A3nain

Allez comprendre les femmes ! Zéneb nageait en plein bonheur avec son ex, quand Marjorie s’étant sans doute avisée que sa place chez les Dubagne avait tout du siège éjectable, est revenue avec un nouveau cadeau. Un nain de jardin, quelle horreur ! Que ce soit une horreur, c’est pas ça qui me surprend. Mais la voir rappliquer la bouche en cœur sitôt après avoir voué son fiancé aux Gémonies pour lui dire qu’ils devraient se revoir bientôt… Moi j’appelle ça manquer de suite dans les idées.

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Remarquez, dans le genre girouette, je trouve Zéneb pas mal non plus. Qu’est ce qu’il fait de si merveilleux avec Elise –ça y est je sais comment elle s’appelle,  parce qu’on peut pas dire que Zéneb soit la discrétion même. A force de crier Elise sur tous les tons, que les murs de la chambre en auraient presque rougi,  j’en ai déduit…  bref, qu’est ce qu’ils peuvent bien faire de si merveilleux, qu’il ne rêve plus que de se fiancer avec elle maintenant ? Et l’autre Marjorie qui s’accroche, ça va pas être simple son affaire. Mais ça serait simple, on s’ennuierait. Rien qu’à la pensée de ce qui m’attend avec Ophélia, son petit couple modèle avec Aurélien et leur tripotée de gosses, j’en baille déjà. Alors si Zéneb vient nous mettre un peu de piment dans tout ça, j’ai rien contre.

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Un autre couple qui serait pas mal à suivre non plus dans son genre, c’est celui de Phyllis et du Lama. Chais pas… elle doit avoir un peu l’impression de jouer avec ses peluches quand même. En tous cas, moi, ça me ferait aucun effet de m’allonger avec le lama. Oui-bon, pas la peine de ricaner, avec la vache, pas davantage.

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Mintaka reçoit à présent la visite du professeur Antoine presque tous les jours. C’est pas qu’il soit vilain-vilain m’enfin… disons qu’il est de ceux dont on ne dit rien. On voudrait qu’on pourrait pas d’ailleurs. Le monde est plein de gens dont on ne dit rien, parce qu’ils ont le don de se fondre dans le décor sans faire de vagues. Regardez : moi, c’est pas pour dire, mais qu’est ce qu’on n’a pas pu raconter sur moi, sur ma vie, sur ma famille. On a servi de semence à ragots depuis des siècles. On aurait été de ceux dont on ne dit rien, sur qui ils auraient bien pu ragoter, les townies de Vipercanyon ? Connaissent pas leur chance. Parce que d’ici que je trouve quelqu’un qui m’ intéresse suffisamment pour jouer les commères moi…
Quoi, je fais que ça ?! Nan-mais dites-donc ! Je ragote pas d’abord : je narre en toute objectivité.

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Y a bien le Jonas… En dehors de se croire à carnaval, il est kleptomane, le lama ! On le voit disparaître de temps en temps et quand il revient avec un grand sac poubelle et des airs de conspirateur il nous sort : un enrouleur de câble, ou bien une voiture téléguidée, quand c’est pas une autre ordure de fauteuil assortie au canapé dont ils savent pas comment se débarrasser. Parce que kleptomane, moi je veux bien, mais au moins qu’il vole quelque chose d’intéressant bon sang !  On jurerait qu’il se fournit à la décharge du campus.
A la réflexion…c’est peut-être bien ce qu’il fait.

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Faites pas le rapport entre ce que je viens de dire sur les gens pas intéressants et Ophélia  Encore que… nan, j’ai rien dit. Voilà qu’elle s’est mise à la fabrication de chocolats comme Jeanne en son temps. Mais elle au moins, c’était pour décrocher sa toque de chef cuistot, tandis que là on se demande bien pourquoi. C’est pourtant pas l’argent qui leur manque, plus de 150 000$ qu’ils ont à l’association. C’est peut-être inscrit dans les gènes comme la couleur de cheveux et des yeux. Ah, elle ressemble à sa grand-mère comme un clone. Et quand je dis sa grand-mère… parlons plutôt de son aïeule.
Attendez, que je réfléchisse….La bisaïeule, la trisaïeule, mais après ? La quinquaïeule, la sexaïeule, est ce que ça se dit ? Passées cinq générations, on ne parle plus des ancêtres qu’en terme d’ancêtres justement. Comme si on comptait pour des prunes. Où ils sont les bis et trisaïeuls ? Est ce qu’ils se donnent la peine de veiller sur leurs descendants jusqu’à l’université où on trouve le temps long, long comme un jour sans pain ? Nan ! Ils se contentent de faire leur petite promenade dans le jardin  les soirs de pleine lune. Y a bien que moi pour être toujours sur leur dos. Mais s’agirait pas qu’ils me bousillent mon challenge. On n’a quand même pas tenu le coup pendant huit générations pour baisser les bras au moment où on commence à apercevoir le bout du tunnel sous la manche.

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J’étais si absorbé par mes pensées, que je me suis pas tout de suite rendu compte qu’Ophélia avait abandonné ses chocolats pour rédiger sa dissertation. Je me penche sur son épaule pour voir le sujet : « Apprendre à parler plus mieux ». Ah sont beaux les cours de littérature !  Ah, ils nous préparent une belle bande d’analphabètes, me disais-je en mon for intérieur. Quand soudain, voilà-t-il pas que ma descendante se met à brûler comme un feu de joie. Je sais bien qu’à force de faire travailler ses méninges sur des sujets aussi ardus, il peut arriver qu’on chauffe de la cafetière, mais en avoir  le feu aux fesses, c’est quand même incompréhensible.

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- Je brûle ! Je brûle ! Mais faites quelque chose, vous autres !
Croyez qu’ils se seraient bougés ?
- Oh, elle brûle ! Y a le feu ! Venez voir, y a Ophélia qui brûle ! Comment elle a fait son compte ? Si-si, je vous jure, regardez, elle brûle !
Quelle bande d’empotés ! Heureusement qu’elle avait eu la bonne idée de faire sa disserte dans la salle commune et pas dans une chambre. L’alarme incendie s’est déclenchée et le pompier est arrivé en criant :
- Place ! Place ! Restez pas là !
Il a réussi a nous la sauver en lui recommandant de faire attention la prochaine fois. Attention à quoi crétin ? T’aurais deviné qu’elle s’enflammerait,  toi ? Va falloir se méfier de tout : Le bain à remous, l’appareil de musculation, l’ordinateur maintenant. Le danger les guette dans les gestes les plus anodins. De mon temps, c’était tout de même plus simple : y avait pas trente-six façons de prendre feu : fallait juste être nul en cuisine,  et de ce côté là, Ophélia ne risquait pas grand chose.

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Tout le monde est retourné vaquer à ses occupations comme si de rien n’était, Jonas a été le seul à compatir.
Je trouve qu’il en fait même un peu beaucoup. Aurait-il des vues inavouables sur ma descendante ? Phyllis ne lui suffit donc plus ?

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Sitôt remis de nos émotions… des miennes en tous cas, parce que des trucs comme ça, ça vous fait prendre conscience de la fragilité de l’existence simienne, Ophélia s’est empressée d’aller tout raconter à son cher Cédric. Et de fil en aiguille,- mais c’était cousu de fil blanc-, elle lui a proposé de rejoindre l’association. Pensez bien qu’il ne s’est pas fait prier pour accepter.
Va falloir les avoir à l’œil tous les deux. J’espère que c’est du sérieux son histoire avec la bonne et qu’Ophélia sera assez raisonnable pour comprendre que les dés sont jetés à présent. Son avenir est tout tracé : elle épousera Aurélien Vasseur et je sais pas s’ils vivront heureux, mais ils auront beaucoup d’enfants. Je croise les doigts pour qu’ils tiennent de leur mère.

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Le lendemain Zéneb avait invité Elise à un rendez-vous. Mais Zéneb, c’est un drôle de numéro. Heureusement qu’il avait fait un nœud à son mouchoir pour se souvenir qu’il rêvait de faire crac-crac avec elle dans la voiture, parce qu’une fois Elise arrivée, il avait envie de tout un tas de trucs, sauf de s’occuper d’elle. Son désir du moment c’était surtout d’aller observer les voisins au télescope. Accessoirement, de parier sur une partie de billard ou encore de donner une fête sportive… mais sans sportifs surtout. Alors quand un  lama de l’équipe adverse de Jonas s’est pointé sans avoir été invité, il a été bien reçu.
- Tu fous là, toi ? Tu crois qu’on n’a pas assez d’un lama pour nous les briser menues ?
- J’ai été invité par Mintaka, a répondu le lama qui n’était pas à un mensonge près. C’est bien aujourd’hui qu’elle fête son diplôme de fin d’études ?

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Il disait vrai, sauf que Mintaka n’ayant droit qu’à deux invités, elle avait appelé son professeur Antoine chéri et cette bonne vieille Ariane Guyon qui glandait quelque part en ville depuis qu’elle avait quitté l’association. Dès qu’elle aperçut Zéneb, elle s’empressa de le saluer à sa manière :
- Je vois que ça n’a pas changé ici, toujours à faire le joli cœur, hein Zéneb ? Tu l’as avertie, ta belle blonde, que t’avais filé des rencards à la moitié des filles du campus ?

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Elise s’en est aussitôt prise à Zéneb
- Quoi ?! Tu files des rencards à la moitié des filles du campus ? T’en as filé combien, avoue : 20 ? 50 ? 100 ? Quand je pense que je croyais que t’étais devenu sérieux. Quelle idiote ! Non-mais quelle idiote j’étais !
Il s’est défendu comme un beau diable :
- Cette fille est complètement folle ! Je suis loin d’avoir fait le tour des filles du campus, sinon y a longtemps que je serais en platine à vie. Bon, j’ai eu quelques aventures,  mais une fois stabilisé je me suis promis de rester fidèle.
- Oui-oui-oui, on dit ça ! Tu pourras pas t’empêcher de draguer tout ce qui passe, je suis bien payée pour le savoir.
Ah ma mère avait bien raison de me mettre en garde : Un verre fêlé ça se répare jamais !

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Zéneb c’est pas le genre à supplier longtemps.
- OK, tu le prends comme ça ! Tu te plaignais pourtant pas hier soir quand je t’ai appris quelques trucs auxquels t’aurais même pas pensé. D’où tu crois que je tiens ma science amoureuse ? C’est en allant butiner de fleur en fleur que l’abeille fait le meilleur miel, moi pareil ! J’ai appris pas mal de choses en changeant de partenaires, mais si tu préfères un puceau maladroit, libre à toi d’aller voir ailleurs. C’est pas les filles qui manquent et, sans me vanter, j’ai que l’embarras du choix. Alors, si tu veux être la seule à profiter de mes faveurs, t’as intérêt à me suivre dans la voiture sans faire de manières.
J’aime autant vous dire que je le sentais mal, le rendez-vous paradisiaque.

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Ben, croyez-le ou pas, elle l’a suivi ! Elle avait bien encore des doutes sur sa fidélité, mais faut croire que la science de Zéneb en matière de matelas dépasse tout ce qu’on peut imaginer. Remarquez, sans me vanter, il a de qui tenir le petit ! Moi-même à son âge… mais on n’est pas là pour parler de moi, pas vrai ? D’autant que, contrairement à lui, je me suis toujours montré très discret sur mes exploits de mon vivant, c’est pas maintenant que l’oiseau est mort qu’il va se mettre à chanter.

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Intéressez vous plutôt à la fête de Mintaka. Pour le moment, après s’être tâtés pour savoir s’ils devaient rester ou pas, ses invités commençaient à trouver que c’était plutôt pas mal. Un peu grâce à Ariane qui se la pétait à la guitare en jouant du blues, grassement rémunérée par notre jeune diplômée. Le professeur Antoine, lui, il se tâtait encore. Il espérait un tête à tête avec sa belle étudiante et il se retrouvait largué au milieu d’une bande de jeunes qui se souciaient de lui comme d’une guigne.

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Usant de mon influence, j’ai rappelé Mintaka à ses devoirs d’hospitalité. Elle est allée s’asseoir à côté de son vieux et s’est payé le match de boxe dans lequel il s’était réfugié, faute de mieux. Mine de rien, ça commençait à devenir sympa comme fête d’après les invités. Sont pas difficiles, même pas de champagne, même pas de buffet, une télé, une guitare et basta ! Ah-non, faut pas oublier l’arbre à sous qui avait le don de les mettre en joie. C’est tellement plus amusant de se servir chez les autres ! Pouvez y aller pauvres miséreux, y a longtemps qu’ils les laissent pourrir sur l’arbre les biftons. Tout juste s’ils prennent le temps de les arroser quand ils y pensent.

A6superman

Pendant ce temps là, j’en connais qui passaient leur temps bien plus agréablement. Ca doit être vrai qu’il en connaît un rayon, le Zéneb. Et il a de la réserve avec ça ! Après la voiture, il a poursuivi ses exploits au lit. La petite Elise en a oublié toutes les  mises en garde de sa môman. Comme quoi elle aurait mieux fait de garder sa salive. Les jeunes, ça ne suit jamais les conseils des parents,  ça devrait se savoir depuis le temps.

A7association

A l’étage du dessous, c’était l’heure des agapes. Enfin, de la salade de gésiers… s’étaient pas mis en frais non plus. Mais comme on se méfie des talents de cuisinier de Jonas qui avait tenu à gagner un point de cuisine en préparant le repas, mieux valait ne pas courir le risque de terminer la fête avec les pompiers.
- Alors ça y est, tu vas quitter l’association ? qu’il a annoncé comme si c’était la nouvelle du siècle.
- Faut bien, maintenant que j’ai mon diplôme, je vais me lancer dans la vie active, a répondu Mintaka. Depuis le temps qu’elle se la coulait douce à l’université, fallait bien que ça se termine un jour, la plaisanterie. On pourra dire qu’elles en auront profité de l’air vivifiant du campus, les filles de Malhaut !

A7aurore

Elise est venue prendre place à table, un sourire radieux aux lèvres.
- Il reste de la salade ? J’ai une faim de loup ! C’est que ça creuse les émotions ! Je me suis éclatée comme jamais !
Ariane digérait en silence. Elle aurait pourtant bien aimé casser la baraque de Zéneb, mais de toute évidence, elle en avait été pour ses frais.

A6biscuits

Le professeur Antoine, n’avait même pas été à même de goûter la salade de gésiers, pauvre petit mâtin ! Il en était réduit à se goinfrer de biscuits farineux.
- Alors, t’as pris ton pied ? C’est un sacré coup mon frangin ! Qu’est ce que t’en penses ? Toutes les filles du campus rêvent de finir dans son lit, mais je crois que là, il est bien accro. J’espère que tu sauras le garder, a lancé Phyllis.
- T’inquiète, maintenant que je sais comment le contenter, m’étonnerait qu’il aille voir ailleurs, lui a répondu Elise d’un air entendu.
Faudrait vraiment qu’un jour je me paye le culot d’aller regarder sous la couette. Mais qu’est ce qu’il peut bien leur faire qu’elles sont toutes raides dingues de lui, ce coco-là ?

A7eclate

M’enfin, l’heure n’était pas aux interrogations mais aux adieux. Mintaka pouvait être fière, sa fête était une réussite totale à peu de frais.
Ophélia écrasa une larme.
- Tu nous enverras des nouvelles de Vipercanyon ? Et si t’as l’occasion de passer à la maison, tu diras à ma cousine Fawsia que j’ai hâte qu’elle vienne à l’université. Je la considère un peu comme ma sœur, on a été élevées ensemble, tu sais.
- Je n’y manquerai pas, a promis Mintaka.
Kaphir, lui, n’était pas mécontent de la voir se barrer. Et surtout, il priait le ciel de ne plus jamais en entendre parler. D’autant qu’il était en train d’évaluer ses chances avec Aurore. C’est qu’il se prenait pour un séducteur comme Zéneb, l’affreux. Il n’avait plus qu’un désir : faire crac-crac avec cinq Sims, rien que ça ! Il était grand temps de songer à le caser avec sa pom-pom girl. Si en plus des rendez-vous de Zéneb fallait s’occuper des désirs de l’affreux, on n’était pas sortis de l’auberge.