MAX DUBAGNE

Le legacy challenge de Max Dubagne. 10 générations de Sims pour réussir ce challenge proposé par Pinstar.

12 décembre 2005

6.Le premier né de la 6ème

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Parce qu’il a fini par arriver, l’héritier tant attendu. En voyant Sélène au comble du bonheur, après avoir donné naissance à Nathel, un fils, comme Samson l’avait prédit, Mahlaut prit une grande claque, qui lui remit les idées en place.

-Il pèse combien ? demanda-t-elle pleine d’espoir. Si seulement, c’était un avorton, il aurait eu des chances de ne pas survivre.

-4,200 Kg, claironna Sélène, c’est un gaillard !

-Zut, de zut, de zut ! pensa Mahlaut, qui tint un tout autre langage : Félicitations, c’est vraiment un beau garçon !

Et je veux, qu’il est beau, le loupiot ! Pas comme d’aucuns… On a bien regardé, il a tout pour plaire : un joli menton mignon, de beaux yeux bleus comme ses parents, un petit nez, je ne vous dis que ça. Bref, c’est une petite merveille, et merveille, il restera !

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Tout ça n'arrangeait pas du tout les affaires de  Mahlaut. Du coup, elle a décidé de se remettre à son rêve impossible. Celui d’avoir tout plein d’amis. Bonne idée, tiens, ça l’occupera ! Avec ses 18 jours de congés de maternité et ses trois jours de travail par semaine, elle est en retraite sans l’être. Elle peut squatter le téléphone toute la journée. Et elle ne s’en prive pas. Elle a déjà franchi l’étape des 10 premiers… Mais attendez, j'écarquille les yeux là ! Non, je rêve pas, ils ont relooké la salle commune !

Purée, les frais ! ! !

Remarquez, je râle un peu pour le principe. Moi aussi, ça commençait à me peser de rôder toujours dans le même décor. Mais là, ils y sont allés un peu fort, ils ont TOUT changé, ma parole ! Fallait s’y attendre, avec les deux paniers percés qui font leur loi dans la maison. Ennnfin, une fois tous les deux siècles, c’est pas comme si c'était tous les quatre matins, non plus !

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Bon, revenons au rêve de Mahlaut, avant que je sorte ma calculette et que je révise mes positions. (Purée, les frais !)

Alors ??? Va-t-elle y arriver à se faire 30 meilleurs amis avant de me rejoindre au cimetière ? Je verrais d’un meilleur oeil madame-grosse-tête et ses rejetons qui nous poussent à la ruine.

J’observe bien sa méthode : Elle saute sur tous les passants, sourire de star bille en tête.

-Bonjour, ça vous dirait d’être ami avec une vedette de la télé ?

Y en a qui sont un peu surpris. D’habitude, les vedettes, ça fait pas la retape sur le trottoir. Mais la plupart sont assez flattés, ce qu’ils peuvent être bouzins, les gens !

-Oouuais ! C’est mon rêve le plus cher. Où elle est la vedette ?

-Ben !!! C’est moi ! Vous me reconnaîssez pas ? Je donne mes recettes de cuisine sur toutes les chaînes.

-Aaaaah ! … moi quand je pense vedette, je pense show-bizz, cinéma, hit-parade, pas cantoche. Mais c’est toujours bon à prendre, si vous dites que vous êtes célèbre.

-Un peu que je suis célèbre ! C’est moi qui mets le feu à la cuisine des studios, régulièrement, y a de l’animation dans mes émissions, faut pas croire. Vous devriez au moins les regarder avant de juger.

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A l’occasion, elle donne aussi dans la retape à domicile. Là, elle s’est rendue chez Hubert Dupont-Lajoie. Fini le bon temps, où il se faisait du lard à notre table, quand il rendait visite à Zaniath, un peu à son tour de casquer.

C’est donc ça, sa maison Rona ! M’étonne pas qu’ils aient pas eu le temps de la finir dans les délais. Rien que la toiture… avec toutes ces fioritures, ça prend du temps, c'est sûr.

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Remarquez, c’est pas idiot comme idée, de se rendre chez les tarés des maisons Rona, ça permet de faire d’autres connaissances. Ils sont toujours au moins 7 ou 8, là-dedans. Mahlaut a trouvé un sujet de conversation d’enfer.

-Alors, Hubert, toujours la forme ? Ca ne vous manque pas trop les séances quotidiennes de crac-crac avec Zaniath ?

-Je vois pas de quoi vous voulez parler, madame. On se connaît à peine.

Sûr, que c’était pas bien malin de parler de ça devant sa femme.

-Des séances de crac-crac ? Et quotidiennes, en plus de ça ! Tu peux m’expliquer, Hubert ?

Il se défend comme il peut, le pauvre diable

-Qu’est-ce que tu veux que je t’explique ? Madame me confond avec quelqu’un d’autre , c’est évident.

Hou, le menteur ! Mais puisqu’elle venait pour faire ami-ami, Mahlaut a préféré battre en retraite.

-Aaaaah, mais oui, bien sûr, j’ai confondu, c’est de Ronnie que je voulais parler.

-RONNIE !!!??

Pas de bol, c’était pas mieux. Il a fallu qu’il s’explique avec sa fiancée.

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Venez-donc faire une partie de bishouno dans notre salle de jeu, on pourra parler tranquillement. Ont proposé les légitimes. Et elles ont lancé l'artillerie lourde

-C’est quoi cette histoire de crac-cracs, vous connaissez Hubert et Ronnie ?

Elle a beau ne pas être bien maligne, Mahlaut a compris qu’elle avait commis un ENORME bourde, à son image.

-Nan, je plaisantais. Et ca a marché, vous avez vu ? Ah, ce que je m’amuse, à semer le doute dans les ménages.

Je sais pas si c’était vraiment la bonne méthode pour devenir amie avec les légitimes, mais Mahlaut a de la chance, les femmes sont bêtes à pleurer

-Mais vous êtes impayable, Mahlaut ! Vous nous avez fait une de ces peurs !

-Ha-ha-ha, on se sent mieux quand ça s’arrête, pas vrai ? Alllllez, faut pas vous faire de bile, ils sont fidèles, vos petits amours. Ils venaient juste taper la discute avec ma cousine. On se la fait cette partie  de bishouno ? C'est moi qui appelle.

Vous allez me croire si vous voulez, mais ses explications vaseuses ont marché comme sur des roulettes. Je vous l’avais bien dit, qu’ils étaient tarés, les constructeurs de maisons Rona.

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Après quelques mois les craintes de Mahlaut se trouvèrent confirmées : Nathel avait bien « profité » et s’était transformé en un magnifique bambin, très éveillé et éclatant de santé. Il faisait le bonheur de ses parents, qui n’en revenaient pas d’avoir pondu pareil miracle de la nature. Comme ils en étaient convenus, ils se partagèrent le soin de son éducation.

Samson lui apprit la propreté...

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Et Sélène se chargea de lui enseigner l’art de parole dans la foulée. Mais ils durent déléguer à Ephraïm l’apprentissage de la marche. Ils étaient tous les deux très pris par leurs carrières professionnelles : Samson avait postulé pour devenir astronaute et Sélène avait changé d’emploi dès qu’elle avait appris sa grossesse. Elle avait d'abord pensé se consacrer entièrement à ce bébé, mais après plusieurs mois coincée entre les couches et les biberons, elle avait revu sa position. Le travail lui manquait. Elle s’était donc reconverti dans la flemmardise, dont Emilie lui avait fait les plus grands éloges.

-C’est branché, et ça paye bien. Si tu t’y donnes, tu pourras devenir Web designer indépendant, ou même pique-assiette professionnel. Avec tous les changements qui s’annoncent à Vipercanyon, faut pas se laisser dépasser.

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Des changements ? QUELS changements ??? Il fallait que j’en aie le cœur net.

Je surpris une conversation entre Alpherg et Minkata  qui parlaient de s’inscrire à l’université.

-Tous les jeunes y vont, tu trouves plus que des boulots ringards, si t’es pas diplômé, maintenant, affirmait Minkata.

-Ouais, moi ça ne me dit rien du tout de travailler dans un bureau ou dans un labo, j’aimerais un métier d’avenir, renchérissait Alpherg.

Il en avait pourtant un, métier d’avenir, dans le sport, mais il avait démissionné pour se consacrer à sa nouvelle vocation : la peinture. Il se partageait à présent entre la récolte de simflouzes et la réalisation d’un hypothétique chef d’œuvre.

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L’université ! Veulent aller à l’université !! C’est quoi cette nouvelle lubie ? Je savais même pas qu’il y avait une à Vipercanyon. Et mon challenge ? Ils s’en battent l’oeil de mon challenge ? Ooooh que j’étais en colère. Il a fallu toute la force de persuasion de Jeanne pour me calmer.

-Max, tout évolue, tout change. Tu devais bien te douter qu’avec tous ces nouveaux-venus, la ville allait se développer.

-Moi, j’avais choisi un coin DESERT, et c’est MA descendance, qui devait le peupler, pas un tas de ringards débarqués d’on ne sait où. Et voilà ce qui se passe : ça veut faire la loi, ça veut une ville, une université, des restaurants, des boutiques, des salles de spectacle, des… est-ce que je sais ce qu’ils vont inventer pour me pourrir mon désert ?

-TON désert ! Mais mon pauvre Max, tu as la mémoire courte. Tu ne te souviens pas comme tu râlais, les rares fois où tu as mis le nez hors de ton terrain, après le manque d’infrastructures. « C’est ravitaillé par les corbeaux » tu disais. Les jeunes vont avoir la chance de connaître autre chose. OUI, j'ai dit la chance ! Et tu devrais le reconnaître, au lieu de t’emporter, de critiquer, de te comporter comme un vieux fou encroûté dans le passé.

Une momie, voilà ce que tu es ! Il y a deux cents ans, c’était le désert, eh bien, maintenant, place à la civilisation. Et si tu es un tant soit-peu honnête, tu admettras que tu n’aurais pas craché dessus, quand nous étions jeunes, toi et moi. Je ne te l’ai jamais dit, mais ça m’a manqué, tu sais, les magasins, les boutiques, les sorties en tête à tête.

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Mouais...

Heureusement, de son côté, Mahlaut s’est chargée de tempérer l’enthousiasme de ses rejetons.

-Il n’est pas question d’aller à l’université ! Pourquoi croyez-vous que j’ai tenu à avoir des enfants, à 45 ans bien sonnés ? Pour garder une trace de notre branche dans la succession de grand-père, pas pour vous voir quitter le challenge après tout le mal que nous nous sommes donnés, votre père et moi.

-Mmmmais môman… tout le monde y va ! insista Minkata

-J’ai dit NON ! Tout le monde y va, peut-être, mais pas vous ! Et il n’y a pas à y revenir. Bien dit Mahlaut ! Pour une fois, j’étais fier d’elle. Je reconnaissais mon sang dans ses veines.

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Et la vie reprit son cours normal. Ephraïm se fit un plaisir d’enseigner la marche à son petit fils. Enfin, quand je dis un plaisir… je devrais plutôt dire un devoir. Mais il l’adorait ce bambin, alors, il pouvait bien faire quelques sacrifices pour lui. Comme d’espacer ses tête à têtes avec Emilie, par exemple. Sélène commençait à se douter de quelque chose. Faut dire qu’ils n’étaient pas très discrets tous les deux. J’aurais pas été autrement surpris de voir rappliquer Aleph hors de lui. On a raison de dire que les cocus sont toujours les derniers informés. Toute la ville faisait des gorges chaudes à leur sujet, sauf Aleph, précisément.

543  Mahlaut poursuivait son rêve impossible, faisant ami-ami  avec n’importe qui, comme Léo, le nouveau jardinier, Cécile, la nounou de Nathel, et d’autres tarés de maisons rona, chez qui elle se faisait un plaisir d’aller à la pêche. Elle avait parcouru la moitié du chemin quand on fêta l’anniversaire de Nathel.

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Pour ce grand jour, tant attendu, Ephraïm tint à présenter lui-même Nathel au dessus du gâteau, pour lui permettre de postillonner dessus à son aise. Mais… l’émotion sans doute, il s’y prit comme un manche. NON, j’exagère pas !

D’ailleurs, tiens, je vous laisse juges. Z’avez qu’à jeter un œil sur les photos. Ils ont mitraillé sec de jour là. C’était pas tous les jours que l’héritier en titre de la 6ème génération atteignait l’âge de raison.

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ALORS !? J’exagère ?
Ah, elle avait raison de dire qu’il était mûr pour le cimetière, Mahlaut

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En tous cas, c’est pas grâce à son grand-père que Nathel a bien grandi. Et cette peste de Mahlaut, qui tout en le félicitant essayait de le mettre sur la touche, mine de rien.

-Tu en as de la chance, Nathel, tu vas pouvoir profiter de tout ce qui s’est bâti à Vipercanyon depuis ta naissance, aller t’amuser en ville, faire de nouvelles rencontres, aller à l’université…

ENCORE l’université ! Retenez-moi, ou je fais un malheur. Ah, elle sait bien ce qu’elle fait en mettant le ver dans le fruit, allez ! J’espère que le petit ne suivra ses maudits conseils.

Hé, les parents, pourriez pas veiller au grain, au lieu de vous rouler des patins ? Faut que je fasse tout, dans cette maison.

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Je croyais… j’espérais du moins, que cette histoire d’université serait définitivement enterrée, mais un coup de téléphone remit tout en question. Par malheur, il a fallu que ce soit Minkata qui l’intercepte. Ses sœurs s’étaient inscrites à l’université de La Fiesta et faisaient le forcing pour qu’Alpherg et Minkata les rejoignent. A deux jours de leur anniversaire. Z’auraient pas pu attendre qu’ils aient passé le cap, dites-moi.

-Il faut ab-so-lu-ment que vous veniez, on est à la résidence universitaire toutes ensemble. Et tu sais quoi ? On y a retrouvé Difda, la fille de Zaniath, notre cousine. C’est géniaaal ! Manque plus que vous. Si tu sais t’y prendre, t'arriveras bien à convaincre maman.

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Difda ! Je la croyais casée chez sa grand-mère, à siroter de l’elixir de vie à longueur de journée. Et voilà qu’elle renouait avec la famille. Il fallait que j’aille me rendre compte de visu de ce que c’était que cette université. La Fiesta, tout un programme ! Ca fait sérieux, ça ? C’est un nom pour un endroit où on est censé faire des études ? Avec toutes ces aspirations à l’amour, ça devait être la foiridon-don-don.

Effectivement, je pus me rendre compte que Difda s’entendait comme larron en foire avec ses cousines. Je reconnus tout de suite sa bouche à gober les pains de deux livres.

Mais, y avait pas qu’elle. C’était pas Sophie machin, le bourreau des cœurs des fils Dubagne que je voyais installée à leur table ? C’était quoi, son aspiration à celle-là ?  La richesse ! Ben mes z'amis, on l’avait échappé belle.

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Et celui-là, dont je ne sais même plus le nom, c’était pas le petit amoureux de Mahlaut, quand elle n’était encore qu’une ado grassouillette, mais jouant déjà la star des baignoires folamour ?
Il s’était donc décidé à prendre un peu de plomb dans la cervelle ? Ou bien  venait-il pour courir les filles ? Un coup d’œil à l’aspiration : La connaissance. Bien, bien ! Si mes donzelles ne viennent pas lui faire le coup du charme, il réussira peut-être à devenir quelqu’un.
Me semble que Schératan a jeté son dévolu sur lui. Je leur souhaite bien du bonheur.

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Ah, et puis il y a Oscar Ferrand ! Je me disais aussi… ce qu’on a pu le voir traîner à la maison celui-là, d’une génération à l’autre, toujours prêt pour le premier baiser. Il devait bien en être à son… j’ai perdu le compte ! En tous cas, il doit pas manquer d’expérience en la matière. Aspiration ? Amour ! Ben tiens !

Il semble qu’il fasse la paire avec Alhena. Ca va faire du joli. Et les études dans tout ça ?

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Et Aïnitak ? Qu’est-ce qu’elle devient ?

Aaaah, elle vise le haut de gamme, la demoiselle, un professeur, rien que ça ! J’espère qu’il saura lui donner des cours de soutien, ailleurs que sur l’oreiller. Et c’est dans ce lupanar qu’elles veulent entraîner leurs cousins !

Mais… si je fais le compte, elle est au complet, la résidence. Mes 5 descendantes, Oscar, l’autre, dont je ne me souviens pas du nom et Sophie machin. Ca fait huit ! Ouf, sauvés !

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Que je croyais !
Aux dernières nouvelles, Sophie machin, qui s’est enfin décidée à dénouer les tortillons ridicules qu’elle faisait avec ses cheveux,  vient d’être acceptée dans l’association des filles du campus.  C’était ça, la grande nouvelle et Minkata allait faire le forcing auprès de sa mère pour occuper la place vacante

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J’ai toujours su que Mahlaut n’avait pas de caractère. Elle fait illusion parfois, mais elle finit toujours par céder. Elle n’a pas pu résister aux arguments de sa fifille.

-Môman, qu’est-ce que ça peut faire si je vais avec mes sœurs ? Tu as Alpherg pour le challenge. Ca ne sert à rien qu’on soit deux. Moi je ne connais pas de NPC, on me l’a assez reproché, alors qu’Alpherg, tu sais bien, il en connaît deux ! C’est à lui de reprendre le flambeau.

-Oui mais… a bien tenté Mahlaut, à deux, vous seriez plus forts pour lutter contre la branche aînée.

-Tu parles de lutte, mais c’est TON désir. Ce n’est même pas celui de Max. Il peut pas me sentir, je le sais bien, il vient sans arrêt me tourmenter et me reproche mon aspiration. Comme si j’étais dans les dés ! C’est ma faute, à moi, si j’ai pas tiré la connaissance qui lui plait tant ! Tu voudrais que je passe ma vie à me faire dessus à chacune de ses visites ?
Elle a bien plaidé la gamine, et elle a pu annoncer à la famille qu’elle allait à l’université.

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Le petit Nathel, a dû essuyer des épreuves inattendues : l’excitation de voir sa cousine partir pour l’université, une invasion de NPC dans la maison, la disparition des vêtements dans l’armoire familiale, tout le monde accusant tout le monde de les avoir revendus. (Et Alpherg n’était pas le moins visé).
Bref, il a manqué l’école et sa moyenne est devenue catastrophique : 7/20. Encore un petit effort, et l’assistante sociale n’allait pas tarder à pointer le bout de son nez. Heureusement que le gamin s’est ressaisi. C’est pas brillant, mais il a tout de même réussi à atteindre la moyenne. Il est loin le 20/20 dont rêvent ses parents ! Et pour l’école privée, qu’ils réclament à cor et à cri, il est trop tôt pour en parler.

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Mahlaut ne recule devant rien pour satisfaire son rêve impossible. Elle est allée relancer Lydie, notre ancienne bonne, et s’acharne à s’en faire une amie. Rien n’est trop beau pour y arriver, même jouer à des jeux débiles, comme des batailles d’oreillers, ou se livrer à des exhibitions de breakdance complètement ridicules à son âge. Elle compte 17 meilleurs amis, je ne crois pas qu’elle aura le temps nécessaire pour parvenir à ses fins. A moins qu’elle n’use de l’elixir... Oui-mais ! Qu’est ce qui la maintient en platine ? Vendre les chefs d’œuvre d’Ephraïm. Ca, ça la flatte, elle se prend pour une directrice de galerie d’Art. Et quand il sera mort Ephraïm, qui c’est qui lui en fera, des chefs d’œuvre ?

Y a bien Sélène. Elle se défend pas mal, la petite. Ses clowns et ses cascades commencent à avoir la cote dans le milieu. On compare son style à celui de son père. Bref, c’est à voir, si le jeu en vaut la chandelle.

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D’autant que Sélène va avoir des jours de congés. Des aller-retours aux toilettes, l’envie de vider le frigo qui la mène, et le ventre qui pousse… y a pas photo, elle est de nouveau enceinte. Un point pour la branche aînée !

Mahlaut a essuyé le choc sans broncher, elle place tous ses espoirs dans son fils, à présent.

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Alpherg a bien grandi. Tu m’étonnes, avec tout l’argent qu’il se ramasse dans notre plantation de simflouzes, il pourrait pas être plus heureux. Dès qu’il a atteint sa majorité, il a appelé Marie-Noëlle, sa livreuse de pizzas chérie. Premier baiser, enchaîné avec un baiser langoureux des familles… il lui a demandé d’emménager. Il ne se sent pas mûr pour le mariage. Marie-Noëlle a accepté, et… non, je ne rêve pas, elle avait 11 000 $ d’économies, au lieu des 1000 attendus.
J’étais bien entendu tout ouïe pour entendre son aspiration : L’AMOUR !!!
Toi, ma petite, je suis pas devin, mais... m’étonnerait que tu fasses long feu dans la maison.

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Alpherg comptait peut-être continuer à se la couler douce, mais Samson lui a remis les pendules à l’heure.

-Maintenant que tu es adulte, tu vas peut-être arrêter de ne penser qu’à l’amusement. Tout le monde fait des efforts pour le challenge, et toi, le plus fort de ton travail, ça a été de devenir le meilleur ami de Marie-Noëlle. Faudrait peut-être penser à gagner ton argent autrement que sur notre dos.

-J’ai ma peinture,

-Ta peinture, elle vaut pas un clou ! C’est du gagne-petit. Tu pourras toujours en faire à tes moments perdus. En attendant, trouve-toi un vrai travail, un qui rapporte, et gros !

-Je pourrais peut-être reprendre le sport, a-t-il lâché sans grande conviction.
-C’est ça, le sport ou les affaires, mais secoue-toi, fais quelque chose, autrement, ton rêve de richesse, tu peux t’asseoir dessus, mon gars !

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Après une grossesse qui n’arrangeait pas ses affaires professionnelles, Sélène, piétinant au poste de vendeuse de disques, finit par mettre au monde, une magnifique petite fille, qu’elle a prénommée Zosma. Enfin, quand je dis magnifique, pour le moment, hein… on ne peut que le présager. Y a pas de raison pour qu’elle soit moche la petite, avec des parents comme les siens. Je vois ce qui se profile : va y avoir de la couche et du biberon dans l’air.

Bon, alors, je vais aller faire un tour ailleurs, histoire de couper à la corvée. Je reviendrai quand on sera fixés. Vous me suivez ?

Posté par fonsine à 11:57 - 6EME GENERATION - Commentaires [0] - Permalien [#]


13 décembre 2005

7. Où y a de la gêne...

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Tiens ! Où elle va comme ça Sélène ?

Depuis des jours, je l’entends rouscailler après Mahlaut

-Yen a marre avec le téléphone ! T’arrêtes pas de le squatter, et nous, on ne peut même plus faire signe aux copains.

Mahlaut, forte de son bon droit a fini par lui répondre

-Vous serez bien contents si je ramène un point pour le challenge. Alors, s’il-te-plaît, tu me laisses faire. T’as qu’à t’acheter un téléphone portable, comme tout le monde !

-C’est ce que je vais faire, et pas plus tard que tout de suite a répliqué Sélène.

Ah-bon ! C’est pas plus difficile que ça ? On les trouve où, ces portables ? En tous cas, Sélène a l’air de le savoir. Elle a annoncé au chauffeur : Au Bazar Rapidos, et vite fait !

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Eh-ben oui, y en avait là ! Elle a eu de la veine sur ce coup là.

Remarquez, dites-moi ce qu’il y a pas au Bazar Rapidos.Y a de TOUT : des portables, des fringues, en passant par l’eau de toilette. Je vous dirai que moi, les téléphones portables, je les exècre. Vous-vous croyez peinard, à vous dorer la couenne sur un banc… paf,  le téléphone

-« Salut truc, qu’est-ce que tu deviens ? J’espère que tu t’es pas fait embarquer par les extra-terrestres ? Allez, on se rappelle, bye ! ». Ca valait bien le coup de vous déranger pour ça !

Mais les jeunes, c’est livré avec la marque du combiné incrustée dans l’oreille. Ca saurait plus s’en passer. Et si encore ils se les passaient, avec ce que coûtent les forfaits qu’ils se forcent à écouler en blablatant n’importe quoi. Mais-non, ils veulent chacun le leur ! Et Alpherg, ne fait pas exception.

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J’aurais pu continuer à déblatérer encore longtemps sur les téléphones portables, mais l’heure tournait. Le jour s’est levé, et j’espérais que Sélène allait rentrer pour le petit déjeuner. J’avais hâte d’aller raconter ma nuit à Jeanne.

C’était sans compter sur les commodités du bazar. Y avait tout sur place pour se restaurer. Sélène se fit griller des hot dogs, et aussi sec, tous les clients –et ça pullulait dans le coin-, se sont installés à la terrasse pour profiter de l’aubaine.

Me demande ce qu’ils deviendraient si personne se donnait le mal d’allumer le barbecue.

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Le temps qu’elle avale ses saucisses, en liant conversation avec tous les affamés du coin, j’attendais dans le taxi, qu’elle fasse signe au chauffeur de rentrer. Mais-non ! Elle n’était pas pressée de retrouver le paquet qui braillait après son biberon et qu’elle avait  confié à nounou Cécile, en qui elle avait toute confiance.

-Au Resto Botanique, lança-t-elle.

Le Resto Botanique, ça me disait quelque chose… mais bien sûr ! C’était un des établissements de la chaîne de restos qu’avait lancée Mahlaut. De végétarien qu’il était, il avait un peu dérapé, préférant mettre la verdure dans le décor plutôt que dans les assiettes.

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Le maître d’hôtel reconnut Sélène et l’accueillit à bras ouverts

-Madame Delabert-Dubagne, quel honneur ! Vous souhaitez goûter à nos spécialités ? L’établissement sera heureux de vous offrir l’addition.

C’était déjà ça !

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Il lui désigna une place assise, et Sélène fit son choix. Elle se décida pour du poulet rôti, qui lui fut servi sous cloche. C’est le grand tra-la-la, là-dedans. Le poulet était croustillant, pour un peu, j’en aurais mangé. Je me sentais saliver, chose qui ne m’était pas arrivée depuis belle lurette. Le homard thermidor lui-même ne me mettait plus en appétit. Non-mais c’est vrai, c’est bien bon le homard, le chili, la salade de gésiers, les gratins de nouilles et j’en passe. Mais quand vous en avez mangés pendant plus de 50 ans, un peu de variété, ça fait pas de mal.
Sélène était de mon avis, et elle tint absolument à aller féliciter le cuisinier. On lui avait dit que c’était un ours, mais à ce point là !

-Pas le temps, pas le temps,
Même pour recevoir un compliment, il refusait de lever le nez de ses fourneaux. Chais pas, mais pour copiner avec lui, doit falloir faire le chien de garde au pied de la cuisinière, et sauter dessus au cas où une envie pressante l’arracherait à ses gamelles.

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Quand, ENFIN, Sélène s’est décidée à rentrer, à la nuit tombante, morte de fatigue après sa journée en ville, Mahlaut l’attendait sur le pas de la porte.

-Alors ? Raconte ! C’était bien en ville ? Qu’est ce que tu as vu ? Est-ce qu’on peut se faire tirer le portrait ? J’ai besoin d’une photo d’identité pour ma demande de mise en pré-retraite.

Ah-oui, parce que figurez-vous que Mahlaut rêve d’être à la retraite. Mais avec ses 12 jours de congés payés encore à prendre, ce serait vraiment de la folie de troquer son salaire contre une pension de misère. Alors, elle a décidé de prendre sa préretraite : Elle reste chez elle, et elle est payée plein pot jusqu’à la fin de ses jours, qui ne devrait plus tarder maintenant, à moins qu’elle use de l’élixir.

-Oh-ben, t’as qu’à aller te rendre compte par toi-même, moi j’en peux  plus, je n’aspire qu’à retrouver mon lit. Lui a répondu Sélène ayant tout juste la force de se traîner jusqu’au lit convoité. C’est comme ça que moi, qui n’aspirais qu’à retrouver mon cercueil, je me suis encore trouvé dans le taxi, direction Le Coin des Boutiques.

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Elle avait donné l’adresse au chauffeur, sans trop savoir ce que c’était que ce coin des boutiques. Le pluriel l’avait attirée. « Des » boutiques, donc « des » possibilités de découvrir où créchait ce fichu photographe. En fait de photographe, elle dut se contenter de photomatons. Si c’était que ça, j’aurais pu lui dire qu’elle en trouverait au Bazar. Y avait de tout au bazar, je vous dis !

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M’aurait étonné qu’elle en profite pas pour faire du lèche-vitrine. C’est ça les femmes ! Demandez à un homme d’aller se faire photographier, il y va, et puis la corvée terminée, il rentre chez lui, vite-fait-bien-fait, expédié. Demandez à une femme de faire pareil, c’est IMPOSSIBLE !

Ou alors, faudrait que l’appareil soit planté en plein désert avec juste un téléphone à côté pour appeler le taxi pour rentrer. Si y a la moindre boutique dans le coin, vous pourrez être sûr qu’elle résistera pas à l’envie d’y jeter un œil.

Alors, Mahlaut, forcément, elle y est allée. Remarquez, après la disparition des vêtements, c’était pas du luxe. Lui restait que les fringues ringardes qui font partie du trousseau d’anniversaire, et un vieil ensemble de Jeanne qu’elle avait adopté, faute de mieux.

Elle a donc fait le plein, et en a profité pour acheter de l’eau de toilette. Voyez-vous ça ! Moi, je dis que si on se lave, on a pas besoin d’eau de toilette. L’eau de toilette, c’est juste pour planquer l’odeur du manque d’hygiène, et ça fait des frais pour rien.

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Après ça, elle est allée se faire cuire quelques hot dogs, elle aussi. Et bien-entendu, tout le monde en a profité. Heureusement qu’ils ont les Dubagne pour leur servir la soupe, tous ces clients qui viennent passer des Nuits de folies, à s’éclater à pas grand chose.

Oui, parce-que, pour le moment, les nouvelles boutiques, dont tout le monde parle, moi je trouve qu’elles ont pas de quoi sauter au plafond. Ca vaut pas le centre commercial, c’est tristounet, y a pas d’éclate. A moins, que… j’ai entendu parler de bowling, de boîtes de nuits, de plein de choses.

Mais pour le moment, j’en ai assez vu. Faut déjà que j’aille faire mon rapport. Je m’inquiète pas, ce serait bien le diable si Alpherg ne demandait pas à venir se faire voir au centre ville un de ces jours. Et avec son art consommé de jeter l’argent par les fenêtres, sûr qu’il va nous choisir l’endroit le plus in, et le plus cher. Faudra surtout pas manquer ça.

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Noooon, c’est QUOI cette HORREUR ?!

C’est bien simple, on peut pas tourner les talons sans qu’il y ait de nouvelles dépenses. Alpherg s’est acheté une voiture. Et quelle voiture ! Devait pas en avoir de plus ringarde chez le concessionnaire. Visez-moi la couleur qui crache ! C’était quoi le prétexte qu’il a donné pour qu’on le laisse revenir avec ça ?

-Vous comprenez, moi j’ai du mal à me lever le matin. Vous voulez que je gagne de l’argent, oui ou non ? Ben si je rate la voiture balai, je pourrai toujours prendre la mienne. Et pour Nathel pareil. Il aura plus besoin de se faire de souci pour le bus scolaire, je pourrai l’emmener à l’école. Sans compter que pour aller en ville, on fera des économies de taxi.

Des économies, tu parles !

Comme s’il savait pas que par arrêté municipal, les taxis sont gratuits ici. Il voulait frimer, cherchez pas.

571

Et côté bébé, ça donne quoi ?

La petite Zosma pousse comme une fleur. J’irai pas jusqu’à dire comme une rose, vu l’odeur qu’elle dégage parfois, mais on a coupé au plus gros, elle devrait pas tarder à fêter son anniversaire de bambine, avec son papa astronaute et sa maman DJ.

Elle a eu bien raison de reprendre le travail, Sélène, les promotions, n’en faut pour remettre un peu d’argent dans la cagnotte, avec toutes ces dépenses, z’auraient vite fait de nous mettre sur la paille, les zoziaux.

Et puis, nounou Cécile est-elle pas là pour s’appuyer les corvées ?

572

Heureusement qu’elle est là, d’ailleurs, car Sélène n’a guère le temps de s’occuper de Zosma. Y a son travail, bien sûr, mais pas que.

Figurez-vous, qu’elle commence à trouver que les mamours de son père et d’Emilie ont assez duré. Rien que d’entendre prononcer le nom d’Emilie, elle fume rouge. Elles ont eu plusieurs altercations, qui se sont soldées par des gifles bien assénées.

-T’arrête de tourner après papa et tu t’occupes de ton mari et de ta fille. J’ai des enfants moi, et je ne veux pas de cet exemple à la maison.

-Mais, tu ne comprends vraiment rien ! Si je le quitte, ton père en mourra de chagrin, s’est défendue Emilie.

-Qu’il en meure ! Ca nous regarde. On saura bien se débrouiller pour qu’il t’oublie, va !

Ne te crois pas indispensable ici. File chez toi, on veut plus te voir.

573

En ce qui la concerne, aucun doute. Mais pour Ephraïm, c’était le coup dur.

-Ne sois pas si dure avec Emilie, Sélène, nous nous aimons sincèrement.

-Et maman ? Tu y penses quelques fois, à maman ? Ce n’est pas elle qui devrait être là, à te conduire par la main vers le cimetière, au lieu de cette… cette moins que rien, cette traînée, cette intrigante ?! Qu’est-ce qu’elle cherche ? Le confort de ton portefeuille ?

574

Ephraïm en était tout retourné

-Mais, Sélène, tu sais bien que ta mère est internée, et que depuis sa dernière crise, toute visite lui est interdite. Je suis un homme, il me faut une femme dans ma vie, et Emilie est parfaite. Elle est aux petits soins pour moi.

-Je t’en ficherai des petits soins ! A 78 ans, t’as pas honte ? Tu peux pas avoir d’autres plaisirs ? Tiens, si tu veux, on va se fiancer Samson et moi, depuis le temps que tu nous serines avec ça. Mais tu vas oublier Emilie, et t’as pas intérêt à lui téléphoner, je te préviens, je vais surveiller.

575

Sitôt dit, sitôt fait. Quand Samson est rentré du travail, elle lui a suggéré de faire sa demande

-Tu comprends, c’est juste pour papa. Ca lui ferait tellement plaisir. Et c’est tout ce que j’ai trouvé pour nous débarrasser d’Emilie. Rien que de voir sa tête de fouine, j’en suis malade !
Maintenant qu’on lui a fait ce plaisir, papa a intérêt à filer doux. Sois gentil, quand je ne serai pas là, surveille bien qu’il ne l’appelle pas au téléphone. Il ne pense qu’à ça !

576

Elle a donné la consigne à tous les membres de la famille.

-Ne laissez pas mon père approcher du téléphone. Il déshonore notre famille avec cette liaison. Dire que c’est la femme de son frère, quel manque de tact !

-Ca peut te faire ? Du moment qu’Aleph n’est au courant de rien, où est le mal ? Lui a répliqué Alpherg.

-Ca me fait ! Ca me fait que toute la ville rigole de cette aventure. Un de ces jours, ça fera la une de la gazette, et tu crois qu’Aleph ne lit pas le journal ? Tu vois le tableau ? Il est grand temps de mettre un terme à ce scandale. J’ai dit !

Ooooh-mais, c’est qu’elle mordrait la petite !

577

Tous les téléphones de la maison étant sous haute surveillance, Ephraïm, le plaisir des fiançailles dissipé, a trouvé le moyen de contourner le problème.

Il avait bien raison ! C'est pas à 79 balais qu'il allait se laisser marcher sur les pieds.

Non-mais, il n’allait tout de même pas se laisser mourir de chagrin en soupirant après les charmes de sa belle-sœur. Il avait bien entendu Sélène dire qu’elle avait acheté un portable au Bazar rapidos, il y s’y rendit en pleine nuit, avec la voiture d’Alpherg, et avec son nouveau portable, il y donna rendez-vous à Emilie.

Seulement voilà, il n’avait pas pris le temps d’enfiler une tenue décente quand il avait filé en douce. Et Mlle Ladentelle, la vieille bique à cheval sur les principes, ne s’est pas privée de le lui faire remarquer.

Il a eu beau essayer de lui expliquer qu’y avait urgence, qu’il ne faisait que passer. Elle n’a rien voulu entendre, elle est plus fermée qu’une huître. Pas moyen de discuter avec elle, elle ne pense qu’à sermonner.

578Du coup, son rendez-vous avec Emilie s’est terminé à la maison. Dans la voiture, pour être précis. Ah, il s’en est passé de belles dans cette voiture, moi je vous le dis ! Heureusement qu’il avait remonté les vitres.

En tous cas, une chose de sure, Emilie n’est pas difficile. Y en a qu’auraient demandé à aller voir les lieux de plaisir, à faire les boutiques, à dîner au restaurant… elle non. Du moment qu’elle s’est envolée au 7ème ciel, même dans des conditions spartiates, elle a trouvé le rendez-vous "paradisiaque".

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14 décembre 2005

8. La méthode Mahlaut

579

Sélène n’avait pas eu vent de ce rendez-vous. Moins cruelle qu'elle n'en avait l'air, elle veillait à ce qu’Ephraïm puisse avoir son content de satisfactions, pour l’aider à oublier sa jardinière. Et elle avait trouvé un biais.

-Puisque papa aime tellement les fêtes conventionnelles, pourquoi tu ne te fiances pas Alpherg ?

-Moi ?!

Ben-oui, lui, qui d’autre ? Le mariage, Sélène le gardait pour le moment ultime, quand son père, qui commençait à avoir une mauvaise toux, finirait par cracher ses poumons et son âme.

Pssst; trouvez pas qu’il a un faux-air de John Travolta, Alpherg ?

580

-Ben-oui, toi ! T’avais bien une idée en tête, quand t’as fait emménager Marie Noëlle.

-Oh, mais je sais pas si elle serait d’accord. Je veux pas d’histoires, moi !

-T’as un bon moyen de le savoir, lui a fait judicieusement remarquer Sélène.

-Ah-oui ? Et lequel ?

-T’as qu’à lui poser la question !

581

Alpherg a promis d’y réfléchir. Le soir, sur l’oreiller, il a tâté le terrain.

-Marie-Noëlle, je sais bien que c’est du dernier ringard, mais… ça te dirait qu’on se fiance ?

Elle lui a éclaté de rire au nez.

-Pourquoi tu me demandes ça ? Je suis une femme libérée, moi ! Pas question de me laisser mettre la bague au doigt. A moins… s’est-elle ravisée soudain.

-A moins ???

-A moins, qu’elle vaille le coup, la bague ! Si tu me promets qu’elle fera pâlir toutes les copines de jalousie, je me laisserais peut-être tenter. Mais… que ce soit bien entendu, ça ne m’engagera à rien.

Eh-ben, au moins les choses sont claires : elle veut bien accepter le bijou, mais pour ce qui est des valeurs associées… ce sera une parodie de fiançailles.

582

Le lendemain, Alpherg lui a présenté le plus gros diamant du marché.
C’est plus Travolta qu’il me rappelle, c’est Richard Burton.
Marché conclu. Il a pesé lourd dans la balance, n’empêche, le diamant.

583

Nathel a tout de mêsme fini par le décrocher, son premier 20/20.

Il en aura passé du temps à se gratter la tête sur ses devoirs. Mais grâce à la voiture d’Alpherg, il n’a jamais manqué l’école. Même s’il lui est parfois arrivé d’y aller avec une demi-heure de retard. Je vais finir par penser que c’était pas à fonds perdus, cette voiture. Y a des avantages, c’est certain. D’ailleurs, de la voiture d’Alpherg, c’est devenu la voiture familiale. Tout le monde l’emprunte à tour de rôle. Faudra peut-être qu’ils pensent un de ces jours à en acheter une moins… enfin, vous voyez ce que je veux dire. Je suis pas bégueule, mais tant qu'à faire... celle-là, c’est vraiment la honte !

584

Si je vous dis 22 ? Vous me répondez ????

-V’là les flics !

Pfeuh, je vois pas le rapport !

Non, 22, c’est le nombre de meilleurs amis de Mahlaut. Ah, elle peut se la péter, elle la soigne sa popularité. C’est bien simple, elle ne fait que ça ! Le téléphone, c’est son outil de travail, l’énergiseur son carburant. Toute la sainte journée, elle relance ses amis, et quand elle a un moment creux, elle soigne ses relations familiales.

C’est elle qui a aidé Nathel à faire ses devoirs, c’est elle qui se bat avec la nounou pour changer les couches de Zosma. C’est elle encore, qui sait distribuer des compliments aux parents, sans lésiner sur la quantité, comme les pubs dans la boîte aux lettres. Tu m’étonnes qu’elle monte sa cote !

585

J’irai pas jusqu’à dire qu’elle est toujours sincère, parfois, le soir, il lui arrive de craquer.

-J’en ai MARRE d’être sympa avec tout le monde ! Ah, vivement que je termine mon rêve et que j’en finisse avec ce cauchemar. Ce jour-là, je leur sortirai enfin leurs quatre vérités, et je peux dire que ça va saigner !

00mFaut pas lui jeter la pierre trop vite. C’est pas facile de soigner sa popularité, croyez-moi. C’est presque un métier qui demande de l’organisation. Mais Mahlaut, c’est la reine de l’organisation. A 7 heures pétantes, elle consulte son agenda, et elle commence sa dure journée.

-Hummm, voyons-voir, on en est où dans les niveaux ? A 55 ça craint. Haute priorité, les appeler avant qu’ils me rappellent à l’ordre. Après, faut joindre les injoignables : enfants et ados townies, toujours à l’école et toujours pressés de rentrer chez eux après. La première corvée épuisée, un peu de détente en prenant des nouvelles de mes filles à l’université, et puis… juste un break pour le déjeuner, un petit détour aux toilettes et je m’y recolle. Reste les fainéants, ceux qu’ont pas de job, toujours prêts à papoter et les NPC, qui valent pas mieux. Ouf, j’ai épuisé le répertoire.

587

Ah, c’est pas le tout, maintenant, faut recevoir les amis, ceux qui se tâtent encore pour savoir si je suis vraiment leur meilleure, meilleure-amie. Mais quand ils hésitent de trop, au-delà de 100 points de relations, moi je les renvoie dans leur foyer. Je leur donnerai de mes nouvelles régulièrement, histoire de faire grimper la cote journalière.

Qu’est-ce qui me reste à faire maintenant ? Des nouvelles rencontres. Ben tiens donc ! Et où je vais les faire ces rencontres, si c’est pas en ville ? Allez, un petit coup de parfum, ça les attire. Enfin, pas ceux qui y sont allergiques, mais c’est pas la majorité.

588

Et c’est comme ça, qu’après sa journée bien remplie, Mahlaut prend le volant de la voiture pour aller en repérage. Aujourd’hui, elle a donné rendez-vous à Luc, un ex-petit ami de Zaniath, qui se la joue cool avec ses tresses et son pétard. Où elle va bien pouvoir l’emmener ? C’est pas le genre resto chicos, plutôt celui de la cafète. Mahlaut sait se montrer psychologue. En route pour la cafétéria des années 50.

589

Elle a mis en plein dans le mille. Ca lui plaît beaucoup au beatnik, la cafétéria.

-Ouuuais, c’est super, dis-moi. Tu crois qu’on peut faire des photos délire? J’aimerais bien garder un souvenir de la soirée.

Mahlaut, elle est comme moi, elle en sait rien. Mais elle se laisse pas démonter.

-Bien sûr qu’on peut ! Et puis on pourra danser aussi, si tu veux, doit bien y avoir un juke-box, ça se faisait beaucoup dans ces années là.

590

Y avait tout ce dont ils rêvaient, et même un billard. Ils ont dansé un slow devant le juke-box. Le type était plutôt content, il trouvait que le rendez-vous était top. Il regrettait pas trop de se montrer avec une vieille. Du moment qu’elle rechignait pas à payer… Mais surtout, je suis pas trop sûr qu’il avait les yeux en face des trous. Me semblait planer à mille lieues.

591

Ils ont dîné en amoureux. Mahlaut a commandé des homards. C’est pas tous les jours qu’il pouvait en manger des homards, le beatnik. Il a sucé les pinces en se pourléchant. Et il n’oubliait pas de s’arroser le gosier de vin blanc entre deux bouchées. Pendant ce temps là, le score grimpait. Il était pas loin de penser que ce rendez-vous était… paradisiaque.

592

Mais l'a fallu que la mère Ladentelle rapplique, fesses serrées et bouche pincée, pour faire la morale à Mahlaut.
-C’est pas une honte, à votre âge, de vous afficher avec un jeune ? Ca s’appelle un détournement de mineur, ça madame. Et vous savez ce qu’on leur fait aux détourneurs dans cette ville ? On les met en tôle, pour leur apprendre le savoir-vivre.
-Hé, la vieille, t’est toc-toc, ou quoi ? Lui a répondu Mahlaut en se vrillant l’index sur la tempe. Où t’as vu jouer qu’il était mineur ? C’est un adulte, aussi vrai que je m’appelle Mahlaut.
L’adulte, qui se la jouait jeune, commençait à baliser. Manquerait plus que la vieille appelle la police. Il avait dans sa tabatière de quoi trembler dans ses chaussettes.
-Bon-ben, c’est pas que je m’ennuie, mais je crois bien qu’il est l’heure que je rentre. On se fait signe ? T’inquiète, c’était top ton rencard. J’en garderai un bon souvenir.
Plantée au milieu de la cafète, Mahlaut a vainement essayé de taper la discute avec le cuisinier. Mais elle en a profité pour marquer des points avec quelques habitués. De futurs meilleurs amis, à n’en pas douter.

593

Avec tout ça, le temps passait. Zosma avait fini par grandir. Mahlaut en profita pour s’en faire une grande amie en lui apprenant à marcher. Sélène se chargea du bla-bla, et Samson du pot, comme il se doit. Je l’avais bien dit que ce serait une pure merveille, celle-ci encore.Pour l’avenir, je pouvais dormir sur mes conduits auditifs. Je parle plus de mes oreilles, elles sont devenues diaphanes, comme le reste de mon corps d’ailleurs, j’ai l’impression de devenir un peu plus transparent au fil du temps. A la fin du challenge, on me verra plus. M’enfin, transparent ou pas, pour le moment, je suis encore là !

594

Qu’est-ce qu’il fallait pas faire pour maintenir Ephraïm en platine.

Sélène avait tenu sa promesse, à l’aurore de ses 80 ans, elle s’était passé la corde au cou en épousant Samson. Elle aurait pu tomber sur pire, remarquez bien. Mais c’est qu’il s’accrochait aux branches, le vieux, et il avait pas encore décidé de tirer sa révérence.

595

Pour la première fois dans la famille Dubagne, on a eu un vrai retraité. C’est vrai qu’à 80 ans, Ephraïm pouvait pas se voir reprocher d’avoir coûté à la sécu. Et puisqu’il voulait prendre sa retraite… qu’il peigne donc deux/trois chefs d’œuvres, histoire de contenter Mahlaut de manière posthume, et qu’il arrête de geindre et de tousser comme un perdu.

S’il avait eu la mauvaise idée de claboter au boulot, ç’eut été bien la peine de céder à tous ses caprices depuis quelques années.

596

Pour rester en forme, il avait ses petites recettes.

Non, il avait pas rompu avec Emilie comme l’exigeait sa fille. Il la voyait plus que jamais. Le matin, il faisait les cent pas dans la cuisine en attendant l’heure bénie où la maison se viderait de ses habitants pour lui demander de le rejoindre.

Mahlaut était dans la confidence, et elle s’en moquait pas mal des frasques du pépé.

Elle devait bien avouer qu’elle même… sans aller jusqu’à l’extrême, était bien contrainte quelquefois de flirter outrageusement pour affermir ses relations. Elle traînait comme ça derrière elle deux/trois cœurs d’entichés légers.

597

Nathel avait soif de connaissances. Depuis qu’il avait ramené son 20/20 il n’entendait plus se laisser placer au fond de la classe avec les cancres. Il s’apprêtait donc à étudier le nettoyage, quand il ressentit des picotements dans les jambes. Il était temps pour lui de grandir.

Tout le monde voulut le féliciter, et Emilie, qui aurait eu tout intérêt à faire oublier qu’elle s’était endormie dans le lit d’Ephraïm, au lieu de disparaître comme d’habitude avant l’arrivée de Sélène, était aux premières loges. Tout le monde applaudit quand il annonça qu’il voulait se consacrer à la connaissance, comme ses parents.

Brave garçon ! Enfin, un qui renouait avec la tradition familiale.

598

Mais… la présence d’Emilie n’avait pas échappée à Sélène. Je disais bien qu’elle aurait eu intérêt à se faire oublier. Quand elle voulut partir en catimini, Sélène lui a sauté dessus.

-Qu’est-ce que tu fais là ?! Je croyais t’avoir interdit de remettre les pieds à la maison.

-Je suis venue voir ton père, et lui apporter un bouquet de roses en souvenir de notre dernier rendez-vous.

Sélène fulminait. Elle était sur le point de lui dire où elle pouvait se mettre ses roses, quand elles entendirent de grands cris, venant de la salle de bain.

599

Craignant le pire, et n’ayant cure des mises en garde, Emilie se précipita, Sélène sur ses talons. La mort était déjà en train de servir le cocktail qui tue. Ephraïm n’offrit aucune résistance. Sourire aux lèvres et l’air béat, l’ancêtre a fait ses valises, à l’heure où il aurait dû fêter son 81ème anniversaire. Il s’en est allé bienheureux d’échapper à la scène où Sélène s’en prenait à Emilie.

-Tu vois ce que tu as fait ! Papa, c’était du bois de centenaire, mais avec toutes vos folies, il est mort à la fleur de l’âge.

Encore heureux ! Elle croyait tout de même pas qu’on allait encore passer 20 ans à le surveiller, comme le homard dans le four un jour de visite du directeur.

600

Je suis jaloux !

Non-mais, visez un peu la tombe d’Ephraïm. C’est en la voyant, que j’ai réalisé que j’avais été truandé par les marbriers de Vipercanyon. On m’avait assuré qu’y avait pas mieux comme stèle, que c’était ça, une tombe en or. On m’avait pris pour un pigeon, oui ! Parce-que faut pas croire qu’elle coûtait plus cher, celle-là. Normalement j’y avais droit, mais les Pompes Funèbres ont préféré mettre la différence dans leur poche.

Je suis véreux ! Et dans tous les sens du terme.

Ennnfin, faut bien que je me résigne à le voir jouer les vedettes du cimetière. Surtout avec le gros bouquet de roses rouges que lui a offert Emilie. Sélène voulait le mettre aux ordures, mais elle s’est laissée convaincre de n’en rien faire. Tout le monde lui assurait qu’Ephraïm lui en voudrait à mort.

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15 décembre 2005

9. La vie continue

601

Une place de libre chez les Dubagne, ça s’arrose. Celle qui a le mieux trinqué, c’est Zosma. Elle adorait son grand-père. Trop jeune pour se consoler avec l’héritage, elle a eu du mal à encaisser le choc.

Heureusement qu’un rien les distrait, les bambins. Samson, récemment promu général, lui a lu des histoires à dormir debout où les gentils fantômes viennent gentiment vous border le soir dans votre plumard. Et Mahlaut en a profité pour asseoir sa position de meilleure amie.

602

Sauf que les places libres, à la maison, elles le restent pas très longtemps. Alpherg a sauté sur le créneau pour faire un bébé en traître. Faut vous dire que Marie-Noëlle, elle a un petit pois dans le cerveau. Elle voulait pas d’enfant, ça non ! Seulement, elle faisait rien pour. Elle faisait confiance à Alpherg pour lui éviter le ballon. C’est bien le moins qu’elle pouvait attendre d’un joueur de foot.

Oui-ben, le joueur, il a été trop content de marquer un but. Je vous raconte pas la scène qu’elle lui a fait quand elle a commencé à être prise de nausées.

603

De ce jour là, elle qui ne servait déjà pas à grand-chose, s’est déclarée trop fatiguée pour lever le petit doigt. Elle passait son temps à lambiner et à dormir sur le canapé, en attendant que grossesse se passe. Vous z’allez quand même pas me dire que ça fatigue à ce point durant les premier mois. Ca se voit même pas, qu’elle est enceinte. Qu’est ce que sera dans neuf mois !

604

M’en parlez pas !

Elle a promené son ventre rond comme la calamité du siècle, en se traînant de chaise en chaise. J’en ai connu des feignasses, mais celle-ci bat tous les records. Elle passe son temps à siroter du café en se plaignant qu’elle est fatiguée.

Mahlaut se retient de la bousculer, comme elle compte s’en faire une amie, elle fait semblant d’être aux petits soins.

-Te fatigue pas à aller jusqu’à la table, je vais te servir ton omelette au comptoir.

-Ah, merci Mahlaut, si tu savais comme ce bébé me tue.

-Je sais bien, ne fais pas d’efforts, tu risquerais de te fatiguer, ce serait dommage, tu auras besoin de toutes tes forces pour l’accouchement.

-Au moins toi, tu me comprends. Je ne sais pas comment font les autres.

605

De deux choses l’une, soit le bébé sera électrique, avec tout le café qu’elle avale, soit il sera anémique. Peut être même les deux. Parce que c’est pas pour rien qu’elle est toujours fatiguée. Madame a peur de grossir. Elle veut garder la ligne et ne mange qu’en cas d’extrême nécessité. Y en a qui mangent comme quatre, d’autres pour deux, elle, elle se contente de picorer. Etonnez-vous qu’elle manque de forces au point de piquer des pois dans son chili, après ça.

606

Une autre qui se retient de lui dire ses quatre vérités, c’est Sélène. Elle a été nommée metteur en scène, et pour son nouveau travail, elle s’est refait un look. Elle va, elle vient, elle téléphone, elle ne tient pas en place. C’est vous dire si la mollasse a le don de lui taper sur le système.

607

Le général Samson, trouve que sa femme est de plus en plus séduisante. Il lui fait de grandes déclarations
-Sélène, les années qui passent, semblent t’épargner. Il faut me donner ton secret pour rester toujours aussi fraîche, si près de la cinquantaine.
-Je m’abreuve d’amour et d’eau fraîche, lui répond Sélène en riant. Plus émue qu’elle ne veut l’avouer par ces démonstrations de tendresse.

608

La petite Zosma a grandi en miracle de la nature. Je vous avais dit qu’elle serait belle. Ca se devine ces choses là. En attendant, son frère faisant la vie pour entrer à l’université, elle a hâte que le bébé naisse.

-Pourvu que ce soit une fille, je pourrais m’en faire une copine. Dis, maman, c’est quand qu’elle va l’avoir son bébé, Marie-Noëlle ? Elle est pas tellement grosse, je trouve.

-T’as plus beaucoup à attendre, ça ne saurait tarder à présent, lui assuré Sélène en soupirant.

609

Je comprends qu’elle se soit inquiétée, la gamine. A son dernier mois de grossesse, Marie-Noëlle avait à peine plus de ventre que Mahlaut. Mais ça ne l’a pas empêchée de mettre au monde une petite fille viable.

Va quand même pas falloir lésiner sur les biberons, si on veut qu’elle prenne du poids. C’est un véritable avorton.

610

Zosma sauta de joie, quand on lui présenta Eliah. Mais Marie-Noëlle n’avait pas la fibre maternelle. Elle la refila à Mahlaut.

-Tiens, tu as l’habitude avec les bébés, moi je saurais pas m’en occuper.

Comme c’est commode ! C’est vrai que du côté fibre maternelle, Mahlaut avait fait ses preuves. Mais là…

-C’est que… j’ai encore besoin de cinq amis, et le temps presse. Je suis plus toute jeune, je vais sur mes 75 ans. Je ne sais pas si j’aurai bien le temps de m’occuper de ton bébé.

-Il t’en manque combien ? Cinq ? Et bien, si tu élèves ma fille, tu pourras m’inscrire sur ta liste. T’en auras plus que quatre à trouver.

Quel culot !

611

Non-mais quel culot, avouez !

Qu’est ce qu’elle avait de si urgent à faire, au lieu de s’occuper de son nouveau-né ?

-Je prends la nouvelle voiture, je me suis inscrite à la thalasso, il faut que je retrouve ma forme, a-t-elle déclaré.

Elle pouvait pas grimper à l’étage et utiliser l’appareil de musculation, comme tout le monde ? Non, fallait qu’elle aille se montrer en ville, dans le fameux établissement fréquenté par le gratin qu’a abusé des restaurants. Visez le luxe de l’établissement, c’est pas pour des fauchés comme vous et moi (enfin, moi, quand j’ai débuté, parce que maintenant… Crésus-Dubagne, qu’on devrait m’appeler, il y a 1 125 000 $ sur le compte en banque).

612

Oui-oh, tu peux faire la maligne, c’est pas en tournant dans la roue que tu vas les perdre
les 100 grammes-souvenir de ta grossesse.

613

Je me doutais bien que la remise en forme, c’était le prétexte. Dès que la nuit est tombée, Marie-Noëlle s’est dirigée vers une boite de nuit.

Profitez-en pour jeter un œil sur la nouvelle voiture. C’est pas encore ça, mais c’est plus sobre. On se demande pourquoi ils ont acheté une familiale, vu que lorsqu’ils vont en ville, ils sont deux, au plus, dedans.

614

Elle a dansé collée-serrée durant une bonne partie de la nuit.
Pendant ce temps, Alpherg et Mahlaut étaient de corvée de biberons.
Mais elle s’en moquait pas mal des biberons, elle ne pensait qu’à son plaisir.

615

S’il y avait eu une justice, elle aurait croisé un quidam qui aurait su apprécier ses charmes.

Je sais bien que la nuit tous les chats sont gris, mais celui-là, il l’était particulièrement. Moi qui suis dans la confidence, je peux vous dire qu’on risque pas de le croiser en sortant de jour. C’est un vampire, je les renifle à cent lieues. Mais, à part moi, qui me languissais dans la voiture, qui le voyait ? Pas Marie-Noëlle en tous cas.

616

Quand elle a fini par rentrer, Alpherg était furax

-Où étais-tu ?

-Tu vas pas commencer à me faire une scène. Je suis sortie, j’ai bien le droit de sortir, non ?

-Pas jusqu’à 5 heures du matin ! Pas en abandonnant ta fille ! T’as oublié que tu avais une fille ? Ca crée des responsabilités, on sort pas quand on est une mère responsable, on reste à la maison et on s’occupe de son bébé.

-MON bébé ! TON bébé, tu veux dire. J’ai jamais demandé à devenir mère, moi. Et puisque tu le prends sur ce ton, tu l’as voulu, à toi de t’en occuper. Moi, j’en ai déjà ma claque. Je pars, et n’essaye pas de me retenir, ce serait inutile. Je veux profiter de ma jeunesse, pas devenir une mère à gosse, puisque c’est le seul programme que tu me proposes.

617

Marie-Noëlle partie, à 77 ans, Mahlaut s’est retrouvée avec un bébé sur les bras. Vous me direz, restait le père. Mais quand même ! Alpherg, tout occupé à penser pognon, n’en avait guère pour sa fille. Il venait de fêter le cap des 25 000 $, autant vous dire qu’il avait du pain sur la planche à billets,  avant d’arriver à 100 000 $. Mais tout espoir n’était pas perdu.

618

Il arrivait toutefois que Mahlaut demande à Alpherg de s’occuper d’Eliah. C’est qu’elle avait toujours espoir de réussir son rêve impossible. Quatre nouveaux amis, ce n’est pas la mer à boire. Dans ces moments là, Alpherg oubliait d’arroser les arbres à billets, et plusieurs d’entre eux crevèrent. N’en restait bien assez. C’est bien beau les arbres à billets, mais ça prend un temps fou et c’est de petit rapport. Il devait aussi s’occuper de sa carrière professionnelle. Il avait de la chance, Eliah poussait bien, pleurant rarement grâce aux bons soins dont l’entourait sa grand-mère.

619

Quand elle ne jouait pas les mères de substitution, Mahlaut allait à la pêche aux nouveaux amis. C’est pas dans une boutique de fringues que j’aurais eu l’idée d’aller, mais elle mène son jeu comme elle veut. Moi je suis, et c’est déjà pas mal. Dire que pour me traîner dans les magasins de mon vivant, Jeanne aurait toujours pu rêver. Maintenant, j’ai l’impression de passer mon temps à ça. C’est peut-être pas le pied, mais si vous croyez que le cimetière c’est mieux. Ennnfin, ça aide à passer le temps.

620

Oui-bon, elle a bien rencontré un nouveau townie qui la trouvait à son goût, mais c’était pas réciproque. Faudra lui dire au townie de prendre sa douche avant d’aller faire les boutiques. L’odeur de dessous de bras, Mahlaut ne supporte pas. C’est qu’elle a le nez fin depuis qu’elle s’asperge de parfum, et elle entend que tout le monde fasse comme elle. Le townie puait, donc, c’était râpé.

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Elle s’est rabattue sur un de la tribu des Mignon : Hervé. Encore un ex de Zaniath, mais pouvez-vous me dire, qui d’un peu ancien dans cette ville n’était pas un ex de Zaniath. Il était jeune, il était beau, il sentait bon le sable chaud et Sexims, l’eau de toilette pour hommes. Mahlaut n’a pas hésité à danser un slow avec lui au milieu de la boutique, sur la musique que diffusaient les haut-parleurs. Ca me semblait plutôt bien parti.
Ils se sont quittés complètement entichés l’un de l’autre en se promettant de se revoir bientôt. Mais Mahlaut, qui n’entendait pas mourir idiote, voulait absolument aller voir un bowling. Puisque maintenant on a une voiture et qu’on paye pas l’essence, nous, hé-hé, ce serait bête de pas en profiter. J’allais enfin savoir à quoi ça ressemblait là-dedans.

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Wouah, pas mal ! Moi, il aurait fallu me payer pour faire une partie de quilles, mais un petit billard, j’aurais pas été contre. C’était flashy en diable, plein de spots de couleur. Y a pas à dire, c’est un peu mieux que les boutiques de fringues. Je regrette pas trop de suivre Mahlaut dans ses déplacements, il lui arrive de dénicher des endroits sympas quelquefois.

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.Question de s’y faire des amis, c’est une autre paire de manches. Elle a bien essayé de lier connaissance avec les habitués au comptoir, mais ils l’ont toisée de haut.
-Fais-nous voir de quoi tu es capable, et on en reparlera, lui a dit une greluche, haut perchée sur son tabouret. Normalement, on joue en équipes, la prochaine fois, tâche de venir accompagnée

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Bravo Mahlaut, elle a fait honneur à la famille. Elle a réussi un strike du premier coup. Les habitués, qui croyaient qu’ils allaient se marrer, en sont restés comme deux ronds de frite. On aurait dit qu’elle avait fait ça toute sa vie.

Elle aurait pu profiter de sa gloire pour faire plus ample connaissance, mais elle craignait de ne pas pouvoir renouveler son exploit, et elle a préféré partir avec son auréole, en se redressant, fière comme un petit banc.
Rhô, comme Artaban, si vous voulez. Si on peut plus plaisanter

627.

N’empêche, sa virée en ville aura été bénéfique. Le lendemain, elle invitait Hervé Mignon à la maison, et en trois coups-trois mouvements, elle s’en était fait un grrrand ami. Et de 27 !

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Y a des moments comme ça où tout baigne. Samson, à son tour, a été mis devant le même cas de conscience que Kalliste en son temps. A croire qu’ils tirent pas les leçons du passé dans l’armée. Un météorite, ou un satellite, mais c’est pas le problème, menace de s’écraser sur la terre. Faut-il essayer de l’intercepter ou le pulvériser ? Samson est bien au courant de l’histoire qu’Ephraïm a raconté, maintes et maintes fois, à table, quand il commençait à radoter.

-Faut le pulvériser, mon commandant, y a pas à tergiverser.

Et toc ! 50 000 $ de récompense. Aaaah, ça fait du bien aux finances.

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Dans la foulée, Sélène s’est réveillée vieille.

Bon, là, y a pas de quoi pavoiser. Mais le cadeau d’anniversaire, il était pas piqué des hannetons non plus. Même cas de figure que pour Hélios. On lui demande un petit film pour vanter je ne sais quel produit. Elle leur refile une bobine qu’elle avait gardée depuis le lycée, avec des petits lapins roses et bleus. Le commanditaire est si content, qu’il fait d’elle son héritière. 75 000 $ qu’elle empoche. C’est pas beau ça ?

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Et puisqu’on parle d’anniversaire, c’est tombé comme de la gravelotte. D’abord, ce fut celui d’Eliah. Pour la circonstance, Alpherg avait appelé sa femme.

-Je sais bien que c’est pas l’intérêt que tu as montré pour ta fille. Mais ça t’intéresserait peut-être de savoir qu’on va fêter son anniversaire.

-Déjà !! (on voit bien que c’est pas elle qui l’a élevée, les autres, ils disent pas déjà, ils disent enfin !).

-Ouais, déjà !

-Ben, c’est que j’ai pas tellement de temps. Je passerai en coup de vent.

Ce qu’elle a fait. Et pour mieux goûter le vent, elle est restée à jouer de la batterie dans le jardin pendant que la petite soufflait ses bougies.

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Et voilà la nouvelle merveille. Mais cette idée de lui mettre un smoking bleu-ciel. Primo, ça fait plutôt garçon, deuxio, même pour un garçon… Ennnfin, heureusement qu’on avait fait des achats, et qu’on est allé la changer vite-fait. Ils lui ont choisi une petite robe, super chouette. Mais on vous la montrera pas, ça vous apprendra à dire qu’on est fringués ringards chez Dubagne.
Dites pas le contraire, j’ai mes sources !

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Deux jours après, c’était au tour de Samson de grandir. Ils forment un beau couple de vieillards de 50 ans avec Sélène. A part les cheveux, ils se tiennent encore. Grâce à leur bon score de physique, Sélène a coupé à la culotte de cheval et au dos rond, et Samson a eu vite fait de faire disparaître un début de bedaine, en faisant quelques brasses quotidiennes dans la piscine.

On attendait, je dirai pas impatiemment, mais presque, le décès de Mahlaut. C’est que madame, avait 83 ans. Un record ! Et elle avait complété son rêve impossible en employant les grands moyens.

633Jugez vous-même.

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Le 30ème meilleur ami de Mahlaut… j’en grince des dents, c’était Vince Michaud, le directeur de l’école privée. Pour se l’attacher, elle avait déployé tous les atouts de sa séduction, et Alpherg commençait à regarder ça d’un sale œil. Encore un peu, elle aurait perdu son amitié. Elle aurait été bien avancée. Heureusement que la petite Eliah savait se montrer reconnaissante des soins dont elle l’avait entourée.

Bon ! C’est à partir de ce moment, que nous autres, on a commencé à trouver le temps long.

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83 ans
, et toujours là !
Elle nous a même fait la surprise de nous annoncer qu’elle avait fait ses comptes et qu’elle avait rapporté 100 000 $ à la famille. Alpherg n’a qu’à bien se tenir. Il  a juste à prendre exemple.
Bon sang ne saurait mentir, il a déjà parcouru la moitié du chemin. Ce que c’est que d’aimer le pognon ! Il dépense, certes, mais il apporte sa petite contribution au challenge. Je vais peut-être commencer à le regarder d’un autre œil. D’autant qu’il vient d’être promu entraîneur. Qu’est-ce qu’il a fait déjà, pour ça ?Ah-oui, il a aidé un joueur à déménager un piano. D’où le rapport… enfin, il a accepté de payer les déménageurs de sa poche, et pour lui, c’était un gros sacrifice. Mais, il a en été bien récompensé, la preuve

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17 décembre 2005

10. Bugs et ratabugs

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Avec toutes ces bonnes nouvelles, l’anniversaire d’Eliah aurait pu passer à l’as. Heureusement, que pour une fois, la petite s’est faite entendre.
Pas la peine d’avertir la mère, elle n’avait plus donné signe de vie depuis son passage à l’âge bambine, et Eliah en avait fait son deuil. Elle ne réclamait jamais après elle, comme si elle n’avait pas de mère. D’ailleurs, c’était presque le cas.

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Vous voulez savoir à quoi elle ressemble ? Regardez Zosma. Même coupe de cheveux, mêmes yeux, même corpulence, même style. Une légère différence dans la bouche et le nez, qui demande à s’affirmer. On jurerait des petites jumelles. Zosma qui avait tant espéré la naissance d’Eliah était ravie. Enfin, elle avait quelqu’un de son âge à qui parler et avec qui jouer.

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Des petites jumelles, je vous dis !

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Dans le chapitre des ressemblances, j’oubliais : mêmes frayeurs. Nan-nan, croyez pas qu’elles demandent à regarder la télévision, (qui se trouve à l’étage, je vous signale). Elles sont tout simplement « surprises » par le fantôme invisible, qui sévit en plein jour et fait sursauter toute la famille à longueur de temps.
On pourrait croire qu’on tourne pas rond chez les Dubagne, mais les visiteurs sont surpris aussi. Il se passe donc vraiment quelque chose de pas normal dans cette maison. Attendez, j’ai le mot au bord des lèvres, ça commence par un b… Ca y est, je l’ai retrouvé : BUG !

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Tiens, regardez nounou Cécile. Vous croyez qu’elle est en train de danser la gigue sur le plan de travail ? Pas-du-tout, elle monte l’escalier comme vous et moi.

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Et là, elle récure les toilettes dans la pièce d’à côté. Voui-voui !

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Sélène, répare la télévision du salon.
Fortiche, elle ne risque pas d’attraper des poignées de châtaignes !

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Alpherg se couche dans le frig…, dans son lit

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C’était bien marrant, entre fantômes, on en riait, mais eux, ils commençaient à en avoir plein le dos, et Mahlaut s’en ouvrit à Sélène.
-Ca ne peut plus continuer comme ça, les enfants sont morts de peur. Ils font des cauchemars la nuit et dans la journée, ils sont terrorisés. Je pense que Max comprendra, j’ai demandé à la Préfecture l’autorisation de déménager.
Sélène n’était pas très chaude
-On peut peut-être attendre encore un peu.

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-Ils attendent QUOI ? s’impatientait Mahlaut.
Sa mort, pardi ! Avec tous les chefs d’œuvre qui attendaient d’être vendus pour la mettre de bonne humeur jusqu’aux portes du cimetière, ils z’allaient quand même pas courir le risque de la voir partir à moitié contente. Mais ça, Sélène ne pouvait pas le lui dire, et Mahlaut trouvait le temps long (et nous donc !).

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Enfin, à l’heure où auraient dû sonner 84 ans à l’horloge du temps, la faucheuse a estimé qu’elle avait fait assez de rabiot.
-Mahlaut, quand faut y aller, faut y aller. Prends ta petite valise et suis moi.
-Il n’en est pas question ! a déclaré Mahlaut. On est en plein déménagement, j’ai préparé toutes mes affaires, ça ne tiendra jamais dans une valise.
-Tu sais la valise… c’est juste pour le décorum, tu n’en auras plus besoin. Là où on va, les vêtements ne se salissent jamais, et pour le reste… tu pourras en profiter quand tu voudras.
Mahlaut têtue : -Non ! J’ai dit non ! Je veux voir le déménagement !

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Le squelette la ménageait. C’était pas tous les jours qu’elle emportait un macchabée aussi âgé.
-Mahlaut, sois raisonnable, un peu. Tu as eu une belle vie, ne dis pas le contraire. Tu vas avoir une jolie tombe en or. Tu seras la reine du cimetière.
-Mmmm (pas trop convaincue)
-Et puis, je vais te servir un petit cocktail dont tu me diras des nouvelles.
-Avec l’ombrelle ?
-Avec l’ombrelle et les olives, lui a assuré sa copine.
-Bon, alors d’accord, je te suis. Mais belle, la tombe, hein ! Pas comme celle de pépé. Je veux la même qu’Ephraïm sinon rien.
Parlez pas de malheur, ça c'est déjà vu !

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C’est bien la première fois que je vois ça. Pas de cris déchirants, pas de larmes. La mort de Mahlaut est passée comme une lettre à la poste. Tout le monde jugeait qu’elle avait abusé de leur patience en ne se décidant pas à mourir. Elle laissait un bel héritage et une jolie urne qui demandait qu’à trouver place dans le futur cimetière familial.

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Parce que pour ce qui est de celui-ci, il va falloir en faire notre deuil. Je suis tout de même un peu triste de quitter ce terrain où débuta la grande saga de notre famille. Mais je les ai entendus dire qu’ils nous emporteraient avec eux. Après moult hésitations, un nouvel élément est venu plaider en faveur de leur déménagement : Le directeur de l’école privée ne voulait plus mettre les pieds à la maison. Il déclarait que cette famille était maudite et n’était pas digne d’entrer dans son établissement. Qu’ils z’aillent pas à l’université, c’était une chose, qu’ils soient rejetés de l’école privée sur des a-priori, c’en était une autre.

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Ils patientèrent jusqu’à l’anniversaire de Zosma, puis ils firent l’inventaire. Ils ont bien laissé quelques plumes dans le déménagement, les gros appareils électriques refusant de se laisser emporter, mais le principal, c’était tout de même qu’ils puissent emporter nos tombes. Je vais donc hanter une nouvelle demeure. Par chance, il y en avait une disponible et le bug des déménagements les avait épargnés, pas comme ceux des fêtes et du directeur.
Du changement, qui n’est pas fait pour me déplaire, depuis qu’ils avaient transformé la maison, je la reconnaissais plus, de toute façon.

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Tout juste s’ils ont laissé le temps à Zosma d’annoncer qu’elle avait choisi la connaissance, ils ont sauté dans les voitures avec tout leur barda. Hé-oui, j’ai bien dit « Les » voitures. Alpherg ne pouvait pas se contenter de la familiale. Très vite, il a jugé, (et fait savoir) que c’était, je cite : « une bagnole de vieux radins ». Et il s’est empressé d’acheter une bagnole de jeune qu’en jette, (du fric par les fenêtres).  Pour ma part, je trouve qu’elle fait tache devant le garage à double portes de la nouvelle maison. A leur place, je la planquerais dedans. Mais le garage, il leur sert de dépotoir à tout et n’importe quoi, SAUF à voitures.

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Vous avez vu leur maison ? C’est pas mal, mais ça vaut pas la mienne.

Ben-oui, la maison, c’est comme les chaussures, « ça se fait » à l’occupant. Au début, on y est un peu serré aux entournures, mais elle se détend, elle s’adapte au fur et à mesure des besoins. Si bien qu’après des années, on s’y sent comme dans des pantoufles. Celle-ci, elle présentait pas mal, mais question pratique, c’était ZERO. D’ailleurs, nous les fantômes, on refuse d’y mettre les pieds, on se contente d’errer dans le jardin.

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Dès qu’ils eurent déballés les cartons, ils s’empressèrent de téléphoner à l’école privée pour voir si le directeur accepterait de réviser ses positions. Tu penses, fouinards comme ils sont, à toujours vouloir visiter les maisons du quartier, (sans jamais montrer la leur), Lionel Fleury, Vince Michaud et Boris Baraut,  se sont battus à qui serait le premier sur les rangs. C’est Lionel qui a gagné. Je vous dis pas le soulagement de la famille en le voyant descendre de sa voiture et accepter de lui faire l’honneur de venir mettre son nez (de fouine, je maintiens) dans des affaires qui ne le concernent en rien.

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-J’aimerais beaucoup visiter votre maison, ça m’aiderait à décider si votre fille est digne de rentrer dans MON école privée… Je t’en ficherais, moi des visites ! Mais ils y tenaient tellement, à c’técole.

-Mais comment donc, cher Monsieur Fleury. Vous avez bien le droit d’être exigeant, vous avez une réputation à soutenir. Vous avez travaillé si dur pour  doter la ville d’un établissement calqué sur le standing anglais. Au fait, les uniformes, vous les faites également venir d’Angleterre ? Ah-oui, ça se voit, la coupe est par-fai-te.
Ce qu’il faut pas entendre !
M’enfin, ça marchait, il se sentait plus de joie le Lionel. Il avait d’ailleurs une manière bien à lui de faire savoir qu’il était content : il se grattait les dessous de bras, comme une guenon et répétant « Bien-bien ! » et en distribuant des points de cirage de pompe à qui mieux-mieux.

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Dans le salon, j’ai bien cru qu’il allait s’accrocher au lustre. Il sautait en l’air, battait des mains, criait « Woaa-hoooo ! ».  Il était complètement bluffé. Il leur a collé un 45 pour la visite, et avec le cirage de pompes, ils étaient rendus à 72 points d’estimation. Plus que 18 ! C’était du tout cuit, comme les homards qui n’attendaient que son bon vouloir pour être dégustés.

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D’ailleurs, l’odeur des homards qu’avait préparés Sélène, commençait à lui chatouiller les naseaux. Il se faisait de l’air sous les trous de nez avec la main, en clamant

-Ca sent rudement bon !

Mais !!! Attendez… pincez-moi, je rêve là ? C’est pas ce trouduc de pique-la-lune que je vois à table, affublé d’un béret et bardé de médailles ? Benjamin Renaudin ! Il sévit encore ici, celui-la.
Ah, il a pas fait un gros chopin en ramenant ce camarade de travail à la maison, Samson, je vous le dis !

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Lionel a fait honneur aux homards, il en a pris deux fois. Et Samson s’était fendu d’un petit dessert, un gâteau au chocolat qui était sa spécialité. En le regardant s’empiffrer, il n’oubliait pas de faire marcher la brosse à reluire. Les filles allaient l’avoir leur place à l’école privée. C’était certain…nement ce qui serait arrivé, si cet andouille de directeur n’avait pas oublié de noter le repas. Pressé d’aller digérer il a fait ses comptes vite-fait mal-fait.

-Ah, je regrette, 80 points, ça ne suffit pas. N’en faut 90 minimum. Des enfants vivant dans une telle famille ne sont pas dignes… Schmelkgronfscrutchzut-de-zut-de-zut ! Pour rester poli.

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L’a fallu expliquer aux petites qu’elles feraient mieux de faire leur deuil de l’uniforme.

-Vous ne perdez rien, ces jupettes et ces chaussettes sont complètement ridicules. Surtout à ton âge Zosma. Si tu allais à l’université, tu verrais que ça ne se fait plus du tout. Les étudiants ne voudraient jamais porter ça.

Je sais pas si c’était tellement une bonne idée de lui parler de l’université. Déjà qu’elle ne parlait que de ses copines, qui allaient toutes rentrer à l’université de la Fiesta en fin d’année, scolaire et commençait à faire des demandes de bourses qui lui seraient totalement inutiles.

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M’enfin, elle a rayé l’école privée de ses aspirations. Ils ont tout de même essayé de ré-inviter le directeur, pour voir jusqu’où irait sa mauvaise foi. Mais ils se sont pas fendus cette fois, les homards étaient calcinés. Seulement, il était pas fier Lionel. Une fois dessaoulé, il s’était rendu compte de son erreur, et il a essayé de rattraper le coup. Il leur a mis 45 points de cuisine, ce qui leur a donné un total de 135 points et il a annoncé qu’il était impressionné et que les filles pourraient aller à l’école privée. Oui-mais, à présent, tout le monde s’en fichait !

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Celui qui s’en fichait le plus, c’était encore Nathel. Remarquez, pour ce que ça le concernait… Maiiiis, s’il y avait une chose dont il se fichait pas, c’était de la bonne.

Hé-oui, les hormones le travaillaient dur. Il bourgeonnait, sa voix muait, passant des aigus aux graves sans crier gare, une ombre de duvet sur les lèvres, il était en train de devenir un homme. Et un homme qu’avait pas les goûts perdus, qui plus est.

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Adolescent, Nathel était considéré comme un véritable petit génie, cumulant de brillantes études –n’avait-il pas remporté le concours d’orthographe du canton ?- avec un job médical où malgré son jeune âge, les grands pontes n’hésitaient pas à lui confier de grandes responsabilités. Adulte, il fit toute ma fierté. Beau gosse, intelligent, travailleur…

Oui, tu peux le regarder et prendre exemple, Alpherg !

Dès qu’il devint adulte, il fut bombardé externe des hôpitaux, et il alla déclarer sa flamme à Kérine, notre bonne. En avait-il assez rêvé de ces seins que nul ne saurait ne pas voir, à moins d’être complètement bigleux. Mais bien-sûr, il sut lui tourner un compliment qui n’avait rien à voir avec l’objet de tous ses phantasmes.

-Kérine, depuis des années, je vous vois travailler dur dans cette maison. J’ai pu apprécier votre conscience professionnelle, votre sérieux, votre endurance. Toutes ces qualités qui se font rares, et qui ont fait que, peu à peu, je suis tombé sous votre charme. Kérine, je vous aime

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Kérine, qui en avait ras la casquette des patrons aux mains baladeuses et aux compliments graveleux, ne résista pas à cette déclaration. Surtout qu’il était beau, le jeunot ! C’est pas parce-que c’est mon descendant, mais ils peuvent aller se raccrocher, les townies de Vipercanyon. Elle accepta sur le champ d’emménager et rapporta 9 000 $.
Comment ça, il aurait pu choisir un autre endroit pour sa déclaration ! Y fait ce qu'il peut, pas ce qu'il veut ! Elle arrêtait pas de briquer Kérine.

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Me demandais… avec l’allure qu’elles ont les bonnes, et le pois chiche qui leur tient généralement lieu de cerveau, s’il avait été bien inspiré, Nathel. Un coup d’œil sur l’aspiration me rassura à moitié : Kérine rêvait de fonder une grande famille. Mais quand elle eut enlevé sa défroque de bonne, fournie par la maison de placement, qui doit être tenue par une madame Claude reconvertie, j’eus la surprise de voir qu’elle avait beaucoup de goût, et je dirai même de classe.

Cela n’échappa pas à Sélène, qui la pressait maintenant de faire un enfant.

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Alpherg, lui, avait toutes les veines. Il venait d’atteindre le sommet de sa carrière sportive et était devenu une légende du stade. Il amassant une petite fortune, revendant les tableaux que lui peignaient Sélène et Samson, et se maintenant grâce à ça en platine. Il ne prenait pas la peine de dormir, usant et abusant de l’énergiseur.

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Un autre petit veinard, c’est Samson.

Chais pas, sont un peu durailles à comprenotte à l’armée. Pour la Nnnnième fois, -et la dernière, c’était y a pas si longtemps-, un satellite menace de s’écraser sur la terre. Doit-on pulvériser ou intercepter ? PULVERISER !! Nom dedjou, va falloir vous le dire combien de fois ? Enfin, tant qu’ils reversent 55 000 $ pour se l’entendre dire et re-dire, on va pas se plaindre non plus.

Bon, c'est pas la peine d'en rajouter non plus Sélène, il a pas fait l'exploit du siècle, il a juste un peu de mémoire, lui !

Les amours entre Sélène et lui n’ont pas pris une ride, eux. Il ne jure toujours que par sa Sélène, devenue pique-assiette professionnelle, ce qui lui laisse pas mal de jours de congés, qu’elle consacre à son art, ce qui fait le bonheur d’Alpherg.

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Enfin, quand je dis que les amours n’ont pas pris une ride… Côté Samson, c’est sûr, côté Sélène, ça l’est moins. Après des années de bonheur conjugal sans nuage, elle a voulu mettre un peu de piment dans sa vie en ayant une aventure. Elle a rien trouvé de mieux que de choisir Romuald Lendro, le livreur de pizza italien, père de l’horrible Difda. Il n’allait pas tarder à se révéler sous son vrai jour de macho possessif et jaloux, et créer de gros problèmes à la famille. Je vous en toucherai deux mots plus tard, car pour l’instant…

Posté par fonsine à 16:47 - 6EME GENERATION - Commentaires [3] - Permalien [#]
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