Ah, ça y est, le bus est parti. Allez, au travail, ma cocotte. Va falloir appeler Eddy, ce vieux débris, je lui ai fait croire que je voulais devenir actrice. Pour quoi faire grand dieu ? S'il savait comme je m'en tape de ses films, le producteur. Je vais l'épingler comme un papillon, son manège a assez duré. Après, moins je le verrai, mieux je me porterai, c'est rien de dire qu'il me dégoûte.

sans145

Tiens voilà, le débris !  Et ça se croit irresistible !  Allez, force-toi ma Zaniath, montre-lui ce que tu sais faire.
-Eddy mon chou !  Comme c'est gentil d'avoir répondu si vite à mon invitation, ça mérite un petit baiser.
-C'est toujours un plaisir de... mais !  Gluppps, Zaniath, me serrez pas si fort, je peux à peine respirer. Mais qu'est-ce que vous me faites là ? C'est ça que vous appellez un petit baiser ?
-Ca te déplaît mon gros loup ?
-Oh, non !  Au contraire, continue, aaaahhhh Zaniath, Zaniath, je me pâme !
-Et tu n'as pas tout vu, mon chou, si tu me suis dans ma chambrette, je te montrerai mes galipettes.
-C'est par où ?
-Par là, si tu veux bien me suivre... (vieux débris, va !)

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Et voilà, vite fait, bien fait, comme on dit. Je lui ai fait la brouette japonaise et le pousse-pousse chinois dans la foulée. Il en est pas revenu, Eddy.
-Zaniath, où as-tu appris tout ça ? On me l'avait jamais fait ce coup là, pourtant, j'en ai eu des maîtresses, mais des comme toi, jamais.
-Ben, j'y compte bien mon gros loup. Si tu veux, je t'en montrerai d'autres. T'as déjà fait ça en public ?
-En public ? Tu veux dire, en soirée privée ?
-Non, j'ai bien dit en public. Dans un magasin, devant tout le monde, au risque de se faire surprendre par la vendeuse dans la cabine d'essayage. T'as jamais eu envie de faire ça ?
-Ben, ce que j'ai fait de mieux dans le genre, c'est dans un ascenseur, mais les portes étaient coincées, y avait moins de risque.
-Alors, qu'est-ce que tu dis de mon idée ?
-J'en reviens pas Zaniath, quel aplomb !  Mais je dis pas non. On ferait ça quand ?
-Quand tu veux Eddy, je te rappelle, parce que là, faut t'en aller maintenant, mon fils va rentrer de l'école, il faut pas qu'il te trouve ici.
-Le temps va me sembler long sans toi.
-Mais moi aussi, tu vas me manquer, allez, sauve-toi vite, mon gros loup.

sans147

Ah, le crampon !  J'ai vu l'heure que j'allais jamais réussir à m'en dépétrer à temps.
-Qu'est-ce que tu dis Mizar, mon poussin ? T'as été embauché dans la troupe de théâtre de l'école. Mais c'est bien ça, mon chéri. Et tu voudrais quoi ??? Que je t'apprenne à embrasser !  Mais t'as pas besoin d'apprendre !  Au théâtre, c'est pas comme au cinéma, les baisers, on les voit de loin. T'auras qu'à faire semblant, comme moi. Non mon chéri, j'ai pas trop le temps de jouer avec toi, là-maintenant. Pourquoi tu demandrais pas à tonton Aleph ? Mais non, qu'est-ce que tu me chantes là, c'est Ephraïm qui a un copain-lapin, pas Aleph ! Ah bon ? Aleph aussi à présent ? Et toi, Mizar, ça te dirait rien d'avoir un copain-lapin ?

Hé-hé, c'est pourtant vrai, qu'on apprend autant à écouter ! Mais c'est quoi encore cette histoire de copain-lapin d'Aleph ? Aleph, c'est le sage de la famille, jamais une vague, jamais un mot plus haut que l'autre. Rarement un mot d'ailleurs, comme toi Jeanne, il te ressemble par certains côtés. Il...
-Maxou, t'avais pas dit que tu les laisserais parler ?
-T'as raison, Jeanne, comme toujours. Il dit rien, mais peut-être qu'il pense... A quoi peut-il bien penser ? Je parie qu'il pense à une fille. il doit être amoureux, c'est ça !

-Si tu veux vraiment le savoir, c'est pas en faisant les demandes et les réponses que tu seras fixé.
-Ouais, t'as raison, je me tais.
- (...) A quoi il pense là, en ce moment ?
-Chuuuttt !

sans148

Ah, ça y est, il s'est endormi. Fais un gros dodo, mon Mizar. Ca m'ennuie de le laisser tout seul, l'air est malsain, c'est un temps à fantômes. Ce qu'ils sont contrariants, les fantômes ! Tu veux les voir ? Ils se cachent. T'en as peur, ils te sautent dessus, comme cet empaffé de Laurent l'autre soir. Ah, c'est pas à moi qu'il s'en serait pris, non, ce serait trop beau. Il faut qu'il s'attaque au plus faible.
Dors, mon petit ange, tonton Aleph t'apprendra à ne plus avoir peur des fantômes.

sans149

Bon, c'est pas tout ça, j'ai à faire !  Un petit plongeon dans la piscine, un petit coup de muscu pour me dérouiller. C'est pas parce que je suis au top de ma condition physique qu'il faut me laisser aller.
Qu'est-ce qu'il fait sombre dans cette pièce !  C'est bien beau de faire une salle de gym, mais faudrait penser aux lumières. Ils pensent à rien dans cette maison. Si on leur dit pas, non, y pensent pas ! Quelle heure il est déjà ?
Déjà !!!  Mais faut que j'y aille, je vais être en retard !  Ouais, c'est bon, je suis tout platine.

sans150

Ah, tu y es déjà Ephraïm ?
-...
Cause toujours, tu m'intéresses ! 
Je sais pas moi, on passe des nuits et des nuits côte à côte, à observer le ciel. On pourrait en profiter pour se faire part de nos observations, mais quand il est dans ses étoiles, autant s'adresser à un mur. ALORS ?!!  Ils se pointent, les extra-terrestres, OUI ?!!
Ca, si l'oncle Hélios m'avait pas juré, croix de bois-croix de fer, qu'il avait eu à faire à eux, toutes ces histoires d'enlèvement par les petits hommes verts, je croirais que c'est comme le père Noël et ses lutins : un truc pour mettre les mômes en cage : Si t'es pas sage... y viendront-pas !

sans151

ALORS ????!!!
Anne, ma soeur Anne...
Non toujours rien...
Hein ? Ah, tu vas te coucher Ephraïm ?
Non, moi je reste encore un peu, sait-on jamais, avec un peu de chance...
ILS VONT SE POINTER OUI OU ?... rien !!

  sans152

GRRRRrrr !  J'ai encore fait le poireau pour rien. Un de ces quatre, je vais prendre racine, ils n'auront plus qu'à m'arroser.
-Bonsoir Mahlaut !
Tu crois qu'elle poserait le combiné deux secondes pour me répondre ? Bien trop occupée la demoiselle. C'est bien simple, le téléphone, entre Mahlaut et ses copains et Zaniath et ses amants, y a pas moyen de s'en servir. Bonne nuit quand même !

sans153

Allez, bonne nuit les petits !
Ouf !  moi j'en peux plus, je suis crevé. Et dire que j'avais pris une journée de congé payé. Qu'est-ce que ce serait si j'étais allé travailler. Remarque, j'aurais peut-être mieux fait d'y aller, ce que j'ai pu me faire suer, isolé dans la casbah comme un cheveu sur la tête d'Eddy.
Encore un sacré zigoto qu'elle nous a ramené là, Zaniath !  Même pas deux mots d'échangés, ils ont disparu dans la chambre, et je les ai plus revus de la journée. ENFIN !  (soupir) en tous cas, c'est pas leur conversation qui m'aura saoûlé. Je suis pas très causant de nature, mais un mot de temps en temps, je suis pas contre.
Bon, j'ai mis le réveil à sonner, à 4 heures j'y retourne !

sans154

Et ZUT !  La machine est en panne ! 
Si je veux être en forme pour me faire enlever, il va falloir réparer. Après, une petite tête dans la piscine, comme d'hab, ça réveille, et ça rafraîchit. Ce que le temps est lourd en ce moment, ça sent l'orage.
Allez, c'est reparti pour un tour.

sans155

Allez, montrez-vous mes bonshommes !  Petits !  Petits !  Venez donc par là ! C'est pas un satellite que je vois là, cette grosse boule rouge à l'horizon ? Pense-tu, c'est le soleil qui se lève ! 
Encore une nuit de fichue pour rien. J'aurais mieux fait d'aller finir le tableau que j'ai commencé. Au moins, là je perds pas mon temps, 500 à 600 $ qu'il voulait l'acheter Eddy. Mais s'il croit que je vais m'en séparer, il se met le doigt dans l'oeil jusqu'à l'épaule. La peinture, c'est un placement sûr, quand tu vois les tableaux de Max qui valent maintenant plus de 2000 $. Il l'avait bien dit le vieux : Faites de la peinture les enfants, vous n'aurez pas à le regretter.
Bon, pour cette nuit, c'est râpé
!  C'est encore je t'ai bien eu mon gars, je vois ce qu'il me reste à faire.
J'EN AI MAAAARRRE !!!

sans156

-Tiens, bonjour Mizar, bien dorm...
-B'jour tonton !...alors je te disais Anny, c'est génial !  Ma tante Mahlaut m'a fait tous mes devoirs de math, moi j'ai eu juste qu'à tirer les traits sous les additions avec la règle. Ouais, toi t'as pas de chance Anny, tu peux pas demander à ta mère ?... Et ton père ?... Ah c'est pas ton père !  Ben j'aime mieux ça, parce que je l'aime pas... Non, je l'aime pas, je l'aime pas, et je peux pas t'espliquer pourquoi... ben c'est parce que l'autre soir, avec ma mère bla-bla-bla-bla...

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-Salut Mahl...
-Te fatigue pas tonton, elle t'écoute pas, elle téléphone à ses copains à cause de son anniversaire. Tu sais que c'est ce soir son anniversaire, alors, forcément, tout le monde veut lui souhaiter.
-Ah, ça y est j'existe pour quelqu'un !  Mais à présent, c'est un peu tard, puisque vous vouliez pas me parler, j'ai fait comme Ephraïm, j'ai invité un ami.
-Bah, il est où ton ami ?
-Juste derrière toi, tu le vois pas ? C'est mon lapinou rose, lui au moins, il trouve que ce que j'ai à dire est extrêêêmement intéressant.
-Ah, ton copain-lapin !  Ben non, moi j'en ai jamais vu des copains-lapins, je sais pas si j'en verrai un jour. Faut être un peu toc-toc pour en voir, non ?
-Moi j'étais comme toi, Mizar, je croyais pas que j'en verrais. Ce que j'aurais préféré voir, c'est des extra-terrestres bien verts, tu vois. Ben, non, c'est le lapin rose-crado qui m'est tombé dessus. On peut pas tout avoir dans la vie.
Quand je le disais, que c'était un sage !
 

sans158

Aujourd'hui c'est mon anniversaire, je vais être majeure, depuis le temps que j'attendais ça !  Ca méritait bien une mega fête, tous mes copains m'ont appelée en espérant être invités. Seulement voilà, à cause de ces maudits bugs, va falloir célébrer ça en famille.
Enfin, ça ne m'empêchera pas de bien grandir et d'abord, à défaut de fête, j'ai décidé que sécher les cours.
Je vais aller faire une petite virée en ville avec Oscar, y en a marre de la routine : école-boulot-dodo, je suis encore jeune moi ! J'ai besoin de bouger.

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Surtout que c'est drôlement cool maintenant à Vipercanyon, ça grouille de stars et de starlettes, j'en profite pour me faire un tas de relations. Je sens que je vais y arriver à avoir 30 meilleurs amis. Bon, pour le moment je suis pas encore à 10, mais chuis pas grand-mère non plus !  D'ici là... avec ce que Zaniath ramène à la maison, j'ai que l'embarras du choix.
Ce qui est génial, c'est que toutes les starlettes ne pensent qu'à leur ligne, le végé-burger que j'ai inventé fait un tabac, dès que j'aurai grandi, je l'ouvrirai mon resto végétarien, et j'aurai plus de patron sur le dos.
Tiens, encore une nouvelle venue, je l'avais jamais vue celle-là. Ah, c'est une copine à Mourad ! Ben ça sera une copine à moi aussi, comme on dit : les amis de mes amis...

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Je me suis pressée d'enfiler l'uniforme du bahut pour ne pas me faire rouspéter. S'ils savaient que je vais sécher les cours, ils seraient capables de m'en faire toute une histoire.
-Allo, je ne me sens pas très bien, je pourrai pas venir en classe aujourd'hui.
Ah, les nazes, ça marche à tous les coups !  " Hola, ça n'a pas l'air d'aller bien fort, restez chez vous et reposez-vous bien " qu'ils répondent. Tu parles comme j'ai l'intention de rester enfermée pour ma dernière journée d'ado, et avec le soleil qu'il fait en plus !
Mince ! J'espère qu'Aleph a pas capté
-Bonjour Aleph, bien dormi ? Je téléphonais à Oscar pour qu'il m'attende à la descente du car.
Je sais pas pourquoi je me crois obligée de lui dire ça, c'est pas lui qui va cafter, c'est pas trop son genre. Et puis, il a l'air d'être en grande conversation avec lui-même. Je sais pas ce qu'il a en ce moment, on dirait que ça tourne pas très rond dans sa tête.

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Et voilà, c'est pas plus compliqué que ça !  Je suis montée dans le car, comme si de rien n'était, j'ai demandé au chauffeur de m'arrêter au coin de la rue parce que j'avais oublié mon cahier de devoirs, et j'ai eu juste à sauter dans le taxi où m'attendait Oscar.
Avouez qu'on est mieux là qu'au lycée !  Le seul truc gênant, c'est le bruit. Ils sont en train de bâtir un nouveau complexe commercial pour satisfaire tous ces nouveaux-venus à Vipercanyon. J'espère qu'ils vont pas nous augmenter la taxe d'habitation. C'est que c'est bien beau de faire des travaux, mais après, c'est les habitants qui douillent.

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Pour essayer de s'entendre un peu, on a préféré rentrer dans la boutique. C'est pas du luxe de bâtir un nouveau centre commercial, c'est plutôt craignos ici. C'est pratique, y a pas à dire, on a tout sous la main, des fringues au camembert en passant par les revues et les jeux vidéos, mais ça craint !
On s'est payé une bonne partie de rigolade avec Oscar. Il est bien gentil, je crois, sans me vanter, qu'il est un peu amoureux de moi. Mais moi ça ne m'intéresse pas, ami-ami, d'accord, mais pas plus. C'est pas à quelques heures de souffler les bougies que je vais entreprendre quelque chose avec un ado.
Il a très bien compris d'ailleurs, on s'est promis de rester les meilleurs amis du monde.

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Et puis j'en ai profité pour cuisiner la vendeuse
-Dis-moi Michelle, c'est quoi cette histoire de nouveau centre commercial, t'es au courant ?
-Si je suis au courant !  T'entends pas le boucan que ça fait ? Il paraît que ça sera tout ce qu'il y a de bien, une boutique de fringues super-luxe, une salle de jeu...
-Tu vas changer de crèmerie alors ?
-Pense-tu, même pas, j'ai un CDI pas trop mal payé, et le patron m'a promis de m'embaucher si un jour je me décide à grandir. Alors, comme on dit : mieux vaut tenir que courir.
-T'as peut-être raison, mais ça va te faire une sacrée concurrence
-Qui vivra verra Mahlaut, qui vivra verra...
Si je peux me permettre, avec toutes ces idées reçues, m'étonne pas qu'elle moisisse dans son fromage, la Michelle.

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Ouf ! Je vous dis pas la course, mais je suis quand même rentrée à temps pour aller au travail. C'était pas le moment de lever le pied, j'ai décroché une promotion et je suis au top niveau de ma carrière d'ado. En arrivant, j'ai eu la surprise de trouver ma mère dans sa super tenue d'Ultra-Sim. Elle venait s'excuser de ne pas pouvoir fêter mon anniversaire avec moi. Il paraît qu'elle est débordée depuis qu'elle vit chez Alioth.
Vous savez ce que c'est un célibataire... y avait du linge à traîner dans tous les coins, une tonne de vaisselle à faire et je vous parle pas du jardin à l'abandon. Bref, ça m'a tout de même fait plaisir de la voir, mais elle aurait pu se dispenser d'y aller de ses petites remarques sur ma ligne
-Ben dis donc, Mahlaut, je croyais que tu devais te mettre au régime, ça ne se voit pas beaucoup.
-Oui, ben le régime, on en reparlera plus tard. Pour le moment j'ai beau me défoncer sur le parcours d'obstacles et faire de la muscu, je décolle pas d'un gramme.
C'est vrai quoi, de quoi elle se mêle ?

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Bon, c'était pas la fête dont j'aurais rêvé, mais c'était pas trop mal quand même cet anniversaire. Il y avait un tas de nouvelles têtes, dont un certain Léo Leblanc que nous avait ramené Zaniath de son boulot. Au fait, elle nous a annoncé qu'elle avait été rétrogradée au rang d'agent de sécurité, c'est pas de veine, après avoir été ultra-sim ! Elle a voulu protéger la centrale nucléaire, elle aurait mieux fait de s'occuper de robot-coop qui semait la pagaille dans toute la ville.
Quand j'ai grandi, je me suis retrouvée moulée dans une vieille roble de ma mère. Là, je me suis bien rendue compte qu'entre elle et moi, y avait environ 10 Kg d'écart. C'est décidé, demain j'attaque mon régime et je me remets au sport. Je leur ai pas parlé de ma virée en ville, mais ça me démangeait tellement que j'ai lâché
-Il paraît qu'il va y avoir du nouveau au centre commercial, tout le monde ne parlait que de ça au bahut.
-Du nouveau ? Faut que j'aille voir ça, a aussitôt déclaré Zaniath. C'est vrai qu'elle, ça l'intéresse, vu qu'elle a l'intention d'y traîner tous ses amants. Je me demande bien qui sera le premier pour l'inauguration de la cabine d'essayage.

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Ah, on peut dire que Zaniath n'a pas perdu de temps, elle a sauté sur le téléphone
-Allo mon chéri, ça te dirait de venir visiter le centre commercial avec moi ? Il paraît qu'il y a de nouvelles boutiques super... Si, si, je t'assure, les travaux sont terminés, ils ont tout amené par hélicoptère, une fois les fondations posées, y avait plus qu'à poser dessus.
Bon, ben à tout à l'heure alors, tu verras, tu ne regretteras pas.

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27 novembre 2005

7. Zaniath inaugure le centre commercial

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Ah, le voilà donc le nouveau centre. Y a pas à dire, il jette du jus. A part, bien sûr la petite boutique minable que je connaissais et qu'ils auraient mieux fait de raser. Mais comme le patron était le propriétaire du terrain, il a bien voulu en céder une partie -à condition qu'on lui laisse sa boutique.
Je sais pas s'il espère que le beau linge du cinéma vienne augmenter son chiffre d'affaires, mais je crois qu'il se met le doigt dans l'oeil. Nous déjà, on faisait avec parce qu'on n'avait pas d'autre choix, mais tant qu'à faire, si c'est pour pas payer plus cher, autant profiter d'un cadre agréable, loin des odeurs du camembert.
Tout comme Mahlaut, je me demande qui Zaniath a bien pu choisir pour l'inauguration en fanfare et feu d'artifice espéré.
Pas vous ?

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Je m'étais coulé dans le taxi qui emportait Zaniath au centre commercial, au grand dam de Jeanne
-Max, tu ne peux pas la laisser un peu tranquille ? On le saura bien assez tôt qui elle a choisi d'inviter pour l'inauguration du centre commercial.
Nin-nin-nin, il n'était pas question que je loupe ça !  Surtout après l'avoir vue passer une heure à choisir sa tenue, avant de réduire ses efforts vestimentaires à zéro, en se mettant à faire du yoga, dans la position du lotus. C'était donc bien important pour elle, ce rendez-vous ?
Aaaah, quand j'ai vu qui l'attendait en faisant les cent pas devant la boutique du père Tazi, j'ai tout de suite compris. C'était donc Alioth, l'heureux élu ! Ben ma petite mère, c'était pas dans la poche. Même si à force de coups de téléphone, elle avait réussi à renouer le contact, il avait gardé une dent contre elle. Comment allait-elle s'y prendre pour dénouer la situation ?

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Fallait bien ça !  Elle s'est mise à genoux par terre pour le supplier de lui pardonner.
-Alioth, tu ne peux pas continuer à me faire souffrir comme ça. Tu sais bien que je n'aime que toi, les autres hommes, pfffuit, je m'en bats l'oeil. Ils ne comptent pas plus à mes yeux que les noyaux de pêche ou les arêtes de sardines. Une fois que j'ai consommé le seul truc utile pour le challenge, je les laisse sur le bord de l'assiette. Mais toi, Alioth, c'est pas pareil, je t'aime, et s'il ne tenait qu'à moi, je voudrais faire ma vie avec toi. Comprends-moi Alioth, je t'en supplie, comprends-moi, et pardonne-moi !
Alioth ne pouvait rester de marbre, après une pareille plaidoirie.
-Lève-toi et marche, Zaniath !  Ne reste pas comme ça, agenouillée dans la poussière. Tu vas salir ton beau survêt. Ah, lui aussi, il avait remarqué que c'était pas tip-top comme tenue, le survêt pour aller en ville.
-Je ne bougerai que si tu me suis, sinon, je mourrai à tes pieds, en implorant ton pardon.

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Si elle avait l'intention de mettre ses menaces à exécution, il risquait d'y avoir deux morts. Alioth n'était pas tellement plus jeune qu'elle. Heureusement, il sut faire preuve de grandeur d'âme.
-Zaniath, là ça devient ridicule, relève-toi, va, je te pardonne, dit-il en lançant des regards affolés autour de lui, pour voir si personne ne les regardait. Par chance, le centre était désert. Zaniath poussa son avantage en lui caressant la joue
-Vrai ? Tu ne m'en veux plus ? Ô Alioth, je le savais, que tu ne pourrais pas oublier les doux moments que nous avons passés ensemble. Tu te souviens, comme c'était bien ? C'est dans tes bras que j'ai été la plus heureuse. Mais on n'a pas la nuit devant nous, tu m'accompagnes à la boutique ? Je voudrais faire quelques emplettes.
-Ouais, ça sera pas du luxe, releva Alioth.

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En s'assurant qu'il la suivait, Zaniath se dirigea vers le nouveau complexe commercial.
Elle avait sa petite idée sur la manière dont elle comptait mettre la soirée à profit.

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Elle fit semblant d'hésiter devant le portique aux vêtements et demanda l'avis d'Alioth
-Qu'est-ce que tu penses de cette robe ? Tu crois qu'elle m'irait ? A moins que tu ne préfères celle-là, la bleue turquoise, elle est pas mal, non ?
-Ben, t'as qu'à les essayer, tu verras bien celle qui te va le mieux
C'était bien son intention, mais elle jugeait qu'il valait mieux que ça ait l'air de venir de lui.
-T'as raison, où sont les cabines ?
-A première vue, je dirai qu'elles sont derrière moi. Y a pas de vendeuse dans cette boutique ? s'étonna Alioth
-Bah, tu sais ce que c'est, c'est pas la foule à cette heure là, elle a dû aller prendre sa pause, conclut Zaniath en se disant que ça arrangeait bien ses affaires.

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Une fois entrée dans la cabine d'essayage, Zaniath appela son cousin
-Ah, j'y arrive pas, la fermeture éclair est coincée !  Tu peux pas venir m'aider Alioth ?
Alioth s'assura que la vendeuse n'était pas revenue et entra dans la cabine. Mais une fois à l'intérieur, il s'aperçut que Zaniath était entièrement nue. Elle se plaqua contre lui, et, -vous savez ce que c'est un homme-, il ne sut pas lui résister.

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Quand ils en ressortirent, Zaniath ayant enfin réussi à enfiler sa robe, un air de grand contentement s'inscrivait sur leur visage. La vendeuse ne s'y serait pas trompée, mais heureusement, elle était toujours occupée à on ne sait trop quoi. Personne ne les avait surpris, et Zaniath jugea que c'était bien pratique ces cabines. Elle se promit que pour la poursuite de son challenge, elle deviendrait une fidèle de cette boutique, à la vendeuse si discrète.
C'est vrai, il y a tellement de boutiques où les vendeuses jouent les crampons, quand on a la chance d'en trouver une qui vous ignore totalement, quel soulagement !
Avant de se séparer, Zaniath et Alioth, tout à fait réconciliés, -je dirai pas sur l'oreiller, ça manque un peu dans les cabines-, se promirent de se revoir et de se téléphoner souvent.

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Heureuse d'avoir pu arranger les choses avec son cousin, on aurait pu croire que Zaniath se serait tenue à carreau pour ne pas risquer une nouvelle fois de perdre son amour. Mais, ç'eût été mal la connaître. Ayant perdu sa place d'Ultra-Sim, elle avait le moral à zéro, et seul un nouvel amour aurait pu lui redonner le sourire.
Il se présenta en la personne de Léo Leblanc.

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Encore de drôles de zigotos ces Leblanc. Eux, ils avaient débarqué à Vipercanyon dans le cadre d'un challenge appelé " Ma maison Rona ". D'après ce qu'on en a su, il s'agissait pour eux de se construire un petit palace en moins de 30 heures, moyennant quoi, on leur faisait cadeau de la maison et du mobilier. Ce genre de challenge avait bien évidemment attiré plusieurs familles dans notre vallée et pour Zaniath, de nouvelles proies à draguer.
Quand elle fit la connaissance de Léo, Mizar était à l'école. Elle décida de mettre le turbo avant son retour et c'est en championne de Formule drague qu'elle lui arracha un baiser langoureux. C'est qu'il commençait à devenir pénible, le gamin, à verser des torrents de larmes dès qu'il la voyait approcher un homme.

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Le niveau de relations avec son fils frôlant la catastrophe, Zaniath ne voulut pas courir le risque de l'aggraver encore en entraînant Léo dans son lit. Elle préféra lui donner rendez-vous chez lui. Et c'est ainsi qu'elle débarqua dans la fameuse maison rona, à l'heure où les petits Leblanc s'apprêtaient à sauter dans le bus de ramassage scolaire.
Léo, qui ne l'attendait pas de sitôt, vint l'accueillir dans la tenue appropriée. Ben oui !  Pourquoi faire des chi-chis ? Ils connaissaient tous les deux le but de la visite.

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Remarquez, Léo avait tout de même du savoir-vivre. Il ne lui a pas sauté dessus dans le jardin. Il s'est cru obligé de lui faire un peu de baratin.
-Zaniath, quelle bonne surprise ! Depuis hier, je n'ai pensé qu'à vous, je n'ai rêvé que de cet instant où nous nous retrouverions vous et moi, pour apprendre à mieux nous connaître.
Il appelle ça "se connaître" lui, il doit avoir bouquiné la Bible. Zaniath aussi a du savoir-vivre, faut pas croire. Elle ne lui a pas demandé tout de suite où se trouvait la chambre. Non, elle a même accepté de partager le petit déjeuner de la famille, pendant que Léo allait faire sa toilette et retaper le lit.

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Mais, fallait pas croire non plus qu'elle était venue pour s'envoyer des corn-flakes. Aussi quand Léo lui demanda si elle ne se sentait pas un peu lasse, elle accepta d'aller se relaxer avec lui.
Vous connaissez la suite... Une relaxation réussie, ça commence sur la couette, et ça se termine dessous.
Pour ça, rien à redire, ce fut une parfaite réussite.

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Elle passa une partie de la journée à roupiller chez Léo. C'est crevant la relaxation ! Aussi, lorsqu'elle se décida à rentrer à la maison, elle se sentit en grande forme. Qu'allait-elle faire de sa soirée ?
Elle se décida à appeler Eddy. Ne lui avait-elle pas proposé d'aller découvrir avec lui les charmes du centre commercial ? Oui, je sais bien, elle y avait déjà goûté. Mais qu'est-ce qui l'empêchait de faire comme si ?
-Eddy mon chou, t'es toujours partant pour m'emmener au centre commercial ? On pourra faire les magasins.
Eddy n'hésita pas une seconde. Les magasins, c'était bien le dernier de ses soucis, mais les CABINES ! 
Zaniath ne lui avait-elle pas laissé entendre qu'elles pouvaient servir à des essayages d'un genre tout à fait particulier ? Il avait hâte de voir ça.

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Il ne fut pas déçu du tout. Evidemment, Zaniath dut encore batailler avec une maudite fermeture éclair et l'appela à l'aide. Il s'assura qu'ils étaient seuls dans la boutique. Les vendeuses étaient encore je ne sais où, ce qui fit bien son affaire.

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Quand ils ressortirent de la cabine, Zaniath lui avait fait découvrir ses charmes, jusque dans les moindres recoins. Elle lui annonça qu'elle partait à la recherche d'une vendeuse.
-C'est tout de même incroyable, il n'y a jamais personne ici ! Je voudrais bien acheter cette robe, tu as ton carnet de chèques Eddy ?
Eddy ne s'attendait pas à ça. Il se figurait, le pauvre gars, que les achats n'étaient qu'un prétexte. Mais, il sut se montrer beau joueur. Il n'allait tout de même pas jouer les radins. Il lui tendit un billet à regret.

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Zaniath se rendit à la boutique où elle savait trouver Michelle. Mais celle-ci ne voulut rien entendre pour accepter l'encaissement.
-Vous n'avez qu'à vous adresser à la vendeuse du magasin où vous avez trouvé cette robe. Je ne suis pas payée pour ça.
-Mais, y a jamais personne dans ce magasin, protesta Zaniath
-C'est votre problème !  Je veux pas le savoir.
Zaniath se fit charmeuse
-Allons Michelle, ne faites pas votre mauvaise tête. Je vous donnerai un gros pourboire pour la peine.
-De combien le pourboire ? demanda Michelle intéressée.
-Au moins 100 $, c'est Eddy qui paye !  Et Michelle se laissa convaincre. 100 $, ce n'était tout de même pas rien.

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Son paquet sous le bras, Zaniath appela un taxi pour rentrer chez elle, oubliant complètement le pauvre Eddy. Enfin, l'oublier, c'est vite dit. Elle n'en avait plus rien à faire, il pouvait aller se rhabiller.
Eddy mit un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, avant de se rendre compte qu'elle l'avait plaqué là. Il passa une partie de la nuit à guetter son retour à la fenêtre, entre deux parties de flipper. De guerre lasse, il se décida à rentrer chez lui, en se demandant ce qui avait bien pu arriver à Zaniath. Il n'avait pas encore compris que son rôle était terminé, le metteur en scène. Il attendait des applaudissements qui ne vinrent pas.
A mon avis, il pouvait les attendre longtemps.

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-Max !
-Hein ? Quoi ?
-Tu n'as pas oublié quelqu'un ?
-Oublié ?
-Eh bien oui, je te vois parti dans tes histoires avec Zaniath, et Ephraïm, tu n'aurais pas oublié de lui donner la parole par hasard ?
-Oh, Ephraïm, il a rien à dire !
-Peut-être que si, qu'est-ce que tu en sais ?
-Il dit jamais rien.
-Raison de plus, écoutons ce qu'il a à dire.

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-...

sans_titre72

-Salut !

sans_titre73

-...

-Tu vois, ce que je te disais !  Il est trop sérieux ce gamin. Remplir ses barres, il ne pense qu'à ça ! 
Ca fait des semaines qu'il se bat avec sa créativité.
Remarque, au lieu de perdre son temps en parlotte, il bosse lui ! 
T'as vu, encore deux trois points de cuisine et deux points de charisme,
il aura assouvi son rêve avant de passer à l'âge adulte.
-Chuuut Max, il parle !
-Il PARle !?


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-Ouf, ça y est, j'ai terminé, juste avant mon anniversaire. Tu vois Mizar, le secret de la réussite, c'est de se concentrer sur son travail.
-Mais tonton, t'aimerais pas mieux t'amuser un peu comme tout le monde ?
-M'amuser à perdre mon temps ! Ah ça, non !  Plus vite j'en aurai fini, plus vite je me sentirai libre. Je vais pas faire comme Zaniath qui traîne avec son désir impossible depuis qu'elle est sortie de l'école.
-Mais... t'as même pas une petite copine, tout le monde le dit.
-Qu'est-ce qu'ils en savent ? Avoir une copine de mon âge, ça ne sert à rien, c'est du temps de perdu.
-C'est pas ce qu'ils disent les autres
-Les autres, ils disent ce qu'ils veulent, et moi, je fais ce que veux !

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-Ben dis-donc, il parle pas, mais il sait ce qu'il veut, lui au moins !
-Tais-toi, Max, c'est son anniversaire. Il est content comme tout ce soir. Peut-être qu'il va encore parler.
-M'est avis que c'est plutôt Mahlaut qui lui tient le crachoir. Qu'est-ce qu'elle lui dit ?
-Qu'est-ce que tu vas faire maintenant Ephraïm ? Tu vas continuer à remplir tes barres ? Tu comptes finir comme Aleph, perché sur le télescope ?
-Entre autres !  Mais il y a plus urgent.

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Il s'est précipité sur le téléphone avant que Mahlaut ou Zaniath ne s'en emparent.
-Erwan, ma petite fleur, tu peux venir me voir ?
Aleph et Mahlaut n'en reviennent pas.
-Ma petite fleur ? Il aurait une copine ? T'étais au courant, toi Mahlaut ?
-Au courant de quoi ? On ne sait jamais rien avec lui. C'est qui cette Erwan ? Je la connais même pas. Et pourtant, j'en connais du monde !

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28 novembre 2005

8. La nuit de l'horreur

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-Parlons peu, parlons bien. Erwan, veux-tu devenir ma femme ?
-Oh Ephraïm !  Si je m'attendais... Mais elle est magnifique cette bague !
-Elle peut ! J'ai les moyens, je viens d'être nommé directeur du département des Sciences.
-Ben dis-donc Ephraïm, directeur à ton âge, tu n'as pas perdu de temps, toi !
-Non, ce n'est pas dans mes habitudes. Alors, tu veux ou tu veux pas ?

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Je sais pas si la grosseur de la bague valait autant qu'un grand discours. Mais Erwan a accepté. Suivant ses principes : perdons pas de temps, Ephraïm l'a aussitôt entraînée dans la chambre nuptiale.
-On essaye de faire un bébé ?
Tu parles d'une proposition pour célébrer des fiançailles. Heureusement que la petite ne rêve que de fonder une famille. Il a été obligé de s'y reprendre à deux fois. Mais comme il aime le travail bien fait, il n'a pas lâché le morceau avant d'avoir fait ce qu'il fallait.
Et en avant la musique, c'est reparti pour un tour !

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-Bon, j'ai oublié personne ? Ils se sont tous exprimés, t'es contente ma poule ? Je vais pouvoir reprendre la main.
-Ca te manquait tant que ça, de ne pas pouvoir mettre ton grain de sel, Max ?
-Hééé, j'avoue que... Ils sont bien gentils mes descendants, mais ils ne sont pas très objectifs.
-Ojectifs ! Laisse-moi rire. Parce que tu l'es, toi, objectif ?
-Ah ben, je veux ! Ils peuvent faire tout ce qui leur chante, du moment que c'est bon pour le challenge, c'est pas moi qu'irai les juger. Tu m'as déjà entendu les critiquer ?
-Mmmm
-Tu dis ?
-Je ne dis rien
-T'as l'air sceptique
-Si tu le dis !
-En tout cas, moi, je me trouve objectif

-C'est le principal
-Tu l'as dit.

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Bon, je lui ai pas fait pas dire, je peux ENFIN reprendre la parole. Quand j'ai accompagné Zaniath au centre commercial, j'ai jeté un oeil sur le quartier. Il a bien changé le quartier. Il s'est rempli comme par miracle depuis l'arrivée des gens de cinéma et toute la série de toqués qui sont venus en famille se construire des maisons rona. Ils ont même pas été fichus de rester dans les temps, parce que c'était à qui ferait plus beau que le voisin. Est-ce que je me suis jamais occupé des voisins, moi ?
Ma maison, je l'ai faite pour moi, petit à petit, avec de l'argent durement gagné. Eux, on leur a royalement refilé 150 000 $ et maintenant, ils font les fiers. C'est de la sale engeance, tout ça. Mais ça peut aider pour le challenge. Se faire 30 amis, comme le voudrait Mahlaut, c'est pas facile dans le désert, et Zaniath dira pas le contraire. Elle est bien contente de les trouver, elle, les toqués des maisons rona. Ca lui fait des noyers en plus, si vous voyez ce que je veux dire...

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Tiens, en voilà un !  Ah, non, celui-là c'est un futur acteur, pour le moment, il est figurant. Mais Zaniath, qu'ils soient acteurs ou figurants, elle s'en balance. Tout est bon, comme dans le cochon. Et il s'appelle ? Je tends l'oreille... Hervé Mignon. Nooon, c'est trop chou !  Moi je le trouve pas si mignon que ça, avec ses airs d'étudiant à vie. Peut-être qu'il faudra penser à lui construire une université AUSSI ! Enfin, pour le moment, l'étudiant, il passe des castings.
Dans le rôle de la croqueuse d'hommes, j'ai nominé Zaniath Dubagne (clap-clap), dans le rôle du casse-croûte, j'ai nommé : Hervé Mignon. S'il se tient les côtes, croyez pas qu'il est plié de rire le mignon. C'est qu'il a chopé la "tourista". Je l'avais bien dit qu'ils allaient nous polluer le désert, tous ces nouveaux. Maintenant tout le monde repeint les toilettes. C'est comme ça ! Et même chez nous, on y coupe pas.

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En tous cas, le casse-croûte, elle a l'air de le trouver à son goût ma Zaniath. Mais l'avez-vous jamais vue cracher sur le bifteak, vous ? Et puis, Mignon, c'est un nom prédestiné, s'il est aussi tendre que le filet !   
Je suis pas devin, mais d'ici qu'elle lui demande d'aller se détendre, j'en serais pas autrement surpris.

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Et voilà !  Qu'est ce que j'avais dit ? Un de plus pour la collection. Ca lui en fait combien maintenant ? Celui-là, je crois que c'est le 15ème, si on ajoute ses deux virées en ville, ça nous donne 17 crac-boum-hue !* Allez, courage ma Zaniath, tu tiens le bon bout, si j'ose dire. Vous verrez qu'elle va y arriver à son point de désir à la noix.

*Les puristes me diront s'il faut un "s" à hue.

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Mais c'est qu'elle est organisée, faut pas croire que ça se fasse comme ça, simplement en claquant des doigts. Tiens, regardez-là à l'oeuvre, un peu. Le casse-croûte périmé est encore là, que déjà, elle pense au suivant. C'est encore un petit Mignon, il a l'air de sortir de l'âge tendre.
Toi, mon petit, tu ne sais pas où tu as mis les pieds. Il ne fait pas bon aller se promener près du domicile de l'ogresse. Quoique j'ai jamais entendu de réclamations après-coup. Faut croire qu'ils ne sont pas à plaindre, elle doit les gâter ma Zaniath, j'en connais même qui en redemandent.
Rhalala, les moeurs d'aujourd'hui !

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Le seul qui trouve à s'en plaindre, c'est Mizar. Il y a longtemps qu'il ne croit plus aux histoires de baiser de cinéma que lui a racontées sa mère. Pour ça, il aurait fallu qu'il n'assiste pas aux conversations, et qu'il ne la surprenne pas au lit. Chaque fois qu'il sent qu'une future proie est sur le point de se faire manger, sa mère baisse un peu plus dans son estime.
Et il a la rancune tenace, je vous prie de le croire. Tiens un exemple : Il est péteux comme pas permis. Chaque fois qu'il croise un fantôme, il se paye la trouille de sa vie. Même cette pauvre Galatée, avec ses grimaces pitoyables, le ferait rentrer dans un trou de souris. Eh ben, croiriez vous que l'un de ses rêves serait de voir le fantôme de Jack, celui qui lui a mis la puce à l'oreille quant-à la conduite scandaleuse de sa môman ex-chérie.

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Enfin, aujourd'hui, il biche comme un pou. Ce soir, c'est son anniversaire. Son tonton Aleph, qui reste son tonton chéri, lui, a promis d'acheter un gâteau. On parle pas de fête, puisque c'est impossible, c'est impossible ! Il chante dans la baignoire, sous la douche,
-Tralala, ce soir c'est ma fête, je va devoir choisir mon aspirateur ! Tonton Aleph m'a dit qu'on jouerait aux dés, je suis trop content !
S'il savait ce qui l'attend, le pauvre môme, il aurait la mine moins réjouie.

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Tonton Aleph, a pourtant fait tout ce qu'il pouvait pour que le semblant de fête soit réussi. Il a invité la nouvelle jardinière avec laquelle on l'a vu tenir de grandes conversations ces jours derniers. Elle est pas mal cette jardinière, si j'en avais eu une comme elle sous la main, j'aurais pas couru voir ailleurs. Quoi ? Meuh non, Jeanne, je regrette rien.
Je continue rien que pour vous, mais plus bas, penchez vous un peu sur le micro. Je disais qu'elle était pas mal, un peu timide à mon goût, mais pas mal. Autre chose que l'autre Cécile !  Au moins, avec celle-là j'aurais pas craint pour le physique de ma descendance.

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Mahlaut avait invité une collègue, Zaniath elle, avait invité Melvil Mignon (le futur casse-croûte). C'est vous dire que tout le monde s'était donné le mot pour faire comme si c'était une véritable fête d'anniversaire. On ne pourra toujours pas leur reprocher ça.
Aux 18 coups de 6 heures du soir, voilà mon Mizar qui grandit. Petite merveille couleur platine, comme de juste. Et jusque là, tout se passe bien. Je te félicite à tours de bras, j'applaudis, je lève mon verre...
Et là, ça commence à se déglinguer. Au jeu de dés, qu'est-ce qu'il tire ? Un as !  C'est à dire : la richesse. A part l'amour, il pouvait pas faire bien pire.

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Deuxièmement, on s'aperçoit tous, sinon faudrait être aveugle, que la nature l'a pas gâté. Oui-oui, Aleph, t'as beau essayer de lui dorer la pilule avec tes compliments qui sonnent faux. Il est affreux l'héritier. Il a les yeux en boutons de bottine, et des maousses valises dessous qu'il a héritées de sa grand-mère. Ca, je regretterai jamais assez que ce soit elle qui ai gagné le droit de rester à la maison. Sapho n'avait pas les mêmes tares.
D'ailleurs, t'as qu'à voir la tête que fait Mahlaut quand elle t'entend lui dire qu'il est magnifique.
ENFIN !  (soupir) pour le moment, et je dis bien pour le moment, tu restes le seul héritier de la 5ème génération. Mais je mets beaucoup d'espoir dans le rejeton d'Ephraïm. A part le nez qu'elle a busqué, sa femme est du genre pin-up.
Avec un peu de chance...

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Oh, mais si y avait que ça, ce serait rien ! Je vous ai dit qu'il était péteux comme pas deux. Eh bien, les fantômes de la maison se sont succédés pour lui fêter son anniversaire. Il a eu droit à Galatée (elle ça lui plaît trop de faire peur, pour une fois qu'elle rate pas ses effets), puis il y a eu ce crétin de Laurent, Cécile a pris le relais, et enfin, pour faire bonne mesure, au moment où il allait se coucher, Sirius s'en est mêlé.
Comme il avait un peu plus la trouille de voir un fantôme après chaque visite amicale, il s'est retrouvé dans le rouge jusqu'au cou.
Mais c'est pas tout !

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Zaniath, en mère attentionnée, avait attendu qu'il aille se coucher pour entreprendre Melvin. Au passage, elle a même vengé son fils sans le vouloir. Laurent était rouge de colère en la voyant embrasser langoureusement sa nouvelle proie.

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Remarquez, il a bien fait suer son monde quand même. Il a fait peur au casse-croûte qui s'est tiré sans demander son reste. Maiiiis, ce serait mal connaître Zaniath, que de penser qu'elle allait se décourager pour si peu. Elle l'a laissé reprendre un peu de poil de la bête chez lui, et elle l'a ré-invité aussitôt. Donc, voilà mon Melvin qui revient, plus amoureux que jamais, après avoir pris sa douche.
Ca s'arrange, vous pensez ? Ben, non !

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Pourtant, ça s'annonçait pas mal. Zaniath avait attiré sa proie dans les remous de la baignoire, avec son savoir-faire, elle lui faisait le grand jeu : câlins, massages, baisers...
Je sentais que c'était bien parti. Quand tout à coup : TATATAM !  Changement de décor.

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Sorti du lit par les fantômes, voilà mon Mizar qui rapplique.
-MAMAN !!!  Comment oses-tu me faire ça, le soir de mon anniversaire !
-Hein ? Heu, ton anniv... mais, t'étais pas couché Mizar ?
-Tu vois bien que non ! T'es vraiment qu'une sale catin. C'est plus fort que toi, ça te mène, hein !  Tu ne respectes rien, je te DETESTE !!
Nous voilà bien !  C'était pas la peine qu'elle prenne tant de précautions pour le ménager. Il lui a pas mâché ses mots, le gamin.

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Et comble du bonheur, Cécile refait son apparition. Heureusement, elle s'en est prise à Zaniath, qui sait se retenir, à présent. Enfin, quand je dis heureusement... au point où il en était le Mizar, il pouvait pas tomber plus bas.
Je voyais le psy débarquer gros comme une maison.

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Mais Zaniath ne s'est pas démontée. Laissant Melvin mijoter dans le bain à remous, elle s'est retournée vers son fils.
-Tu vas retirer ce que tu as dit immédiatement. Moi, je remplis ma part du contrat, t'étais trop jeune pour comprendre, mais aujourd'hui, t'as plus d'excuses. On verra de quoi t'es capable avec ta propre aspiration. T'as pas fini d'en voir, mon fils ! La vie se chargera de te faire comprendre qu'il ne faut pas juger les gens.
-Bon, ça va, je regrette ce que j'ai dit
-T'as plutôt intérêt, Mizar, tu es sur un siège ejectable. Si Max, voit la comédie que tu nous fait, en plus d'avoir choisi l'une des aspirations qu'il exècre, c'est lui qui viendra te tirer les oreilles. Et je voudrais pas être à ta place.
-Ouais, bon, j'ai dit que je regrettais. Je te demande pardon, là ! Ca te va ?
-Ca va pour cette fois, mais t'as pas intérêt à recommencer. Maintenant, tu files te coucher, moi, j'ai du pain sur la planche.

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Et voilà le seul point positif de la journée, Zaniath a réussi à conclure avec Melvin. OUF ! Des soirées comme celle-là, m'en parlez pas !  Ah, y a de l'ambiance chez les Dubagne, c'est le moins qu'on puisse dire.
Mais si je vous disais que le lendemain... le cauchemar a continué.
Vous me croirez ?

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Le lendemain, la 5ème génération de Dubagne, s'est levée du pied gauche. On se demande bien pourquoi !
Mizar a commencé par piquer une grosse colère dans le couloir, comme ça, sans raison apparente. Comme je sais lire dans les pensées -je vous le rappelle- je suis allé consulter le topo de ses aspirations par cette belle matinée ensoleillée.
1)Être admis en école privée. Mmmouais, m'étonne pas de lui, avec son aspiration à en mettre plein la vue à tout le monde.
2) Avoir 20/20. Ca ça aurait été jouable, si seulement on était pas dimanche.
3) Premier baiser. Et avec QUI grand Dieu ? Il connaissait personne de son âge, voyons voir l'autre...
4) Voir le fantôme de Jack. Ben voyons ! Jack, il se porte comme vous et moi, je signale. Enfin, vous, parce que moi... Toujours est-il que son fantôme, il est pas près de venir lui chatouiller les doigts de pied !
Nous voilà frais ! Je le sens bien le psy, je le sens bien...

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Ce bon tonton Aleph, qu'à présent Mizar appelle Aleph tout court, s'est encore mis en quatre pour faire plaisir à son neveu préféré. Il s'est souvenu d'une gamine, une de celles des familles de rona, (l'équipe bleu-blanc-rouge, vous ne la connaissez pas celle-là, et pour cause... une plombe de trop qu'ils ont mis à se construire leur maison préfabriquée les nuls !), bref, il s'est souvenu de Maryza qui était venue en consultation à son cabinet de médecine pour cause de diarrhée. Comme tout le monde. Et il a eu la "bonne" idée de l'inviter, des fois qu'elle serait assez aimable pour accorder son premier baiser à Mizar.

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Ah, au début, tout marchait comme sur des roulettes. Les deux tourtereaux s'entendaient comme larrons en foire. Ils écoutaient les mêmes chansons débiles, se trémoussaient sur les mêmes airs, tombaient d'accord pour critiquer tout ce qui avait passé 15 ans... L'entente parfaite, je vous dis !
Et puis voilà-t-il pas que Mizar, nous a encore piqué une crise. La petite voulait aller aux toilettes. Eh-oui, sa "tourista", encore. Mais môssieur Mizar avait décidé qu'il avait la priorité. Au lieu de jouer au sémaphore, selon une vieille habitude, à laquelle je me ferai jamais, il s'est jeté sur elle comme un sauvage sous les yeux horrifiés de Mahlaut.
-J'étais là avant ! Tiens, prends ça dans les reins, et celui-là dans les gencives ! J'ai bien vu l'heure que la petite allait y laisser ses dents. Heureusement que Mahlaut a réussi à le maîtriser
-Mais enfin, Mizar, tu deviens fou ? Y a trois WC à la maison, elle pouvait pas savoir la petite, que c'était JUSTEMENT celui-là qui t'intéressait.
Elle pouvait pas savoir, elle pouvait pas savoir... comme si c'était pas prévisible ! Otez-moi d'un doute : Vous allez pas me dire que chez vous, ils vont sagement dans celui qui est libre ? Si ???  Enfin, la petite n'a pas de rancune, elle s'est même platement excusée en s'époussetant

-Ben, oui, je pouvais pas savoir Mizar, te mets pas dans des états pareils !
Il était encore tout fumant de colère, mais il a accepté les excuses.

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M'enfin, sans vouloir m'avancer, je dirai que pour son premier baiser, c'était plutôt mal engagé. Et qu'est-ce qui lui ferait plaisir maintenant, au petit Mizar, Mmmm ? : " Manger des pâtisseries fourrées". D'habitude, il ne jure que par les corn-flakes, c'est rapide et sans danger, mais il avait décidé qu'aujourd'hui, CA SERAIT DES PÂTISSERIES FOURREES, non de d'la! Ah-mais, vous me direz pas que l'âge bête a fait que l'effleurer, celui-là ! Ca n'a pas raté : il a mis le feu à la cuisine. Une de ses craintes majeures, d'ailleurs, entre ça et voir des fantômes...
Bon, alors, il est où le psy ?
Je sais pas, il devait être en grève pour protester contre les barêmes ridiculement bas des spécialistes, parce qu'on l'a pas vu descendre du ciel, le papa Noël des bargeots. Zaniath, en mère dévouée, et pas rancunière elle non plus -ou alors c'est qu'elle a la mémoire courte- a décidé d'user de ses charmes pour convaincre mon vieil ennemi, le proviseur, d'accepter sa terreur dans son école privée.

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Elle a enfilé la superbe robe qu'elle avait achetée avec Alioth, (et vous remarquerez comme moi, qu'elle a pas plus de fermeture éclair derrière que devant. Sacrée Zaniath !) et à commencé sa scéance de drague
-Woooh Lionel, mais tu es tout bronzé on dirait. Ca te va drôlement bien, je me demande si tu es bronzé comme ça de partout, faudra que tu me laisses vérifier... Et VLAN, voilà Mizar !  L'empêcheur de draguer en rond.
-De qui, de quoi ? Tu dragues le proviseur maintenant ?
Aïe, aïe, aïe !  Il va lui casser sa baraque, encore un coup. Je rentre les épaules, et je tends le dos. Mais-non !  Il me surprendra toujours, le voilà qui se met à l'encourager.
-Aaaallez, maman !  Aaaallez maman !  Aaaallez ! 
Il est complètement syphonné ce gamin !
Zaniath préfère ne pas courir de risques, des fois qu'il se raviserait et qu'il décide que non, finalement, y a pas plus de raison qu'elle drague celui-la que n'importe qui d'autre. Elle invite le proviseur à visiter la maison.
-Ah, vous avez refait les tapisseries depuis ma dernière visite, je vois ça !  Et vous avez ajouté une véranda, je vois ça !
Et mon poing qui me démange, tu le vois aussi ? Non, il le voit pas, et ça vaut mieux. Je me retiens pour ne pas me montrer. Je le fais pour Zaniath, parce que l'autre zouave de Mizar, il l'aurait bien mérité, que je fasse capoter la visite.
Combien pour la visite du palace ? 44 points. Bon, c'est correct. Ajoutons-y les 9 points de drague, on a déjà la moyenne.

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Pendant la visite guidée, Zaniath tortillant des fesses pour faire admirer le panorama, Aleph s'était mis au fourneau pour préparer les homards. Tout le monde savait que le gros lard en raffolait. C'était noté sur les tablettes. Mais voilà-t-il pas qu'il va répondre au téléphone, comme si c'était urgent d'entendre Pierre, Paul ou Jacques, demander à parler à Zaniath ou à Mahlaut.
-VA DONC T'OCCUPER DE TES HOMARDS !! Je lui sussurre dans l'oreille. Mais forcément, les homards... ben-oui, car-bon-ni-sés !  Vite, vite, on fait disparaître tout ça et on reprend tout à zéro. Y a le Michaud qui s'impatiente. Zaniath fait ce qu'elle peut pour l'occuper en lançant des regards terrifiés à sa montre. OUF !  Il a pu s'attabler devant ses homards à temps.
-Et MON école... et gna-gna-gna, et MON travail et gna-gna-gna, et MON argent...
Il les saoûle bien, avec sa conversation, et il leur accorde six points supplémentaires de cirage de pompes, rien que pour avoir eu la patience de l'écouter. Alors !!  Les homards ?!  Ils étaient comment les homards ??? Ca vient le verdict ?

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-Mon jeune ami, je suis impressionné ! La dernière fois que j'ai mangé d'aussi bons homards, je crois bien que c'était... (attends, il cherche !) Je crois bien que c'était déjà chez vous.
Ben-tiens, pardi ! On sait ce qui est bon chez les Dubagne ! Combien il nous a mis l'enflure? 45 points ! Tralala-lalèèère !
Ca y est, Mizar a retrouvé le sourire. 116 points sur 95, c'était déjà pas mal. Mais Zaniath a jugé qu'elle pouvait faire mieux
-Vous resterez bien quelques minutes encore avec nous, Lionel-mon-chou, venez donc faire un petit tour dans notre baignoire folamour, vous m'en donnerez des nouvelles.
Ben aux dernières, nouvelles, elle lui a encore soutiré 22 points. C'est pas impressionné qu'il était Lionel, c'était scié !

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Alors il est content le Mizar ? Il va pouvoir y aller dans son école privée ! Qu'est-ce qu'on dit, maintenant ?
-...
Attends, je vais t'aider. On dit : Merci maman, pour avoir pris le risque de draguer le gros lard, malgré mon sale caractère. Merci Aleph, d'avoir réussi à faire cuire de succulents homards. Merci Max, d'avoir évité l'incendie en rappelant Aleph aux fourneaux. Merci tout le monde, d'avoir construit une si merveilleuse maison.
-...
Mais qu'est-ce qu'il nous fait là, le Mizar. On croirait qu'il a vu un fantôme. Oooooh nooonnn ! Il a VU un fantôme !  C'est encore un coup de la Cécile.
Bing, badaboum, il redégringole du platine dans le rouge ! Ca va être gaiiiii !

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Un bonheur n'allant jamais seul, Ephraïm a fait connaissance avec la grande injustice du monde du travail. Les souris de son laboratoire étaient en train de battre de l'aile... JE SAIS !  que les souris n'ont pas d'ailes (hausse les épaules), arrêtez de m'interrompre comme ça, on croirait entendre Jeanne ! Elles n'allaient pas bien du tout, si vous voulez. Que faire ? Utiliser le courant alternatif pour les requinquer, ou une autre ânerie du même genre ? Big problem, même pour un directeur de la recherche.
Pfffeu ! Va-z-y pour le courant alternatif, s'est dit Ephraïm, si ça leur fait pas de bien, au point où elles en sont... GRAVE ERREUR !!! Bon, ils l'ont gardé à la Recherche, mais ils lui ont oté trois points de nettoyage pour lui apprendre à nettoyer les cadavres.

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29 novembre 2005

9. Naissance de Sélène, mort de Mizar

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-ARHGRRRR !!! 
C'est un teigneux Ephraïm, on ne le décourage pas comme ça.
Il s'est schooté à la machine infernale qui remonte les barres, et il a récupéré ses trois points LE SOIR MÊME !
Non-mais des fois !

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Et puis après, dans la foulée, il a rafflé trois points de cuisine. Faut pas le chatouiller, celui-la.
Et sa petite femme ? Qu'est-ce qu'elle faisait pendant ce temps là ? Elle commençait pas à se mordre les doigts d'être entrée dans cette famille ?
C'est vrai qu'elle aurait pas eu tort Erwan. A-t-on jamais vu un jeune, quasi-marié, tout frais de la veille, passer ses nuits à étudier, au lieu de s'occuper de sa chérie ?

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Eh bien non !  Erwan, elle faisait comme lui, elle étudiait !
Elle apprenait par coeur le dernier chapitre de l'encyclopédie de la nutrition. Celui qui traite de l'alimentation des bébés. Sûr qu'elle en connaît un rayon maintenant, question bouillies et chauffe-biberons. Le bébé n'a plus qu'à se pointer, il est sûr de pas crever de faim.
Mais... et Mahlaut ? Qu'est-ce qu'elle nous fait, à dormir sur le canapé ? Elle était donc trop fatiguée pour se traîner jusqu'à sa chambre ? Faut dire qu'elle en a mis un sacré coup à son boulot. Mais surtout, elle a enfin mis un terme à la série de catastrophes. Elle a fait le bon choix, elle, quand son patron lui a demandé, en plein coup de feu aux cuisines, comme il se doit, de s'occuper de la table de Syd, une vedette du show-bizz. La vedette faisait un caprice, elle voulait de l'eau !  Mais attention, pas n'importe quelle eau !  Elle voulait justement celle qu'il fallait remuer toute la ville pour la trouver. N'écoutant que son courage, et l'envie de maigrir qui la mène, elle a couru jusqu'au centre ville pour lui dénicher sa rareté. Moi je lui aurais collé de l'eau du robinet, vous allez pas me dire qu'il aurait fait la différence, le buveur d'eau. Le Château la Pompe, c'est pas du bordeaux, c'est pas millésimé, que je sache. Mais c'est elle qui avait raison, puisqu'il l'a embauchée comme marmiton dans son restaurant, finalement.
Elle va pouvoir lui faire les recettes végétariennes dont elle a le secret. Vous me direz, si c'est pour boire de l'eau, c'est bien assez bon !

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Tiens, j'ai déjà vu cette robe ! Quand Zaniath l'enfile, c'est qu'elle a quelque chose derrière la tête, et ce quelque chose, ça s'appelle : drague dans les grandes largeurs. Je me demande qui sera le casse-croûte du jour. Je l'ai bien entendue appeler quelqu'un au téléphone
-Mon chou, tu ne m'accompagnerais pas au centre commercial, j'ai quelques emplettes en vue.
Mais "mon chou", c'est vague, elle le sert à tout bout de champ, au moins, elle est assurée de pas se mélanger avec les prénoms. Mais ça n'éclaire pas ma lanterne. Je sens que je vais encore être obligé de prendre place dans le taxi.

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-Max, tu n'es pas obligé de compter les points, fais-lui confiance, un peu.
-Mais je lui FAIS confiance ! Y a juste que j'aime bien être au courant. Y a pas de mal à ça !  Qu'est-ce que j'ai de mieux à faire, tu peux me dire ?
-Goûter la paix du cimetière, méditer sur ta vie, profiter du repos éternel.
-Ah ouais, ben profite bien, moi j'ai besoin d'action, je suis pas du genre à écouter les mouches voler et les vers ronger. Tu me diras le fruit de tes méditations, et moi, je te raconterai les aventures de Zaniath.
-Tu ne changeras jamais !
-J'espère bien !

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C'était donc lui, Hervé Mignon, l'heureux élu pour la virée au centre commercial. Zaniath l'a d'abord entraîné dans la salle de jeu. Jusqu'ici, elle avait toujours invité ses proies la nuit tombée, et elle n'avait jamais croisé un chat. C'est dire comme c'est frénétique la vie nocturne à Vipercanyon. Mais là, elle prend des risques, de GROS risques. Heureusement, y avait qu'Oscar Ferrand. Celui-là, j'aimerais bien voir son carnet de notes. Tu vas au centre commercial, t'es sûr de tomber sur lui. Il passe tout son temps à jouer au flipper. En tous cas, il a flippé en voyant Zaniath se jeter sur Hervé comme si elle avait rien mangé depuis 8 jours.
-Mmmm Hervé, tu sais que tu es à croquer, tu me rappelles un copain de fac pour qui j'avais un faible étant jeune.
Un copain de fac ! C'est nouveau ça ! Depuis quand elle est allée à la fac, Zaniath ? Y a pas d'université à Vipercanyon, et pas plus de fac que d'IUT. Mais elle a raison, c'est la mode de faire de longues études, alors, pourquoi elle aurait l'air plus bête que les autres ? D'autant qu'Hervé, c'est pas parce qu'il a l'air d'user ses pantalons dans les amphis qu'il comprend ce qui s'y dit. Tout le monde va à l'université maintenant, mais tout le monde n'en sort pas diplômé. Et Zaniath, je la verrais bien y donner des cours d'éducation sexuelle pour dégourdir les boutonneux.

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Oui, ben Hervé, il a eu droit à son cours pour lui tout seul. Elle lui a pas fait le coup de la fermeture éclair à lui, ça vous étonne, hein ? Mais c'est que ma Zaniath, elle a de l'imagination à revendre, faut pas croire.
Non, là, ce sont les sacrées jarretelles qu'elle arrivait pas à accrocher.
-Hervé, mon chou, ce serait trop te demander de me donner un coup de main ?
Tu penses comme il demandait pas mieux !

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Et toc ! Enfin, quand je dis toc, je devrais dire crac, et même crac-crac, ça n'a pas fait un pli, elle lui a fait découvrir les charmes secrets du porte-jarretelles.Tout de même autre chose que ces fichus collants que les filles s'obstinent à porter aujourd'hui. Oui, je sais, c'est plus pratique, -et encore ça dépend pour quoi- mais c'est d'un moche ! Vous z'allez pas me dire que ça vous inspire vous, le collant ? Enfin, c'est vos oignons, pas les miens, et surtout pas ceux de Zaniath. Elle a conclu avec Hervé son 20ème crac-crac, empochant 15 000 points d'aspiration.
Tiens bon, ma cocotte, c'est pas le moment de flancher, t'as fait les deux tiers du chemin qui te mènera au Nirvana.

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En rentrant de notre virée en ville, avant de retourner m'enterrer dans mon cercueil, j'ai eu le temps d'apercevoir Ephraïm qui se battait avec les derniers trous du parcours de golf miniature. Ca doit être gai pour Erwan, on dirait qu'il a décidé d'en finir une bonne fois pour toutes avec son rêve de tout savoir sur tout. Lui qu'est déjà pas causant-causant d'habitude, c'est le mur du silence incarné.
Qu'est-ce qu'il va bien pouvoir inventer maintenant, pour occuper ses journées ? Il lui reste que deux points de cuisine à acquérir. J'espère qu'il pensera à décrocher quelques mots à sa fiancée avant de s'y mettre.

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Et non, va-z-y que j'embraye sur la cuisine ! A ce rythme là, pas étonnant si le copain-lapin imaginaire a fait sa réapparition. Remarquez, il est pas bête Ephraïm, pendant qu'Aleph nous barbouille des croûtes toute la sainte journée... Non, je devrais pas dire des croûtes, au prix qu'elles valent, on peut les considérer comme des oeuvres d'art, enfin, Ephraïm, lui, il fabrique des chocolats à la chaîne.
Faut bien ça pour remonter la cagnotte. On piétine, là, on piétine ! 740 000 $ environ, faudrait bien passer le cap des 800 000 avant la fin de cette génération. Mais, il a pas perdu son temps, il a réussi a compléter toutes ses barres, nous rapportant un point pour le challenge. Ca valait bien le coup de délaisser un peu Erwan.

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Sitôt son rêve réalisé, il s'est souvenu qu'il avait une gentille fiancée et un bébé en route, qui plus est. Il est allé la demander en mariage sans s'embarrasser de formalités, selon son habitude.
-Erwan, si on se mariait ?
-Là, comme ça, tout de suite ? Attends au moins que j'enfile une robe de mariée, a protesté la petite. Mais Ephraïm, quand il a décidé quelque chose...
-Erwan, veux-tu devenir ma femme ?
-Oui, bien sûr mon chéri, mais...
-Bon, pour moi la question ne se pose pas, tope là, on est mariés !  Même le copain-lapin, seul témoin de ce mariage express, n'en est pas encore revenu.

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Heureusement pour elle, Erwan compte un ami dans cette maison : Mizar. Allez savoir pourquoi, il ne jure plus que par elle. Remarquez, elle se passerait peut-être bien de devoir le féliciter chaque fois qu'il ramène un 20/20, c'est à dire tous les jours. Mais elle fait pas la difficile. Entre Zaniath et elle, c'est la gué-guerre, les deux belle-soeurs peuvent pas se souffrir. Aleph n'est guêre plus causant qu'Ephraïm et Mahlaut, c'est au téléphone qu'elle passe le plus clair de son temps. Alors, qu'est-ce qu'il lui reste, pour taper la causette ? Mizar !
Remarquez, il fait des progrès le gamin. Depuis qu'il est à l'école privée, il a enfin révisé ses aspirations. Il veut des fleurs, des tableaux (comme si on en manquait) des statues, enfin, tout le cinéma que nous avait déjà servi Séphora. On se presse pas de le satisfaire pour les plantations, les jardiniers c'est pas donné, alors quand il a la bonne idée de vouloir manger des sandwiches au fromage fondu ou de vouloir gagner de l'argent, au lieu de le dépenser, on s'empresse de céder à ses caprices. On lui a tout de même offert un magnifique nain de jardin qui est venu s'ajouter à la collection et bien entendu, tous les voisins louchent dessus.

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On aurait pu espérer qu'une fois toutes ses barres remplies, Ephraïm serait revenu à de meilleurs sentiments, d'autant qu'il venait d'être nommé chercheur national. Une belle réussite à son âge, il est bien parti pour devenir le zinzin de service avant la retraite.
Eh-ben non, il est allé aussitôt rejoindre Aleph, nommé lui, chef de staff à 1 488 $ par jour ouvrable, pour attendre les petits hommes verts de pied ferme.

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Vous me direz pas qu'il y a une justice. Toute sa vie, Aleph l'a passée sur la terrasse en espérant se faire enlever. Il y a sacrifié sa vie de famille, il y a passé les plus belles heures de sa jeunesse. Jamais il a vu l'ombre d'une soucoupe volante. Et voilà Ephraïm qui arrive comme une fleur-chaque chose en son temps-  et qui se fait enlever là, sous ses yeux, à grand renfort de sifflements et de clignotements.

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Toute la famille, -et une partie des habitants du quartier- a rappliqué sur la terrasse.
-Que s'est-il passé ? C'est quoi ces bruits ? J'ai cru voir une lumière bleue, ça provenait d'où ?
Aleph a été obligé d'expliquer à toute la galerie ce qui était arrivé à Ephraïm
-EPHRAÏM ! NOOOoon ! Oh non ! Pas Ephraïm ! Comment je vais faire avec le bébé ? Il a besoin de son père, se lamenta Erwan. Pourquoi l'ont-ils enlevé, LUI ?
-Ca, tu iras leur demander, s'il n'avait tenu qu'à moi... répliqua Aleph déçu.
-Et pourquoi ils ne l'auraient pas enlevé LUI !  intervint Zaniath. Cesse donc de ne penser qu'à toi. Tu devrais te réjouir, depuis le temps qu'on attendait ça. Qu'importe que ce soit Aleph ou Ephraïm, le principal, c'est qu'on ait eu un enlèvement dans la famille.
-Mais pour le bébé, gémit Erwan
-Pour le bébé, tu feras comme moi, tu te débrouilleras. Est-ce que t'as déjà vu la couleur du père de Mizar ? Non !  Est-ce qu'il s'en porte plus mal ? Non !
Enfin, non, c'est elle qui le dit, il est quand même un peu caractériel sur les bords, le Mizar.

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Le choc fut trop dur pour Erwan, il déclencha les douleurs de l'accouchement. Et c'est devant le ban et l'arrière-ban réunis, qu'elle donna naissance à une petite fille.
-Oh mon Dieu ! Comment je vais l'appeler ? Nous n'avons même pas eu le temps de nous mettre d'accord pour les prénoms, Ephraïm et moi.
-On se demande de quoi vous avez bien pu parler alors, persifla Zaniath. Tu vas pas me dire que c'est une surprise cette naissance. Tu as eu toute ta grossesse pour y réfléchir.
Erwan semblait complètement désemparée. Aleph vint à son secours.
-Que penserais-tu de Sélène ? Son père a disparu une nuit de pleine lune, ce serait un hommage à sa mémoire.
-Oui, Sélène, c'est joli, ça sonne bien. Je pense qu'Ephraïm apprécierait.
-Tu peux remercier Aleph, heureusement qu'il a de l'idée, lui ! lâcha Zaniath avant de se désintéresser complètement du bébé.
-Fais pas attention, elle est jalouse, commenta Mahlaut. Tu comprends, jusqu'à présent, Mizar était le seul descendant officiel, maintenant il a de la concurrence. D'autant qu'elle est belle comme tout ta petite fille, rien ne dit que ce ne sera pas elle l'héritière. D'après ce que je sais, Max tenait à avoir de beaux descendants, et avec Mizar...
-Tu crois vraiment qu'elle a une chance ? demanda Erwan sentant naître un espoir.
-Tu veux dire qu'elle a TOUTES ses chances !  lui assura Mahlaut.

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Marre de l'éternité ! Pas vous ??? Ah-non, c'est vrai, vous, vous êtes encore dans le monde des vivants, vous pouvez rire, danser, chanter, surfer sur le net. Profitez-en ! Quand vous serez comme moi, à 6 pieds sous terre, il sera plus temps ! Mais aussi, s'ils se bougeaient un peu dans cette maison, les vivants !  Il se passe rien, de rien, de rien !
Ah-si, Mizar s'est racheté une conduite. Depuis qu'il se fait de l'argent de poche en revendant les tableaux de toute la famille, il est d'une humeur en or. Ben croyez-moi, j'aimais encore mieux quand il faisait des siennes. Qu'est-ce qu'on s'ennuie, c'est mortel !

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Ah, et puis Ephraïm est rentré à la maison. Les extra-terrestres l'ont balancé de leur soucoupe, comme ils avaient fait pour son oncle. Mais celui-la, pour lui tirer un mot, faut déjà s'accrocher. Vous croyez qu'il nous aurait raconté ce qui s'était passé là haut ? Il est allé voir sa fille, et il s'est mis à la peinture. Ca fait peut-être les affaires de Mizar, mais ça fait pas les nôtres. Tu vas le dire, oui, ce qu'ils t'ont fait les extra-terrestres ?
Non, tout ce qu'on sait, c'est qu'ils ont dû lui faire bouffer de la nourriture avariée, parce que depuis son retour, il est sans arrêt rendu aux toilettes pour vomir.
-Je ne me sens pas bien, je vais prendre une journée de congé payé. A-t-il simplement déclaré.
-Tu pourras peut-être t'occuper de Sélène, alors, il me tarde de reprendre le travail, lui a suggéré Erwan.
Tu m'étonnes qu'elle ait envie de retourner au travail, avec l'ambiance qu'il y a ici. Zaniath qui lui tire dans les pattes et Ephraïm plus muet que jamais.

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Elle aurait été bien inspirée de pouponner au lieu d'y retourner, remarquez. Ils ont trouvé qu'elle avait perdu la main et ils l'ont virée. Je vous dirai que son métier dans la pègre, je trouvais que c'était pas vraiment ce qui convenait à un membre de notre respectable famille. Je sais que j'ai pas toujours été aussi regardant sur la morale, mais à présent, on est des gens en vue. Autant éviter de se faire remarquer, déjà qu'avec Zaniath, les boîtes à ragots manquent pas de blé à moudre.

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Parce qu'elle n'est pas prête à se racheter une conduite, elle !  Elle a encore dégotté un nouveau Jules dans la famille des petits mignons. Je le trouve pas mignon-mignon non plus, celui-la. Il doit passer des heures à se faire ses tresses tous les matins... ah bon, on les défait pas ? Ben on se peigne comment alors ? ON SE PEIGNE PAS !!!
Tu parles de fainéants !  Ah, je vous jure, la nouvelle génération !  Toujours est-il qu'elle avait bien engagé les affaires avec lui, le gars à tresses qui se peigne jamais.Mais elle ne voulait pas risquer une crise avec son fils, aussi a-telle décidé d'aller le retrouver chez lui.

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Vous pensez bien que j'allais pas manquer de l'accompagner. Pour une fois que je pouvais prendre l'air. Quand elle est arrivée, ça a été les grandes amours tout de suite. Quoique pendant qu'il lui roulait patin sur patin, Zaniath louchait souvent sur un autre mignon, affalé sur le canapé qui avait l'air du gars blasé, revenu de tout. Il se shooterait aux substances illicites que ça m'étonnerait pas plus que ça. Ca m'a l'air d'être une drôle d'engeance, tous ces mignons.
Mais quand il l'a entraînée dans la chambre, Zaniath a eu, comme qui dirait, des scrupules.
-Tu es sûr que les autres ne vont pas se demander ce qu'on fait ?
-Ben, heu, j'en sais rien. Qu'est ce que ça peut faire ?
-Je sais pas, je suis gênée, vaudrait peut-être mieux remettre ça à un autre jour.
ELLE EST GÊNEE !  Manque plus que ça !  Qu'est-ce qu'on va devenir, si madame est gênée pour faire crac-crac maintenant ?

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Mizar était rentré du travail tout content parce qu'il avait atteint le sommet de sa carrière d'ado. Il commence à en avoir l'habitude. Dès qu'il atteint le sommet, il change de crèmerie, ça lui permet d'empocher les primes sans courir de risques. Bref, je disais qu'il était rentré, et contre toute attente, il n'a rien trouvé à redire, lui !
Par contre, Mahlaut s'en est chargée. Il faut vous dire que le gars à tresses, c'était un copain à ELLE !  Ouais, c'est elle qui nous ramène la bande de drogués à la maison, ils doivent pas faire que de manger les herbes dans son resto végétarien. Enfin, Mahlaut s'est fâchée toute rouge.
-Si c'est pas malheureux, je peux pas ramener un copain à la maison sans que tu lui sautes dessus. Quand est-ce que tu penseras à en laisser aux autres ? Comment je pourrai me marier un jour si tu me fais le coup avec tous mes amis ?
Remarquez, Zaniath ne s'est pas laissée démonter.
-Si tu veux te marier, c'est pas du côté de tes copains qu'il faut regarder, ma fille ! T'as qu'à draguer le réparateur ou un livreur, c'est pas ça qui manque. Je te rappelle que t'es la seule représentante de la branche cadette de la famille, et si tu dois avoir un enfant, il faut que ce soit avec un PNJ. Mahlaut est allée bouder dans un coin en maugréant

-Encore faudrait-il qu'elle m'en laisse un.

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Heureusement, le lendemain, elle regrettait déjà sa mauvaise conduite. Elle s'est empressée d'appeler le gars, dont je me souviens plus du prénom, Milou, Miloud, ou un truc du genre... BON !!  C'est pas la peine de râler, je m'y perds, avec tous ces amants. On m'a pas demandé de dresser la liste, que je sache ! Encore beau que je vous tienne au courant.
M'enfin, elle est revenue à de meilleurs sentiments, et elle a pu conclure.

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-Tu as l'air tout drôle Maxou, tu ne dis rien, ce n'est pourtant pas ton genre !
-Je pense
-Tu penses à quoi ?
-Je pense à la mort de Mizar. On sait pas ce qu'il lui est arrivé ? Cécile aurait-elle fait des siennes ? Je lui avais pourtant interdit de s'approcher de lui... à moins qu'il n'ait fini par succomber à cette chienne de tourista.
-Oui, le pauvre chou, il n'a pas eu de chance
-Le pauvre "chou" c'est pas le terme !  L'enquiquinneur de première, oui !
-Il s'était pourtant bien amélioré ces derniers temps, avoue !
-Mouais, si on peut dire. Mais il était fêlé, ce gamin. Tu te souviens ses dernières aspirations : démissionner, trouver un travail, démissionner... tu me diras pas que ça tournait bien rond dans sa tête !
-Enfin, il n'est plus, pauvre Mizar !
-Hhhhé-oui ! Je me demande bien de quelle couleur sera son fantôme, rose ou vert ?
-Tu n'as pas de coeur Max !
-Ah-mais si, j'ai un coeur, seulement, je vais pas m'apitoyer sur un mort qui m'aurait fait une descendance aux yeux en boutons de bottine, qui dilapidait l'argent de la famille à tours de bras, qui était tellement imprévisible que même sa mort a surpris tout le monde. Et puis il va nous rapporter un point pour le challenge. Alors, ça servirait à quoi de pleurnicher, tu peux me dire ? Occupons-nous des vivants, ça sera plus utile.

Posté par fonsine à 18:00 - 5ème GENERATION - Commentaires [0] - Permalien [#]

30 novembre 2005

10. Naissance de "ça"

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Si j'écoutais Jeanne, y aurait plus moyen d'être heureux ! Un mort de plus ou de moins, qu'est-ce que ça peut faire ? Surtout si ce mort, c'est justement celui qui nous arrange le mieux ! Heureusement que c'est pas tombé sur Zaniath. Elle va pouvoir profiter au mieux de ses dernières belles années avant de se retrouver mémé avant l'heure.
Ah-mais, vous saviez pas que Mizar était mort ? Bon sang de bonsoir, ils ne pensent à rien dans cette maison, ils auraient pu vous envoyer un faire-part. Bon, je vais vous raconter les évènements de ces derniers mois : Ca avait très bien commencé avec Zaniath qui avait pu enfin faire son crac-crac avec Luc Mignon avait rencontré Estelle Mignon au centre commercial. Il y avait un moment que je soupçonnais Zaniath de jouer un double jeu. Mais là, j'en ai eu confirmation. Ca rimait à quoi son "je suis gênée" pour faire crac-crac avec Luc ? -c'était Luc finalement-. Hé-ben je vais vous dire moi, à quoi ça rimait : Zaniath, ravouillée de noix, avait voulu goûter aux amandes, pour changer. Et comme l'amandier se trouvait dans les parages...

Mais le centre commercial, c'était bien pratique pour les rendez-vous galants. Même si ce petit puceau de Rudy risquait d'en apprendre plus long sur la sexualité que dans son manuel d'éducation sexuelle à l'usage des lycéens.

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Entre filles, pas besoin de faire des chichis, d'inventer des histoires de fermeture éclair coincée ou de jarretelle à accrocher.
-Tu viens m'aider à enlever ma robe ?
A peine une hésitation
-Et si on nous voyait ?
-Pas de danger, je connais l'endroit. T'as vu une vendeuse quelque part ? Non ! Tu vois bien, c'est impossible de se faire servir ici. Viens donc, puisque je te dis que personne ne dira rien.

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Après la séance, Zaniath venait de marquer un double point avec Estelle, ses deux incursions au pays de Lesbos, marquaient ses 22 et 23ème crac-boum-hue. Elle avait tout pour être heureuse, me direz-vous. Le seul hic, c'est que son désir de faire crac-crac avec 30 Sims, avait miraculeusement été remplacé par : faire ça avec 10 employés de maison.
Ah, Zaniath, va pas falloir jouer à ça !  Pense à tout le mal que tu t'es donné pour en arriver là, lui sussurai-je perfidement
-Je sais bien, mais j'en ai marre ! Ca ne m'avance à rien toutes ces aventures. Il y a longtemps que ça ne m'amuse plus. Des fois ça marche, et là, on se demande pourquoi ne pas continuer avec le même, des fois c'est le bide, et il faut encore se forcer pour inviter le nullard en ville... J'essaye de varier les plaisirs, mais plus rien n'y fait. J'en ai RAS LE BOL !
Ben ma petite fille, tu vas te forcer !  Il est pas question d'abandonner en si bon chemin. Tu vas me faire le plaisir d'inviter encore 7 sims à partager ton lit, ou ta cabine, tu n'as pas le choix. Plus que 7, c'est pas la mer à boire.
-C'est bien pour toi que je le fais, Max.
Je sais bien, mais pense à la satisfaction du devoir accompli. Prends ça comme un sacerdoce, une mission si tu préfères. Mais continue !

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Je l'ai toujours dit que Zaniath était une brave fille. Rien que pour me faire plaisir, elle a remis le couvert sitôt rentrée à la maison. Elle avait aperçu Ronnie, un de ces looser des maisons rona, prêt à emballer l'un de nos "superbes" nains de jardin.
-Tu ne crois pas qu'il y a mieux à emballer ? lui suggera-t-elle ? Regarde un peu autour de toi...
Ronnie, c'est pas trop le genre à comprendre les sous-entendus, si gros soient-ils
-Qu'est-ce que je pourrais emballer d'autre ?
-Une gentille poupée, tout de bleu vêtue, qui ne demande qu'à crier "encore" quand on la couche sur le dos. Tu vois à qui je fais allusion ?
-Mais... c'est du rentre-dedans que tu me fais là !  s'est étonné le looser, que les points sur les "i" avaient tout de même fini par mettre sur la voie.

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-Tu l'as dit bouffi ! Viens, je vais te montrer les travaux pratiques, a enchaîné Zaniath. S'agissait pas qu'il perde le fil. Et hop, l'essayer, c'est l'adopter !  Zaniath a conclu son 24ème crac-crac.
C'est bien ma Zaniath, tu vois que tu peux encore y arriver. Allez, révise-moi tes aspirations, s'il-te-plaît ! suppliai-je.

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Pendant que Zaniath grimpait allègrement vers le 7ème ciel, Ephraïm filait un mauvais coton. Depuis que les extra-terrestres l'avaient largué de leur soucoupe, il se sentait pas dans son assiette.
Je m'apprêtais à aller lire dans ses pensées, qui m'avaient tout l'air d'être moroses, mais j'eus pas à me donner cette peine.

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Aussi surprenant soit-il, c'est à moi qu'il a choisi de faire ses confidences.
-Max, je crois bien que les E.T m'ont joué un sale coup. Plus ça va, plus je m'interroge. La nourriture infecte qu'ils m'ont injectée dans le gosier n'explique pas tout. Ils en auraient profité pour tenter une expérience avec moi, que ça ne m'étonnerait pas.
-De quelle expérience veux-tu parler ?
-Hé-bien, il n'y a pas si longtemps qu'Erwan a accouché pour ne pas que je me rende compte que mes symptômes sont tout pareils aux siens. J'ai des nausées, je prends du bide et j'ai les seins qui enflent !  C'est impossible, je le sais bien, mais on dirait bien une grossesse.
-Une grossesse nerveuse, sans doute.
-Je voudrais bien le croire, mais j'ai l'impression de sentir bouger quelque chose dans mon ventre. Je n'ose en parler à personne, sauf à toi, Max. Tu crois que je pourrais attendre un enfant ?
-Ah, mais ce serait la meilleure chose qui puisse t'arriver mon gars !  Maintenant que tu me le dis, j'avais entendu des bruits comme quoi on pouvait ramener un petit souvenir de l'espace. J'y croyais pas trop, parce que jusqu'à présent, je vois pas pourquoi on n'y aurait pas eu droit. Tu n'as qu'à en parler à Aleph, je crois qu'il a fait des recherches là-dessus.

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-Je ne vais en parler à personne ! Non-mais tu ne crois tout de même pas que je vais laisser faire ça. Je vais me concocter un purgatif maison, et le foetus je te garantis que je vais le renvoyer d'où il vient.
J'ai même pas eu le temps de protester, il a grimpé les escaliers qui mènent au labo quatre à quatre, et il est allé se fabriquer un médicament dans le but d'avorter.

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La crainte qu'il avait eue d'attendre un enfant, l'avait rapproché de sa fille. Jamais il ne s'était autant senti en osmose avec elle. Les conversations qu'il n'avait pas avec les autres membres de la famille, il les réservait à Sélène.
-Ma petite puce, mamour, ma fifille, dire que tu aurais pu avoir un horrible monstre vert qui se serait prétendu ton frère ou ta soeur. Heureusement que ton papa est un chercheur hors-pair. Je suis l'inventeur du purgatif abortif spécial alien. Je m'en vais déposer un brevet en ce sens et tu en toucheras les royalties, ta vie durant.
Pendant qu'il se confiait ainsi sans retenue, un visiteur, une nouvelle connaissance de Zaniath, qui avait tout du rond-de-cuir et avait le toupet de se faire appeler Hélios, comme mon regretté fils, était entré sur ses talons.
-Vous avez un magnifique bébé, et moi, j'adoooore les enfants !  Vous pouvez me le prêter un peu ?

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-Pas touche !  lui répondit Ephraïm en lui jetant un regard méfiant. J'aime pas les vieux moustachus qui adooorent les enfants ! Allez donc vous occuper de ma soeur et laissez ma fille tranquille.
-Mais, c'est qu'elle est si mignonne, si attendrissante dans son petit berceau...
- Elle y est, et elle y reste ! Je fais pas confiance aux visiteurs trop attentionnés avec les bébés. Vous croyez que je ne lis pas les journaux ? Qui me dit que ce n'est pas vous le kidnappeur dont on entend parler régulièrement ?
-Mouâ ?! Un kidnappeur ? Vous vous méprenez... se récria le faux Hélios. Et je suis un peu de la famille, vous savez, ma mère était cousine avec votre grand-mère.
-Raison de plus ! Vous êtes si jaloux de notre réussite, que vous aimeriez bien en accaparer des miettes. Ne vous avisez pas d'approcher de la petite, ça vaudra mieux pour vous !

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Ephraïm n'avait pas tort de se méfier. Qu'est-ce qui m'a fichu d'un type pareil qui se précipitait sur le bébé dès qu'on avait le dos tourné. Heureusement, il avait averti Erwan
-Ce bonhomme qui se fait appeler Hélios Marques, ne me dit rien qui vaille. Surveille Sélène, je ne veux pas qu'il s'en approche.
Erwan le trouva avec le bébé dans les bras.
-Je croyais qu'on vous avait demandé de ne pas y toucher.
-C'est plus fort que moi, quand je vois un bébé abandonné, je craque.
-Vous avez dit "abandonné" ? Rendez-moi ma fille, tout de suite ! Abandonnée, elle ! On la surveille comme le lait sur le feu. Mais il faut qu'elle dorme cette petite, ajouta-t-elle en lui reprenant Sélène.

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-Je suis désolé, je ne voulais pas... commença le moustachu
-Vous savez, elle sera peut-être l'héritière de Max Dubagne, on ne veut courir aucun risque, expliqua Erwan
-Je n'avais pas de mauvaises intentions...
-Je vous ai dit de ne pas l'approcher !  gronda Ephraïm attiré par les éclats de voix. Zaniath, vire-moi cet Hélios d'opérette tout de suite, il est sans arrêt fourré dans la chambre de Sélène.

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-Il vaut mieux faire ce qu'il vous demande, lui conseilla Zaniath en le raccompagnant à la grille.
-Mais, je ne lui voulais pas de mal !  Elle est un peu de ma famille. Nous sommes, comme qui dirait, des cousins éloignés.
Mais qu'est-ce qu'il a, à vouloir absolument se considérer comme de la famille ce guignol ? Tu le connaîs, toi Jeanne ?
-Oui et non... j'avais en effet une vague cousine, perdue de vue depuis longtemps. C'est drôle qu'elle ait appelé son fils Hélios. Ce n'est pas un prénom si courant.
C'est pas drôle, c'est inquiétant ! Ca prouve qu'elle ne t'avait pas perdue de vue, elle ! Appeler son fils comme le nôtre... et celui-la qui la ramène avec ses prétentions à faire partie, si tant soit peu, de la famille.
-Ce n'est pas inquiétant, Max, c'est normal. Imagine, on est devenus célèbres à Vipercanyon, n'importe qui serait flatté d'être de notre famille, même éloignée.
T'as peut-être raison. Mais Ephraïm a raison de ne pas lui faire confiance. A moi non plus, il ne dit rien qui vaille.

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Mais nous avons vite oublié ce fâcheux incident, car les évènements se sont précipités à la maison. Tout d'abord, Ephraïm a été contraint de reconnaître que son médicament miracle n'avait pas eu les effets escomptés. Un beau matin, il s'est retrouvé avec le ventre encore plus rebondi et y avait plus de doute à avoir : il allait bel et bien donner naissance à un alien.
L'afflux d'hormones femelles entraînèrent un changement de son métabolisme qui eût des répercussions inattendues. Lui qui avait toujours su garder la bouche cousue, se trouvait à présent aux prises avec une loghorrée qu'il ne contrôlait pas. Comme si toutes les paroles qu'il avait retenues demandaient à s'échapper de leur prison de silence.

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-Mais ce n'est pas possible, je vais avoir un enfant. Un horrible monstre, un dégénéré, un alien. Pourquoi fallait-il que ça tombe sur moi ? Et qu'est-ce que je dois faire maintenant ? Comment va-t-il sortir ?
Est-ce que ça fait très mal ? Et toi, Erwan, est-ce qu'elle bougeait autant Sélène quand tu la portais ? Là, c'est horrible, on dirait que j'ai des lapins qui trottent dans le ventre, je me sens des bosses de partout. Et comment je vais m'habiller...
-Mais ne t'en fais donc pas ! Tout ça n'est que très normal, le rassura Erwan. Il y a des milliers de femmes qui passent par là tous les jours. La seule différence, c'est que tu es un homme. C'est bien à votre tour de connaître les angoisses de l'enfantement.
-NORMAL !!  Non, ce n'est pas normal !  D'abord, il y a peut-être des milliers de femmes qui ont subi ça, mais des milliers d'hommes, c'est pas demain la veille. Alors, pourquoi moi ? Et pourquoi avec des extra-terrestres ? Tu ne me diras pas que ça aussi, c'est normal !
-Bon, ce n'est pas normal, si tu veux, mais c'est indéniable, tu as tous les symptômes de la future mère. Considère-toi comme un père porteur. Et pour l'accouchement, tu verras bien, il doit bien y avoir quelque chose de prévu. Tu veux des vêtements, attends, je vais voir ce que j'ai dans mon armoire.
Elle lui a dégotté une tenue décontractée du plus bel effet pour un futur père-mère. J'en ris encore en le voyant habillé dans son jogging couleur layette.

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Puis ce fut le moment attendu de l'anniversaire de Sélène. On allait enfin avoir une idée de ce à quoi elle ressemblerait. Parce que les bébés, c'est toujours mignon tout plein, enfin, c'est ce que disent les femmes, mais les bambins, ça commence déjà à ressembler aux adultes qu'ils deviendront.
Ephraïm était tellement pressé de constater qu'il avait fait au moins un enfant qui ne serait pas un monstre, qu'il alla la lever avant l'aube pour lui faire souffler ses bougies.
-Allez ma puce, grandis, fais-nous voir à quoi tu ressembles ! 
Mais la puce, c'est pas parce qu'il avait décidé que c'était l'heure de la métamorphose qu'elle avait l'intention de mettre la charrue avant les boeufs. Elle faisait durer le plaisir. Je suivis la scène avec une grande patience, alors que toute la famille rameutée pour assister à l'évènement, fantômes y compris, commençaient à trouver le temps long.
Au bout de trois heures, Mahlaut s'évanouissait sur place, Mizar avait connu frayeur sur frayeur avec nos fantômes familiers, Zaniath se disait que cet anniversaire n'en finirait jamais et décidait d'aller se coucher. Aleph fit de même, et Ephraïm dut s'excuser pour tout ce ram-dam inutile.
-Bon, ben, je crois que c'est trop tôt. J'aurais dû attendre un peu avant de vous réunir.
-Oui, t'aurais bien dû ! lui reprochèrent les autres en désertant la cuisine où devait se dérouler la cérémonie. Seuls restaient Ephraïm et Erwan, les principaux intéressés à vrai-dire.

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Erwan regardait son mari qui commençait à pâlir en tenant sa fille devant le gâteau. La fumée de la dernière bougie était dissipée depuis des lustres, et le bébé restait bébé. Elle eut pitié de lui.
-Ephraïm, je crois que ça ne sert à rien de t'entêter. Va donc te reposer un peu. Dans ton état, tu cours de gros risques.
-Quels risques ? Faire une fausse couche ? C'est encore ce qui pourrait m'arriver de mieux ! répliqua Ephraïm qui ne tenait toujours pas à devenir père-mère.
-Si ce n'était que ça ! Tu risques la mort. Tu ne vois pas comme tu es faible ? Et cette épidémie de dyssenterie ne t'a pas épargné, c'est ça qui te donne des coliques, pas ta grossesse.
Courageux, mais pas téméraire, Ephraïm se rangea à ses arguments.
-Tu as peut-être raison. Mais... et si on la recouche et qu'elle ne grandisse jamais ?
-T'as déjà vu des enfants qui ne grandissent pas, toi ?
-Ah ben, des choses bizarres, c'est pas ça qui manque ici. Imagine que ce soit encore un bug. Je t'en prie Erwan, reste avec la petite, ne la remets pas au lit.
-Va te reposer, c'est bon, je porterai le bébé jusqu'à ce qu'il se décide à grandir, lui assura Erwan.
Mais au bout d'une demi-heure elle eut une idée de génie. Le jour commençait à poindre, elle acheta un autre gâteau et lui refit souffler les bougies. Le miracle se produisit et Sélène passa au stade bambin en ne gardant pas de séquelles de cet anniversaire à retardement.

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Non seulement elle ne garda pas de séquelles, mais on dirait même que ça lui avait profité. A première vue, à moins que je sois devenu miraud, la petite avait la fraîcheur d'un bouton de rose et sa vue était un enchantement. Autre chose que le Mizar, je vous prie de me croire.

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Profitant de ses congés de maternité-paternelle, Ephraïm avait décidé de s'occuper lui-même de l'éducation de Sélène. Il lui faisait la lecture, et lui avait appris à aller sur le pot. Mais il ne s'entraînait pas pour son futur bébé. A l'entendre, celui-la, l'indésirable, il se débrouillerait tout seul. Et s'il ne se débrouillait pas, tant pis pour lui.
-J'en ai rien à faire de ce monstre. S'ils sont pas contents, les extra-terrestres, ils n'ont qu'à venir le reprendre. J'ai jamais demandé à être mère porteuse, moi ! D'ailleurs, j'aimerais bien qu'ils se repointent par ici pour leur dire ma façon de penser.
Heureusement qu'il avait comme envie de réussir l'éducation de sa fille, parce qu'entre voir des fantômes, voir des extra-terrestres ou mieux encore, voir quelqu'un d'autre de la famille enlevé par les extra-terrestres, on peut pas dire qu'il avait des aspirations très réalistes.
-Et pourquoi ça n'arriverait qu'à moi ? Aleph aussi, ils n'ont qu'à l'enlever, au moins, je me sentirais moins phénoménal. Ne cessait-il de revendiquer.

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Aleph, lui, continuait son petit bonhomme de chemin... en limousine de 5 mètres de long. Il avait été nommé chef de staff, mais savait garder la tête froide.
-J'aurais donné tout ce que j'ai pour être à la place d'Ephraïm. Qu'est ce que ça m'apporte d'avoir "réussi" ? Pfffeu ! Une grosse bagnole qui prend trois places de parking, un bon salaire d'accord, mais je me fais autant à rester chez moi en faisant des tableaux... Et je n'aurai jamais d'enfant !
Tout le monde essayait de le consoler : Zaniath, qui regrimpait péniblement les échelons de sa carrière d'ultra-sim, elle venait d'être nommée chef de la brigade des douanes, Mahlaut qui elle était devenue sous-chef de cuisine et même Erwan, qui s'était reconvertie dans la politique et n'était pas peu fière d'avoir été nommée conseillère municipale.
-Pourquoi tu dis ça ? Il ne manque pas de gentilles filles qui ne demanderaient qu'à te rendre ce service. Il restait inconsolable
-J'en ai rien à battre des gentilles filles. Moi, ce que je voulais, c'était devenir mère, pas qu'un autre fasse le travail à ma place !
Et il enveloppait Ephraïm d'un regard lourd de reproches.

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Enfin, le grand jour arriva. Ou plutôt, la grande nuit, car ce fut en pleine nuit qu'Ephraïm fit retentir ses hurlements.
-Bon sang, j'accouche !  AHHHHHH !  Ca me tortille de partout, ça vient par où ? J'ai mal au ventre, j'ai mal aux reins, j'ai mal, j'ai MAAAAAAL !!!
Autant vous dire que la maisonnée ne pouvait pas fermer l'oeil. Elle s'en souviendrait de l'accouchement d'Ephraïm. Enfin, le monstre est sorti. Me demandez pas comment. Mais il est sorti. Il était d'un joli vert pâle et avait de grands yeux noirs. En y regardant de plus près, il était d'ailleurs pas si monstrueux que ça. Eut-elle été blanche, noire ou jaune, on aurait pu croire qu'elle était normale. Je dis elle, parce qu'en y regardant d'encore plus près, on s'aperçut que le bébé avait l'anatomie d'une fille.

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-Débarrassez-moi de CA ! lança Ephraïm, que l'instinct maternel n'effleurait pas. En voyant qu'il était prêt à la jeter par-terre, Erwan la lui ota des mains.
-Mais elle est mignonne, cette petite ! Bon, elle est verte, c'est vrai, c'est pas courant, mais regarde la bien, elle n'est pas vilaine. Ce n'est pas un monstre.
-C'EST UN MONSTRE ! Je ne veux pas la voir, je ne veux pas en entendre parler, je ne veux même pas d'elle dans ma chambre, c'est bien compris ? Je n'ai qu'une fille, c'est Sélène, "ça" c'est un accident, un regrettable accident, un os dans le boudin, un grain de sable dans les rouages, une tache dont je ne serai jamais lavé, une erreur de la nature...
-C'est surtout un point pour le challenge, ne l'oublie pas. Comment vas-tu l'appeler ? s'enquit Aleph.
-L'appeler, moi ! JAMAIS !! Y a qu'à l'appeler "CA" c'est tout ce que ça mérite.
-Tu ne peux pas faire ça ! Ca ne sera jamais accepté au bureau d'Etat Civil. Et puis, elle aussi elle est une descendante de Max. Si tu crois qu'il appréciera...
-Eh-bien, appelez la, vous ! Pour moi, c'est ça, et ça restera ça !
Dire qu'il est têtu, c'est encore en dessous de la vérité. Mais de qui peut-il tenir ce caractère de cochon ?
Elle me plaît bien moi, la petite "ça", mais faudrait qu'ils lui trouvent un nom. Parce que "ça", ça me le fait pas trop.

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-Dis, Erwan, je voudrais te demander... Aleph avait du mal à cacher son émotion. Tu accepterais que je m'en occupe ? Je pourrais lui tenir lieu de père, puisqu'Ephraïm ne veut pas en entendre parler. Il attendait la réponse avec une anxiété non dissimulée.
-Si tu veux, Aleph, je sais que tu t'en occuperais bien, il n'y a qu'à voir comment Mizar ne jure que par toi.
-Ô merci, merci, merci ! Je te jure que tu ne le regretteras pas, assura Aleph aux anges.
Et c'est quand il alla préparer le biberon de Luzz, qu'il découvrit le cadavre de Mizar dans la cuisine. Personne n'avait rien vu, rien entendu, tout le monde n'avait eu d'yeux et d'oreilles que pour la naissance de Luzz. De quoi était-il mort ? C'est encore un mystère. Je n'ose pas interroger son fantôme. Il repose à présent dans notre petit cimetière en attendant qu'il se manifeste.
Seule Zaniath, qui ne lui tient pas rigueur de son comportement envers elle, vient lui rendre de petites visites. Les autres sont trop occupés avec Luzz et Sélène. Faut dire que c'est pas une grosse perte !
-MAX !!!
-Oui-ben, t'auras beau dire Jeanne, c'est pas une grosse perte quand même !  Faut dire ce qui est !

-Qu'est-ce que tu penses de Luzz ? demanda Aleph.
-J'en pense RIEN !!  Je pense pas à elle, je ne veux pas y penser, pour moi, elle n'existe pas, ou elle n'aurait jamais dû exister.
-Bon, qu'est-ce qu'on fait ? On l'appelle Luzz ? Aleph guettait la réaction d'Erwan.
-Pourquoi pas ? Je trouve que ça lui va bien, approuva-t-elle.

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Durant les mois qui suivirent, Aleph put jouer au papa-maman tout à loisir. Pas de danger qu'Ephraïm lui dispoute le droit de changer les couches de Luzz, ni même de lui donner le biberon. Comme il l'avait annoncé, il ne voulait pas voir sa fille, même pas entendre parler de "ça".
-Ne t'en fais pas, ma petite Luzz, lumière de ma vie, je m'occuperai bien de toi, moi !  lui sussurrait Aleph en la berçant tendrement, comme il avait bercé son père.

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Mais de son côté,Ephraïm se donnait à fond dans l'éducation de Sélène, profitant de ses congés de pater/maternité pour lui apprendre la propreté et les rudiments du langage. La petite était éveillée,elle répétait avec application tout ce qu'il voulait lui faire incurgiter. Histoire de faire oublier qu'il avait mis au monde un monstre, Ephraïm voulait faire de Sélène un véritable petit génie.
-Elle sera une artiste, avait-il décrété. Et il lui avait offert un xylophone, chose qui avait été bannie de la maison depuis des lustres. Bonjour les oreilles ! me dis-je en la voyant attraper le marteau. Mais je dus bien admettre qu'elle réussissait à en tirer des sons mélodieux, pas comme d'aucuns ! Vous vous rappelez cette brute d'Hermes ? Avant de fêter son anniversaire, elle avait aux trois quarts rempli sa barre de créativité.
-Dès qu'elle sera en âge, je lui achèterai un chevalet, et elle se mettra à la peinture, annonça son père.
C'était pas mal vu, pourquoi attendre qu'ils soient ados avant de leur faire mettre de l'argent dans la tirelire familiale ? Tout le monde doit contribuer à l'accroîssement du patrimoine. Et là, on stagne, on stagne, quand dépassera-t-on les 800 000 $ ?

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Spoliée de l'éducation de sa fille, Erwan, se jeta à corps perdu dans le travail. Mais elle commençait à donner des signes inquiétants d'instabilité.Tout comme Mizar avant elle, dès qu'elle obtenait une promotion, elle déclarait que c'était pas la branche qui lui convenait. C'est ainsi qu'après avoir lâché la politique, elle était entrée en cuisine. Mahlaut, qui venait d'être nommée sous-chef, avait réussi à la faire embaucher comme marmiton, ce qui n'était déjà pas si mal. Et maintenant, Erwan voulait démissionner, une fois de plus.
-Les horaires sont démentiels, je n'ai pas le temps de m'occuper de Sélène, expliqua-t-elle à Ephraïm qui commençait à se demander s'il n'avait pas fait une boulette en épousant cette girouette. D'autant qu'elle le bassinait à vouloir encore un enfant.
-Tu n'as pas besoin de t'en occuper, je suis là pour ça, coupa-t-il. Trop content d'être le pygmalion de sa fille. Si tu ne sais pas quoi faire, tu n'as qu'à te mettre au sport, on dirait la tour de Babel. Et tu voudrais un autre enfant, pour quoi faire ? Pour faire concurrence à la grosse Rita de la Foire du trône ?
On ne peut pas dire que les compliments lui brûlaient la langue, à celui-là. Mais il n'avait pas tort. Erwan avait beau continuer à se promener en short, elle avait de plus en plus de mal à le fermer et ça ressortait par tous les bords.

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Mahlaut essayait de mettre en pratique les conseils de Zaniath et d'avoir, elle aussi, un enfant. Comme Kalliste en son temps, elle avait jeté son dévolu sur Jacques, le réparateur, l'un des rares hommes du quartier que l'appétit de Zaniath avait épargné. Mais là encore, elle ne put conclure. Bien que très épris d'elle, Jacques ne voulut rien entendre pour aller au-delà du simple flirt.
-Allons, allons, ce n'est pas sérieux, j'ai au moins 30 ans de plus que toi. Tu le regretterais un jour. Cherche plutôt un garçon de ton âge, ce n'est pas ça qui manque.
Comment lui faire comprendre que les garçons de son âge, il y avait beau temps qu'ils étaient tous sous l'emprise de l'ogresse maison ?

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Faute de grive, on mange dumerle, et Mahlaut se replia sur ce débris de Lionel Fleury, presqu'en s'excusant
-Je le fais pour toi, Max !
Oui ben, si c'était pour me faire plaisir, c'était raté ! J'espérais que Zaniath allait réagir, après tout, Lionel, c'était un de ses anciens. Mais, pensez vous !
-T'as qu'à le prendre si tu veux, je te le laisse, lui avait-elle lâché négligemment, comme on jette un os à un chien. Fallait vraiment que Mahlaut soit en mal de connaissances pour s'en contenter.

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Mais lui, bien sûr, il ne s'est pas fait prier. Il ne lui serait même pas venu à l'idée, que c'était presqu'indécent, à son âge, d'abuser du désarroi d'une jeune fille. Enfin, quand je dis jeune fille... c'est pas qu'elle était de la toute première rosée Mahlaut, mais comparée à lui...
Il ne lui servit même pas le refrain sur sa femme quand elle lui proposa de faire un bébé. Il se jeta sur le morceau comme un fauve affamé. Mais j'eus beau tendre l'oreille, je n'entendis pas retentir la petite musique. Y avait bien que Mahlaut pour espérer qu'il avait réussi son coup.

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Pendant ce temps, la vie continuait son petit bonhomme de chemin. Ephraïm, qui venait d'être nommé Théoricien, effectuait un stage dans l'armée en attendant de décrocher le dernier grade de la carrière scientifique.Comme il ne travaillait que 4 jours par semaine, il eut tout loisir d'apprendre à Sélène à marcher.
Zaniath, de son côté, s'apprêtait à fêter son anniversaire et elle prenait contact sur contact pour occuper utilement sa vieillesse.

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Il n'y avait pas que l'anniversaire de Zaniath dans l'air, Sélène et Luzz aussi allaient bientôt sauter une tranche. Mais elles, elles avaient la vie devant elle, tandis que pour Zaniath, c'était ma copine la faucheuse qui se dressait à l'horizon.
Ephraïm avait tenu parole, il avait laissé à Aleph le soin de s'occuper de Luzz. A peine s'il était venu quelques fois lui lancer un regard dans son berceau.
-Ca vit toujours ! C'est curieux, j'aurais pensé qu'elle aurait eu du mal à s'adapter à notre monde.
-Tu aurais pensé ou tu aurais espéré ? ne put s'empêcher de demander Aleph
-Ben, disons que ça ne m'aurait pas déplu si elle n'avait pas survécu, admit Ephraïm. Le principal pour le challenge, c'était bien qu'elle naisse, à ce que je crois, ce qu'elle devient ensuite, ça n'a aucune espèce d'importance.
-Parle pour toi ! Et cesse de la considérer comme une monstruosité, elle est mignonne comme tout cette petite, se récria Aleph.
-Mmmm, si on veut, convint-il, c'est vrai que ça aurait pu être pire, reste à savoir ce que ça donnera quand elle grandira.


Posté par fonsine à 16:51 - 5ème GENERATION - Commentaires [0] - Permalien [#]
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