MAX DUBAGNE

Le legacy challenge de Max Dubagne. 10 générations de Sims pour réussir ce challenge proposé par Pinstar.

21 février 2006

24. Le fils prodige

A109

Et donc, Kérine et Nathel attendaient avec impatience le retour du fils prodige. JE SAIS qu’on dit le fils prodigue, mais encore heureux qu’il soit plus prodige que prodigue.
-Ah, Nathel, j’ai cru que ce jour n’arriverait jamais. Ces quatre années m’ont semblé durer des siècles, confiait Kérine à son mari.
-Mais tu es bien heureuse à présent, d’avoir comme fils le premier diplômé des Dubagne. Tu vas pouvoir en profiter. Ne le couve pas trop, il n’était qu’un ado boutonneux en partant, mais c’est un homme à présent, conseilla Nathel.
-Pour moi, il sera toujours mon tout-petit. Savoir qu’il va rentrer, c’est trop de bonheur, trop de bonheur répétait-elle inlassablement.

A110

Sûr que c’était un homme à présent. Il allait pas tarder à leur prouver à quel point. A peine descendu du taxi qui le ramenait de l’université, il appela sa chère Karine et lui offrit une superbe bague de fiançailles qu’elle accepta avec empressement et lui proposa d’emménager. Elle s’inscrivit dans une tradition que je croyais révolue, rapportant 1 000 $ et un inventaire vide.
-Tu crois que tes parents vont m’accepter ? C’est peut-être aller un peu vite en besogne, s’inquiéta Karine. Mais Rigel lui assura que ses parents seraient ravis.
- Maman ne cessait de me demander si j'avais une petite amie. Elle a tellement hâte d'être grand-mère, et papa... du moment que ça fait plaisir à maman
.

A111

Hélas le bonheur de Kérine fut de courte durée. Elle avait eu raison de dire que c'était trop. Son fils lui avait tellement manqué, et il revenait fiancé. Elle allait pouvoir être grand-mère, un désir qu’elle caressait depuis si longtemps.
Son cœur fatigué n’avait pas résisté à la tendresse qui l’étouffait
.

A112

Elle s’en alla sans faire de bruit, la faucheuse ne se dérangea même pas, elle se contenta de lui envoyer sa faux et le verre d’alcool du condamné sur fond de musique des îles.
Faudra que j’aille lui dire deux mots. Ca se fait pas des trucs comme ça.

A113

Vous dire le chagrin de Nathel. Il n’avait vécu que pour rendre sa femme heureuse, lui faire oublier la mort de leur fils Merak et le départ de Rigel pour l’université. Si elle trouvait encore la force de sourire, c’était grâce à lui, à ses petites attentions, à ses baisers, à la manière qu’il avait de se moquer d’elle gentiment.
-Pleure pas, tu le reverras, ton fils !
Mais aujourd’hui, qui le consolerait, lui, de la mort de sa tendre épouse ?

A114

Rien. Même l’annonce de la grossesse de Karine ne put l’arracher à sa dépression. Il ne se rasait plus, se laissait grossir, errait dans la maison comme un mort-vivant, n’espérant qu’une chose : la rejoindre. Partager sa mort comme il avait partagé sa vie. Heureusement qu'il avait obtenu son désir à long terme, finalement, ça nous a évité le  psy.

A115

Rigel, quand il sut qu’il allait devenir père, tint à épouser sa promise. Il lancèrent des invitations.
Algéna et Farhid étaient sur la liste. Et Benjamin, de son côté avait racolé deux amis à lui qui s’incrustèrent durant la cérémonie et le repas qui suivit. Comme la mort de Kérine était encore très proche, les mariés choisirent (enfin choisirent, je me comprends) de s’habiller sobrement. Point de robe blanche ni de smoking, du tout les jours amélioré.
Le courant passa immédiatement entre Farhid et Karine.
Remarquez, Farhid, lui, dès qu’il voyait une jolie femme, le courant passait.

A116

Ce fut tout de même une belle cérémonie. A part Nathel qui tirait une tête d’enterrement et les mariés qui dédaignèrent l’arche de mariage pour s’unir à côté du buffet. C'était bien la peine d'avoir déroulé le tapis rouge !

A117

C’était pourtant le plus grand mariage qu’on eut jamais organisé chez nous : arche de mariage (pfff) ballons, fleurs, buffet, champagne et pièce montée. Rien ne manquait, sauf… l’ambiance.
Ben-oui, à cause de Nathel qui pleurait dans son assiette, personne n’osait avoir l’air de s’amuser. Ca valait bien le coup d'avoir fait des frais. On courait vers le désastre.

A118

Heureusement, le champagne aida à détendre l’atmosphère. Avec un petit coup dans le nez, les invités commencèrent à trouver qu’après tout, c’était pas si mal, ce mariage.
-Comme c’est original, la mariée a la même robe que moi. C’est parce que vous êtes en deuil ? appuya bien lourdement la copine à Benjamin.
-Non, c’est parce qu’on aime bien se faire remarquer, rétorqua Rigel. Du moment qu’on donne du blé à moudre à la boite à ragots, y a pas plus heureux que nous.
-Wouarf, wouarf, ce qu’il est drôle. Un ban pour le marié, allez, tous avec moi : hip-hip-hip... HOURRAH !! cria l'assemblée en faisant un tintamarre pas possible avec les flûtes.

A119

Pendant qu’ils se dessaoulaient dans le bain à remous, trouvant à présent que c’était tellement original que c’était presque aussi beau que le mariage du prince Charles, Nathel avait le vin triste.
-Si seulement Kérine avait pu voir ça. Elle est partie trop vite, ça l’aurait rendue si fière, si heureuse de voir son fils réussir une fête inoubliable. Du jamais vu dans la famille. Et moi ? Pourquoi je suis encore là ? Que me reste-t-il à espérer ? Mon fils marié, un bébé à naître, je pourrais partir à présent, la descendance est assurée. J’ai fini de jouer, la partie ne m’intéresse plus. Mais c'est qu'il nous tirerait des larmes, l'animal.

A120

Un mariage aussi original, comme dirait l’autre tache, ne pouvait pas se terminer de façon banale. Aussi ont-ils fait fort pour le final. Ils avaient commandé une limousine pour partir en voyage de noces. Mais au moment d’y grimper, la mariée s’est ravisée.
-Dans mon état, ce ne serait pas très prudent.
Rigel a eu beau lui démontrer par A + B qu’au contraire, ça lui ferait le plus grand bien, rien à faire.
-Nan-nan, je t’assure, tu n’as qu’à y aller tout seul, moi je préfère rester à la maison. Et puis, on ne peut pas abandonner ton père, t'as bien vu qu’il ne va pas très fort.
Rigel hésita bien un peu, mais zut, la limousine, le voyage de noces, tout ça avait coûté bonbon. Tant qu’à faire que de tout perdre, autant qu’un des deux en profite. Il s’est offert le voyage tout seul. Et il a bien fait, le pauvre petit.

A121

Pourquoi je dis « pauvre petit » ? Attendez un peu, z’allez comprendre.
Sitôt rentré de son voyage, une grande discussion éclata entre les nouveaux-mariés. Karine voulait absolument trouver un emploi. Dans la police, tant qu’à faire, car elle rêvait de devenir ultra-sim. Une de plus ! Me demande ce qu’ils vont en faire de tous ces ultra-sims dans la police. Tu regardes les désirs à long terme, y a de l’ultra-sim à foison.
-Pourquoi tu voudrais travailler ? On est bien assez riches comme ça. Tu n’as pas fait d’études, tu seras payée avec un élastique. Je suis le chef de famille, c’est à moi d’assurer votre subsistance.
-Rigel, c’est quoi ce discours de macho ? J’ai besoin de m’épanouir dans un travail, je vais pas rester à la maison à récurer les casseroles. Et puis, tu ne gagnes pas tant que ça en tant que vedette de comédie musicale, riposta Karine. Mais Rigel n’en démordait pas
- Tu paries que j'ai une promotion ? Il me manque deux points de physique, tu paries que je les ai ce soir ?

A122

Quand un Dubagne veut quelque chose, c’est quelque chose ! Voilà qu’il se met à courir comme un dératé sur la machine. Ses barres baissaient dangereusement, il n’en tenait pas compte. Je suis allé le mettre en garde. - Qu'est ce que tu cherches ? A te crever ? Vas te coucher, demain il fera jour, t'as tout le temps de les avoir tes points de physique, y a pas le feu.

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-Nan, j’ai parié que je les aurai ce soir, je les aurai ce soir. Il me manque un poil, après je pourrai me retaper à l’énergiseur. T’es gentil Max, mais c’est pas toi qui vas me dicter ce que j’ai à faire.
C’est ça les petits frimeurs qui sortent de l’université, ça croit tout savoir mieux que tout le monde. La voix de la sagesse, ils veulent pas l'entendre.

A124

Et voilà ce qui arrive aux enfants entêtés. Cet abruti de Laurent Marques, le paria du cimetière, est venu lui faire une frousse du diable alors qu’il s’apprêtait à monter sur son énergiseur. Et il est mort sur le coup, pauvre petit. Heureusement qu’il avait touché la récompense professionnelle, le robot qui sert à faire des opérations de chirurgie esthétique. Moi, ça me console.

A125

Moi, oui, mais Nathel, c’est une autre histoire. C’est vrai qu’il a joué de malchance aussi : Deux fils, deux morts de frousse. Déjà qu’il était pas très brillant depuis la mort de Kérine, ça l’a achevé. Tiens, encore une bonne raison de ne pas cracher sur le désir à long terme. Je connais des psy qui vont pas tarder à pointer au chômage.

A126

Le soir même, il appelait la mort à grands cris, elle lui a envoyé la faux et le cocktail, vi, et la musique des îles enregistrée aussi. J’avais pas eu le temps d’aller lui dire ce que je pensais de la façon dont elle sabotait le boulot. Et les vahinés ne valent pas mieux. Puisque la patronne n’est pas là, pourquoi se casser ?

A127

Vous allez dire que j’ai pas de cœur.  Mais si, ça m’a fait de la peine de voir mourir Rigel. -Je parle pas de Nathel, il demandait que ça-. En plus au train où il était parti, je voyais bien Rigel réussir le désir impossible des 10 têtards. Maintenant, mes espoirs reposent sur Karine. J’espère qu’elle se remettra de la mort de son mari. Après tout, elle est encore jeune, et puis, avec l’élixir, elle peut le demeurer longtemps. En attendant, faut prendre soin d’elle. Elle l’aimait son Rigel, quoique… quoiqu’à y regarder de plus près, c’était quoi, cette crainte d’être « prise sur le fait ? ».

A128

Fallait s’y attendre, avec toutes ces émotions, Karine accoucha avant terme. La première représentante de la 8ème génération prit le nom d’Ophélia. Elle ressemblait à son père, yeux bleux/verts  et cheveux blonds.

A129

C’est toi qui vas être contente, ma Jeanne. Les gênes Marquès ont pris le pas sur ceux de Dubagne. Tu l’as tant souhaitée, cette fille qui te ressemble, je crois que ton désir va être exaucé.
-Tu veux que je te dise, Max ? C’est trop tard ! Ton challenge, ton fichu challenge, tu ne penses qu’à ça. Je n’ai plus qu’une hâte, qu’il se termine le plus vite possible. Enfin, tu trouveras le temps de te reposer, enfin, tu resteras à mes côtés. Tu passes ton temps entre la maison et l’université, c’est usant de te voir aller-venir, comme ça.
-Ah, oui, tiens, l’université, ça fait un moment que je n’y suis pas allé. Tu as bien fait de m’en parler.
- Tu ne changeras donc jamais ! (soupir).

A130

Pendant ce temps là... Raz-de-marée Dubagne à la résidence où Khali, Farhid, Zeneb, Phyllis et Kaphir ont retenu une chambre, en attendant de pouvoir rejoindre l’association. Ils sont tous excités comme des puces. Me demande s’ils sont là pour travailler ou pour faire la fiesta, mais ils sont là.  Dès leur arrivée, ils ont tiré au sort à qui demanderait à rejoindre Algéna en premier. Et devinez qui qu’a gagné.

A131

C’est Khali ! La grande Khali, l’énorme Khali je devrais dire. Elle était déjà bien moche, mais le régime cantoche ne l’a pas arrangée. Ca ne sait pas se tenir, que voulez-vous, ça se dépêche de finir son assiette pour aller au rab. Ca n’a pas remarqué que le rab y en avait toujours. C’est comme le bout du tunnel dans ce challenge, on ne le voit jamais.
Ennnfin, au bout de quelques semaines, l’ogresse a appelé Algéna.
-Y aurait pas une petite place pour moi dans l’association ?
-Mais bien sûr, on n’attend que vous. Les autres ne viennent pas avec toi ?
-Nan, on a tiré à la courte-paille et c’est moi qui ai fumé la paille. Heu, je voulais dire tiré. Ca veut dire quoi, ce lapsus ?

A132

-Tu devrais dire à ta soeur de faire attention, elle va s’attirer les foudres de l’entraîneur sportif. Elle ne sait pas comme il est pénible quand il se met en tête de prendre quelqu’un en mains. Lui a conseillé son amie Ariane, inscrite elle aussi sur la liste d’attente des postulants à l’association.
-Je pourrais peut-être aussi lui conseiller de changer de look, qu’est ce que t'en penses ? Ca lui va pas terrible, sa coiffure.
J'aurais pas dit mieux.

A133

Elle connaît bien les lois du campus, la petite Ariane, depuis le temps qu’elle se traîne en première année. En tous cas, elle avait dit vrai pour l’entraîneur, Daniel trucmuche a débarqué, vociférant comme un sergent-chef.
-Vous me ferez 50 pompes bande de tire-au-flanc, et que ça saute ! An-De, An-De !
-Sergent, heu, Daniel, ne perdez pas votre temps, si vous voulez, je serai son manager. Je vous promets qu’elle va faire du sport, a proposé timidement Algéna. Pourtant, timide, c’est pas son style, mais le Daniel l’impressionnait. Faut dire qu’il était impressionnant, il portait sur lui toute la bêtise de l’armée, son précédent métier. C’est vous dire s’il était chargé.
-Une forte tête ? Vous voulez tâter du mitard ?
Algéna a su trouver les mots pour le convaincre.
-Je respecte trop la discipline pour jouer les fortes têtes. C’est simplement que je pensais que votre temps était précieux. On voit bien que vous vous entraînez à mort. Quelle forme ! Quel physique ! Je peux toucher vos biceps ? Mmmm, c'est du bé-ton !

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Elle avait réussi à amadouer le cerbère. Il l’avait chargée de surveiller les progrès sportifs de Khali. C’est pas qu’elle y mettait tellement de bonne volonté, remarquez bien. Elle faisait une ou deux fois le parcours du combattant, et elle s’arrêtait net
-Ce n’est pas possible, ça pue trop. C’est quoi cette odeur de crotte ?
-Ah, ça, c’est le cadeau du jardinier de Dirah. Hein Dirah ? Explique-lui que depuis ton rendez-vous raté, les paquets de crottes enflammés ont disparus, mais que l’odeur est restée. C’est infect, mais choisis, c’est l’odeur ou c’est Daniel sur notre dos à longueur de journée.

A135

Khali a choisi. Elle a réussi à perdre ses bourrelets en faisant un peu de sport tous les jours. Après quoi, Algéna, décidément trop bonne, a essayé de retaper sa sœur. Y avait du travail, son fantôme de mère s’y était déjà cassé les dents de vampire.

A136

Des fois que vous le sauriez pas, chez Dubagne, on n’est  pas contents si on ne vit pas les uns sur les autres. Alors Khali s’est empressée d’introduire le coq Farhid dans la basse-cour. Il a fait des ravages le petit coq. Les gallinacés, c’est comme les gastéropodes, très prisés des damoiselles. Toutes ces aspirations amour de la précédente génération se pâmaient devant son beau corps musclé qu’il étalait sans vergogne en jouant des pectoraux. Il n’en décourageait aucune, mais il avait sa petite préférence. Et sa préférée, c’était Dirah. Me demandez pas pourquoi c’est toujours Dirah la préférée, c’est comme ça. Elle plaît à mes descendants, un point c’est tout. Remarquez, les autres ne font pas tapisserie. Tenez, voyez, Aïnitak, elle, elle plaît au professeur Lucas. Elle lui plaît même beaucoup. C’est d’ailleurs grâce au professeur qu’ils peuvent maintenant se déhancher devant une superbe chaîne-hi-fi. Un cadeau qu’il lui a fait au sortir d’un rendez-vous qui s'était terminé devant un verre. Enfin devant un verre... je me comprends.

A137

C’est dans la dernière ligne droite de la 4ème année d’Algéna que la nouvelle du décès de Rigel est tombée. Tous les membres de l’association en ont été bouleversés. Pour sa fête de fin d’études, Algéna a souhaité la plus grande simplicité. Il n’était pas question de ballons, de buffet, ni de tralala. Ils ont tout de même trinqué à sa réussite, et Algéna a pris la parole.
-Cette réussite, Rigel, c’est à toi que je la dois. C’est grâce à tes efforts que notre association existe, c’est toi qui nous a montré la voie. Aussi, je propose qu’on l’appelle désormais l’association Rigel.Tout le monde a applaudi, et en essuyant une larme, Algéna a repris le chemin de la maison.

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22 février 2006

27. Retour à la case départ

A138

A la maison, tous les fantômes, et moi en tête, se sont réunis pour protester. Durant mon absence, Karine avait fait disparaître la tombe de sa belle-mère. Elle l’avait placée dans son inventaire sous le prétexte que, s’agissant d’une tombe normale, avec une aspiration à la famille non réalisée, elle prenait de la place pour rien au cimetière, et que des fantômes, il y en avait déjà bien suffisamment pour traumatiser les vivants. Vous le croyez, ça ?

A139

Et ce pauvre Nathel qui attendait que la mort les réunissent, était désespéré. Il errait comme une âme en peine dans la maison à la recherche des souvenirs de sa chère disparue. Il s’effondra devant le dernier tableau qu’elle avait esquissé avant de mourir.
-Pourquoi ? Pououourquoi ? C’est trop cruel, c’est trop injuste ! Rendez-moi ma Kérine, rendez-moi sa tombe.
Karine n’aurait-elle pas de cœur ? Elle n’entendait pas sa plainte, et nous nous demandions s’il convenait d’agir ou de laisser faire le temps. En tous cas, elle avait réussi à se mettre tous les fantômes de notre famille à dos.

A140

C’est dans cette atmosphère d’ébullition spectrale qu’Algéna revint au foyer. Son premier travail fut de réparer l’ordinateur pour chercher du travail. Pour le moment, on ne lui proposait rien qui soit en rapport avec ses capacités. C’était bien la peine d’être diplômée pour se retrouver coincée dans un travail ordinaire. Elle accepta cependant un petit boulot dans les sciences en attendant de trouver mieux.

01

L’ingrate Karine ne portait pas le deuil. D’après elle, ça aurait traumatisé Ophélie. Elle avait décroché son travail dans la police et espérait toujours devenir ultra-sim. Je me demandais comment elle arriverait à concilier son désir d’avoir 10 enfants avec un travail aussi prenant.
C’est que je le connais, moi, le métier, c’est pas ce qu’on croit. Sûrement qu’il y aurait moins de prétendants au poste s’ils savaient ce que c’est tuant de voler au secours des Sims paranos qui crient au voleur et de jouer les hélicoptères pour suivre les bandits à la trace. Surtout quand les bandits, c’est LE cambrioleur qu’on n’a pas vu pointer son nez à Vipercanyon depuis que j’y avais été nommé agent de sécurité. C’est vous dire qu’il se planque tellement bien que les braves gens peuvent dormir tranquilles. Leurs valeurs ne craignent rien, il est terré chez lui, le voleur. Si tant est qu’il existe encore.

02

Les voisins, toujours contents de pouvoir mettre le nez dans nos affaires, avaient assurée la jeune veuve de leur soutien. Benoît Pasquier, qui revendiquait bien haut son statut d’écossais, était le plus empressé. J’aime pas le voir toucher à mon héritière. Karine ferait bien de se méfier, à défaut de voleur, on pourrait bien avoir affaire à un kidnappeur d’enfants. C’est pas que je me joue des films, dans d’autres quartiers, dans d’autres familles, on a déjà vu ça. Et avec notre fortune, ça pourrait donner des idées à plus d’un. Heureusement, l’instinct maternel a dû parler, elle lui a repris notre trésor des mains.
-Laissez, Benoît, c’est très gentil de vouloir porter le bébé, mais je dois lui donner le biberon.

03

Surtout qu’en cas de besoin, elle pouvait toujours compter sur l’aide de Benjamin. Si j’avais cru qu’un jour je me féliciterais de l’avoir à domicile, celui-là ! Mais dans cette période, il a vraiment assuré. D’abord, avec ses quatre jours de congés par semaine, il était pratiquement toujours à la maison, et d’autre part, étant en platine à vie, il pouvait user de l’énergiseur en veux-tu en voilà. Ils nous a évité les frais de nourrice. Et il était aux petits soins pour Ophélie. Me demande même s’il n’aurait pas aimé être aux petits soins pour sa mère, le vieux gars. Mais sur ce coup là, il a joué de malchance.

04

En apprenant le décès de Rigel, Farhid avait été bouleversé, comme tout le monde. Mais lui, il pensait à Karine avec laquelle il s’était tout de suite senti en affinités. Il s’échappa donc de l’université pour venir lui rendre une petite visite et l’assurer de son soutien, à son tour. Je voyais bien le manège, Karine l’avait accueilli comme le sauveur.
- Tu reviens vivre avec nous Farhid ?
-Ah-ben, c’est pas demain la veille, hein, Farhid ? Il faut qu’il poursuive ses études, et puis… il y a Dirah, hein Farhid ? insinua Algéna.
-Dirah ???
-Ben oui, Dirah, explique à Karine, que tu en pinces pour ta jolie cousine, mon petit Farhid.
Farhid se serait bien gardé d’en parler, mais puisque Algéna l’y poussait.
-Bah, elle me plaît bien, c’est sûr. Mais d’ici à faire ma vie avec elle… Je ne suis pas mûr pour le mariage. Et puis, on peut toujours changer d’idées, ce ne sont pas les jolies femmes qui manquent, lança-t-il en fixant intensément Karine dans les yeux.

05

Il arrive cependant que les amours nées à l’Université trouvent des prolongements dans la vraie vie. -Oui, pour moi, l’Université, c’est pas la vraie vie, c’est du temps de perdu, c’est tout. Mais puisqu’ils veulent tous y passer, et  puisqu’à présent il nous faut 14 récompenses, alors qu’on pensait avoir gagné notre point, ils y passent-.
Tout ça pour dire, que Daniel trucmuche, le juteux de service des sports, a débarqué dans notre rue un beau matin. Sous l’effet de la surprise, Algéna l’a accueilli en l’embrassant à pleine bouche.
-Daniel, Daniel, comme c’est gentil de venir me voir. Parle-moi des autres, ils ne donnent jamais de nouvelles. Comment vont-ils ? Et Khali ? Elle tient toujours la forme et pas les formes ?

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23 février 2006

28. La 8ème génération s'étoffe

A141

-Pour le moment, elle se maintient, mais elle a plutôt intérêt à faire attention avec les tombereaux de sandwiches au fromage fondu qu’elle s’envoie. L’informa Daniel.
C’est quoi cette histoire ?
Ooooh, il va encore falloir que j’aille faire un tour là-bas, je sens ça ! Dès qu’on leur laisse la bride sur le coup, ils inventent n’importe quoi.

A142

-Mais assez parlé de Khali, c’est toi que je viens voir, ma toute belle, reprit Daniel. Dis-donc, dis-donc, tu es encore plus séduisante que dans mes souvenirs. Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir pensé à toi jour et nuit.
-Tu as pensé à moi tout le temps ? Oh, Daniel, ce que tu peux être chou ! s’écria Algéna en lui sautant au cou, faisant vaciller Daniel qui s’en tire bien. Il fait comme le roseau, il plie mais ne rompt pas.

A143

Après lui avoir fait faire le tour du propriétaire dans les moindres recoins, Algéna l’invita à s’occuper de la propriétaire. C’est vrai qu’ils sont propriétaires maintenant, les Algéna, Fharid, Khali et compagnie. Du moins tant qu’on n’a pas encore décidé du nom de l’héritier. Pour le moment, y a pas photo, pour la 8ème génération, je vois qu’Ophélia. Quoique d’après ce que j’ai cru entendre, -et j’ai encore l’ouie assez fine- elle pourrait bien se trouver bientôt confrontée à de la concurrence.

A144

En attendant, -ça pousse plus vite quand c’est ceux des autres, vous l’avez sans doute remarqué-, l’anniversaire d’Ophélia s’annonçait sans tambour mais avec trompettes et crécelles.
On allait enfin voir si elle ressemblait vraiment à Jeanne, la merveille. D’ailleurs, pour une fois, ma Jeanne a accepté de quitter son suaire pour assister à l’évènement.

A145

C’était son portrait tout craché ! Même cheveux blonds, mêmes yeux verts, même nez mutin.
Je sentis les débris de mon cœur s’emballer dans sa cage thoracique.
Oui, on ne peut plus parler de poitrine, z’avez qu’à regarder la faucheuse, avec son suaire tout déchiré, pour avoir une idée de ce qui se cache sous mon polo de retraité. Quand je pense qu’il y en a qui disent que c’est triste de vieillir. Ben moi, je réponds, vieillir c’est rien, à côté de se désagréger !

A146

Enfin, tout ça c’est encore rien à côté de ce qui nous attend à la fin de ce maudit challenge
Je suis sûr, sûr, vous m’entendez, que lorsqu’ils auront terminé et récoltés les lauriers de ma gloire, ils s’empresseront de vider le cimetière. Avec un peu de chance, on ira remplacer les Meunier dans leur palace pour macchabées. Dans le pire des cas, on disparaîtra simplement, comme ces paquets malodorants qu’on envoie dans la cuvette des WC. Se demande-t-on jamais ce qu’ils deviennent ?
Je sais pas ce qui me fait penser à ça !

A147

Si en tant que bru, Karine s’était montrée en dessous de tout, en tant que mère, elle assurait. Puisque le père n’était pas là, c’est elle qui s’est chargée de l’éducation de la rescapée.
Ben-oui, imaginez que Rigel soit mort sans enfant, c’en était fini de la famille. Vous me direz… il y avait encore de quoi relever le flambeau. Oui-mais, moi, mon chouchou, mon préféré, c’était Rigel. J’ai bien le droit d’avoir mes petites préférences quand même !

A148

Et donc, elle se chargea du pot, de la marche et du langage. Si avec ça la petite grandissait mal, ça ne serait toujours pas de sa faute. Elle avait du mérite quand même, conjuguant son métier assez prenant, -j’en sais quelque chose- et l’éducation de la bambine. Parce que les autres, le Benjamin et Algéna, fallait pas trop compter sur eux.

A149

Benjamin était tout occupé à arrondir le bas de laine de la famille. C’est que ça coûte d’envoyer tout le monde à l’université maintenant. En plus de la corvée de cueillette de simflouzes qui lui revenait de droit, étant toujours couleur platine, il avait dégotté une presse à faux billets dans une usine désaffectée. Et il y passait des heures et des heures, le Benjamin. Puisqu’il avait fini de remplir ses barres de compétences, (pas trop tôt, mais quand même !) il fallait bien qu’il se rende utile à quelque chose, en dehors de ramener sa paye et de remplacer la nounou quand Karine partait travailler.

A150

Quant à Algéna, elle était toujours fatiguée. Pas tant par une grossesse que j’avais bien flairée, que par les visites incessantes de cette vache de Claire. Si elle croyait s’en être débarrassée en quittant le campus, elle se trompait. Toujours délicieusement taquine, elle venait à présent faire ses farces à domicile et seule Algéna réussissait à lui faire entendre raison.

A151

Une qu’on croyait morte, c’est Eliah, vous savez, la fille d’Alpherg.
A l’université, impossible de la croiser, à croire qu’elle séchait les cours. C’était quasiment l’arlésienne. Tous ses cousins en avaient entendu parler sans jamais la rencontrer. Heureusement que chez ses tantes, on avait conservé son numéro de téléphone pour essayer de la contacter. Mais jusqu’à présent, elles s’étaient toujours heurtées au répondeur.
Enfin bref, tout ça pour dire que si elle se faisait rare là où on l’attendait, elle avait trouvé le moyen de débarquer là où on n’en avait rien à faire. Elle adorait sa petite cousine et venait la voir régulièrement.

A152

Les naissances, à la maison, c’est devenu d’une banalité ! Et celle du bébé d’Algéna, fruit de sa relation illégitime avec l’obsédé des altères ne déplaça pas la foule.
Je jetai un œil, juste pour voir si le bébé se présentait bien. A première vue, rien à redire, c’était encore une belle petite fille. Restait plus qu’à croiser les phalanges pour qu’elle n’ait pas hérité du nez tout cabossé de son père.

A153

M’enfin, c’est pas parce que moi, des naissances j’en suis revenu que tout le monde est blasé, loin de là. Karine était toute excitée. Il faut dire qu’elle s’entendait plutôt bien avec Algéna qu’elle considérait davantage comme une belle-sœur qu’une vague cousine.
C’était la seule avec laquelle elle pouvait parler de Rigel, et entretenir sa mémoire.
-Comment tu vas l’appeler ?
Grande question ! C’est pas qu’ils soient à court d’imagination, mais quand même ! Difficile de trouver un prénom original depuis le temps qu’ils avaient épluchées toutes les étoiles. Mais Algéna avait eu le temps d’y songer pendant sa grossesse.
-Copélia, annonça-t-elle.
Ophélia, Copélia… on ne peut pas dire qu’elle brillait par excès d'originalité. Mais, si je me souviens bien de Jean-Pierre, on avait échappé à Marie-Louise ou à Ginette, et rien que ça, c’était déjà une bonne chose.

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24 février 2006

29. Ca sent le fromage

A154

Après Rigel, Farhid était devenu la nouvelle coqueluche des filles à l'université. A commencer par celles de la famille. Même la sage Schératan, en oubliait Antoine Joubert, son amoureux de la première heure. Mais lui aussi avait ses petites préférences. Et sa préférée, comme l'avait laissé entendre Algéna, c'était Dirah.

A155

Je vous dis pas la déception quand il la surprit un jour dans les bras d'un inconnu. Inconnu ? pas pour Dirah.
De ce jour, il rumina une rancoeur nourrie de bouffées de haine pour sa trop jolie tante, à la cuisse hospitalière. Il faisait mine de l'ignorer mais ce n'était facile. Il fallait bien se supporter, ne serait-ce qu'au moment des repas. Et il faisait bien des efforts pour que la conversation s'oriente vers les études, et rien que les études, évitant les sujets qui fâchent.

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-J'espère bien avoir les félicitations du doyen ce semestre encore, tu les as eues souvent, toi, les félicitations, Schératan ?
-A chaque fois ! Mon petit Farhid, depuis que Rigel nous a montré l'exemple tous ici, nous mettons un point d'honneur à le suivre. 20/20 à chaque examen, c'est plus qu'une coutume, presque une loi. D'ailleurs Max ne l'aurait pas voulu autrement.
Elle n'a pas tort ! Déjà que mon challenge piétine avec ces études à rallonges, si en plus, ils devaient faire figure de bourris !
Mais ? qu'est ce qui cocotte comme ça ? C'est quoi, ce qu'ils mangent  ? On dirait des sandwiches aux croûtes de fromage fondu.

A157

Aaaattendez ! Je me souviens ! C'est de ça que Daniel avait parlé lors de sa dernière visite. Paraîtrait que Khali a voulu se reprogrammer en se fourrant la tête dans une bétonnière. Bien entendu, ça n'a pas marché, n'importe qui aurait pu lui dire. Tout ce qu'elle y a gagné, c'est une cervelle au ramolli. Elle ne carbure plus qu'au fromage fondu. Mais le pire... le pire, c'est qu'elle n'est contente que si tous les autres s'y mettent.

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-Qu'est ce qu'on mange ?
C'est même plus la peine de poser la question, c'est fromage fondu au petit déj, fromage fondu le midi et re-fromage fondu le soir. En plus exigeante, la Khali, elle fait figure de spécialiste, et elle les tanne pour qu'eux aussi ne cuisinent plus que ça. Sa grande crainte : manger du mauvais fromage fondu. Ca lui coûterait 2 500 points... Quand même !
Ben moi, c'est ce que ça me coûterait d'en manger. Rien que l'odeur, ça me rappelle... tiens, C'est bien simple, Cécile !

A159

Le fromage fondu, non seulement ça empeste mais c'est lourd à digérer. Cherchez pas pourquoi, tous les jours, on apprend que Fharid, Aïnitak, Dirah, Difda... enfin tous, souffrent d'une maladie inconnue. Je vois bien ce que c'est que cette maladie : Ils ont les boyaux collés. Y a qu'à Khali que ça profite, ce régime. Elle est la seule à se balader en platine, quand les autres balancent entre le rouge et l'orangé. Heureusement que le juteux de service a eu vent de l'affaire.

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-Non-mais, qu'est ce qui m'a fichu ça ? Vous êtes gonflés comme des barriques. Ah, c'est beau ! Ah, c'est élégant !
Ils se sont tous regardé le ventre et Farhid, qui commençait à avoir des poignées d'amour s'est aussitôt mis à la gym. Mais Khali, vous croyez que ça la dérange ?
-Bof, l'élégance ! Du moment que je rentre encore dans ma tenue de bowling en jersey élastique, je la laisse aux autres. De toute façon, les garçons ne me regardent jamais.

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Moui...je les comprends un peu, notez bien !

A162

Mais quand même, elle exagère ! Quand elle ne s'empiffre pas de sandwiches au fromage, c'est chocolats à tour de bras. Une fière idée qu'il avait eue, le Rigel, d'apporter cette machine. Y en a des qui en profitent pour se faire un peu d'argent de poche, mais Khali, elle, c'est d'abord pour sa pomme. Elle passe plus de temps à manger qu'à produire.
Tiens, ça m'écoeure, je préfère rentrer à la maison.

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Oh, quelle une bonne idée,j'ai eue là ! J'arrive pile poil pour l'anniversaire d'Ophélia.
Elle m'a l'air bien partie pour jouer les merveilles, attendons de voir le résultat du grandissement.

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Mais… elle est affreuse ! Ah-ça, elle a bien grandi, mais pour devenir quoi ? Je vous le demande ? Comment donc a-t-elle fait son compte ? Si j’ai bonne mémoire, les parents étaient plutôt pas mal. Alors, c’est quoi cette petite horreur ? Elle a une tête de chipie-la-galette qui ressemblerait à… BENJAMIN !
Regardez le, s’il a l’air fier. On dirait que c’était son rêve de toujours, que ma descendance ait sa tête de pignouf. Il serait pas plus fier s’il était le père. Il m’énnnnerve !

A165

Je suis complètement démoralisé. S’être donné tant de mal pendant 8 générations à trier les moins ratés des habitants de Vipercanyon pour que ma descendance soit belle, et aboutir à… une miniature de Benjamin !
Non-non, dites-moi que c’est un cauchemar ! Je vais me réveiller… je rêve !

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30. La malédiction

a8_fureur

Je ne décolèrais pas. Au point d’avoir collé le blues à tous les autres fantômes. Mizar et Zosma étaient les plus atteints.
-Quand je pense, disait Zosma, que je lui ai donné six beaux enfants… -non cinq, c’est vrai qu’il y a Khali- m’enfin cinq il avait le choix, et il ne jurait que par Rigel pour assurer sa descendance. C’est trop injuste !
-Et nous ! Et nous ! Qu’est ce qu’on devrait dire ? Ma mère m’a raconté qu’il ne voulait pas de ma sœur Difda parce qu’elle était trop moche. Mais si j’en crois les photos, à côté de ce qui nous attend, c’était la merveille des merveilles.

a8_jeanne

L’espoir a fini par renaître, grâce à ma Jeanne
-Max, tu te fais du mal pour rien ! Elle n’est pas si vilaine cette petite. Tu veux que je te dise ? Elle me ressemble.
–M’enfin, Jeanne ! Si tu avais ressemblé à Benjamin, je ne t’aurais pas épousée.
-Je te parle de quand j’étais gamine ! Attend qu’elle sorte de l’âge ingrat, tu verras ce que tu verras.
Alors, j’attends… mais je me demande si c’est pas encore ses désirs qu’elle prend pour des réalités. En tous cas, moi j’ai décidé, si jamais ça ne s’arrangeait pas, l’héritière, ce sera la petite Copélia… Encore que si elle tient de son père… Rha, le dilemme ! Vivement qu’elles grandissent, qu’on soit fixés.

a8_tiens

Je passe mon temps à errer dans le jardin et à zieuter par les fenêtres. Et un beau jour, qu’est ce que je vois ? Fharid qui a séché les cours. Et qu’entends-je ? Je vous le donne en mille :
-C’est pas trop dur pour toi Karine, de vivre sans homme ?
-Oh, que si ! Mais que veux-tu ? Il faut bien que je me résigne. Quand je pense que Rigel et moi avions décidé de fonder une grande famille. J’aimerais tellement avoir une maison pleine d’enfants. J’ai même pensé à Benjamin, tu te rends compte ! Mais finalement, je préfère encore faire une croix sur mon désir, hélas maintenant impossible.
Ah-ben, pas dommage ! Manquerait plus qu’une colonie de Benjamins en culottes courtes !

a9_bisou

-Benjamin ! Ce vieux débris !   (Je lui fais pas dire) Enfin, Karine, regarde-toi ! Tu peux trouver mille fois mieux que Benjamin.
-Trouver qui ? J’étais si heureuse d’avoir épousé un Dubagne. Je suis entrée dans la légende et pour rien au monde je ne voudrais être exclue de cette famille.

-Rigel n’était pas le seul Dubagne ! Si tu as la patience d’attendre… trois années, c’est vite passé.
Je rêve où ils se sont embrassés ?

a9_dirah

Vite passé, c’est lui qui le dit. Ils n’en sortiront donc jamais de cette maudite université ? Quand je pense que la première fournée y est encore ! Faudrait peut-être qu’ils se décident à les passer, leurs diplômes.
ALORS ! Ils en sont où ?
Ca commence à se préciser pour Dirah. Si elle n’avait pas piétiné plus de 20 ans en première année, y
a longtemps
que ça devrait être fait. Elle rattrape son retard comme elle peut, avec les encouragements d’Ariane.

a9_notes

Ariane ? Attendez que je m’y repère.. . c’était une amie d’Algéna. Qu’est-ce qu’elle fiche à l’association ? Je devine : comme elle portait un blazer bizarre, ils ont cru bon de la faire emménager pour l’avoir sous la main. Le hic c’est que depuis, elle a remisé le blazer au placard et le re-hic, c’est que c’est une vilaine tricheuse. Elle leur a fait écoper d’une amende de 500 $ avec confiscation du matériel, pour avoir voulu pirater les notes. Quelle honte ! J'en voudrais pas dans ma famille !

b1_examen

Mais notre Dirah a réussi à terminer son cursus universitaire sans avoir à trop en rougir. A part qu’elle y aura mis le temps, elle n’a jamais triché, elle ! Et surprise ! Elle a eu droit à la tenue appropriée pour fêter l’examen final. Rigel n’avait pas connu cet honneur. Il en avait pourtant perdu du temps à aller en ville, essayer de dénicher cette fichue tenue.
M’enfin, c’est pas la robe qui fait le moine ! 

b1_luzz

Pour fêter le second diplômé de la famille, ils ont battu le ban : Karine, et l’arrière-ban : Luzz,  trop heureuse de sortir de la fontaine de jouvence où elle s’étiolait en attendant le retour de ses chères nièces.
-Tu rentres à la maison Dirah ? Il y a si longtemps que j’attends, que j’avais presque perdu espoir.
-Pas de problème, Luzz, J’attends le taxi et je te rejoins. Si tu savais comme j’ai hâte de retrouver Vipercanyon.
 
Et nous donc !

b2_anniv

-Alors, ça y est, c’est le grand jour ! Tu en as de la veine, Dirah. Dire que je dois encore me taper deux ans ici… Tu me manqueras. On est plus fâchés ?
Farhid a ravalé sa rancune. Pourquoi en vouloir à Dirah ? Il a d’autres projets à présent. Quant à Dirah, trop heureuse d’en avoir enfin fini avec l’université, elle ne voulait garder de cette époque que les bons souvenirs d’avant… l’apparition du fromage fondu.

b2_belphegor

Mais… qu’est ce qui se passe ? Où est passée ma belle Dirah ? Après avoir grandi en platine, elle se retrouve avec un masque de momie couvert de chiffres. Ooooh non ! Encore un bug !  S’ils se mettent tous à ressembler à ça après l’université, je sens que mes autres descendants sont pas prêts d’aller y faire un tour. Ils pourront bien en rêver de jour comme de nuit, ils resteront à la maison !

b2_chez_luzz

J’ai pas pour habitude d’aller fourrer les trous de mon nez chez ceux qui ont quitté le challenge. Mais avouez que là, il y avait de quoi se poser des questions. Je me suis donc engouffré dans le taxi qui ramenait Dirah chez Luzz et c’est avec soulagement que je la vis mettre pied à terre en ayant retrouvé figure humaine. Restait plus à la belle Dirah que d’aller quitter ces vêtements sortis du grenier de Maxis pour la retrouver telle que je l’avais toujours connue.

b2_croyais

Que je croyais ! Car à peine eut-elle mis le pied dans la maison, il n’y avait plus de Dirah. Mon étonnement ne fut rien à côté de celui de Luzz quand elle vit l’ordinateur se mettre en marche tout seul.
-Mais… que se passe-t-il ?
-Ne t’en fais pas, je ne reste pas, je vais essayer de déménager, lui répondit la voix de Dirah
-Dirah ! C’est toi ? Mais qu’est ce qui t’est arrivé ?
-Si je le savais ! T’as jamais entendu parler de la malédiction des Dubagne ? Un bug à chaque génération. Et celui-là, il est gratiné !

b2_fantome

Ce qui est surprenant, c’est que le chauffeur de taxi n’a pas pipé mot en entendant Dirah lui ordonner
-Dans la boite à familles, et vite !
Il s’est peut-être imaginé qu’elle s’était allongée sur la banquette, ou que sais-je encore ? Toujours est-il que bien programmé, lui, il fait ce qu’on lui demande sans se poser de questions. Du vent dans la boite à familles, pourquoi pas ?

b2_retour

Maintenant, il était urgent de voir si la malédiction dont avait parlé Dirah allait toucher les autres. Je suis donc retourné à l’université pour surprendre Farhid en plein rendez-vous avec une minette du campus. Mais il fut encore plus surpris que moi en se trouvant nez à nez avec une Dirah en chair et en os. Il faillit en faire une syncope.
-Tu… tu… qu’est ce que tu as fait de ton masque ?
-Tu ne croyais quand même pas que j’allais garder cette horreur. Je me suis fait un petit maquillage, juste un peu de fard à joues, et tu vois… Tu connais Léo ? Tu sais le jardinier, eh-ben, maintenant, on est ensemble.

b2_surpris

Moi je n’étais pas surpris du tout. Parce que figurez-vous que j’avais pris le temps de suivre le dénouement de l’affaire. Après un court séjour dans la boite à familles, Dirah avait emménagé sur un nouveau terrain et appelé son jardinier.
-Je veux bien emménager chez toi, à condition que tu te débarrasses de cette aspiration à l’amour détestable, lui avait-il enjoint.
Et là, j’ai vu que la bétonnière avait bien fait son boulot, pour une fois. Dirah s’est retrouvée avec une aspiration à la famille et je compte sur elle pour contribuer au repeuplement du quartier avec de beaux habitants… pour changer.

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27 février 2006

31. Le tonneau des Danaïdes

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L’association, c’est le tonneau des Danaïdes. A peine un membre parti, en voilà un nouveau qui rentre. Kaphir a répondu avec brio au mot de passe imposé par Khali : « Je raffole du fromage fondu ». Faut dire que c’est une manipulatrice de roquefort de première. Et les voilà de nouveau tassés là-dedans, à essayer d’en sortir avec les honneurs. Vous m’étonnez que ça prenne du temps !

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Après Dirah, ce fut au tour de Difda, la fille de Zaniath, de s’affubler du déguisement. On allait enfin savoir si la malédiction allait encore frapper. Pour sa fête de fin d’études, elle avait invité Algéna, heureuse de ce pèlerinage, Dirah plus rayonnante que jamais et  une copine à elle, pom-pom girl de son état, qui n’était pas vraiment invitée, mais qu’elle avait priée de rester. Tout se passa à peu près bien, sauf que…

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Sauf que -c’est bien la première fois que ça se produit dans notre famille- il a fallu que Difda grandisse mal. Vous z’allez pas me dire qu’elle l’a pas fait exprès pour faire suer, l’italienne à la grande bouche ! N’importe qui aurait bien grandi avec un diplôme en poche. Ben pas elle ! Qu’est ce qu’elle aurait voulu de plus ? On n’a  même pas pensé à le lui demander. M’enfin, elle libérait une place et ça c’était une bonne chose. L’autre bonne chose, c’est qu’elle avait gardé figure humaine, pour le moment, la malédiction marquait une pause.

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Avant de partir, Difda avait assuré ses arrières en demandant à Mintaka de rejoindre l’association. On avait fait le plein pour les filles de Mahlaut, restait Eliah, celle d’Alpherg. Mais celle-ci se plaisait tellement avec Guy Leritier, qu’elle s’arrangeait pour détourner la conversation dès qu’il s’agissait de rejoindre l’association. Pour tout dire, ils n’avaient même pas l’occasion de le lui proposer, elle ne se présentait jamais.

b3_sheratanLes remises de diplômes, c’est comme les anniversaires à certaines périodes : Quand c’est parti, c’est la série ! Et donc, après les DD, c’est Sheratan qui fêta son départ avec les félicitations du doyen.
Et moi je me demande qui c’est le sagouin qui était chargé de prendre les photos. b4_entreephillis
Aussitôt, Phillis a rejoint l’association. J’ai eu du mal à la reconnaître. Ma jolie Phillis avait pris modèle sur Khali et s’était laissée aller à grossir comme une barrique. Si bien que je me suis retenu de lui sauter à la gorge quand j’ai entendu Farhid lui donner la consigne
-T’as plutôt intérêt à aimer le fromage fondu.
Y a plus qu’à espérer que le juteux viendra lui secouer les bourrelets.
b4_fromage Ca vous étonne ? Pour sa fête de fin d’études, Khali les a tous gavés avec du fromage fondu. J’avais l’impression qu’elle n’avait pas arrêté d’en bouffer depuis son passage à la bétonnière. Je me disais qu’elle devait bien en être à son vingtième sandwich. Pensez vous ! Elle n’avait gardé le souvenir que de 7 ! Ah-ben oui. D’habitude, quand on commence à réaliser un désir, on est pas obligé d’aller jusqu’au bout pour encaisser les points. Je me trompe ? Ben pas pour le fromage fondu. Il faut se l’avaler jusqu’à la dernière miette pour avoir l’impression d’en avoir eu son content. Elle n’aura pas trop de toute sa vie pour réaliser son désir. Et entre nous, les autres n’ont pas fini d’en avaler aussi.

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b4_grandi
M’enfin, elle a bien profité grandi elle aussi, et sans bandelettes, sans numéros. Son numéro, elle va aller le poursuivre à la maison, en espérant que tout se passe bien.

b4_pouponne
Tiens-oui, la maison !
Avec tout ça, j’ai oublié de garder mon œil sur la 8ème génération. Qu’est ce qu’il fiche avec ma petite dernière, le Benjamin ?
-Alors, toi aussi, ma chérie, tu vas ressembler à tonton Benji ? Tu ne pourrais pas me faire plus grand plaisir.
DE QUOI !!! Mais c’est pas vrai, il les conditionne ! Voilà ce que c’est de lui confier les bébés à nourrir, à torcher, à garder, il se figure qu’ils sont à lui. Faudrait peut-être pas qu’il oublie qu’il n’est que toléré ici !
On attend qu’il crève pour nous donner un malheureux 1/2 point et en attendant, on le presse comme un citron, lui et son humeur platine à vie. C’est pas pour ça qu’il doit s’y croire, l’animal !
b4_sonpere
Et puis d’abord, elle a encore son père, la petite. Pas qu’il soit très très présent, mais quand même… il passe la voir à l’occasion. Remarquez, à bien y regarder… vous avez vu la tête du père ? Pourvu qu’elle ressemble à sa mère !

b5_autre
Et l’autre ? Ophelia, toujours sa tête de pignouf ?
Tiens, les cheveux ont poussés depuis mon départ, elle a changé de coiffure. Remarquez, l’autre, ça cachait un peu les dégâts. Retourne-toi donc que je voie à quoi tu ressembles maintenant !
C’est pas que j’ai pas confiance en Jeanne, mais… me demande quand même s’ils ont
réussi à l’arranger un peu.
b5_moui
                                 Moui… bref, passons !
b5_peur
Un qui a la rancune tenace, c’est Nathel. Il n’a toujours pas digéré que Karine ait fait disparaître la tombe de sa bien-aimée. Et il s’est chargé d’aller le lui faire savoir. Karine en a eu une telle frousse qu’elle a délaré qu’elle ne resterait pas une minute de plus dans cette maison où on risquait de mourir de peur à tout moment
.
b6_annivcope
J’étais bien tranquille, son envie de bébé la démangeait tellement, qu’elle ne saurait se résoudre à abandonner Copélia. Elle était toujours là à l’anniversaire de la petite et je pensais qu’elle avait proféré des menaces en l’air. Elle n’avait pas du tout l’intention de quitter le challenge. Pensez vous !
Malheur, de malheur, Copelia ressemblait à son père. Je suis sûr qu’elle a hérité de son nez crochu.
b6_esthetique
Remarquez je me fais du mouron pour rien. Rigel ne nous avait-il pas rapporté comme récompense un esthéticien robotisé ? Si mes doutes se trouvent fondés, y aura toujours moyen de les retaper les gamines, quand elles auront grandi. Quoique… me demande comment ça marche ce truc là. Vous verriez pas qu’elles en ressortent encore plus moches ? Non, parlez pas de malheur. Et c’est quoi encore ce machin que nous a ramené Algéna ? La notice dit qu’on peut appeler la faucheuse. Comme si on était pressé de la voir rappliquer. Non, je vous jure. J’espère bien qu’ils n’auront jamais la curiosité d’essayer.

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03 mars 2006

32. Le retour de l’ogresse

b6_surpris

Heureusement que je dors peu. Un matin, j’ai surpris Karine au téléphone.
-Oui, un enfant… mais bien sûr j’ai les moyens de l’élever, je suis une Dubagne, qu’est-ce que vous croyez ?… A 10 heures ? Ca ne pourrait pas être le soir ? Non ? Ben tant pis, je m’arrangerai. Puisque je vous dis que je m’arrangerai !
Qu’est ce qu’elle nous mijotait encore ?

b7_dixheures

Vous me direz… suffisait d’attendre 10 heures pour être fixés.
Mais j’ai pas attendu après vos conseils, c’est ce que j’ai fait. Et à 10 heures, on a vu débarquer l’assistante sociale avec un gamin inconnu qu’elle nous a présenté comme étant le fils adoptif de Karine : Cédric Marques-Dubagne.

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Juste au moment où Khali enfin de retour à la maison s’était à moitié décidée à faire du sport avant d’éclater. Trop heureuse de couper à la corvée, elle est allée accueillir le gamin.
-Mot de passe ?
-Quel mot de passe ?
-Bon, je t’explique, tu aimes le fromage fondu, Cédric ?
-Je déteste ça ! Le fromage fondu, c’est une puanteur, on n’arrêtait pas de nous en donner à l’orphelinat. Je m’ai pas fait adopter pour continuer à en manger.
Mauvaise réponse ! J’ai bien senti que le gamin ferait pas long feu à la maison. Dommage, on se serait bien entendus lui et moi.

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Il a fallu attendre le retour de Karine pour avoir des explications.
-Tu comprends, bien Ophélia que je ne peux pas rester ici, avec ce fantôme qui me persécute.
 
-Mais, tu vas m’emmener, hein maman ? Je vais pas rester ici toute seule.
-Non, ma chérie, je voudrais bien, mais t’emmener, je ne peux pas. C’est pour ça que j’ai adopté un petit garçon, j’aime tellement les enfants.
-Et pourquoi il reste pas, lui ? C’est pas juste !
-Il ne peut pas rester, ce n’est pas un Dubagne par le sang. Tandis que toi, ma chérie, tu es une Dubagne, vraie de vrai. Quand ils mourront, tu hériteras d’un tas d’argent, de quoi te payer tout ce qui te fera plaisir. Mais pour ça, il faut que tu restes, autrement, ils auront vite fait de te piquer ton héritage.
Belle mentalité !

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Pendant qu’elle faisait ses valises, Khali avait préparé le repas. Devinez quoi ? Y a qu’à regarder Cédric se pincer le nez pour deviner. M’enfin, Daniel,qui était passé voir sa fille en coup de vent, en avait mangé un sans se faire prier. Maintenant qu’elle était grande, Khali pouvait faire ce qu’elle voulait, c’était plus son problème, pourtant il ne put s’empêcher de lui faire une remarque quand même.
-Tu devrais faire un peu attention à ta ligne, si ton amoureux te voyait.
-Mon a-mou-reux ! J’ai pas d’amoureux, j’en ai jamais eu, et je crois bien que j’en aurai jamais.
 
-Ca, c’est ce qui te trompe ! Je t’en connaîs un qui est fou de toi. Enfin, il ETAIT fou de toi, je sais pas si mainte…
-QUI ?!! Qui c’est mon amoureux transi ? coupa brûtalement Khali.

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A force de le cuisiner, elle lui soutira un nom : professeur Sébastien Chalumeau. Dès qu’elle se retrouva seule, Khali invita le kamikaze
-Professeur ! Vous, mon amoureux ! Dire que je ne me suis jamais doutée de rien
-Hé-oui, Khali, je vous aime en secret depuis le jour où je vous ai aperçue dans l’amphi.

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-Pourquoi n’en avoir rien dit, galopin ?
-Vous n’aviez pas l’air de vous intéresser aux hommes, je pensais n’avoir aucune chance.
Il est prof de quoi, déjà le kamikaze ? D’Arts Plastiques, tu m’en diras tant ! Dans ce milieu là, il est de bon ton de se démarquer du commun. Je l’entends d’ici le grand esthète :
-Khali ? Mais c’est un Rubens, mon cher ! Une statue de Nicky de St Phallus, une pure Vénus kallipige !

b8_fesses

D’ailleurs, ça a l’air de l’inspirer, le postérieur rebondi de Khali. Pourvu qu’ils n’aient pas dans l’idée…

b8_non

Ooooh, non ! Pitié, pas ça ! 
Remarquez… quand on voit ce que nous font les belles, peut-être que la Nature est mal faite. Peut-être qu’il serait pas si mal l’enfant de Khali, avec un peu beaucoup de chance. M’enfin, j’ai pas entendu la musique. Et NON ! Ils n’ont pas recommencé. Qu’ils courent le risque pour un, passe, mais vous verriez pas qu’ils en aient une demi-douzaine ?
Oui-oui, ben, ça c’est déjà vu !

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Karine a fini par faire ce qu’elle avait décidé, abandonnant sa fille aux bons soins d’Algéna et de Benjamin et emmenant son fils adoptif vers d’autres cieux, moins hostiles. Khali a failli applaudir à leur départ
-Chouette, une place en plus ! Je vais demander à mon cher Sébastien d’emménager. Comme ça, je pourrai lui tartiner du fromage fondu toute la journée.

b9_pasfromage

Sauf qu’après avoir accepté, le Sébastien s’est défilé dès qu’il a eu vent du menu. Il nous a tout de même laissé 5000 $, toutes ses économies !  Ca paye pas tellement la chaire à l’université, je trouve. C’est bien la peine d’avoir la tête farcie de trucs inutiles si c’est pour gagner des clopinettes.

c1_atable

Aaaa taaaable !
Tiens ! Du fromage fondu, quelle surprise !

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-Oui-ben, sans moi, je suis occupé !
Pour une fois la corvée d’apprentissage du pot lui aura rapporté quelque chose, à tonton Benji, comme il veut que les enfants l’appellent.

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-Moi, non plus, je peux pas, je fais mes gammes !
C’est au quel aura une bonne excuse pour échapper aux sandwiches. Ca promet, d’ici qu’elle ait avalé les 200 auxquels elle aspire ! Va pourtant falloir qu’ils s’y fassent, tout comme je me ferai à l’odeur. N’empêche, à force de se réfugier dans ses gammes chaque fois qu’elle entend le mot fromage, Ophélia va bientôt finir par maîtriser le piano sur le bout des doigts. Après, ils n’auront plus qu’à lui coller un chevalet entre les mains, et elle va pouvoir rapporter un peu d’argent pour mon challenge.

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Parce que pour ce qui est de la cagnotte, elle est en train de fondre comme le fromage… oui-bon, n’en reste, faut pas pousser, mais entre Khali et le Mizar qui sont toujours fourrés au frigo c’est devenu le Struggle for life. Autrement dit : au plus fort la poche. Et je voudrais pas dire, mais pour le moment, le plus fort, c’est quand même Mizar. La trouille qu’elle en a, c’est incroyable !
Heureusement qu’elle passe sa vie en navettes entre l’énergiseur et le frigo, des morts de peur, je crois qu’on en a eu notre compte.

c1_marche

Enfin, faut pas que j’exagère, Khali a son utilité… des fois. C’est elle qui a appris à marcher à Copelia, par exemple. Tandis que cette limace de Benji s’est fait coiffer au poteau par Algéna pour le pot. Hé-hé, c’est de sa mère qu’elle se souviendra, la petiote, pas du tonton ! Et pourtant, il en a passé du temps à soupirer et à vider les sacs de crottes.
C’est bien fait, ça lui fait les pieds !

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Elle a même une autre utilité, ayant été embauchée comme garde-rats dans un laboratoire à 300 $ et des bananes, alors qu’elle aurait pu faire carrière dans les Arts à plus de 1000 $ par jour.
-C’était bien la peine que je me spécialise dans les arts pour finir comme gardienne de rats s’est-elle plaint à Algéna
-Ben pourquoi t’as choisi les rats ?
-J’AI PAS CHOISI ! Une force surhumaine m’a obligée à taper oui, quand tout en moi, criait non-non-non ! 
Je la connais, moi, la force surhumaine. C’est mon pouvoir de persuasion ! Je trouve que garde-rats, ça lui va comme un gant. Déjà, elle en a les dents. Quand elle nous aura ramené la récompense de carrière, elle pourra faire ce qu’elle voudra. Et puis, à vous je peux bien le dire, je me suis lourdement trompé. Je croyais que l’esthéticien
robotisé était la récompense des Arts, et voilà que non !
Ben tant pis, garde-rats elle est, garde-rats, elle restera.
Ah-mais !

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11 mars 2006

33. Où y a de la gêne….

c2_fahrid

Pendant ce temps là, il s’en passait des choses à l’université. J’ai même plus besoin d’y passer ma mort pour être au courant. J’ai un espion ! Enfin… c’est pas vraiment un espion, plutôt un genre de rapporteur. En faisant des recherches sur Ie net, Farhid est tombé sur l’histoire de notre famille et il a pris connaissance du challenge. Très excité, il a voulu, à son tour, laisser à la postérité une trace de sa génération en se lançant dans l'écriture d'un roman interminable en casressant l'espoir d'en faire un best-seller.

c2_kaphir

C’est comme ça que j’ai appris que Kaphir était au mieux avec la pom-pom girl amie de Difda. Pour un aspirant à l’amour, il aura mis un bon bout de temps avant de décrocher son premier baiser. Faut dire qu’avec la tête qu’il a !
J’y avais pas trop prêté attention pendant son adolescence, mais avec l’âge, force est de constater que… c’est le portrait de Khali en homme.

Oui-ben, on a beau dire que la beauté pour un homme c’est pas très important, moi les moches, je les trouve pas mieux en hommes qu'en femmes. Z’avez qu’à voir, rien que Benjamin…

c2_pifAh, il est chouette le prétendant à l’amour, en plus… En plus, à l’université on leur propose de changer d’aspiration. Si on avait eu ça avant... mais bref ! J’espérais qu’il allait nous choisir une belle aspiration à la connaissance, autrement, ça sert à quoi de leur payer des études ? Pensez-vous ! Il doit se croire beau
-Non-non-non, moi je suis fait pour l’amour, y a que ça qui me plaît. Je veux embrasser langoureusement toutes les filles que je rencontre.
Je t’en ficherais des baisers langoureux, surtout qu’avec le nez qu’il se paye, ça tient de l’acrobatie. Moi je le verrais bien servir de cobbaye pour l’esthéticien robotisé

c4_dinde

Mêêêê il a un gros avantage sur sa sœur : Il sait faire griller autre chose que du fromage fondu en tartines, lui !
Depuis que Khali les a quittés, on n’a plus revu l’ombre d’un sandwich sur leur table. Ils en étaient ravouillés, gavés, dégoûtés, écoeurés.


c4_farhid

Farhid, dans le genre tombeur de ces demoiselles, était autrement mieux placé. Mais contrairement à son frère, il a sauté sur l’occasion quand on lui a demandé de changer d’aspiration. Il a choisi... la popularité.
Bof ! Si c’est pour nous seriner avec son téléphone à longueur de journée. On a déjà vu Mahlaut à l’œuvre. Ca ne vaut rien du tout pour le challenge. Qu’il s’occupe donc d’écrire son livre, c’est tout ce qu’on peut attendre de lui.

c4_inquiete

Je sais pas si c’est dû à sa nouvelle aspiration, mais il a aussi changé de caractère. Voilà qu’il s’inquiète pour un oui, pour un non. Quand il a commencé à le se tordre les mains en prenant un air catastrophé, comme s’il avait lu sur le journal qu’on était un vendredi 13, ça n’a pas échappé aux plus perspicaces
-Qu’est-ce qui t’arrive Farhid ?
-Je m’inquiète ?
-De quoi ???
-Je sais pas, je m’inquiète, c’est tout !


c4_phyllis

Regardez-le, non-mais, regardez-le essayer de convaincre Phyllis qu'y a vraiment de quoi être inquiet
-Tu n’es pas inquiète pour Zeneb, toi Phyllis ?
-Beuh-non, pourquoi je serais inquiète ?
-Tu crois que c’est une bonne chose d’avoir changé son aspiration à la richesse pour une aspiration au plaisir ?
-C’est bien le dernier de mes soucis !


c4_quoi

De quoi-de quoi ?!  Zeneb a une aspiration au plaisir ?
Mais c’est que ça m’intéresse bigrement plus que son rêve de richesse, ça !
 
En plus, -je devrais pas le dire-, mais c’est un protégé des cieux. Il est pratiquement toujours en forme. Il peut passer des heures et des heures à rédiger une dissertation, ses barres d’humeur oscillent entre le vert clair et le vert foncé.
Oui-ben, pour une fois qu’un bug nous arrange, on va pas cracher dessus quand même ! En tous cas, Zeneb prend sa nouvelle aspiration très au sérieux. Il passe son temps à courir les bars et les boîtes de nuit en filant des rendez-vous aux filles. La première à tomber dans le piège, fut la serveuse du café où il avait ses habitudes.

c4_zeneb

Je compte sur Farhid pour tenir les comptes des rendez-vous paradisiaques. Je crois bien qu’il s’est juré d’avoir 50 bouquets de roses rouges. Il doit déjà en avoir trois ou quatre, il est bien parti. Son expérience datant de sa période amour n'est pas pour le desservir. Je dirai même, qu'elle lui est précieuse.

c5_bien_parti

C’est bien parti, si j’en crois les écrits de Farhid. J’en connais un qui aimerait bien lui piquer sa recette : c’est Kaphir.
Il se demande comment il fait pour se sortir autant de top-modèles, alors que lui…
Non-mais, il  va quand même pas se comparer !
Moi, il me plaît bien, le petit Zeneb, au moins, il sera utile au challenge, je vois déjà un nouveau désir impossible se profiler, et y a rien qui me rende plus heureux.

c5_ennemi

Oh, et puis, il me fait rire. Et je peux vous dire que c’est pas les occasions de rire qui courent les rues dans ce challenge. Figurez-vous qu’il ne peut pas souffrir Ariane. Il ne lui a jamais pardonné l’amende et la confiscation de l’ordinateur quand elle avait essayé de pirater les notes. Et depuis, dès qu’il ne sait pas quoi faire –et étant toujours en forme, il a du temps libre à revendre- il s’amuse à lui en faire voir de toutes les couleurs.

c5_oeuvre

J'ai bien étudié sa tactique. Visez un peu, s'il est rusé
-Ariane, tu ne crois pas que ça a assez duré, ces chamailleries ?
On pourrait faire la paix, qu’est-ce que tu en dis ?
-Mais, je ne demande pas mieux, Zeneb !
-Ouais, super !
Et il lui balance une grande claque qui ferait vaciller un bœuf.


c5_oeuvres

Forcément, Ariane proteste (sous le regard inquiet de Farhid)
-Non-mais, ça va pas, t'es malade ! C’est comme ça, que tu fais la paix, toi ?
-Ben-quoi, t’es pas contente ? Tu sais pas ce que c’est une bourrade amicale ?
-Tu parles d’une bourrade amicale, j’en ai l’épaule toute démolie !


c6_chochotte

J’aime autant vous avertir que c'est pas demain la veille qu'on commémorera l'Armistice. Le traité de paix est pas prêt d’être signé. M’enfin, vous z’allez pas me dire qu’Ariane le voit pas venir, depuis le temps qu’il lui fait le coup.
Ou alors... elle est bouchée à l’émeri, la fille.


c6_mechant

Ben-non. Ca marche à chaque fois. Et à tous les coups, il n’est pas loin de se prendre pour le champion du monde de catch tandis qu’Ariane pleurniche.
-Tu es méchant-méchant, Zeneb !
-Nan, je suis pas méchant ! Je suis le plus FORT ! C’est ça qui t’énerve, hein ? Tu aimerais bien me prendre en traître mais je serai toujours plus fort que toi. Alors, tes rêves de vengeance, tu peux t’asseoir dessus !

c6_alhena1

Je pourrais encore vous raconter un tas de choses que j’ai découvertes dans le roman de Farhid.
Comme par exemple, qu’Ariane se console de ses misères dans les bras de Phyllis, ou qu’Alhena a obtenu son diplôme avec les félicitations du doyen et que qu’elle donna, à cette occasion, une fête inoubliable. Mais bon, l’université, ils y perdent déjà assez de temps, et moi, ce qui m’intéresse, c’est quand ils se décident ENFIN à la quitter.

c7_diplome

Et ce fut au tour de Farhid. Il ne lui restait plus qu’à grandir pour rentrer à la maison bardé de diplômes et de félicitations du doyen. Pour sa fête de fin d’études, il avait invité Aïnitak et sa chère Karine qui lui apprit qu’elle avait mis les voiles en  prenant soin de lui préciser
-Mais tu n’auras pas de mal à me retrouver, je suis dans l’annuaire.



c7_grandi

Vous avez vu le costume qu’ils lui ont trouvé ? Pour la mauviette qu’il était devenu, les bracelets de force et les chaînes de vélo… m’enfin, on choisit pas toujours sa tenue, pas vrai ?

c7_maison

Vous avez vu le costume qu’ils lui ont trouvé ? Pour la mauviette qu’il était devenu, les bracelets de force et les chaînes de vélo… m’enfin, on choisit pas sa tenue, pas vrai ? A peine débarqué, il recommençait à s’inquiéter. Quel accueil allait-on lui réserver ? Allait-il trouver du changement ? Khali avait elle maigri ? Que de questions se bousculaient dans sa tête. Mais moi, celle qui me taraudait l’esprit, c’était :
-Tu vas te décider à rentrer, oui ?!

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17 mars 2006

34. On creuse sa tombe avec les dents

c7_meditation

-Rha, pas moyen de méditer tranquille dans cette maison ! Bougonna Algéna qui tentait de faire le vide dans son esprit, histoire d’oublier les relents de fromage et les protestations de Benjamin et d’Ophélia.
–ENCORE du fromage ! Mais on en a déjà mangé ce midi ! Ils auraient aussi bien pu ajouter, et ce matin, et hier, et avant-hier, mais s’il fallait faire le recensement des sandwiches, ça aurait pris trop de temps.
-Quelqu’un se dévoue pour aller ouvrir ?

c7_ouvrir

-Ne bougez pas, j’y vais ! ordonna Khali Aïe, aïe, aïe, elle a encore grossi ! Elle est obligée de mettre des vêtements de femme enceinte maintenant. A moins que… à moins qu’elle soit vraiment enceinte, qui sait ? Elle va les rendre malades avec tous ce fromage fondu. Remarquez, Benjamin mourrait de maladie, c’est pas moi qui y trouverais à redire.

c8_fharid

-Fharid ! Tu tombes bien ! Je parie que tu n’as rien mangé
-Euh… Je ne voudrais pas déranger
-Mais ! Tu ne déranges pas voyons ! J’ai toujours des sandwiches d’avance. Tiens, installe-toi et parle-moi des autres. Ils sont combien encore là-bas ?

c8_reste

-Ben, Mintaka, Kaphir, Phyllis et Zeneb, ça doit faire quatre (sous réserve). Ils vont essayer de faire quelques nouvelles recrues pour veiller sur l’association en attendant la prochaine fournée.

c9_eliah

-Et la tante Eliah ? Toujours pas trouvé le moyen de la faire rentrer ?
-Non, c’est à n’y rien comprendre. Kaphir est son meilleur ami, mais il ne peut pas lui proposer de rejoindre l’association. Elle lui répond que tout ce qu’elle peut faire, c’est de rester dormir
-Bah, le mieux, ce serait qu’elle termine ses études, au point où elle en est, conclut Khali.

c9_enceinte

-Dis-moi, Khali, je voudrais pas dire, mais… je suis drôlement inquiet pour toi. Tu es sûre de pas exagérer avec la bouffe ? Tu sais ce qu’on dit : on creuse sa tombe avec les dents
-Je vois pas ce qui te fait dire ça !
-Ben, heu… t’aurais pas encore grossi ? Ca devient inquiétant 
-Meuh-non ! C’est pas inquiétant, du tout. C’est parce que j’attends un bébé 
-Un bébé ? Mais de qui ???
-Ah-ah, de mon amoureux transi, le professeur Chalumeau.
Moi, je peux pas dire que ça me surprenne. Je tendais le dos. Mais lui, je comprends que ça l’étonne.

c9_sure

-Ah bien sûr, si tu es enceinte… mais tu en es certaine au moins ?
-Oui-oui, attends que je te raconte. Ce matin, au petit déjeuner, je m’apprêtais à attaquer mon second sandwich -à moins que ce soit le troisième ?- et je me disais que si je ne pouvais pas avoir d’enfant,  j’en adopterais un comme Karine .
-Parce que Karine a adopté un enfant ?
-Oui, mais si tu me coupes tout le temps la parole, tu ne sauras rien de plus !
-Excuse-moi, je t’en prie, continue !

d1_douleurs

-Oui-bon. J’avais à peine fini de mastiquer ma dernière bouchée, -tu sais comme ça colle aux dents, le fromage-, que je me suis sentie très mal
-Oui, je sais !
-Qu’est ce que tu en sais ?
-Ben, que ça colle aux dents ! D’ailleurs, t’aurais pas un cure dent ?
-Ecoute Fharid, si ce que je te dis ne t’intéresse pas, je vois pas pourquoi tu me poses des questions !
-Mais-si ça m’intéresse ! Tu disais que tu t’étais sentie mal…
Rha, avec sa susceptibilité, elle va me traumatiser le Fharid ! Il va plus oser parler.

d1_nausees

-Oui, TRES mal. J’ai dû aller aux toilettes en quatrième vitesse, et j’ai rendu tout ce que j’avais avalé
-Ne le prends pas mal… t’aurais pas mangé trop de sandwiches ? T’en manges combien au petit déjeuner ?
-Trois… quatre, ça dépend. Mais dis-donc, t’as bientôt fini de me reprocher ce que je mange ? 
-C’est pas un reproche. Je m’inquiète pour ta santé. Tu en as mangés combien depuis l’université, des sandwiches ?
-Est ce que je sais ? Je tiens pas les comptes ! Une quarantaine, pas loin de cinquante
-Et t’en as pas marre ? T’aurais pas envie d’une salade, des fois ?

d1_rutile

-Oui, j’en ai marre… de tes questions ! Tiens, rends-toi utile, au lieu de jouer les inquisiteurs. La petite Copélia voudrait apprendre à parler. Moi je vais finir le reste de sandwiches, occupe-toi d’elle !
Et c’est depuis ce jour que Copélia ne jure plus que par Fharid. Elle le prend pour son père. Faut dire que s’il était un peu plus présent, l’adjudant, elle le connaîtrait un peu mieux.

d1_telescope

Mais Fharid s’est enfermé dans un silence dont elle est seule à pouvoir le tirer. Il s’est lancé comme un malade dans le travail. Pour essayer de racheter ses gaffes, il a choisi la carrière de biologiste en promettant à Khali de lui ramener la récompense avant la fin de sa grossesse. Comme ça, si le cœur lui en dit, elle pourra retourner à ses beaux arts dès qu’elle reprendra le collier. Et pour ne pas être tenté de l’ouvrir, il passe ses nuits au télescope. Verriez pas que les extra-terrestres lui rendent visite ? Peureux comme il est, ça ferait du joli !

d1_vache

En tous cas, je sais pas si c’est qu’il ne compte pas faire long feu à la maison, mais il nous a ramené sa récompense professionnelle vite-fait. Une espèce de plante carnivore qu’on dirait tout droit sortie de «  La petite boutique des horreurs ». Il n’était pas question de laisser les gosses s’approcher de ça. Ils te l’ont collée dans un enclos et ils ont enlevé la porte. Non-mais, c’est quoi ces récompenses qu’ils nous ramènent maintenant ? Entre le téléphone rouge pour l’enfer et la vacherie de plante carnivore, avouez qu’il y a de quoi se poser des questions !

d2_ecole

Ophélia a adopté sa tante Algéna, qui lui tient lieu de mère depuis le départ de Karine, et elle est dans la même classe que son frère adoptif. Elle nous le ramène à la maison plus souvent qu’à son tour d’ailleurs. C’est devenu un grand copain. Pas le meilleur, mais ça devrait pas tarder.

d2_genie

C’est sans grande surprise qu’on a appris qu’elle était un petit génie. Avec ses antécédents, ça aurait été dommage. Je commence à la regarder moins salement . En plus, avec le temps, elle ressemble de moins en moins à Benjamin. Ca le défrise peut-être, l’animal,  mais moi, c’est pas fait pour me déplaîre.

d2_manipulatrice

Ils feraient bien de garder un œil sur elle, je sens qu’elle ira loin la gamine. Elle a des talents de manipulatrice de première. Elle a réussi à convaincre Cédric de manger le fromage fondu de Khali. Et tout ça uniquement dans le but d’en avoir moins à avaler. Ca me laisse à penser qu’elle saura bien mener sa barque.

d2_pense

M’enfin, pour le moment, tout ce qui lui importe, c’est de bien grandir, comme elle l’a confié à Algéna
-Tata, si je grandis bien, j’irai à l’université, moi aussi ?
-Quand tu seras grande, Ophélia, on avisera. Mais pour le moment, il faut continuer à bien travailler à l’école. On est tous fiers de toi ici, et ton papa, s’il était encore parmi nous, serait fier de toi, lui aussi.

d2_pere

Algéna lui parle souvent de son père. Il est important qu’elle sache qu’il était mon héritier 
-Il était comment mon papa ? Il était gentil ?
-Très gentil ! Il avait tout plein d’amis. Et puis, il était très intelligent, et très beau, tu n’as qu’à regarder sur les photos
-Voui, ça j’ai vu qu’il était beau. Tu trouves que je lui ressemble, tata ?
-Tu es tout son portrait !
Mmmmoui… elle aurait pu lui dire aussi qu’il était têtu comme pas deux, mais ça se fait pas de dire du mal des morts, pas vrai ? Et tant qu’à faire, autant que la petite prenne modèle sur ses qualités. Elle est tout de même l’héritière… jusqu’à preuve du contraire.

Posté par fonsine à 12:21 - 8EME GENERATION - Commentaires [9] - Permalien [#]

25 mars 2006

35. Le ver est dans le fruit

1a_benji

J’en connais un qui doit sentir que chaque jour qui passe le pousse à venir squatter le cimetière, comme il a squatté la maison. Benjamin cherche à faire croire que mon challenge lui tient à cœur. Alors que tout le monde s’inquiète de voir Khali prendre des allures de montgolfière, il est le seul à l’encourager à ne pas mollir sur le fromage.
-Ton aïeul (-que j’ai bien connu- qu’il glisse en passant, comme si ça asseyait sa légitimité à s’incruster), serait fier de toi, ma petite Khali. Savoir que tu attends un bébé et que tu avales tous ces sandwiches rien que pour faire avancer son challenge… c’est de la pure abnégation.
-Qu’est ce que tu racontes Benji ? C’est quoi cette histoire de challenge ?
 
-Ne me dis pas que tu sais rien du challenge de Max Dubagne et que tu manges ces cochonneries par plaisir !
-Je mange du fromage parce que j’aime ça. Ca peut lui faire à mon aïeul, comme tu dis ?

1a_fier

C’est comme ça qu’il lui a révélé la vérité sur le challenge, en insistant bien sur le fait que maintenant qu’elle avait commencé, elle devrait manger des sandwiches jusqu’à s’en faire péter le ventre, pour mes beaux yeux –ou ce qu’il en reste. Et il est fier de lui, l’animal ! Regardez-le en train de trôner son platine à vie en guise d’auréole.
Non-mais rappelez-moi quand il l’a chargé de jouer ses ambassadeurs, l’aïeul !

1a_mouche

Benjamin, c’est la mouche du coche, toujours là à bourdonner. Je dis pas qu’il a pas eu son utilité quelquefois, mais maintenant, pourquoi il dure ? Il rentre du boulot au bord de l’évanouissement, et sans que personne lui demande rien, au lieu d’aller sagement se coucher, il se précipite sur le frigo préparer le biberon pour Copélia, il va répondre au téléphone, -qui entre nous a cessé de sonner pour lui depuis un bout de temps-, il va laver la petite… il les invente, je vous dis ! Tout ça pour quoi ? Il a peur qu’on le laisse pas hanter  la maison avec nous zautres, les méritants. Il a peur qu’ils fassent disparaître sa tombe comme celle de Kérine et il a peur de se présenter devant moi, sachant l’amour que je lui porte.
C’est pour ça, qu’il fait durer le plaisir, le vieux beau, cherchez pas ! Mais plus il dure, plus il m’énerve. Allez du vent ! Tu vois pas qu’ils sont obligés de piétiner à l’université en attendant que tu fasses du vide.

1b_anniv

Tiens, qu’est ce que je disais ! Le voilà qui encourage Copélia à grandir rien que pour lui
-Serait temps de grandir, ma petite chérie, de devenir une belle petite fille, pour faire plaisir à tonton Benji.
Sauf que Copélia, elle s’en moque pas mal de tonton Benji, elle, celui qu’elle veut c’est Farhid, son VRAI tonton
-Faïd, Faïd, qu’elle réclame, pour accepter de devenir la merveille au vilain nez.
1b_horreur

Et la voilà, la petite horreur ! Tout le portrait de son poupa. Va falloir qu’ils soient un peu plus regardants sur le physique des géniteurs, les prétendants à la succession. La 8ème génération de Dubagne, pour le moment, c’est le musée des ratés. On dirait qu’ils se sont donné le mot pour se fondre avec les townies. Z’en avaient marre de faire exception ? J’avais dit, et précisé, que je voulais peupler le quartier de ma descendance. Mais pas de l’inonder de mochetés ! Faudrait peut-être qu’ils se penchent un peu sur la genèse de mon challenge au lieu de poursuivre comme bon leur semble.
1b_naissance

J’en étais là de mes réflexions, quand un barrissement les a tous attirés dans l’entrée.
L’éléphant allait mettre bas. On allait enfin savoir à quoi il allait ressembler le bébé de Khali, et j’étais pas le moins impatient.

1b_naissance2
Farhid était très inquiet. Remarquez, y avait bien de quoi. A quoi ça pouvait bien ressembler un bébé gavé de fromage avec la mère qu’on lui connaît ? Ben, Khali nous a tous soufflés : son bébé, c’était une magnifique petite fille, dont personne n’aura à rougir. De loin la plus belle de la lignée. Va falloir me la dorloter celle-là, j’y tiens !
1b_jalouse
Algéna ne s’y est pas trompée. Entre sa merveille à elle et le bébé de Khali, le choix s’imposait. Déjà qu’Ophelia avait pris une longueur d’avance en ayant la bonne idée de s’arranger en grandissant et en se distinguant à l’école. Quelle place leur restait-il à elle et son désir de devenir ultra-sim et à sa petite horreur de Copélia ?
-Tu vas l’appeler comment, ta fille ? demanda-t-elle cachant mal sa jalousie.
1b_rayonnante
Khali rayonnait de fierté. Elle, la mal-aimée du challenge, elle qui faisait rigoler la galerie avec son aspiration au fromage, elle qui n’aurait jamais pensé aimer et être aimée, voilà qu’elle avait donné naissance à la plus jolie petite fille qu’il lui fut donné de rêver. Ignorant que son bonheur n’était pas vraiment partagé, elle s’en remit à Algéna pour le choix du prénom
-Je sais pas trop, tu aurais une idée ?
-Ginette ! Qu’est ce que tu penserais de Ginette ? Oh-non pitié ! Pourquoi pas Georgette ?
Heureusement, Khali ne l’a pas suivie
-Ginette, tu crois ? J’avais pensé à Fawsia
-Si tu avais déjà choisi, je vois pas pourquoi tu me demandes mon avis, lâcha Algéna dépitée. Khali eut beau lui expliquer qu’elle attendait d’autres suggestions, mais qu’entre Ginette et Fawsia… Algéna ne voulut rien entendre.
1b_telephone
Elle se précipita sur le téléphone
-Allo, Dominique ! Tu peux passer à la maison ? C’est important
-Ca va pas de me déranger au milieu de la nuit ? Ca peut pas attendre demain ? lui répondit Dominique, peu aimable quand on le tirait du lit, important ou pas important.
-Ok, demain… mais viens de bonne heure, on a une décision à prendre.
1b_tupars

Un peu plus tard, elle annonçait à Ophélia qu’elle allait quitter la maison
-Pourquoi tu veux partir tata ? Tu te plais plus avec nous ? Et moi, qu’est ce que je vais devenir ? Tu vas m’emmener avec toi ?
-Non, ma chérie, toi, tu dois rester, ta maman te l’a bien expliqué, mais ta cousine Copélia et moi-même, n’avons plus notre place ici. Khali a bien manœuvré, rappelle-toi que tu es le seul obstacle à son ambition. Tu es l’héritière du challenge. Promets-moi de faire ce que tu pourras pour barrer la route à Fawsia.
Loin d’être consciente de l’enjeu, Ophélia promit, tout ce qu’on voulait qu’elle promette.

1d_dominique
Le lendemain, l’adjudant rappliqua au pas de gymnastique
-Bonjour mon cœur, tu voulais me voir ? Tu disais que c’était important
-Oui, confirma Algéna, mais ne restons pas ici, les voisins n’ont pas besoin d’entendre ce que j’ai à te dire.
C’est vrai que les voisins, c’est la plaie. D’autant que je sais pas si vous l’avez remarqué, mais ils les cernent de toutes parts. Ah, il est bien loin mon désert. Vipercanyon, c’est devenu Montsimpa bis. Ils pourraient nous planter un bungalow dans le jardin, je vous parie qu’ils le feraient, ces sans-gêne.
1d_fromage
Depuis qu’elle a accouché de sa merveille, Khali fait des frais de toilette. La maternité l’épanouit presqu’autant que ses formes et y a rien qui la mette de meilleur humeur que d’avoir un invité à table. Normalement, les invités sont comme le fromage, plus coulants que les usagers de la maison. Forcément, des sandwiches au fromage, ils  pensent jamais à en manger, alors, pour eux, c’est de l’exotisme, surtout au petit déjeuner.
-Une petite minute, je finis de mettre la table, et vous pourrez vous installer, prévint-elle.
-Si j’osais… je piquerais bien une tête dans la piscine avant, a risqué l’adjudant, j’ai pas eu le temps de faire mes pompes ce matin.
-Mais faites donc, faites ! Je vous appelle dès que je suis prête.
1d_lemotif
-Vas-tu enfin m'expliquer pourquoi tu m’as fais venir de si bon matin, a interrogé l’adjudant
-Hé-bien, voilà…
Allait-elle lui confier la vérité ? A savoir que sa fille était tellement affreuse, qu’elle risquait de s’attirer les foudres de tous les ancêtres de la famille -et bien fâchés, ils peuvent encore faire des dégats, les ancêtres. Non, elle n’ose pas, elle louvoie d’autant qu’Ophélia ne la quitte pas de son regard implorant
-Dominique, que dirais-tu de venir vivre ici avec nous ?
1d_tilt
Bingo ! Je vois les yeux du juteux scintiller comme des spots de flipper. C’est pas pour rien qu’il  a une aspiration à la richesse, l’adjudant.
-Tu… tu es sérieuse ? Vraiment ? Tu me demandes d’entrer dans la famille Dubagne ?
-Oui, Dominique, je te le demande. Serais-tu prêt à m’épouser pour le meilleur… et pour le pire ?
Pensez bien qu’il a pas dit non !
1e_heureuse
Ophelia n’était pas la moins heureuse dans l’histoire.
-Alors, tata, tu pars plus ? Tu vas rester ici avec moi ?
-Pour le moment Ophelia, pour le moment. Je vais attendre un peu de voir ce que va devenir Fawsia. Après tout, ce n’est qu’un nouveau-né. C’est fragile un nouveau-né, surtout avec la mère qu’elle a. Elle doit être bourrée de cholestérol, le régime fromage à outrance, c’est pas trop indiqué pendant la grossesse.
Voyez-vous ça ! Si c’est pas malheureux d’en être réduit à spéculer sur la mort d’un bébé.
1d_nounou
J’ai même surpris Algéna tentant de graisser la patte à la nounou en secret
-Cécile, si vous pouviez vous absenter pendant une petite demi-heure. Juste une petite demi-heure quand les enfants sont à l’école…
-Vous ne parlez pas sérieusement, s’est récriée nounou Cécile, s’est un coup à voir débarquer les services sociaux et à me faire perdre mon agrément !
-Nan, s’est reprise Algéna, c’était juste pour vous tester. Tenez, prenez quand même le billet et… que tout cela reste entre nous.
-Ah, je me disais aussi, ça m’étonnait venant d’un membre de l’honorable famille Dubagne, en a conclu la nounou. Comment pouvait-elle se douter qu’Algéna avait l’âme si noire ? Ca, elle le tient de son paternel. Pourvu qu’il m’en ait pas pourris d’autres comme ça, le vampire !
1e_venal
Qui se ressemble s’assemble, et le juteux ne m’inspire pas plus confiance. Même Benjamin, qui était pourtant pas au rendez-vous le jour où le Saint Esprit s’est étalé sur les apôtres, le trouve louche. C’est tout dire !
-Mais qu’est ce qu’il a le Dominique à toujours me demander combien vous avez d’argent en banque ?Tu le sais, toi, Algéna, à combien ça monte votre fortune ?
-On doit avoir pas loin de 2 000 000 $.  C'est normal qu'il s'en inquiète, il nous a donné toutes ses économies et 
il aimerait bien que ce ne soit pas à fonds perdus. 9 000 $ ce n'est quand même pas rien.
Tu penses, une paille dans la limonade et ça voudrait siffler toute la bouteille ! Ooooh, qu'ils se dépèchent de partir ces deux-là avant que je me fâche pour de bon !

Posté par fonsine à 10:46 - 8EME GENERATION - Commentaires [8] - Permalien [#]
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