MAX DUBAGNE

Le legacy challenge de Max Dubagne. 10 générations de Sims pour réussir ce challenge proposé par Pinstar.

18 décembre 2005

11. Vive la septième génération

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Pour l’instant, c’est le moment de fêter l’anniversaire d’Eliah.
Ben, quoi ? Qu’est-ce y se passe ?? Lui manque quelque chose ?
Sélène et Lydia, notre nouvelle-ex bonne, ont tout l’air d’avoir vu un revenant.
Serait-ce que le bug des fantômes invisibles serait reparti ?

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Aaaah-bon, c’est que ça : Elle ressemble à Zosma.

Qu’est-ce que ça a de surprenant ? Déjà quand elles étaient gamines, heureusement qu’il y avait les fringues pour les distinguer. On fera pareil, no problem.

Le problème, il est ailleurs, le problème ! En digne fille de son papa, mademoiselle Eliah a choisi, non-pas la richesse, je commençais à me rendre compte que c’était pas si terrible que ça à gérer. Non, elle a préféré le Plaisir. Et alors là, c’est la cata ! C’est pas par les fenêtres qu’elle entend jeter l’argent, c’est pire. Elle veut tout-tout-tout ce qu’il y a de plus cher sur terre. Elle en rajoute une couche à chaque fois. C’est une ruine !

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Nathel en fait trop. Il a été nommé interne après avoir fait remarquer en pleine séance d’opération, que le chirurgien faisait une faute. Après quoi, il a passé son temps à étudier afin de devenir généraliste. Résultat, il se tue au boulot, trois soirs de suite, il n’a pas eu la force de se traîner jusqu’à son lit et s’est évanoui dans le jardin.

Faudrait qu’il pense à se ménager, surtout qu’on va avoir besoin de ses services d’ici peu.

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Vi, parce-que y a pas qu’au boulot qu’il a bien travaillé, Nathel,
si vous voyez ce que je veux dire…

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Dès qu’il s’aperçut que Kérine attendait un heureux événement, Nathel lui demanda sa main. Il aurait bien voulu que le bébé porte son nom, et aussitôt après les fiançailles, il parla de mariage. Mais… impossible de passer sous cette fichue arche de mariage. Y avait pourtant rien pour gêner, ni devant, ni derrière, ni à côté. Mais les futurs étaient comme la cigogne devant son assiette, ils ne savaient pas par quel bout la prendre.

Je vous ferai remarquer que sa demande, il l’a faite au piscine-pool. Ils ne se refusent vraiment rien. Dans le piscine-pool, ils ont installé des appareils de musculation tout ce qu’il y a de plus performant, ben-tiens, Eliah avait mis son grain de sel !

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Ah, y avait longtemps qu’ils m’avaient pas emmené en ville. Heureusement, Zosma voulait absolument le dernier modèle de téléphone portable. Eh oui, parce que faut pas croire que vous êtes débarrassés en leur payant un portable dès qu’ils en émettent le désir. Les portables, c’est comme les fringues, ça suit la mode. Faut le dernier sorti sinon rien !

Donc, elle s’est portée volontaire pour aller à l’épicerie. Soit-disant pour remplir le frigo de légumes frais.

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Elle en a profité pour se faire un ami Bernard Georges.  Vous le reconnaissez ? C’est lui qui se croyait à Longchamp quand Zaniath faisait la course à ses 30 crac-cracs dans les cabines d’essayage. Ben, il s’est reconverti, il a largué le père Tazzi pour travailler dans une grande surface alimentaire, où on est prié de regarder, mais de pas toucher, et surtout pas d’acheter, sinon… des téléphones portables. Dans un sens, ça tombait bien, c'était tout ce qu'elle voulait, en fait.

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Quand elle est revenue de la ville, Zosma était très en colère. On l’avait arrêtée au moins trois fois dans la rue en l’appelant Eliah. C’est vrai que nous, on a les fringues pour s’y retrouver, mais les étrangers, eux, ils s’y perdent. Alors, elle a décidé de se changer de look.

A 16 ans, c’est quand même la honte d’être confondue avec une gamine de 13. Mettez-vous à sa place, un peu. Alors, elle s’est fait décolorer des mèches et elle a un peu changé de coupe.

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Zosma est une descendante modèle. Elle est un petit génie, ça va de soi. Elle a atteint le plus haut grade qu’on puisse donner à une ado dans la police, et elle remplit patiemment ses barres de créativité. Les garçons, elle n’y pense même pas. Même le beau gosse de l’épicerie, elle s’est contentée de s’en faire un ami. Mais, il y a un mais. Elle ne rêve que d’université. Pour le moment, on la fait poireauter gentiment en lui faisant collectionner des bourses, mais quand elle les aura toutes, hein ? Qu’est-ce qu’on va pouvoir lui trouver pour lui éviter la déprime ?

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La question reste posée, mais pour le moment, on a eu autre chose à penser. Au terme d’une grossesse sans problème, Kerine a mis au monde le premier descendant de la 7ème génération, un joli petit garçon, qu’ils ont appelé Mérak.

Et c’est à cette occasion que les ennuis avec Romuald Leandro ont commencé.

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Rha, les pénibles ! C'est qu'un bébé, une petite larve ! Mais vous voulez le voir en gros plan, bien sûr. Alors le voilà.

Il est su-per-be !

Qu'est-ce je dis là ? Ca y est, moi aussi, je gatouille !

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Vous voyez ce chantier avec la poubelle ? Hé-ben, c’est l’œuvre de Romuald !

Ooooh, on s’en est pas rendus compte tout de suite, c’est qu’il est malin, l’animal : Il se planque !

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Depuis la naissance de Mérak, il ne se passait pas un jour, pas une nuit, sans que la poubelle soit renversée. Ils ont commencé par accuser les filles

-Si vous êtes pas fichues de conduire la voiture sans faire des saletés partout, on va déclarer le conducteur. Vous z’aurez plus qu’à prendre un taxi quand vous voudrez aller en ville.

Elles protestèrent à grands cris et le lendemain, quand la poubelle étala de nouveau ses entrailles nauséabondes, elles n’avaient même pas pris le volant. Il fallut donc chercher la cause ailleurs. C’est Alpherg qui huma le pot aux roses.

-Vous ne devinerez jamais, ce que j’ai vu en ramassant mes billets sur la terrasse.

-Non ! Qu’est-ce que tu as vu ?

-J’ai vu cet enfoiré de Romuald Leandro, se sauver comme un malpropre, et comme par hasard, la poubelle était renversée.

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-Ca ne veut rien dire, intervint Eliah. Pourquoi il ferait ça ? C’est un ami de Sélène.

-Ben, c’est un faux-ami, si tu veux mon avis. Je te parie ce que tu veux que c’est lui. D’ailleurs, si tu y réfléchis, ça a commencé juste après l’anniversaire de Mérak.

-Je vois pas le rapport.

-Le rapport, c’est qu’il était là.

Eliah haussa les épaules

-Il est TOUJOURS là ! Il y était déjà avant, je te signale.

-Et puis faudrait déjà qu’il ait une raison, releva judicieusement Zosma.

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-Je crois que je la connais, la raison, lâcha Kérine. Trois paires d’yeux la dévisagèrent. Vous ne vous souvenez pas, après la naissance, Sélène a demandé à tout le monde de partir,  et elle est montée se coucher avec le grand-père. Ils étaient si heureux que je crois bien qu’ils ont tiré le feu d’artifice.

-Et alors ??? Ouais, d’accord, c’est un peu dégoûtant, à leur âge, mais c’est leur droit ! Ils sont mariés, non ?

-Eh bien, ça n’avait pas l’air d’être l’avis de Romuald. Il n’était pas parti, comme Sélène le lui avait demandé, et il avait l’air furieux.

-Mais, qu’est-ce que ça peut bien lui faire, à lui, si les grand-parents sont encore verts ? Il est jaloux, ou quoi ? interrogea Zosma.

-Je crois que tu as dis le terme : il est jaloux, conclut Kérine.

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Avant qu’elle n’ait eu le temps de l’en empêcher, Zosma alla trouver Samson

-Pépé, tu sais pas ce que je viens d’apprendre ? Il paraît que ce serait Romuald, l’ordure qui renverse les nôtres. Alpherg dit qu’il l’a vu s’enfuir et que la poubelle était par terre.

-Qu’est ce que tu me chantes, là ? Alpherg a dit… ? Mais elle est toujours par terre la poubelle ces derniers temps, ça ne veut rien dire.

-Ah, c’est bien ce que lui a répondu Eliah. Mais tante Kérine dit que ça pourrait s’expliquer.

-Je vois pas comment, trancha Samson. Mais, je vais mener ma petite enquête. Je vais installer mon chevalet devant la fenêtre, et surveiller tout ce qui se passe dans la rue. C’était bien la peine d’emménager dans le quartier chic pour que des petits voyous passent leur temps à nous enquiquiner. Je m’en vais leur tirer les oreilles, moi !

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Pas plus tard que le lendemain, voilà ce qu’il vit en relevant le nez de son tableau : Romuald et à côté de lui, la poubelle renversée.

-Cré-non-de-non ! jura-t-il, mais c’est qu’Alpherg avait raison !

Ni une, ni deux, il sortit comme un diable de la maison en criant

-En voilà des manières ! Ca te prend souvent, espèce de malapris ?

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Mais c’est qu’il s’est rebiffé, l’animal

-Malapris toi-même, vieux shnock ! Ca té prend souvent, d’accouser sans preuve ? Ma qué j’allais ramasser votre poubelle, et tou mé sautes dessous ! Tou es sénile, ma parole ! Ca m’apprendra à rendre service aux amici. Enfoncé toi bien dans lé crâne que j’y souis pour rien. Absoloument pour rien. Et tou vas mé faire des excouses !

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Samson était bien sûr qu’il était coupable. Une minute avant, la poubelle était encore debout, il avait juste pris le temps de faire un mélange de couleurs pour son tableau tout bleu, et quand il avait relevé la tête… Mais Romuald avait raison, il ne l’avait pas pris sur le fait. La mort dans l’âme, il lui présenta des excuses. Mais il se promit intérieurement

-Je l’aurai, un jour, je l’aurai !

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Le lendemain, il le rata encore. Quand il vit la poubelle par terre, il n’eut que le temps d’apercevoir ce faux-frère de Romuald qui prenait les jambes à son cou.
-Cré-non-de-non-de-non-de-non ! Jura-t-il, il faut absolument que je reste à surveiller sans me laisser distraire par autre chose. Il s’installa sur une chaise face à la fenêtre et il passa toute ses journées à fixer la rue.

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-Je crois bien que ton grand-père ne tourne plus très rond, confia Kérine à son fils. Il passe ses journées devant la fenêtre, comme un mollusque.

-Arrheu, éructa Mérak. Ce qu’elle prit pour une approbation.

-Ah, tu t’en rends compte, toi aussi ! Sélène s’est montrée bien imprudente. A-t-on idée d’avoir une aventure avec le livreur de pizzas ? Samson a bien dû se douter de quelque chose, ça l’a anéanti, le pauvre vieux.

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Meuh-non, il se doutait de rien, le pauvre vieux ! Il était toujours aussi amoureux de sa Sélène, surtout depuis le feu d’artifice. Il passait son temps à lui faire de grandes déclarations d’amour, quand il était pas vissé à la fenêtre. C’est à dire… nan, pas tout le temps quand même, au saut du lit, juste avant de prendre son tour de garde.

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Et sa patience fut récompensée. Il vit Romuald, s’approcher de la poubelle en regardant bien si personne ne le voyait, et vlan ! Un grand coup de tatane dedans, la poubelle vomit ses tripes.

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-Halte là ! cria-t-il. La main dans le sac, mon gaillard ! Prétends un peu que c’est pas toi, cette fois. Je t’ai vu ! Vu, de mes yeux vu ! Et dire que Sélène ne jure que par toi. Ah, elle va être bien déçue, quand elle va savoir que tu t’amuses comme un garnement. Surtout que c’est elle qui est de corvée de ramassage (vous me direz, ce n’est que justice). Tu crois qu’elle a pas assez de boulot, avec la cuisine à s’occuper, le jardin, à entretenir… tiens, oui, le jardin. Pour ta punition, tu vas le faire à sa place. Et que ça saute !

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Romuald, c’est qu’une lavette. Il est jaloux, menteur et veule. Devant Samson déchaîné, il a jaugé qu’il ne ferait pas le poids. Faut dire que Samson, il est au top question physique, il s’entretient quotidiennement. Tandis que lui, à part quand il se fait rincer chez nous, il mange que des pizzas, bien lourdes et bien huileuses. Il a filé doux comme un mouton et s’est tapé la taille des haies et l’arrosage de toutes les fleurs. Après, on l’a plus revu pendant quelques temps.

Aaaah, ça soulage de voir, qu’y a une justice !

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Pour s’occuper du bébé, Kérine et Nathel ont décidé d’embaucher une nourrice. Pas de bol, ils sont tombés sur l’abominable Karelle. Y avait longtemps qu’elle avait pas failli faire cramer la maison avec ses omelettes norvégiennes. Regardez-moi cette tête à claques. On dirait qu’elle se demande ce qu’elle va encore inventer pour faire suer le peuple.

-Gnark-gnark, Sélène croit que j’ai oublié que c’est à cause d’elle que je me suis retrouvée à faire de la gelée de groseille. Mais ça ne s’oublie pas des choses comme ça. Je vais m’en occuper du petit-fils, moi !

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Et voilà ce qu’elle a inventé pour nous traumatiser le petit. Elle est allée le coucher dans un lit ROSE ! Ce lit-là, ils l’avaient remisé dans une chambre à l’étage, avec tout un tas de bric-à-brac. Pour l’héritier, bien sûr, ils avaient choisi un lit BLEU ! Ce lit, il était dans la chambre des parents, au rez-de-chaussée, à portée de main, comme il se doit. Vous me direz pas que c’est pas juste histoire d’embêter son monde, que la nounou s’est tapée l’escalier avec le paquet sur les bras. Et après, qui c’est qui a été obligé de le redescendre ? Hein ?!

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Et ça, vous avez vu ? Elle l’a collé par terre, au risque de lui faire attraper une pneumonie.

JAMAIS, on ne fait ça chez nous. On le prend dans ses bras, on le porte jusqu’à prendre racine, mais on le pose pas par terre. NON !

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Ooooh, ça commençait à bien faire ! Quand elle est allée nettoyer la douche au lieu de lui donner son biberon, ils ont compris qu’ils pouvaient se passer de nounou. Surtout si c’était elle, la nounou. Un jour, faudra qu’on soit suffisamment roublards pour faire semblant d’être ses meilleurs-meilleurs amis et la faire emménager, qu’on s’en débarrasse une bonne fois.

Posté par fonsine à 17:26 - 7ème GENERATION - Commentaires [0] - Permalien [#]


19 décembre 2005

12. Tu seras pas footballeur, mon fils

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Tiens, y avait longtemps ! Eliah, à son tour a demandé à faire une petite virée en ville. Faut dire qu’elle, à part dépenser, dépenser, dépenser, elle a pas souvent envie d’autre chose. Ah, si ! Aller à l’université, bien sûr, et ce désir là, il reste scotché d’un jour sur l’autre souligné d’un trait rouge. Alors, pour une fois qu’elle voulait inviter quelqu’un pour un rendez-vous, pensez si on a sauté dessus. Elle a mis sa robe des dimanches, et elle a invité le livreur de journaux à aller faire un tour au parc des amoureux.

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Alpherg lui a même laissé la voiture. L’est peut-être plus grosse et plus chère que sa première, mais l’est toujours aussi tarte, sa voiture. Et encore, vous, vous entendez pas le klaxon ! Nan, moi non plus, mais je l’imagine customisé : "La cucaracha, la cucaracha…"

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Regardez s’il a l’air malin, le livreur.
Heureusement qu’Eliah est un peu plus dégourdie, moi je vous le dis ! Il croit quoi ? Que c’est pour lui permettre de s’affaler qu’elle l’a entraîné sur ce banc ? Elle le veut, elle l’aura son premier baiser !

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Ca lui a pris… un certain temps. Il était dur à décoincer le puceau, mais elle l’a eu !

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Quand ils sont rentrés, le gamin se sentait comme sur un petit nuage. Il planait dans la voiture, à mille lieues des réalités ! Faut dire qu’il avait jugé le rendez-vous paradisiaque, et il avait supplié Eliah :
-Appelle moi, vite, je t’en prie, appelle moi, appelle moi.
Je vois pas d’où elle aurait pu l’appeler puisqu’il était encore à côté d’elle, et qu'elle le ramenait à la maison. Mais il insistait
-Appelle-moi, appelle-moi.
Bon, on va pas le contrarier, non plus !

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Ah-mais c’est que ça valait le coup de le ménager. Il s’est pas contenté de lui offrir un bouquet de roses rouges, il lui a ramené un flipper ! Bon, Eliah n’avait pas attendu après lui pour faire la pantomime pour en avoir un. Mais c’est l’intention qui compte, pas vrai ? Celui-là, ils se sont dépêchés de le revendre. Ca a toujours servi à acheter une chose largement aussi inutile, mais dont elle avait une envie folle-furieuse.

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Une fontaine à bulles ! Quand elle a commencé à avoir envie de ça, tout le monde lui a crié : "JAMAIS !!"
Ils trouvaient, et je partage leur avis, que c’était d’un ridicule consommé. C’est grand, ça prend la place, ça coûte une fortune pour ce que c’est… On avait vraiment pas besoin de ça. Mais à force de :
-Allez, papa, alllez ! Tu peux bien m’offrir ça pour me récompenser d’être un petit génie. Je suis responsable d’équipe au fast-food, et je travaille pourtant comme un chef à l’école.
et de : _Non, garde ton fric, y a que la fontaine à bulles qui m’intéresse ! Chaque fois qu’il voulait lui acheter un petit autre chose,. Alpherg a fini par céder. C’est comme ça que depuis, j’ai cette horreur sous le nez dès que je fais un pas hors de ma tombe.

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Kérine a été nommée juge. Ouais, elle se la pète un peu. Elle ferait mieux de se dépêcher si elle veut pas rater l’anniversaire de son fils. Il va souffler les bougies sans elle, au train de sénateur auquel elle va.

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Tout juste !

C’est Samson qui a officié. Lui qui a fait disparaître les bougies en trop, lui qui a porté le gamin au-dessus du gâteau, lui encore, qui a été de corvée pour le pot.

Chais pas si vous avez remarqué, mais le premier truc urgent, quand les bébés deviennent des bambins, c’est pas le biberon, comme tout le monde croit. C’est le pot ! Ils sont toute une tribu à aller lui faire chauffer son biberon, et pendant ce temps là, il évacue le trop-plein de la veille. Après, c’est le cercle infernal, faut le laver, changer la couche…

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Et donc, Mérak copieusement gavé de lait futé, hyper-vitaminé, menaçant de fuir à tout moment, se retrouva sur le pot pour la corvée réservée au pépé. Il avait pas la tête dure, il apprit le jour même à être propre, le petit nange.

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N’écoutant que son courage, Samson voulut lui apprendre la marche dans la foulée. Mais il trouvait que ça n’allait pas si vite. Ca aurait été plus vite s’il ne s’était pas arrêté à tout bout de champ pour se tenir les reins !

-Rha lala, c’est plus de mon âge, gémissait-il.

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-Laissez papa, nous aussi on voudrait bien lui apprendre quelque chose, au petit. Vous n’allez tout de même pas tout faire, intervint Kérine, en lui ôtant la future merveille des mains.

C’est vrai, c’est pénible les grand-parents, c’est toujours après les bambins. Et les parents ? Qu’est ce qu’il leur restera comme souvenirs à partager avec leurs gosses, si ils leur apprennent tout ?  Sans compter qu’ils sont pas éternels, et que les mômes sont dix fois plus malheureux, quand ils passent l’arme à gauche, s’ils leur vouent une reconnaissance éternelle pour leur avoir permis de bien grandir.

Donc, c’est madame le juge qui se chargea de la marche en rentrant du tribunal.

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Nathel, lui, prit sur son temps d’études pour lui apprendre à parler. Il avait bien du mérite, nommé plus jeune spécialiste de Vipercanyon, il travaillait comme un malade remplissant ses barres de compétences avec acharnement. Il avait déjà rempli ses barres de logique et de créativité. Lui manquait plus qu’un point de mécanique, trois de nettoyage, quelques points de physique et presque tous ses points de cuisine à attraper. C’est qu’il avait pas trop le temps de cuisiner, et d’ailleurs, Sélène squattait la cuisine, interdisant qu’on touche à « ses » fourneaux.

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Ooooh-non ! Qu’est ce qu’il vient encore nous casser les pieds, le Benjamin ?

Samson, ouvre les yeux, un peu ! Tu vois pas que c’est un pique-assiette de première. Je parie que c’est encore un jour d’anniversaire. Déjà de mon temps, il en ratait pas un ! Se ferait péter la sous-ventrière de gâteau celui-là, dès qu’on allume les bougies, il rapplique. Ce qu’il aime encore plus que le gâteau, c’est le champagne, mais ils n’y pensent jamais. Et c’est pas moi qui vais leur souffler, ça c’est sûr !
Entre le copain-Benjamin de Samson et l’amant-Romuald de Sélène, y a plus moyen d’être tranquilles dans cette maison. Ils sont toujours là ! Surtout quand on aimerait bien se retrouver en famille pour les grandes occasions.

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L’occasion, c’était l’anniversaire de Zosma. Elle a réussi à tenir le coup sans aller à l’université et sans se taper la déprime du siècle à cause de ça,  grâce à son besoin d’apprendre. Mais ça commençait à devenir de plus en plus dur.

Ben oui ! Au début, c’est pas trop difficile d’acquérir de nouvelles connaissances, mais plus ça va, plus ça devient duraille. Quand vous commencez à vous attaquer aux niveaux 6 et 7, faut du temps avant d’y parvenir. En attendant, vous avez quoi, pour vous contenter, quand vous ne savez plus où mettre vos téléphones portables tellement vous en avez acheté ? Ben, je vais vous le dire, moi : pas grand chose.

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On commençait à se dire que maintenant qu’elle avait passé l’âge, elle allait enfin avoir un choix raisonnable de plus à se mettre sous la dent. Mais on se trompait !

L’a fallu que les extra-terrestres viennent nous la chambouler. Elle était sur le point de mettre le point final à son aspiration à la logique quand ils ont débarqué et nous l’ont enlevée. Ouais-bon, on s’affole plus maintenant, on sait qu’ils vont nous la rendre. Mais, s’ils avaient pu s’abstenir de lui imprimer dans le cerveau qu’il faut absolument qu’ils reviennent, ça nous aurait arrangé. Maintenant, bien-entendu : voir des extra-terrestres ou voir un membre de la famille se faire enlever a remplacé : aller à l’université.

Et le pire, c’est que ça fait tache d’encre. Ils sont pleins à rêver de ça. Décidément, ces extra-terrestres, feraient mieux de rester où ils sont. Ils se pointent toujours quand faudrait pas, enlèvent les mauvaises personnes… rien qu’à nous embêter, quoi !

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Aaallllez, j’aime mieux oublier les petits hommes verts et me concentrer sur les beaux yeux de la même couleur de mon petit Merak. Hein qu’il est beau le descendant ?

Ce qui est nettement moins beau, c’est la tenue de Kérine, par contre. Ce gris-violet, beurk ! Mais… attendez, je la connais cette tenue ! Ca voudrait dire ???

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Mais-oui, mais-oui, kérine est de nouveau enceinte. J’en ai eu la confirmation en entendant Nathel la consoler. Parce qu’elle était pas vraiment désirée, cette grossesse. Kérine se plaignait

-Ah, ça tombe mal, juste quand je venais d’être nommée sénateur, la mairie me tendait les bras. Comment je vais faire avec deux bébés ? Si encore on était surs de trouver une bonne nourrice, mais tu as vu la nullité qu’on nous a refilé la dernière fois.

Nathel, il s’affole pas comme ça

-Mais, t’inquiète. Papa et maman sont y pas là pour ça ? Ca leur fait tellement plaisir d’éduquer les bambins, autant en profiter.

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Kérine n’était pas enchantée de la solution, c’est le moins qu’on puisse dire

-Ah, je n’aime pas ça, Nathel. Si on leur laisse trop de responsabilités, ils vont se croire tout permis. Qu’est ce qui nous restera pour que les enfants comprennent que c’est nous, leurs meilleurs amis ?

Nathel avait réponse à tout

-Tu sais, à plus de 70 ans, je voudrais pas être fataliste, mais ils ne seront pas éternels. Ne t’en fais pas, les enfants sauront bien que nous les aimons, même si nous devons déléguer pour leur éducation.

Avec son aspiration famille, Kérine n’était pas convaincue. Mais elle ne savait pas résister à Nathel, surtout quand il la prenait par les sentiments. Heureusement que la maison était pleine, ils auraient bien été fichus de nous en faire un troisième.

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En attendant que grossesse se passe, Nathel continuait à remplir ses barres. Pour la mécanique, c’était chose faite, mais il était encore assez loin du pompon, il lui restait le plus dur à faire : nettoyage, physique et cuisine… Quand Sélène se déciderait à le laisser approcher des fourneaux.

Jetez un œil sur le bric-à-brac du garage tant que vous y êtes. Vous avez vu le chantier ?

Quand je vous disais que c’était pas demain la veille qu’on y rentrerait les voitures.

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Heureusement, les enfants grandissent, y a pas que les vieux qui prennent de l’âge. Merak s’est décidé à pousser dans la cuisine, sans ennuyer son monde pour fêter son anniversaire. Je dirai même qu’il voulait surtout pas de fête. Le seul qui trouvait à redire à ça, c’était Alpherg.

-Quoi, pas de fête ? Mais maintenant qu’on peut en faire, c’est bête de pas en profiter

-Puisqu’on te dit qu’il veut pas de fête, tu nous énerves. On n’est pas obligés d’en faire, juste parce que maintenant on peut. Ca ne l’empêchera pas de bien grandir, va ! Tout ce tu risques, avec ta fête, c’est de nous le traumatiser et lui enlever son titre de miracle de la nature. Alors, tu vas vendre le chef d’œuvre que j’ai peint pour toi dans ma chambre, et tu nous lâches les baskets, lui a sorti Sélène. Elle était fière comme un paon de son petit fils, comme si c’était rien que grâce à elle qu’il se baladait en platine. Kérine n’appréciait pas trop.
Ca présageait mal de l’avenir avec le futur bébé.

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Regardez-moi s’il est beau l’héritier. Enfin, l’héritier, c’est vite dit. Les dés en décideront. Mais pour le moment, c’est l’unique, le seul, et comme il a récupéré ce qu’il y avait mieux dans la famille : mes yeux verts, les cheveux blonds de Jeanne, et l’intelligence de toute ma lignée, il est le descendant idéal.

Sauf qu’on a failli le perdre.

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Il venait tout juste de grandir, et il était quelque chose comme 10 heures du mat. Comme il avait reçu le jeu des Sims2 en cadeau, il s’amusait bien gentiment sur l’ordinateur quand le téléphone a sonné. C’était cette abrutie d’assistante sociale qui menaçait de venir nous le prendre parce qu’il aurait dû aller à l’école !

QUAND ??? Quand il était encore bambin ? En tous cas, on saura pour la prochaine fois, qu’il faut pas grandir sur le coup des 9 heures. L’administration est bornée. Du moment qu’à 9 heures 1 minute t’as l’âge d’aller en classe, faut y aller, même si y a pas de ramassage scolaire en vue.

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Alpherg a vraiment le don de se mêler de ce qui le regarde pas. Il voudrait que Merak fasse du foot, comme lui.

-Nan, j’aime pas le foot, lui a répondu le gamin

-Et pourquoi t’aimes pas le foot ? Ca paye bien

Ô argument suprême !

-Peut être, mais j’aime pas. Ca ressemble à quoi de courir après un ballon ? Et puis les joueurs de foot, je les ai vus à la télé, c’est des mauviettes.

-QUOI !! répète un peu pour voir. Là, il aime pas du tout Alpherg, mais le gamin n’en démord pas.

-Oui, des mauviettes, t’as qu’à voir, des fois, ils se roulent par terre en hurlant qu’ils ont maaaal jusqu’à ce que l’arbitre leur dise d’arrêter leur comédie, et après, ils trottent comme des lapins. Hein, c’est vrai maman ? C’est même toi, qui me l’as fait remarquer.

-Mais personne t’oblige à être footballeur. Y a pas que le foot dans la vie, a tranché Kérine en évitant le regard mauvais d’Alpherg.

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-Au fait, ça fait combien de temps qu’on n’a pas vu Romuald ? s’avisa un jour Sélène. Elle avait toujours pas fait le rapport entre la poubelle renversée et son Othello de banlieue, et il commençait à lui manquer. Les fusées du feu d’artifice ayant pâli dans ses souvenirs.

-Faudrait peut-être l’inviter, insista-t-elle, devant le silence-réponse. Kérine, tu pourrais pas l’appeler ? Tu lui diras qu’il y a du chili au menu, il adore ça. Moi je dois surveiller la cuisson.

Ah ben, ça va faire du joli, tiens ! Teigneux comme je le connais le Romuald.

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Romuald se serait damné pour un chili. Il accepta donc l’invitation avec empressement. Mais, quand même, pour marquer le coup, il se pointa quand plus personne ne l’attendait.

-Qui ça peut bien être à cette heure ? Tu vas voir Samson ? avait demandé Sélène qui s’apprêtait à se mettre au lit en tenue légère. -L’est pas comme toi, Jeanne, l’est pas frileuse, elle !- Seulement Samson voguait déjà dans les bras de Morphée. Elle était donc descendue ouvrir à un Romuald pas gêné, qui demandait

-J’espèré qu’il resté du chili.

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Partagée entre le plaisir de le revoir et l’envie de lui dire que c’était pas une heure pour arriver, Sélène lui servit un reste qui traînait sur le plan de travail. Mais elle ne put s’empêcher de lui faire une remarque

-Tu pouvais pas arriver plus tôt ? Tout le monde dort, on n’allait pas passer toute la nuit à t’attendre.

-Estimé-toi heureuse qué je souis venu ! répliqua-t-il, en torchant son assiette.

-   ???

-   Né fais pas l’innocente, tou veux ! Tou m’as pris pour oune imbécilé. Ton mari et toi, filez encore lé parfait amour. Jé sers à quoi, moi dans l’histoire ? Dé bouché-trou ?
Ben-oui, qu’est ce qu’il croyait ? c’est NOTRE histoire, pas la sienne ! L’a fallu que Sélène fasse preuve de diplomatie, et qu’elle s’excuse et se re-excuse, s’aplatissant comme une limande.

-Non, je te jure que je tiens à toi, Romuald. Samson et moi, c’est… la force de l’habitude, tu comprends. Tandis qu’avec toi… tu es tellement fougueux, tellement  viril ! Je me sens plus jeune.

-Et ?

Il en revoulait, l’emplâtre

-Et… Je ne peux pas me passer de toi, je t’ai dans la peau, j’en mourrais si tu ne voulais plus me voir.

-Et ???

712

Et tu vas prendre mon pied aux fesses si tu continues à la ramener, Don-Juan de mes deux !

-Et je t’en prie, je t’en supplie, Romuald, mon chéri, je te promets, Samson n’est plus qu’un vieil ami, presque un frère. C’est toi que je veux, toi qui me combles, toi l’amour de mes vieux jours.

Bon, ça va durer encore longtemps, ou son orgueil est enfin satisfait ? Non, il garde une dent contre elle.

-Mmmouais… qu’est-cé qui mé lé prouvé ?

Oui-ben, à cette heure là, plus rien !

Ca avait duré une bonne partie de la nuit, et au petit jour, il est reparti, l’air mauvais (si-si, regardez, l’air mauvais qu’il a). Et vlan, il a remis un grand coup de tatane dans la poubelle en traitant Sélène de noms d’oiseaux, entre ses dents.

-Cochonnéria ! Ma qué tou croyais mé faire porter des cornes à moi ? Tou mé connais mal. Jousqu’à la muerté, jé t’en voudrais. C’est ma pétite vendetta ! Tou as pas fini dé la ramasser ta poubellé !.

Qu’est ce qu’elle avait eu besoin de l’inviter à manger le chili, aussi ?

713

Finalement, Alpherg a fini par céder aux prières d’Eliah et accepté de l’inscrire à l’université, tout en la prévenant :

-Tu sais que tu ne pourras pas poursuivre le challenge. Tu en es bien consciente.

-J’en ai rien à faire du challenge. Tout le monde va à l’université, et moi, je m’encroûterais ici, pour les beaux yeux de ma grand-mère. C’était son truc, la guerre des branches, pas le mien. Justement, Scheratan me propose de venir m’installer dans l’appartement qu’elle partage avec Antoine Joubert. Paraît qu’elle est fiancée, ils se marieront quand ils auront terminé leurs études.

Entre nous, les études, ils z'étaient pas prêts de les terminer, à la vitesse où ils avançaient. M’enfin, Scheratan accueillit sa jeune nièce ave empressement.

714

Mais c’était mal connaître Eliah que de se figurer qu’elle allait faire long feu chez sa tante. Quand elle avait entendu parler d’un appartement, je sais pas ce qu’elle s’était imaginé comme palace. En fait, il y avait deux chambres, à peine plus grandes qu’à la cité universitaire, et un séjour/salle à manger/cuisine étriqué.

De plus, Antoine et Scheratan passaient leur temps à étudier. Elle en eut vite assez.

-Mais c’est nul, nul et archi nul, chez vous. Vous n’auriez pas pu fonder une association à tout ce que vous étiez ?

-Si ça ne te convient pas, tu peux toujours demander à en rejoindre une. Nous, on se trouvait très bien ici, jusqu’à ton arrivée. Mais, tu n’es jamais contente, répliqua Scheratan agacée.

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-On fait comment pour en rejoindre une ? demanda-t-elle, intéressée.

-On prend le téléphone, et on demande à rencontrer les membres. Si tu leur plait, c’est dans la poche. Mais je te prévient, c’est pas facile de se faire accepter.

-Pffeu, je vois pas pourquoi on m’accepterait pas. J’ai toujours obtenu tout ce que je voulais. Si je veux rejoindre une association, je la rejoindrai. J’appelle laquelle ?

-T’as qu’à appeler celle des garçons. Le fils Leritier est bourré de tunes, il devrait te plaire, lui lança Antoine, sans lever le nez de ses devoirs.

716

Elle vit débarquer trois énergumènes en toges.

-Ils se croient où, à Rome ? pensa-t-elle en son for intérieur. Mais elle garda ses remarques pour elle et entreprit de faire leur conquête. Elle commença par Guy Leritier, puisqu’on lui avait dit que c’était lui, le Crésus de la bande et elle n’eut aucun mal à faire sa conquête.

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Pour les autres, Guy, le beau gosse, et Mickaël, le petit gros, ce fut encore plus facile, car elle avait sorti son arme secrète : La baignoire folamour. Rien de tel pour les concentrer, ces excités, vu le peu de distractions dont disposaient Antoine et Shératan : une malheureuse chaîne hi-fi premier prix et une télé fatiguée. En un rien de temps, les garçons ne juraient que par elle. Surtout qu’elle leur avait fait miroiter qu’elle pourrait leur offrir des énergiseurs et des casques pensants, qui leur faisaient  cruellement défaut.

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A peine introduite dans l’association, elle adopta un look branché et se mit à tout régenter.

-Ca sert à quoi votre barbecue ? et votre table de jardin ? Vous feriez mieux de vendre ça et de vous payer des lits plus confortables. Comment voulez-vous être en forme avec de pareils grabats ? Elle leur fit ainsi revendre tout ce qu’elle jugeait inutile et acheter ce qui lui faisait plaisir, à elle, comme une basse, une batterie, un flipper, une voiture… Choses autrement plus utiles pour des étudiants motivés.
Au bout du premier semestre, elle avait lamentablement raté son examen pour cause de panne d’oreiller, et se retrouvait en période d’essai. Autant dire que la porte de sortie était grande ouverte. Alpherg vint en personne lui faire une leçon de morale.

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-Dis-donc, Eliah. Quand tu nous a fait la vie pour aller à l’université, je croyais que c’était pour poursuivre des études, pas les garçons. L’amour et les études, ça fait deux. Tu as choisi de quitter le challenge, mais c’est pas une raison pour faire honte à la famille.

-Je vois pas comment je lui ferai honte si j’épouse Guy Lheritier. Il est pété de tunes.

-Que tu crois ! Sa famille était riche, mais c’était du temps du grand-père. Maintenant, ils n’ont plus rien. Je me suis renseigné. Tu perds ton temps avec ce garçon, l’informa son père.

Si elle s’attendait à ça !

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-QUOI ?! T’es sûr de ce que tu avances ?

-Sûr et certain ! Si tu veux continuer à mener grand train, t’aurais tout intérêt à étudier sérieusement, et peut-être à te dégotter un professeur, mais pas un fils à papa fauché. Je suis une légende du stade, moi, je veux pas que ma fille vive dans la précarité.

-Mais moi non plus, je veux pas de la précarité, qu’est ce que tu crois ! se récria-t-elle. J’ai d’autres ambitions. Je croyais avoir fait le bon choix avec Guy, mais si tu dis qu’il est fauché, je vais réviser ma conduite.

-Et tes leçons ! Si tu veux faire honneur à notre branche, reviens-nous avec un beau diplôme en poche et un métier qui leur en bouche un coin. Tu crois que ça m’amuse de voir Zosma parader en petit génie pendant que toi, tu perds ton temps ici ? lança Alpherg en guise d’adieu.

Elle lui promit de se mettre sérieusement aux études, et elle tint promesse, décrochant les félicitations du doyen à chaque semestre. Mais elle fit mieux

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.

Ah, Guy Leritier, était fauché ! Il s’était bien gardé de le lui dire. Il ne se figurait tout de même pas que c’était pour sa beauté qu’elle s’était intéressée à lui. Puisqu’il en était ainsi, elle allait faire ce que son père lui avait conseillé : essayer de se dégotter un professeur. Pour cela, elle donna un rendez-vous à son prof de philo sur le campus. Il était plus de la première fraîcheur et  lui rappelait Boris, le directeur de l’école privée. Mais la beauté, ça se mange pas en salade, avec ou sans gésiers.

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Ayant opéré un retournement de situation, elle put de nouveau se présenter la tête haute, à la maison. Ce fut à l’occasion de l’anniversaire d’Alpherg. Hé-oui, à part à l’université où le temps semble marquer une pause, à croire que l’air qu’on y respire est chargé d’elixir de vie,  ailleurs, on vieillit et on meurt. Encore heureux, autrement, on serait pas sorti du challenge !
Et donc, c’était au tour d’Alpherg de faire connaissance avec les rhumatismes

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.

L’a pas eu de chance, Alpherg. Ils lui avaient réservé la tenue du parfait plouc des banlieues pavillonnaires. Quand il s’est vu avec sa cotte et sa chemise à carreaux, il a failli avoir une attaque. Un qui se bidonnait, c’était Benjamin, le copain de Samson. Chaque fois que je le vois, celui-là, je me retourne dans ma tombe. Quand est ce qu’ils vont se décider à m’en débarrasser, une bonne fois ?

Bref, Alpherg, il était pas ravi de son costume de vieillard.

-Non-mais !! Ils se figurent quand même pas que je vais me coltiner ça jusqu’à 83 ans !

Entre-nous, j’espère bien qu’il va pas durer jusqu’à 83 ans, mais lui, il y croit. Puisque sa mère l’a fait, pourquoi pas lui ? Surtout qu’il est heureux-heureux. Y a pas plus heureux que lui sur terre. Il vend des chefs d’œuvre à longueur de semaine, il palpe des biftons à tour de bras, il téléphone à sa fille tous les jours que Dieu fait… HEU-REUX !

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La seule ombre à son bonheur, c’était sa tenue de plouc. Alors, il s’est empressé d’aller fouiller dans nos armoires et il s’est fait un look adapté à son titre de légende du stade.

Il se ramasse tout de même plus de 3000 $ par jour de travail, c’est super bien payé le football. J’ai toujours trouvé ça honteux. Tape dans un ballon, tu ramasseras une fortune, travaille ton ciboulot, tu ramasseras des clopinettes. Encore une des grandes injustices de la vie. Avec tout ça, c’est quand, qu’il aura enfin gagné 100 000 $ ? Depuis le temps qu’il empoche, ça devrait bien finir par arriver.

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Ben voilà, suffisait de demander. Cent mille simflouzes qu’il a ramassé durant sa chienne de vie, Alpherg. Et il est pas encore au bout ! Qu’est ce qui va bien pouvoir lui faire plaisir maintenant, hein ? On a TOUT ! L’utile et l’inutile.

Mais je m’inquiète pas, il va bien nous trouver des envies de tableaux à « au moins » 5 000 $, de statues à la noix, de voitures hors de prix, rien que pour embêter son monde. Heureusement encore, qu’il rapporte, manquerait plus qu’il fasse que coûter.

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20 décembre 2005

13. Entretien avec un vampire

739

Depuis que les extra-terrestres nous l’ont rendue, Zosma a des goûts bizarres. C’est quoi ce copain qu’elle nous a ramené à la maison ? Attendez que j’approche, j’y vois mal dans le noir. AAAAAAAHHHH ! c’est un VAMPIRE !On était tout contents quand elle nous a annoncé qu’elle avait fait la connaissance d’un comte. Et c’était pas un conte à dormir debout, c’était un vrai comte, avec tous ses quartiers de noblesse. Qui aurait imaginé que son comte c’était le descendant de Dracula ?

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Mais elle est malade, ma parole ! Elle les voit pas ses chicots pointus qui dépassent ? Remarquez, à ce qu’on m’a dit, si elle arrive à avoir un enfant de ce… -brrrr, j’en ai froid dans le dos-, de ce… (comte, on dira), ça donne des points pas négligeables. Et pour peu qu’il aille faire un petit tour dehors quand le soleil sera levé, on aura un joli fantôme qui fera joli tout plein dans notre collection. Alors, on va pas se montrer trop regardant sur le dentier, non plus.

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Oooh, mais c’est pas la peine de te cacher, on les a vus tes crocs ! Comment qu’elle va s’y prendre pour se faire aimer d’un vampire ? Ca alors, ça m’intéresse. C’est que le vampire, ça réagit pas comme vous et moi. Tu le complimentes, ça lui plait pas, tu veux le draguer, il aime pas ça. Il se rebiffe comme un chat mal léché, pour un peu, il grifferait. Qu’est ce qu’il aime au juste, à part le sang ?  Papoter, ça papoter, il adore. Mais pas ragoter, hein ! juste papoter. Ecouter des blagues, aussi, ça passe bien, mais il craint les chatouilles, attention.

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Ah, et puis un truc qu’il adore, c’est les batailles d’oreiller. C’est peut être de voir voler les plumes qui lui plaît. Doit se figurer que c’est des plumes d’ange. Il a passé une bonne partie de la nuit à faire mumuse avec ça. Et pendant ce temps là, forcément, Zosma perd du temps pour remplir ses barres. Si elle est obligée de travailler le jour et de faire mumuse à l’oreiller la nuit, elle est pas au bout de ses peines.

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Remarquez, il serait pas vampire, il serait pas si moche, le comte. Mais les yeux rouges, j’espère que c’est pas héréditaire. Qu’est ce que je raconte ? On en est pas là. Faudrait encore trouver comment le conquérir, le suceur de sang. Pour le moment, Zosma a réussi à s’en faire un ami. C’est déjà pas si mal. Sélène avait tenté le coup, elle s’est faite ramasser en beauté. Faut dire qu’elle était pas maligne non plus. Elle voulait lui téléphoner de jour. Rien que ça, ça a dû l’indisposer, le zombie. Zosma, elle, a joué plus fin, elle l’appelle uniquement à la tombée de la nuit, quand il est frais et dispos. Il lui a sûrement su gré de tant de prévenances.

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Il est né le divin enfant. Pas le petit fils de Dracula, naaan, celui de Kérine et Nathel. Hé-oui, encore un fils. Ca menace d’être dur à le caser celui-là. Tous les NPC qu’on connaît sont des hommes. Et d’une laideur ! Je vous dis que ça. Reste bien la nouvelle jardinière et la livreuse d’épicerie, qui sont pas trop moches, l’une comme l’autre, mais on les connaît à peine, alors d’ici qu’elles épousent nos rejetons… Va falloir en passer de la pommade, je vous le dis.

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Ennnfin, l’est bien mignon quand même, Rigel. Il ressemble à son frère, il a les yeux verts, comme lui et moi, et je présume qu’il sera blond aussi. Ca nous donnera toujours une roue de rechange au cas où le dé nous sortirait un six le moment venu.

Quoique… j’ai bien relu les règles du legacy. Z’ont encore changé, c’est pas nouveau, font rien que de changer, on a bien du mal à s’y retrouver. J’ai relu, donc, et il suffit d’avoir 50 rendez-vous paradisiaques pour gagner un point de désir impossible. C’est d’un fastoche ! Si c’était pas le gouffre financier de ces aspirations au plaisir, faudrait quand même tenter le coup.

746

Comme prévu, Nathel a demandé aux grand-parents de prendre en charge l’éducation de Rigel.

-Kérine et moi sommes désolés de devoir vous demander ça, mais vous comprenez, il faut quand même continuer à faire monter la cagnotte. Si on perd notre travail, on est mal.

Samson lui a ôté tout scrupule

-Mais, rien ne saurait nous faire plus de plaisir, Nathel. On se sent pas vieillir tant qu’on peut encore se rendre utile.

L’est gentil Samson. Moi, je les trouve encore bien utiles, lui et Sélène. Ils sont au sommet de leur carrière, donc, ils gagnent bien leur vie… Moins bien qu’Alpherg, d’accord, mais on va quand même pas monter une équipe de foot ? Si ???

Et quand ils travaillent pas, ils peignent des chefs d’œuvre pour Alpherg. C’est ça la solidarité familiale. Et puis faudrait penser à leur faire plaisir, aussi ! Chaque jour qui passe les rapproche du cimetière.

747

Remarquez, Sélène, elle, sait comment se faire plaisir. Elle invite son macho de service, et elle lui roule des pelles. Samson n’est même pas jaloux ! Il fait comme s’il ne voyait rien.

Du moment qu’il a encore le droit de faire un câlin sous la couette de temps en temps, il s’estime heureux. C’est pas beau, ça ? Toute sa vie, il aura été le mari idéal, le père idéal, le cocu idéal. Faudrait qu’il y en ait plus des comme lui. Pour le moment, Sélène le ménage, elle a pas osé aller jusqu’à faire crac-crac avec Romuald en sa présence, mais qui sait ce que l’avenir nous réserve ?

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Merak peut être fier de lui. Il va entrer à l’école privée.

Ah-mais, faut pas croire que ça coulait de source, ça a été trrrrès difficile. D’abord, l’a fallu qu’il remonte sa moyenne. La première fois qu’ils ont appelé le directeur, ils se sont faits jeter.

-On n’accepte pas les enfants avec une note inférieure à C. On en a conclu que C, c’était plus que 7/20.

749

Les grand-parents ont été de corvée pour l’aider à faire ses devoirs. Fallait bien que leur coopération commence par quelque chose. Quand il a eu 11/20, ils ont retenté le coup, et là, sa suffisanceVince Michaud en personne, a accepté de venir mettre son nez dans nos affaires.

750

Je le soupçonne d’avoir pris sa décision dès qu’il a mis le nez hors de sa voiture, quand il a aperçu le cabriolet de travail d’Aleph.

Les boules !

L’aurait donné n’importe quoi pour en avoir un comme ça, mais il devait se contenter de sa bagnole à lui. Pas si mal d’ailleurs, sa bagnole, mais à côté du cabriolet, y a pas photo. Bref, il a été ignoble.

751

Il s’est extasié sur la maison, 45 points qu’il a mis pour la visite guidée. Il papotait, il plaisantait, il se laissait cirer les pompes. Tout ça pour 25 points. Puis il est passé à table. Pour changer du homard, on lui avait servi de la dinde. Il s’est empiffré la dinde, en félicitant Eliah pour ses brillants résultats à l’université.

-Je savais que vous réussiriez. Depuis le temps, j’ai appris à reconnaître les enfants sur-doués, et dans votre famille, ce n’est pas pour vous flatter, mais vous n’avez que ça.

Bien sûr, ils lui ont renvoyé l’ascenseur

-C’est grâce à l’excellllence de votre établissement, on ne pourrait rêver meilleure école.

Et toc, 5 points de mieux pour le cirage de pompes.

752

Après quoi, il est allé se boire un petit café, et s’est extasié sur le kawa.

-Mmmm, ça au moins, c’est pas du jus de chaussette. Où avez-vous appris à faire du si bon café ?

Sélène, toute rougissante, lui a expliqué que c’était un ami italien qui lui avait appris à faire l’expresso bien serré. Tellement serré, que t’en bois une goutte, t’as le palpitant qui menace de sauter. C’est plus du café, c’est de la dynamite. Mais comme Vince Michaud aime bien faire la bombe, il leur a donné 10 points de bonus pour le café. On en était à 85 points.

753

Un !
Un, pour la dinde et les crêpes suzette que Samson avait réussi à faire flamber sans mettre le feu à son pyjama. Si c'est pas de l'abus, ça ! Tout ça parce qu'il trouvait qu'on n'y avait pas mis les formes pour le prier de passer à table.
Aussi, le lendemain, quand on a invité Boris, on ne s'est pas contentés de brailler " à taaaable ! ", on l'a prié personnellement de bien vouloir poser ses fesses sur une chaise devant une assiette. Et là, on a enfin pu faire inscrire Merak à l'école privée.

754

Grâce aux bons soins des grands parents, Rigel est devenu un joli petit bambin en tous points semblable à Merak. Comme de juste, c’est encore Samson qui a tenu à lui faire souffler les bougies. Il adore ça, me demandez pas pourquoi.

755

Mais je vous dis pas la comédie quand il a appris que Sélène avait profité de son départ au travail pour apprendre le pot et la marche au petit.
-Le pot, c’était MON boulot ! C’est toujours moi qui m’en suis chargé, jusque là.
-Oui-ben, toutes les bonnes choses ont une fin ! Cette fois, c’est grâce à MOI, qu’il est propre, le bambin. Et je lui ai appris à marcher, malgré mes 79 ans, sans me plaindre sans arrêt de mon dos, moi ! a répliqué Sélène.
C’est la course à qui mourra en platine. Et pour le moment, c’est Sélène qui gagne.

756

Pendant que les vieux se battent à qui fera l’éducation du petit dernier, ça donne du temps aux parents pour faire ce qu’ils ont à faire. Zosma ayant ramené un pistolet à empreintes, Nathel en a profité pour compléter sa barre de nettoyage. Ce qu’il y a de bien, c’est que le pistolet ne s’est pas évaporé dans la nature cette fois. Avant, il s’usait avant de s’en servir, maintenant, il s’use même pas si on s’en sert.

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Faudrait quand même pas croire que tout soit toujours tout rose. (Et on peut même plus accuser les bugs). Ils font des bêtises. Pas Samson, ni Zosma, eux, ils font tout pour faire réussir le challenge. Vous me direz, le mérite de Samson… je préfère pas en parler. Pour la ènnnnnnième l’armée lui a posé LA question qui tue :
-Faut-il intercepter ou vaporiser le satellite qui menace de s’écraser sur la ville ?
-VAPORISER, VAPORISER, VAPORISER ! Vous avez compris cette fois ?
-Ah, merci, on se rappelait plus. L’armée reconnaissante vous re-re-reversera 55 000 $ pour la peine.
Quant à Zosma, elle s’est trouvée devant un vrai dilemme : Fallait-il essayer d’attraper le voleur de la statuette du Lama par la porte de secours ou par le vasistas ? Ah !!! Vous auriez fait quoi, vous ? Ben, elle, elle a choisi la porte, et elle a gagné 2 points de logique.
Oui-mais, Alpherg, lui, s’est permis de perdre 50 000 $. Tout ça, parce qu’il n’a pas osé crier au scandale quand le maire a décidé de construire un stade flambant neuf dans un bidonville. Arghhh, je l’aurais étripé ! Pouvait pas laisser parler son cœur pour une fois ? Remarquez, son cœur, je sais pas où il le cache.

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Je sais pas si ça avance les études d’Eliah, elle passe son temps à la maison. Ca fait tellement plaisir à Sélène. Elle se lève tous les matins avec l’envie de parler ou de jouer avec Eliah. Elle pourrait en faire autant avec sa fille, mais-non. C’est Eliah qu’elle veut et pas une autre ! Moyennant quoi, les toilettes sont toujours cradingues. Je sais pas ce qu’ils mangent dans son association, mais ça doit pas être ragoûtant tous les jours. Eliah, n’arrête pas de vomir. A moins que… non, me dites pas qu’elle serait enceinte ! De QUI ??? du fauché, ou du vieux prof ?

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AAAAHHHH !!!
Scusez, moi, j’arrive pas à m’y faire. Qu’est ce qu’il vient encore nous rendre visite, nuitamment, le comte Colin ?

Oh, mais que c’est gentil de sa part. Il vient apporter une rose, rouge-sang, pour Zosma. Serait-ce que leurs affaires prennent tournure ? Il y avait un petit mot charmant accroché à la rose. On va l’avoir notre petit vampire ? Va falloir que je m’habitue à cette idée.

760

Depuis qu’ils sont dans leur nouvelle maison, et qu’on leur fiche une paix royale, ils savent plus quoi inventer pour sortir de leur ordinaire. Le grand sujet de conversation, c’est les extra-terrestres.

-Dis, mamie, c’est quand qu’ils reviendront les extra-terrestres ? ne cesse de demander Mérak.

-Oooh, tu sais, les extra-terrestres, c’est pas tous les quatre matins qu’on en voit. Je me souviens que mon oncle Aleph a passé sa vie à les attendre, il n’en a jamais vu un seul.

-Mais toi, mamie, t’en as vu, toi, des extra-terrestres, ou y a que Zosma, qui en a vu ?

-Oui, moi aussi, j’ai été enlevée, mais c’était il y a bien longtemps.

-Moi, ça me plairait bien de monter dans leur soucoupe, tu crois qu’ils m’enlèveront aussi ?

Comme si Sélène en savait quelque chose ! Moi aussi, ça me plairait bien qu’il se fasse enlever, au lieu qu’ils nous enlèvent des filles. C’est pas comme ça qu’on aura un nouvel E.T à la maison.

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En tous cas, ça le décourage pas le gamin. Il passe beaucoup de temps au télescope à guetter leur arrivée. Peut-être un futur Aleph ? Non, parlez pas de malheur. On aura deux garçons à offrir en pâture pour leurs expériences de peuplement de la planète en vert. Je sais pas pourquoi, je me sens la fibre écologique. Peut-être parce que ça ferait progresser mon challenge ?

Mais il progresse, le challenge, il progresse, faut pas croire. Tiens, rien qu’au niveau cagnotte, vous savez combien ils ont en banque à présent ? 1 625 000 $. Jamais entendu parler d’une famille aussi riche. Mais c’est parce qu’on est RADINS ! Vi, et on n’a pas honte de le dire !

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Tiens, voyez cette pauvre Eliah. On aurait pu lui payer, tout ce qu’elle désirait, et même plus ! Mais-nan ! On a préféré la laisser partir pour l’université. Et pourtant, on voit bien que la maison lui manque. Comment elle saute sur l’occasion quand Sélène lui demande de venir la voir, pour un oui ou pour un non.

L’argent, ça se mérite, ma petite. Si tu veux des machines à bulles, des double-rideaux à pampilles et des tableaux de maître au mur, tu te les achèteras avec ta paye ! Nous, on se contente de nos chefs d’œuvre-maison, la plupart des fenêtres n’ont pas de rideaux et les tapisseries, on les change tous les 100 ans. Voilà pourquoi on est riches !

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Ca devait bien arriver, Sélène est morte pile-poil le jour de ses 80 ans. Elle était d’une humeur de rêve. Elle avait invité son Romuald, toute la journée, ils n’avaient fait que de se bécoter, et même davantage, sous les yeux indifférents de Samson. Aussi, quand le squelette est arrivé avec sa faux, elle était mûre pour la moisson.

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D’ailleurs, elle a pris ça avec le sourire. C’est elle qui consolait les pleureuses.

-Mais ne pleurez donc pas, j’ai fait mon testament. Vous allez hériter, vous devriez être contents.

Si vous croyez que ça les a empêchés de bêler ! Surtout Romuald ! Et pourtant, il héritait aussi. Faut croire que ses sentiments étaient sincères. A moins qu’il ait jugé que 900 $ quand Samson en empochait 19 000, c’était le pourliche pour le larbin de service. Tant mieux, ça lui rabattra son caquet ! L’avait un peu trop tendance à se croire devenu indispensable, celui-là.

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Je vous préviens, ça va pas être gai ! Mais y a pas de raison pour que vous profitiez que des bons moments.

Le soir de la mort de Sélène, et le lendemain et le surlendemain, on a eu droit au concert de pleurs. Quand je pense que tout le monde s’était tamponné de la mort de Mahlaut. Z’auraient pas pu continuer sur leur lancée ? Samson surtout était très éprouvé. Il arrêtait pas de geindre.

-Pourquoi, Sélène ? Pourquoi m’as-tu quitté ? Tu me manques déjà, je ne sais pas comment je pourrai continuer à vivre sans toi.

Ben, justement, on te demande pas de continuer. Qu’est ce que t’attends, pour la rejoindre ?

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Là, c’était plus embêtant. Je l’avais bien dit que c’était pas une bonne chose de confier l’éducation des bambins aux vieillards qu’ont déjà un pied dans la tombe. Qu’est ce qu’il a dégusté, Rigel !

Il arrêtait pas de réclamer sa mamie. L’a fallu que Nathel sèche ses larmes pour venir le chatouiller, et lui expliquer qu’elle était pas tout à fait partie, sa mamie. Qu’avec un peu de chance, il la reverrait. Qu’elle viendrait lui dire un petit bonsoir de temps en temps.

Il s’est bien gardé de lui dire qu’à ce moment là, il serait vert de trouille. Pas vert fluo, comme à présent. Parce que figurez-vous qu’il est resté de cette magnifique couleur depuis qu’il a avalé son premier biberon de lait futé. Devait y avoir un nuage de dioxine dans l’air.

Je l’avais bien dit aussi, qu’ils allaient finir par me polluer mon désert !

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21 décembre 2005

14. Vous avez dit vampire ?

- …
-Tu ne dis rien ? Ah, c’est vrai, toi, tu as dû recourir à Benjamin.
-Tu m’en veux toujours Maxou ?
-Mais non ! C’est parce que t’as pas eu la chance de mourir avant moi.
Mais jamais, tu m’aurais trompé de mon vivant, pas vrai ?
-Ca, non ! Tu peux en être certain.
-Ben alors, ma poule, tu vois bien !

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Après les enterrements, ce qu’il y a de bien, c’est qu’on a de la visite. Tout le monde tient à venir présenter ses condoléances. Eliah, la première avertie, est venue soutenir le moral de Samson. Je suis pas sûr qu’elle ait choisi la bonne méthode.

-Samson, si ça peut te consoler, dis-toi que Sélène ne t’a pas toujours été fidèle.

-Hein ? Quoi ? (Il débarquait). Ah, tu parles de Romuald ! Mais c’était juste un flirt, ça lui plaisait de voir qu’elle était encore séduisante, malgré les années. Ca n’est jamais allé bien loin, tu sais. Un petit baiser de temps en temps. Si ça pouvait la contenter.

-Un petit baiser, c’est vite dit. T’as jamais vu ce qui se passait dans la voiture, moi, oui !

Elle te trompait, mon pauvre Samson. Tu ne devrais pas la regretter comme ça.

768

Non, elle n’aurait pas dû l’affranchir. Le désespoir a cédé la place à la rage. Samson ne décolérait plus.

-Elle me trompait ! Elle me trompait ! Ah la traîtresse, l’ignoble femme ! Et moi qui me mourrais d’amour pour elle. Moi, qui lui faisais confiance. Attends que je la retrouve au cimetière, je lui ferai payer sa félonie !

769

Si bien que lorsque Dirah, déléguée par ses sœurs pour venir lui présenter leurs condoléances, est arrivée, il était déjà consolé.

-Samson, on tenait à te dire qu’on partage ton chagrin. C’est une lourde perte, mais tu peux compter sur notre soutien.

-Quelle perte ? J’ai perdu quelque chose ?

-Mais… enfin, voyons… tu ne vois pas de quoi je veux parler ?

-Nan ! De quoi ? J’ai oublié mon portable quelque part ?

770

-Zosma, je crois que ton père fait de l’Alzheimer. Il ne se souvient plus de la mort de ta mère, est allée confier Dirah.

-Papa ? T’es sûre ? Hier encore, il s’en souvenait. Il ne faisait que de la pleurer, s’est étonnée Zosma.

-Oui-ben, maintenant, il l’a oubliée. C’est triste de vieillir comme ça. Pourquoi vous ne prenez pas de l’elixir de vie, comme tout le monde ? J’ai aperçu un tas de bombonnes dans le jardin. Y en avait au moins une soixantaine.

-Parce qu’on ne peut pas. Parce qu’on en a marre de ce challenge qui dure, qui dure, et qu’on ne voudrait surtout pas rallonger la sauce, l’a informée Zosma.

771

Y z’en ont marre de ce challenge ! Qu’est ce que je devrais dire, moi !

Ils y consacrent, quoi ? 80 ans, 83, dans le pire des cas. Tandis que je les suis depuis… sept générations, près de 500 ans. Et j’entends toujours les mêmes jérémiades. Je m’attache aux mômes, puis ils deviennent des vieux shnocks pénibles, qui inventent des caprices insensés pour accepter de mourir heureux. Ah, ma pauvre Jeanne, ce qu’il faut pas entendre ! Est ce qu’on est allés chercher midi à quatorze heures avant de mourir, nous ? On se suffisait, on n’avait pas besoin d’autre chose.

772

Où j’en étais ?

Ah-oui, aux vieux schocks pénibles. Regardez un peu le Samson. Avec Benjamin, tiens, puisqu’on en parle ! Vous m’avez vu jouer à des jeux aussi débiles à la veille de mourir, moi ? L’a pas compris que Benjamin guette son héritage. Ca crève les yeux, pourtant ! Vous savez ce qu’il a inventé ? Il lui a demandé d’emménager. Pour qui, pour quoi, je vous le demande ? Le seul truc que je voyais de positif là-dedans, c’est qu’il pourrait plus boire d’élixir.
Ben, il m’a surpris, Benjamin. Il va peut-être me rapporter un point. Il aspire à la connaissance. Mais-voui, mais-voui ! Seulement, je peux vous dire qu’il est loin du compte. Pas la peine de vivre aussi longtemps pour être aussi peu avancé dans ses études.

773

Allez, re-pleurs !

Samson est venu rejoindre Sélène. Il est mort heureux comme un pape, grâce à son pote Benjamin qui lui a tenu la jambe jusqu’à la dernière minute.

Outre son aspiration à la connaissance, Benjamin avait d’autres vertus cachées. D’abord, il avait 10 000 $ d’économies. C’est mieux que 1 000 ! Et puis, il est général, faut pas l’oublier. Alors, le manque à gagner avec les vieux qui sont partis, on va un peu le récupérer en lui pompant sa paye. Quand il aura réussi à compléter ses barres de connaissance (Y a du boulot !) on verra à lui trouver une petite mort sympa. Pas question de le voir mourir de sa belle mort en platine. Aaaaah, je tiens ma vengeance !

774

Chez nous, on s’appelle pas Benjamin, les barres de compétence, on les complète, quand, soit-disant, on aspire à la connaissance. Après le nettoyage, Nathel vient de terminer le physique. Bon, il a l’air un peu à la masse, mais même s’il s’est écroulé sur le poteau d’arrivée, il l’a quand même remplie, sa barre !

Si vous êtes un tant soit peu attentifs, vous remarquerez la plantation de bombonnes à l’arrière-plan. On aurait pu en avoir trois fois comme ça, si on avait été au courant des règles avant ! Ca m’ennnnnerve, ces règles qui changent tout le temps !

775

Et youp là ! Encore une merveille.

Pas qu’il ait pas encore dégusté avec la mort de Samson, mais Rigel s’en est remis !

Hou, qu’il est vilain ! C’est la dioxine qu’a frappé. Ennnfin, après un relookage, on arrivera peut-être à en tirer autre chose que ce gugus crépu.

776

Ah, l’innocence des enfants ! Rigel est très fier d’avoir bien grandi. Et il se trouve beau, lui !

Me demande s’il faut le détromper ? Ca risque pas de le traumatiser, dites-moi ?

C’est marrant, de mon temps, les gosses, on se demandait pas si on allait les traumatiser. On décidait, et ils faisaient. Mais maintenant… on a découvert que c’était d’un fragile, l’équilibre des mômes ! Faut pas leur filer une taloche, même s’ils l’ont cent fois méritée, ça risquerait de les traumatiser, les pauvres choux ! Et le traumatisme des parents, accablés par des gosses infects,  qui s’en soucie ? HEIN ?!!!

777

Remarquez, les nôtres, on n’a pas à s’en plaindre. On a demandé à Merak de copiner avec la jardinière, et il s’y emploie. On lui a, AUSSI, demandé de copiner avec la livreuse d’épicerie et il a pas demandé le pourquoi du comment de la chose. Il fait ce qu’on lui demande de faire, lui ! Non-mais des fois, c’est pas les gamins qui vont faire la loi !

778

Ca ne les empêche pas d’être très heureux à la maison. Qu’on vienne pas me dire le contraire. Et pourquoi ? Parce que, nous, les adultes, on sait ce qui est bon pour eux. Par exemple, on sait que Merak va devoir faire du sport s’il veut perdre sa brioche. Ben, ça m’étonnerait qu’il refuse, le fils idéal, s’il veut rester idéal. Même en pleine crise d’adolescence, il a plutôt intérêt à faire ce qu’on lui demande.

Meuh-non, je suis pas vieux-jeu. Je suis… comment dirais-je ? La sagesse incarnée. Même si c’est pas gravé sur ma tombe, à cause de ces escrocs des Pompes Funèbres de Vipercanyon.

779

Zosma remplit doucettement ses barres de compétences, elle aussi. Faudrait pas oublier son aspiration à la connaissance. Mais elle a beaucoup de mérite, en plus de son travail, elle se permet de mener deux liaisons de front. Vous connaissez le Comte, vous devriez voir l’autre !

780

Tiens, regardez-moi cette horreur ! Je sais pas si je préfèrerais pas encore avoir un petit vampire qu’une tête de guignol pareille. Nan, je mens, je suis CERTAIN que je préfèrerais.

Mais qu’est ce qu’elle peut bien lui trouver ? Il a les traits taillés au burin, le nez épaté et la bouche… une bouche de métro, je peux pas mieux dire. Y a pas de doute, c’est un NPC.

La malédiction des gants a encore frappé.

781

Mais je vous ai pas dit le pire. C’est que Zosma le trouvait tellement irrésistible, qu’elle s’est fiancée avec lui, cette idiote. Tu m’étonnes qu’il l’ait trouvé paradisiaque, le rendez-vous.

Et mon comte alors ? Ca me plaisait bien, moi, un peu de sang bleu dans la famille.

D’autant, qu’elle a rencontré son jardinier des dimanches, juste après un rendez-vous, paradisiaque lui aussi, avec Colin Jourdan. Faut que je vous le raconte.

782

Elle avait invité Colin chez Londost, le resto le plus huppé de la ville.

Vi, je sais que sur la photo elle est avec l’épouvantail, mais c’est pour que vous vous rendiez compte de l’endroit. Forcément, avec Colin, c’était la nuit, et les photos de nuit…

783

Tiens, tant qu’on y est de revoir l’horreur, autant vous affranchir tout de suite. Y a pas que le physique qui me déplaît chez lui, y a l’aspiration : l’Amour !

Il était encore moins chaud que moi pour se fiancer à Zosma. Mais elle a su l’embobiner en lui promettant monts et merveilles. Entre autres, qu’il aurait plus besoin de se baisser pour arracher les mauvaises herbes. Qué malheur !

Allez, revenons à nos moutons.

784

Elle était donc arrivée au Londost de nuit, et Colin était tout ce qu’il y a de plus ravi.

-Charmante Zosma, vous avez le goût sûr. Je connais la réputation de cet établissement, on y mange royalement. Des mets extraordinaires comme on n’a pas souvent l’occasion d’en servir par les temps qui courent.

-Heu, je pensais bien que ça vous plairait, Colin, vous êtes tellement raffiné vous même. Issu d’une si grande famille. Vous ne sauriez vous contenter d’une gargote. Si vous voulez bien me suivre, j’ai réservé une table dans la meilleure salle.

785

Une fois installés par le maître d’hôtel, dans une salle où brûlait un feu de cheminée, Zosma prit connaissance du menu

-Vous aviez raison Colin, il y a des mets extra. Je prendrais bien des crevettes sauce citron vert, on n’a jamais l’occasion d’en manger, le désert est si loin de la mer. Où croyez-vous qu’ils se les procurent ?

Elle cause bien, Zosma, surtout depuis qu’elle fréquente la noblesse. Même si elle est un peu avariée, la noblesse. J’espère pour elle que les crevettes sont plus fraîches.

786

-Ils les font venir directement de la mer Morte, lui expliqua Colin.

-Vous m’en direz tant !  Mais, elles étaient vivantes, elles, au moins, s’inquiéta Zosma

-Tout ce qu’il y a de plus vivantes. Ils les font mariner vivantes dans le citron vert, c’est pour cela qu’elles sont succulentes. Elles sont pour ainsi dire, à peine mortes.

-Ah ! (elle commençait à regretter son choix) et vous même, Colin, qu’allez-vous choisir ? La serveuse s’impatiente

-Laissez-la donc s’impatienter, je déguste mon apéritif. Hmmm, ce bloody-mary est un velours pour l’estomac.

787

Quand il l’eut lampé jusqu’à la dernière goutte, il commanda du gratin de macaronis.

Zosma se récria

-Oh, vous n’allez pas manger des nouilles, c’est d’un commun !

-Commun dites-vous ? Je n’ai jamais eu l’occasion d’y goûter.

-Vous me surprenez, chez nous, c’est la première chose qu’on apprend à cuisiner avec les sandwiches à la viande.

-Saignante, la viande ?

-Ben, heu, nous, on a l’habitude d’y mettre du jambon. Mais rien n’empêcherait d’y mettre des tranches de rosbif saignantes, se reprit-elle devant son air déçu. Vous ne voulez pas goûter mes crevettes, plutôt ?

788

Elle a réussi à lui refiler ses crevettes « presque » vivantes, préférant se réserver pour le dessert.

-Aimez-vous les enfants, charmante Zosma ? s’enquit Colin.

-Je les adore. Pas vous ?

Il partit d’un grand rire sonore

-Mon plus grand rêve serait d’avoir une descendance, nous manquons un peu de sang neuf, dans la famille, mouhahahahaha !

789

-Comme c’est curieux, avoir une descendance, c’était le rêve de mon ancêtre, Max Dubagne.

-Max… Du Bagne ?  Intéressant, souligna le comte. J’apprécie particulièrement les particules.

-Ben-oui, Dubagne ! Vous avez dû en entendre parler. On ne connaît que lui dans la région. C’est vrai qu’il était un peu particulier. Nous avons conservé son fantôme à la maison. Il veille sur sa descendance comme un véritable patriarche.

790

Bon, on va pas s’éterniser sur le malentendu. Elle a pas encore toutes les connaissances, Zosma. Elle fait des efforts pour lutter contre le langage SMS et les fautes de français volontaires, c’est déjà bien.

Toujours est-il qu’à la fin du repas, ils étaient, trrrrès proches, si vous voyez ce que je veux dire. Alors, aller me déterrer un épouvantail du fin fond de son champ, vous comprenez ma déception.

791

Ah-ben, tiens, parlons z’en des déceptions ! Maintenant qu’il a maigri et qu’il se trouve super canon, Merak a choisi son aspiration : l’amour ! Je m’étais réjoui trop vite, il nous la fait sa crise d’ado boutonneux. J’espère que ses parents vont lui faire la morale, qu’il se prenne pas pour le coq du village. On a eu assez de Zaniath pour jeter l’opprobre sur la famille. Des baisers, tant qu’il en veut, mais que ça n’aille pas plus loin, sinon…

Sinon, qu’est-ce que je peux y faire, maintenant que je rentre plus chez eux ? Suffit qu’ils restent bien au chaud pour ne jamais croiser mon chemin. Va falloir qu’on se rebiffe. Ca rime à quoi de rester parqués dans le jardin ? On veut pouvoir aller PARTOUT !

Et je signe : le comité de libération des fantômes.

792

Et voilà ! Mizar est allé lui dire notre façon de penser.

Aaaah, ils croyaient s’être débarrassés de nous en vendant nos lits. Ben, ils se sont trompés. On est de retour, et plus virulents que jamais ! Avec toutes ces aspirations à la connaissance, on risque de faire plus d’heureux qu’à notre tour. Mais pour les toqués de l’amour, ça va saigner, comme dirait mon pote le vampire.

793

AAAAHHHH !
C’est quoi ce machin ? Une chauve souris dans la maison, on aura tout vu !
Ah-bon, c’est que Zosma qui vole à son rendez-vous.
Hé-oui, parce que figurez-vous que Zosma a rejoint le monde des vampires. Finalement, le comte a supplanté le jardinier.
Que je vous raconte, comment tout ça est arrivé.

794

Faut jamais dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau. La preuve : Colin était tellement ravi de son rendez-vous avec Zosma, qu’il s’est pas contenté de lui apporter un énorme bouquet de roses, cette fois. Il est venu avec une énorme fontaine cachée dans un petit sac poubelle. Ca coûte, je sais pas combien, des fontaines comme ça, mais cher !
Comment vouliez-vous que Zosma résiste à une telle preuve d’amour ?

795

Alors, bien sûr, elle a invité son vampire pour le remercier. Et ça méritait bien un gros baiser, pas vrai ? Elle pouvait pas savoir qu’il en profiterait pour la mordre dans le cou. C’était sa manière à lui de lui prouver son attachement. Parce que, attention, il mord pas n’importe qui, faut déjà être dans ses petits papiers.

796

Remarquez, il a bien failli nous la faire crever. A-t-on idée de mordre à 6 h 58 ? L’a bonne mine d’être toujours en train de faire remarquer qu’il doit se sauver à cause du soleil, et de nous laisser NOTRE vampire, cuire sous les rayons.
On s’est empressés de lui acheter un cercueil flambant neuf, assorti à la baignoire folamour où ils s’étaient prélassés, une bonne partie de la nuit. Et y z’avaient pas fait que de s’y prélasser, en plus !
La question qui se posait maintenant, c’était de savoir où stocker ce sacré cercueil. On allait quand même pas le laisser dans le jardin, pour que les voisins critiquent. C’est pas qu’on soit sensibles au qu’en dira-t-on. Ca se saurait ! Mais c’est pas la peine d’exposer ses petites misères non plus.

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22 décembre 2005

15. Bébé vampire en vue

797

On lui a fait une place dans le garage. Meuh-non, pas au milieu du bric-à-brac. On a rangé ! Et tant qu’on y était, on a enlevé toutes les fenêtres. C’est pas la peine d’attirer les curieux. Surtout que -on sait pas pourquoi-, c’est toujours à la porte du garage que les livreurs se pointent. Sans doute qu’ils z'ont la flemme de grimper les quatre marches du perron.

798

Et puis, on a rentré la voiture d’Alpherg, qui va pas tarder à devenir la voiture de Zosma. Ca lui est plus utile qu’à lui. Elle a pas besoin de s’exposer à la brûlure du soleil pour s’engouffrer dans la voiture de police. Direct du cercueil capitonné au cercueil à roulettes.
Ah-mais, vous pensiez quand même pas qu’on allait l’entretenir à rien faire ? Déjà qu’elle peut pas faire grand chose de la journée, autant qu’elle bosse !

799

On avait déplacé le problème. Où allait-on mettre tout le bazar ? Ils ont construit une aile au pool house de la piscine. C’est là qu’enfin, Nathel a pu mettre le point final à ses connaissances. A défaut d’être le roi du homard, il est le grand chef des chocolats. Il avait juste à faire un pas pour remonter ses barres, et si des fois, il avait eu comme une envie de se distraire, il avait la piste de bowling, juste derrière lui.
Hé-oui, parce qu’on a un bowling maintenant. Une nouvelle lubie d’Alpherg !

Pour sa peine, il continuera à aller cueillir les simflouzes, ça lui fera les pieds.

800

Ca vous étonne pas que je râle pas pour la dépense du bowling ? Vous avouerez que comme truc inutilement cher, ça se pose un peu là ! Ben-non, je râle pas, parce que le jour de l’achat, Benjamin m’a fait une grande surprise. Une excellente surprise. Depuis la mort de Samson, il passait son temps à crier sa douleur dans toute la maison. Au point que les autres commençaient à trouver qu’il en faisait un peu beaucoup.
-Tu arrêtes avec tes sanglots ! Qu’est ce qu’on devrait dire, nous ? C’était jamais que ton meilleur ami, pas ton père, ni ton grand-père, avait fini par s’impatienter Nathel, qui lui aussi avait bien du chagrin, mais n’en faisait profiter la maisonnée qu’en de rares occasions.

801

Mais z’enfin, toute bonne chose a une fin, et il lui a fallu retourner au boulot. Et là…
-Faut-il pulvériser ou intercepter le satellite ?
Hmmm ?
A votre avis ?
PUL-VE-RI-SER !!!
L’aurait répondu autre chose, j’aurais même pas attendu qu’il ait rempli ses barres pour l’étriper. Ah, que ça fait du bien au porte-monnaie, les 55 000 $ que l’armée lui a versés, en signe de reconnaissance éternelle. Eternelle, j’espère que non. J’aime bien qu’ils aient la mémoire courte, à l’armée.

802

Rigel a fini par s’arranger. C’est fou ce qu’une bonne coupe de cheveux peut vous changer un gamin ! Il arrête pas de rebattre les oreilles d’une vieille des maisons rona, qui était passée chez nous, par pur hasard, le jour de son anniversaire. Vous avez même dû vous demander ce qu’elle fichait là, celle-la.
Comme il n’a plus sa grand-mère, c’est elle qui lui en tient lieu. Il lui confie toutes ses petites misères et surtout ses petites joies.
-Je grandis bien, je travaille bien, je vais bientôt avoir 20/20, et j’ai même pas envie d’entrer à l’école privée. Je me trouve très bien à l’école publique. Pas comme Merak qui voudrait aller à l’université.

Pourvu, que ça dure !

803

Depuis la mort des grand-parents, Kérine a repris en main l’éducation de ses enfants. C’est elle qui a aidé Rigel à faire ses devoirs. L’aurait bien fait de lui apprendre aussi à les poser sur le bureau, on lieu qu’on soit obligés de le faire pour lui. Sa mère a de grandes ambitions, tant pour lui que pour son frère. Si c’est pas lui qui demande à entrer à l’école privée, on peut compter sur Kérine, pour ne pas oublier.

804

Quand sa mère rentre du travail, Rigel n’oublie jamais de venir l’enlacer « amicalement » et elle se tient au courant de ses progrès.
-Tu as bien travaillé, mon bonhomme ? As-tu eu une bonne note, au moins ?
Comme si y avait besoin de le demander ! Elle a pas remarqué que ça passe pas inaperçu, les 20/20 ? S’il saute pas partout en poussant des cris de sioux, c’est que c’est pas encore pour aujourd’hui. Lui, c’est autre chose qui l’intéresse.
-Maman, pourquoi y a plus de fenêtres dans le garage ?
-Parce qu’il faut laisser Zosma se reposer. Elle craint la lumière du soleil depuis qu’elle est malade. Tu n’as pas remarqué comme elle est pâlotte ?
-Si, mais justement, le soleil, ça lui donnerait peut-être des couleurs.
-Non, mon chéri, le soleil lui est défendu. Elle pourrait en mourir, tu sais.
-C’est pour ça qu’elle s’habitue à dormir dans un cercueil ?

Dormir dans le cercueil, c’est l’obsession de Rigel. Faut drôlement surveiller. Pour peu qu’il soit encore dedans à 7 heures, le temps qu’il enjambe le truc-machin, Zosma pourrait bien se prendre un coup de soleil mortel, et on a encore besoin d’elle. Et pas QUE pour qu’elle complète ses barres.

805

Le comte Jourdan est devenu un habitué de la maison. Il passe souvent prendre des nouvelles de sa créature.
-Comment s’est passée votre journée, ma douce ? Vos collègues sont-ils compréhensifs ?
-Ils ont bien été un peu surpris quand je leur ai déclaré que je souhaitais travailler aux archives, au sous-sol, mais ils ont trouvé que j’avais l’air un peu malade…. RIGEL !!! Cesse d’écouter les conversations des grandes personnes !
Venez, cher Colin, nous serons mieux dans la chambre pour parler, à l’abri des oreilles indiscrètes, dit-elle en le précédant dans la chambre – bureau – nurserie.

Mmmmouais, les conversations ont bon dos.
A cette occasion, j’ai pu remarquer que le comte faisait preuve d’un goût plutôt douteux dans le choix de ses sous-vêtements. Serait pas vampire, serait un homme comme vous
et moi.
Nan, faut pas charrier, jamais j’aurais choisi un caleçon comme ça, moi.

807

Voilà, ça y est, il l’a ramené son 20/20, Rigel. Il l’a claironné assez fort, tout le monde est au courant. Quand je disais que ça pouvait pas passer inaperçu !
En prime, il nous annoncé, tout fier, qu’il avait été engagé dans l’orchestre de l’école, en tant que percussionniste. En son temps, Nathel avait été remarqué pour ses talents à shooter dans le ballon et intégré dans l’équipe de foot. Notez, ils se font toujours remarquer pour une raison ou pour une autre, mais ils sortent tous du lot, mes descendants.

Mais-bon, c’est pas une raison pour pas le féliciter le gamin.

808

Sélène se languissait au cimetière. Elle trouve que la vie de macchabée, c’est pas le paradis annoncé. Aussi a-t-elle décidé d’aller faire un petit pèlerinage dans son ancienne chambre. Elle a été plus que ravie de constater qu’ils avaient conservé le portrait qu’avait fait d’elle Samson, à l’époque où elle était encore la plus belle fille de Vipercanyon.

809

Elle errait, pleine de nostalgie, au premier étage, quand un bruit peu ragoûtant l’attira dans la salle de bain. Zosma s’y livrait à sa principale occupation : dégobiller dans les toilettes.
-Cette maison est une véritable porcherie, depuis que je ne suis plus là. Tu as vu ce que tu as fait ? Vole dans ton cercueil, et cesse de salir partout, sale vampire. Lui ordonna-t-elle, accompagnant sa remarque d’une grimace digne des cours de récréation. Elle n'avait même pas reconnu sa fille.

810

811

Zosma passait le plus clair de son temps à roupiller dans son cercueil, et le plus sombre à étudier, la nuit venue. Elle ne cessait de penser à son comte, oubliant complètement que, sur un coup de tête, elle s’était fiancée à un épouvantail à moineaux.

812

Elle décida donc de l’inviter pour un rendez-vous, qui commença par une bataille d’oreillers comme ils semblent les apprécier. Je trouve ça d’un débile moi, ces batailles d’oreillers ! De notre temps, nous avions tout de même des façons plus saines de nous amuser que de martyriser les oreillers. N’est-ce pas, ma Jeanne ?

813

Le temps de se remettre de la bataille, le comte s’était évaporé. Zosma a perdu un temps fou à le chercher sur tout le terrain. Elle a fini par le découvrir au pool house, occupé à une partie de bowling. Je vous avertis, avoir un bowling à la maison, c’est pas un bon plan. Le bowling, ça attire les gogos, impossible des les faire décrocher de leurs quilles. Le temps du rendez-vous s’écoulait, le comte lançait ses boules, Zosma n’arrivait plus à lui caser le moindre mot. Pour comble de bonheur, Colin, oubliant que c’était de sa faute, n’apprécia pas de jouer tout seul.
-C’était un peu nul comme rendez-vous. Il vaudrait mieux ne plus nous revoir, lâcha-t-il en guise d’adieu.

815

Heureusement, elle avait encore la possibilité d’user de l’énergiseur, grâce au point de nettoyage qu’elle avait acquis la veille et qui l’avait enchantée, tout comme la vision de Sélène s’enfuyant vers le cimetière.
Je sais pas si vous avez remarqué, mais, elle est aux petits oignons dans son garage. On lui a installé des WC, une douche, un mini frigo, un fauteuil acheté aux puces et une bibliothèque. Hé-oui, quand madame allait rendre visite aux toilettes familiales, elle ne se préoccupait pas de l’heure et elle avait bien failli mourir brûlée par le soleil.

816

Histoire de rentabiliser l’investissement, au lieu de la laisser toute la journée dans son cercueil, on lui a demandé d’étudier. Quand les besoins baissaient, un petit coup d’énergiseur et le tour était joué. Il était joué plusieurs fois par jour, parce que je peux vous dire qu’un vampire, c’est pas indiqué de lui demander de veiller le jour, même dans un garage sans fenêtres. En plus, on avait oublié la poubelle, et elle a encore failli passer l’arme à gauche en allant vider son paquet de biscuits dehors. C’est bien simple, pour la garder en vie, il ne fallait s’occuper que d’elle.

817

N’écoutant que son courage, elle appela Colin. Bien qu’il lui eut fait savoir qu’il ne voulait plus jamais entendre parler d’elle. Elle fut soulagée de l’entendre répondre.
-Bon, ça va pas me tuer de venir vous voir.
C’est vous dire si les relations étaient au plus bas.
Elle commença par s’excuser de lui avoir fait faux-bond.
-Colin, si vous saviez comme je regrette, mais j’avais une bonne raison.
-Une bonne raison pour me poser un lapin, à moi, le comte Colin Jourdan. Ca m’étonnerait ! Enfin, dites-toujours, j’aviserai.

818

Elle lui annonça qu’elle attendait un enfant, et qu’il allait bientôt être père.
-Un enfant ? Un petit vampirou-mignon ? Que ne l’avez-vous dit plus tôt ?
-J’ai essayé, mais vous refusiez de me parler. Vous étiez si remonté contre moi, expliqua-t-elle en s’excusant de nouveau pour le rendez-vous.

Puis elle tomba à ses genoux, lui jurant qu’elle n’aimait que lui et qu’elle aurait besoin de toute son attention pour mener à terme sa grossesse. Le comte se laissa convaincre. Il accepta de se laisser enlacer, embrasser, masser, câliner… bref, leurs affaires repartaient.

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23 décembre 2005

16. Un de perdu... six de retrouvés

819

Nous fûmes tout à fait rassurés lorsque le comte, bon prince, accepta de la rejoindre sur le lit et de se fendre d'un crac-crac.

820

Pendant que Zosma recollait les morceaux avec son comte, les autres ne perdaient pas leur temps. Nathel, par exemple, venait d’être nommé chef de staff, atteignant ainsi le sommet de sa carrière. Juste avant sa nomination, on avait testé son intégrité en lui proposant de commercialiser un médicament bidon. Mais il tint à lui faire subir des tests et conclut à son inefficacité. Il en fut récompensé par deux points de logique et deux points de charisme.

821

Sauf qu’ils auraient mieux été inspirés de lui donner une prime. Nathel n’en avait plus rien à faire des points de compétences. La veille, il avait accompli son rêve impossible de maîtriser toutes le compétences. Si seulement il avait pu faire cadeau des ses points supplémentaires à Benjamin, lui, il aurait apprécié. Mais... non.

822

Mérak commençait à faire le siège de ses parents pour aller à l’université. Sa mère, qui venait d’être nommée Maire de Vipercanyon n’arrivait pas à le raisonner, malgré des arguments en béton.
-Tu n’as pas besoin d’aller à l’université. Est ce que ça nous a empêchés de réussir notre carrière, ton père et moi ?
-Ouais, mais c’était de votre temps. A présent, il faut des diplômes, sans diplôme, pas de travail, ou alors des boulots minables. On passe pour des ringards, nous les Dubagne, à ne pas suivre de cursus universitaire.
-Des ringards ?! Raconte ça à d’autres, ton oncle idole du stade, ton père chef de staff, moi-même Maire, Benjamin général… tu en trouveras beaucoup des ringards comme ça, dans le coin.
Mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut rien entendre et Mérak traînait une tête de martyre qui me démangeait de lui mettre des claques.

823

Avec toutes les peines du monde, Zosma arrivait au terme de sa grossesse.
Elle n’était pas tellement grosse, on se demandait si le futur vampire ne serait pas un peu malingre. Il faut dire qu’avec le nombre de fois où elle avait failli mourir, ça n’aurait surpris personne.

824

Surtout quand elle avait un besoin urgent de se mettre à l’abri, et qu’il y avait un petit malin, dans le genre de... Benjamin, qui n’avait rien trouvé de plus confortable pour faire la sieste que son cercueil capitonné.
Toi, Benjamin, numérote tes abattis. T’as de la chance d’être encore loin d’avoir réalisé ton désir de connaissance.

825

Enfin, le grand jour s’annonça à grands cris de douleurs. Je devrais dire la grande nuit. Je me demande ce qui serait arrivé si elle avait décidé d’accoucher de jour. Elle nous sortit un petit Kaphir de couleur noire aux grands yeux gris-bleu. Encore heureux, il avait pas hérité des yeux rouges de son père.
Bon, un garçon, c’était pas trop la joie, on en avait déjà deux à caser. Mais on applaudit tout de même. On avait tellement craint pour lui, que c’était toujours bon à prendre.

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Mais voilà-t-il pas qu’elle se remet à se tordre de douleur. Le comte aurait-il fait des heures supplémentaires au lit ?
On se demandait où elle le cachait, mais il semblait bien qu’elle était sur le point de nous en pondre un deuxième.

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C'est une fille, à la peau mate et aux yeux verts. Le choix du roi, comme on dit.
Elle l'a appelée Agéna.

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A peine le temps de déposer Algéna sur le sol, voilà qu'elle se remet à se tortiller.
Elle a pas l'intention de battre le record de Mahlaut, j'espère. Parlez pas de malheur !

Il semblerait pourtant que oi. Et voilà encore un garçon à la peau noire et aux yeux verts, qu'elle prénomme Farhid.
Mais... c'est pas vrai ! Voilà-t-il pas qu'elle remet ça.

Encore une fille, noire aux yeux gris-bleus. Le choix de la reine, sans doute.
Et le petit prince ? J'espère qu'il a pas l'intention d'emboîter le pas au cortège.
On commence à être à court d'idées pour les prénoms, on avait prévu un garçon ou une fille, pas toute une tribu d'enfants de vampire.

Et pourtant... ces cris ne me disent rien qui vaillent. Quand je l'ai vue déposer Phyllis sur le sol, j'ai commencé à trembler. Et mes doutes se sont révélés fondés.

Et allez donc, encore une fille. Me demandez pas la couleur de ses yeux, j'ai même pas eu le temps de regarder, parce que figurez vous qu'après Khali...

Eh-ben, après, il y a eu Zeneb, un autre garçon à la peau café-au-lait et aux yeux verts. Ben mon z'ami. Je sais pas pourquoi le comte n'aimait pas les lapins, parce qu'en fait de lapin, il est le roi. Myxomatosé à souhait avec ses yeux rouges. Je veux bien qu'il voulait du sang neuf pour retaper sa descendance, mais il était pas forcé de venir nous pourrir la nôtre. 13 Sims à gérer, il se rend pas compte. J'aurais même plus le temps de faire ma sieste au cimetière. Et puis treize, ça porte malheur.

Et qu'on vienne pas me dire qu'on n'a pas pris assez de photos de cette période noire. C'était l'enfer !
Et en enfer, on pense pas forcément à sortir son polaroïd.

Je vous avais bien dit que le chiffre 13 portait malheur. En tous cas, ça c’est confirmé pour Mérak. Ils étaient tous occupés à changer les membres de la tribu à tour de rôle et sa mère l’avait chargé de nettoyer les fesses de Khali. Soudain, on a entendu un grand cri. Le premier sur les lieux fut Rigel, qui ne comprenait pas pourquoi Mérak gisait par terre et qui était cette califoufiette en manteau noir qui cachait son visage sous un grand capuchon. Le temps que les autres s’avisent de sa présence, il était trop tard pour tenter quoi que ce soit.

Remarquez, j’ai bien ma petite idée sur ce qui a provoqué sa mort. Figurez-vous que Mizar bave d’envie devant les voitures. Il s’amuse à monter dedans, allume les phares et la radio. Bref, il en veut à la terre entière de ne pas avoir eu de voiture quand il était encore vivant. Je le soupçonne fort de s’être vengé en allant effrayer Mérak. Comme je vous l’ai dit, ils étaient tous à bout de nerfs et exténués, malgré l’embauche de deux nounous pour leur donner un coup de main. Pas étonnant que Mérak ait succombé. Pour le moment, il ne veut rien dire, il se terre dans son cercueil, mais il finira bien par nous raconter son trépas.

Kérine ne cesse de se faire des reproches.
-Mérak était fatigué, si fatigué, si tu savais Rigel. Je n’aurais jamais dû lui demander de changer Khali. Et j’aurais dû supplier la faucheuse. Mais je donnais le biberon à Zeneb, je ne l’ai pas vue venir.
Rigel, le pauvre gosse, essaye de la consoler comme il peut, mais lui même n’est pas très rassuré.
-C’est pas de ta faute maman, il a poussé un grand cri, comme s’il était effrayé, et puis il est tombé. Mais… moi aussi, je suis fatigué, des fois, peut-être que je vais mourir aussi.
La voix de Kérine se brisa
-Oh, mon chéri, mon poussin, ne dis pas ça. Tu es ma seule consolation. Si tu devais disparaître aussi, je ne le supporterais pas. Mais, je vais veiller sur toi, mon amour, je serai toujours derrière toi, afin que tu grandisses bien, que tu sois heureux.

Nathel versa également bien des larmes. Plus que moi, je dois bien l’avouer. Et une aspiration amour de moins et un joli fantôme rose de plus, que demander de mieux ? Nan, je suis pas sadique, je vois le bon côté des choses, c’est tout. La seule chose qui me gêne, -et là, vous allez dire que j’exagère, (mais si peu)-, c’est qu’il pourra pas donner un coup de main aux gamins pour leurs devoirs. Pour le reste… c’est pas les descendants qui manquent, un de perdu, six de retrouvés !

Par un terrrrible concours de circonstances, Zosma est également décédée. Remarquez, son décès est passé comme une lettre à la poste. Tout juste ont-ils soupiré un peu. Le plus fort soupir, c’est encore moi qui l’ai poussé en regrettant qu’elle ait pas eu le temps de remplir ses barres de compétences. Vous voyez bien, que je suis sensible, dans mon genre. Faut dire qu’elle l’avait bien cherché, quand même. A-t-on idée de se faire dorer au soleil sur un banc dans son état ? Tout le monde la croyait bien à l’abri dans son cercueil, mais… quand le sort s’en mêle.

Le sort, c’est la flemme des livreurs, qui peuvent pas grimper quatre marches pour venir sonner à la porte d’entrée. Non, faut qu’ils sonnent à la porte du garage. Ben, ça l’a réveillée, notre vampire. Vous pensez bien qu’entre les couches, les bains et les biberons, c’était pas le boulot qui manquait à la maison, personne ne veillait plus sur elle. Et voilà le résultat : un petit tas de cendres nauséabond, qu’il a fallu ramasser à la balayette, qui plus est.
Mêêêêêê…. Un nouveau fantôme, dont je ne connais pas la couleur, ça console tout de même un peu. Non ?

Le malheur pouvait continuer à s’acharner sur notre famille, Rigel devint ado, ayant retrouvé une belle couleur platine et ses parents placèrent tous leurs espoirs en lui. Fils unique désormais, il ne pensait plus qu’à fonder une famille nombreuse.
Dommage que les sextuplés soient pas tombés sur lui, mais sur feue Zosma.

Un petit coup d’œil sur la salle à manger, transformée en nurseries, pour vous donner un aperçu du chantier. Vous me direz « Oh, c’est pas si compliqué, les Dubagne, ils ont l’habitude avec les sextuplés, c’est pas comme si ça tombait chez des pauvres légacistes sans expérience ».
Ben-voyons ! Sauf que la première fois, la maison s’y prêtait, tandis que là, non.
Ils ont d’abord essayé de mettre les bébés dans des pièces séparées, pour ne pas qu’ils se réveillent les uns-les autres. Mauvaise idée. Il fallait faire toutes les pièces de la maison pour découvrir "LE" lit vide. Parce que c’était pas forcément celui où on avait pris le bébé. Les nounous y veillaient.

Finalement, après avoir essayé le salon, ils ont fini par les regrouper dans la cuisine/salle à manger, à portée de frigo et de poubelle. Le chantier ! Non-mais, le chantier ! Me souviens pas que ceux de Mahlaut étaient si casse-bonbons. Faut dire qu’ils étaient pas tous en platine, et ça manquait de vieux à la retraite. Alors, fallait se succéder au chevet de ces chers bambins. C’est bien simple, pas une minute de repos, de jour comme de nuit.
Les nounous… parlons-en des nounous, faire des chatouilles, donner le biberon à celui qui en avait le moins besoin, ramasser un biberon par ci, un autre par là, ça, elles savaient faire. Mais attendre qu’ils aient fait dans leurs couches pour les changer, et par là-même brailler à s’en décrocher la mâchoire et réveiller les autres, elles savaient faire aussi.
Si bien que vous serez pas surpris d’apprendre qu’ils ont passé leur rare temps libre à leur apprendre le pot. Presque toujours sans lait futé, l’aurait encore fallu qu’il y ait du platine dan